Centrale nucléaire de Civaux : l’ASNR encadre la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes

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13/03/2026

Le 24 février 2026, l’ASNR a encadré la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Civaux.

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux, situés en bord de Vienne, sont équipés chacun d’une grande tour aéroréfrigérante. Ces grandes tours sont susceptibles de disperser des légionelles dans l’environnement. Pour prévenir les risques résultant de cette dispersion, la décision de l’ASN du 6 décembre 2016 fixe deux seuils de colonisation de légionelles dans les circuits, respectivement de 10 000 et 100 000 UFC/L[1], à compter desquels des actions curatives et correctives doivent être menées pour diminuer les niveaux de colonisation observés en dessous de ces seuils.

Comme pour ses autres centrales nucléaires soumises à ce risque, EDF prévoit de mettre en place un traitement biocide par injection de monochloramine dans les circuits de refroidissement. Afin de mettre en œuvre ce traitement de manière ponctuelle, qui conduit à des rejets chimiques dans l’eau de la Vienne, EDF a demandé de modifier certaines limites et modalités de rejets d’effluents et de surveillance dans l’environnement de la centrale nucléaire de Civaux, jusqu’à présent encadrées par deux décisions de l’ASN de 2009[2].

Dans le cadre de la modification des limites et modalités associée à la mise en œuvre de ce traitement biocide, l’ASNR a consulté en 2025 le public ainsi que les parties prenantes locales, qui ont exprimé des avis défavorables. Ces avis, qui contestaient le besoin d’un traitement biocide, considéraient que l’équilibre résultant des dispositions de la décision de l’ASN du 6 décembre 2016 entre la nécessité de maîtriser le risque de légionellose et les impacts sur l’environnement n’était pas approprié pour la centrale nucléaire de Civaux dans un contexte où l’eau de la Vienne est déjà affectée en amont de la centrale par des effluents industriels et où celle-ci est utilisée en aval pour produire de l’eau potable.

Ainsi, l’ASNR a jugé nécessaire de revoir, spécifiquement pour la centrale nucléaire de Civaux et au regard des enjeux locaux, le cadre applicable à la maîtrise des colonisations en légionelles, en imposant de ne mettre en œuvre un traitement biocide qu’à partir de 100 000 UFC/L, seuil qui n’a été atteint que quatre fois en 25 années d’exploitation. Elle a ainsi accordé une dérogation encadrée par des mesures compensatoires qui permettent de limiter l’occurrence des traitements biocides, et donc les rejets chimiques dans l’eau de la Vienne, sans remettre en cause la prévention du risque de légionellose, en permettant à EDF de ne traiter qu’à l’atteinte du seuil de 100 000 UFC/L. Dans ce cas où ce traitement ne serait pas efficace, EDF devra arrêter ses réacteurs.

Cette dérogation et les mesures compensatoires qui l’accompagnent ont fait l’objet d’une nouvelle consultation du public et de la Commission locale d’information de la centrale nucléaire de Civaux, qui ont exprimé des avis favorables à cet encadrement spécifique.

La limitation de l’occurrence des traitements biocides a permis à l’ASNR de réduire de moitié certaines limites de rejets chimiques associées à la mise en œuvre du traitement biocide. L’ASNR a également prescrit à EDF de procéder à une surveillance renforcée de l’environnement si ce traitement était mis en œuvre et à en informer les parties prenantes.

La décision encadrant les limites de rejets chimiques associées au traitement biocide a été homologuée par le ministre chargé de la sûreté nucléaire le 16 décembre 2025.
 

[1] Unités formant colonie par litre
[2] https://www.asn.fr/reglementation/bulletin-officiel-de-l-asnr/installations-nucleaires/decisions-individuelles/decision-n-2009-dc-0139-du-2-juin-2009-de-l-asn et https://www.asn.fr/reglementation/bulletin-officiel-de-l-asnr/installations-nucleaires/decisions-individuelles/decision-n-2009-dc-0138-du-2-juin-2009-de-l-asn