Soutenance de thèse de Mélissandre GOMOT : Irradiations médicales à faible dose et carcinogénèse du côlon
Résumé
Au cours des vingt dernières années, l’exposition aux rayonnements ionisants a doublé, principalement en raison de l’augmentation des actes de scannographie. Cependant, les effets biologiques des faibles doses de rayonnement (LDR) demeurent mal compris. Le risque associé au cancer est particulièrement pertinent pour le cancer du côlon, pour lequel une relation dose-risque a été démontrée pour des expositions inférieures à 1 Gy. Il a été suggéré que les LDR peuvent influencer les cellules souches cancéreuses, la régulation du cycle cellulaire, la production d’espèces réactives de l’oxygène et la méthylation de l’ADN. Néanmoins, ces processus n’ont pas encore été élucidés sur le plan mécanistique, et leurs conséquences sur le développement tumoral restent controversées. Pour combler cette lacune, nous avons étudié aux niveaux tissulaire, cellulaire et moléculaire les effets des rayonnements typiquement employés lors des procédures d’imagerie diagnostique.
Nous avons tout d’abord caractérisé le développement tumoral dans le modèle murin B6.Cg-Krastm4Tyj Apcmt1Tno Tg(CDX2-cre/ERT2)752Erf/MaraJ (KPC:APC) et établi un nouveau modèle organoïde inductible KPC:APC récapitulant la carcinogenèse colique in vitro via la voie de l’instabilité chromosomique.
L’exposition à des doses faibles et modérées de rayonnement (LMDR, 25–250 mGy) a montré que les LMDR au cours de la phase d’initiation affectent différemment l’épithélium colique selon son statut mutationnel. En l’absence de mutations Kras, aucune altération significative n’a été observée dans la distribution des lésions précancéreuses ni dans le phénotype des organoïdes. En revanche, en présence des mutations Apc et Kras, les LMDR augmentent significativement la taille des lésions et des tumoroïdes. Les analyses transcriptomiques et protéomiques corroborent ces observations, révélant une réponse moléculaire spécifique du génotype, et modifiant la régulation du cycle cellulaire et la signalisation mTORC1.
Notre étude suggère que les rayonnements utilisés à des fins de diagnostic médical peuvent favoriser la carcinogenèse du côlon dans des modèles génétiquement prédisposés, apportant ainsi un nouvel éclairage sur les risques potentiels associés à l’imagerie médicale.
Jury
- Dr. Sophie MOUILLET-RICHARD (DR HDR, Centre de recherche des Cordeliers, Université Paris Cité)
- Dr. Christophe BADIE (DR, UK Health Security Agency, Université d’Oxford)
- Dr. Caroline BONNANS (CR HDR, Institut de Génomique Fonctionnelle, Université de Montpellier)
- Pr. Hubert DUCOU LE POINTE (PU-PH HDR, Hôpital Armand-Trousseau (APHP), Sorbonne Université)
Infos pratiques
Date – Horaires :
Mercredi 6 mai 2026 à 14h
Lieu :
Auditorium de l’ASNR, 31 Avenue de la Division Leclerc, 92260 Fontenay-aux-Roses
Visio :
Pour ceux qui ne pourront pas se déplacer, un lien pour Teams est disponible
Pour en savoir plus
Cette thèse a été réalisée sous la direction du Dr. Guillaume Varès au sein du laboratoire de Radiotoxicologie et Radiobiologie expérimentale (LRTOX) de l’Autorité de Sureté Nucléaire et de Radioprotection, et de l’Ecole Doctorale n°577 : Structure et Dynamique des Systèmes Vivants de l’Université Paris-Saclay.
Contact : Mélissandre GOMOT