L’ASNR fait le point sur les conséquences des canicules et sécheresses sur les centrales nucléaires

  • Sûreté

  • Note d'information

25/06/2026

Les épisodes de canicule et de sécheresse ont des répercussions significatives sur le fonctionnement des centrales nucléaires. L’ASNR vérifie que leur sûreté est assurée pendant ces situations et que celles-ci n’ont pas d’impact sur l’environnement.

Trois enjeux majeurs sur le fonctionnement des centrales nucléaires

1. Le maintien de la sûreté des réacteurs en période de canicule

Les fortes chaleurs entraînent une hausse de la température dans les locaux des centrales nucléaires. Le bon fonctionnement des équipements contribuant à la sûreté des réacteurs dépend notamment d’une température ambiante maîtrisée. Pour éviter tout dépassement des seuils admissibles, les centrales sont équipées de systèmes de ventilation et de climatisation. Depuis les canicules de 2003 et 2006, EDF a renforcé ces dispositifs et réévalue régulièrement les températures de référence pour chaque réacteur, notamment lors des réexamens périodiques, en intégrant les évolutions climatiques.

2. L’adaptation de la puissance des réacteurs face à la hausse des températures des cours d’eau

Les centrales nucléaires prélèvent de l’eau dans les rivières ou la mer pour refroidir leurs réacteurs. Cette eau, restituée à une température plus élevée, peut modifier l’équilibre thermique des milieux aquatiques. Pour limiter cet impact, l’ASNR encadre strictement les conditions de rejet en prescrivant des valeurs limites pour la température de rejet des eaux de refroidissement dans le milieu naturel et l’échauffement en aval de la centrale nucléaire. Elle impose également une surveillance renforcée de l’environnement. 
En cas de température excessive en amont, EDF doit réduire la puissance des réacteurs, voire les arrêter, pour respecter ces limites.

Lors de l’été 2022, la France a fait face à des températures record dans le Rhône, la Garonne et l’estuaire de la Gironde, et à des enjeux de sécurité du réseau électrique et de préservation des réserves de gaz naturel et d’eau des barrages hydroélectriques en vue de l’hiver.
L’ASNR a alors autorisé temporairement des adaptations des limites pour les centrales de Golfech, Bugey, Saint-Alban, Blayais et Tricastin tout en exigeant une surveillance accrue des milieux aquatiques.

3. La gestion des effluents radioactifs en période de sécheresse

Un débit faible des cours d’eau peut empêcher une bonne dilution des effluents liquides rejetés issus des réacteurs. Pour protéger les milieux aquatiques, l’ASNR impose un débit minimal en deçà duquel les rejets des effluents radioactifs sont interdits. EDF doit alors stocker ces effluents dans des réservoirs. Afin de mieux faire face à ces situations, EDF cherche à réduire la production de ces effluents et prévoit d’augmenter ses capacités de stockage dans les années à venir.

Perspectives

Dans le cas où EDF serait amenée à solliciter en 2026 une modification temporaire des limites des rejets thermiques de certaines centrales nucléaires en raison d’impératifs de sécurité du réseau électrique comme en 2022, l’ASNR devra instruire cette demande dans un temps limité, en tenant compte des conditions météorologiques et hydrologiques les plus récentes.

Afin d’anticiper une telle situation, EDF transmet à l’ASNR chaque année au début de l’été son analyse de la réponse des écosystèmes observée lors des épisodes de canicule passés et la surveillance renforcée des eaux de surface qu’elle envisage.

L’analyse réalisée pour l’année 2026 est accessible sur cette page. Le public qui le souhaite peut formuler des observations en suivant ce lien.

Par ailleurs, l’ASNR analyse actuellement les conséquences du changement climatique sur la sûreté des centrales nucléaires et la protection de l’environnement dans le cadre de la démarche qu’elle a lancée sur les perspectives de poursuite de fonctionnement de ces installations au-delà de 60 ans. Elle rendra un avis sur le sujet d’ici la fin de l’année 2026.