Soutenance de thèse de Arthur THOMAS JOYEUX : La réponses aux dommages de l’ADN dans le maintien de la stabilité myotubulaire après exposition au rayonnement ionisants
Arthur THOMAS JOYEUX soutient sa thèse le mardi 27 janvier 2026, à l’amphithéâtre 1 Olympes de Gouges , 8 place Paul Ricoeur, 75013 Paris. Sa thèse est intitulée :
« La réponses aux dommages de l’ADN dans le maintien de la stabilité myotubulaire après exposition au rayonnement ionisants».
Résumé
L’uranium est un radioélément présentant une toxicité radiologique et chimique. Les sources d’exposition sont principalement environnementales (eau, alimentation) et professionnelles (travailleurs du cycle du nucléaire, militaires). Il s’accumule préférentiellement dans les reins et les os, les principales cibles de sa toxicité. La cancérogénicité rénale est suspectée d’après les études épidémiologiques récentes et certaines études expérimentales, sans montrer de lien de causalité.
L’objectif de ma thèse, qui s’inscrit dans le projet de recherche UKCAN, est d’étudier les effets potentiellement cancérigènes de l’uranium sur les reins après exposition à de faibles doses. Elle comprend deux questions scientifiques : l’uranium 1/ peut-il favoriser ou aggraver le développement de tumeurs rénales, 2/ peut-il induire un développement de tumeurs rénales ? Pour y répondre, nous utilisons des modèles de souris génétiquement modifiées sur des gènes clés de prédisposition au cancer du rein (Vhl ± Pbrm1 ou Tsc2) pour favoriser le développement des tumeurs. Exposées à l’uranium à l’âge adulte par instillations intra-nasales répétées (0 ; 125 ou 250 μg/kg/J, n=20 souris/condition) pour mimer une exposition par inhalation de travailleurs, elles sont suivies pendant 7 ou 9 mois. Le premier axe de ma thèse a pour objectif d’évaluer l’occurrence de lésions tumorales par échographie rénale longitudinale puis analyses histologiques (anatomopathologie et immunomarquages) post-mortem. Le second axe analyse les mécanismes de cancérogenèse rénale par biologie moléculaire, multiplex et criblages protéiques.
Au préalable, ces modèles ont été caractérisés pour déterminer les paramètres pertinents pour notre étude. Nous avons notamment évalué la relevance de marqueurs biologiques de cancérogène rénale au niveau tissulaire et moléculaire ; ainsi que la biodistribution et la localisation de l’uranium après expositions intra-nasales répétées sur des modèles murins génétiquement modifiés.
L’analyse histologique du tissu rénal ne montre pas d’induction de l’occurrence des tumeurs rénales après exposition à l’uranium sur les souris mutées uniquement sur le gène Vhl, qui ne développent spontanément que des lésions bénignes. En revanche, d’après nos analyses anatomopathologiques, le modèle muté sur les gènes Vhl et Pbrm1 semble développer des ccRCC (carcinome à cellules claires) de façon plus précoce après exposition à l’uranium. Les études moléculaires quant à elles, montrent que l’expression de 14 des 44 cibles étudiées par RT-qPCR, parmi les marqueurs du cancer du rein, est altérée 7 mois après exposition. Sur l’entièreté de l’effectif, des cibles telles que Spp1/Ostéopontine (réponse inflammatoire), ou Serpine-1/Pai-1 (angiogenèse) ont vu leur expression doublée dans le tissu rénal après exposition à l’uranium. Notre analyse approfondie de la vascularisation rénale et des marqueurs pro-angiogéniques montre un effet potentiel de l’uranium sur la progression tumorale, notamment via un remodelage vasculaire.
Pour les animaux mutés sur le gène Tsc2, développant des lésions de type pRCC (carcinome papillaire), l’exposition à l’uranium n’impacte pas le nombre ou le type de lésions développées. Les observations histologiques ont été corrélées avec les images échographiques pour suivre le développement des tumeurs, les dénombrer et déterminer le type et le volume des tumeurs. Cependant, aucune aggravation des lésions suite à l’exposition à l’uranium n’a été mise en évidence. Les marqueurs de cancérogenèse rénale évalués en RT-qPCR ou protein-array, notamment associés à la voie AKT, n’ont pas non plus été dérégulés.
L’ensemble des résultats obtenus au cours de cette thèse suggèrent que l’uranium pourrait favoriser le développement de tumeurs de type ccRCC (le plus fréquent chez l’homme) et agir sur les mécanismes de progression tumorale. Cet effet semble sélectif, puisque l’uranium n’affecte ni les lésions bénignes, ni le pRCC.
Jury
- Pr. Peggy LAFUSTE (IMRB, Université Paris-Est Créteil) Présidente du jury et Examinatrice
- Dr. Pablo RADICELLA (IRCM, Université Paris-Saclay) Rapporteur
- Pr. Céline BOURGIER (ICM, Université de Montpellier) Rapportrice
- Dr. Rémi MOUNIER (INMG, Université Claude Bernard Lyon 1) Examinateur
Infos pratiques
Date – Horaires :
Mardi 27 janvier 2026 à 14h00
Lieu :
Amphithéâtre 1 Olympes de Gouges , 8 place Paul Ricoeur, 75013 Paris