L’ASNR rencontre ses partenaires aux États-Unis

Introduction
Du 9 au 13 mars 2026, une délégation de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), conduite par le Commissaire Olivier Dubois, s’est rendue aux États-Unis afin d’échanger avec ses partenaires américains et internationaux sur les enjeux actuels de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, et de renforcer les coopérations techniques et institutionnelles existantes.

Du 9 au 13 mars 2026, une délégation de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), conduite par le Commissaire Olivier Dubois, s’est rendue aux États-Unis afin d’échanger avec ses partenaires américains et internationaux sur les enjeux actuels de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, et de renforcer les coopérations techniques et institutionnelles existantes.

La délégation de l’ASNR a visité plusieurs installations d’Argonne National Laboratory dédiées à l’étude de l’irradiation et de la corrosion des matériaux, à la thermohydraulique des réacteurs avancés et aux accidents graves. Le programme OCDE ROSAU (Reduction Of Severe Accident Uncertainties) mené à l’ANL a permis à l’ASNR de se positionner sur les renforcements proposés par EDF dans le cadre du 4ème réexamen des réacteurs pour limiter les conséquences en cas d’accident avec fusion du cœur.

9 mars 2026 - Visite du Reactor Severe Accident Test Facility de ANL, Lemont, IL
Visuel d’un essai ROSAU avec ablation importante par du corium d’un bloc de béton
De gauche à droite : Thierry Granier, Olivier Dubois, Olivier Marchand, Franck Lebrun (ASNR)

La délégation a assisté à Washington à la conférence RIC et a pris part à une série d’entretiens bilatéraux avec des homologues étrangers qui ont permis d’aborder les enjeux internationaux actuels de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.

En marge de la conférence, des rencontres ont également eu lieu avec le président de la NRC, ainsi qu’avec deux commissaires, pour évoquer les enjeux réglementaires et les évolutions en cours dans les 2 pays.

La délégation a également rencontré le sous-secrétaire à l’énergie au DOE chargé de la sécurité nucléaire, administrateur de l’agence nationale de sécurité nucléaire (NNSA), afin de de partager les priorités respectives et d’échanger sur les collaborations en cours en matière de risque de criticité, de données nucléaires et de gestion et préparation des situations d’urgence.

Une réunion dédiée à la recherche en sûreté s’est tenue avec la NRC. Elle a permis de dresser un état des lieux des programmes de recherche conjoints et d’identifier les orientations futures en particulier dans le domaine des accidents de perte de réfrigérant primaire et des feux de batterie. Cette rencontre a été l’occasion de rappeler l’importance des projets menés dans le cadre de l’AEN et de se coordonner en vue de leur préparation.

La mission s’est conclue par le comité de pilotage de la coopération entre l’ASNR et la NRC avec la participation de son directeur général. Cette réunion a permis de faire le point sur les activités réglementaires en cours, les sujets d’intérêt partagés et les perspectives de coopération. Dans un contexte de renaissance du nucléaire impactant les deux autorités, l’importance d’accorder la priorité à la sûreté a été soulignée. Les deux autorités ont échangé sur leurs efforts respectifs en matière de gouvernance et d’efficience pour traiter l’ensemble des grands projets en cours de part et d’autre. Plusieurs sujets méritant un renforcement de la coopération ont été identifiés notamment dans les domaines du cycle du combustible, de l’intelligence artificielle, de la fusion, du vieillissement ainsi que pour certaines conceptions de réacteurs avancés.

13 Mars 2026 - Comité de pilotage de la coopération entre l’ASNR et la NRC, Rockville, MD
De gauche à droite : Jamie Pelton (NRC), Franck Lebrun (ASNR), Andrea Kock (NRC), Olivier Marchand (ASNR), Thierry Granier (ASNR), Kevin Williams (NRC), Olivier Dubois (ASNR), David Skeen (NRC), Mike King (NRC), John Tappert (NRC), Sabrina Attack (NRC), Jeremy Bowen (NRC)

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Radiographie industrielle : des fiches de bonnes pratiques pour les professionnels

Introduction
La radiographie industrielle est une activité à forts enjeux de radioprotection, mettant en œuvre des sources radioactives de haute activité, souvent en coactivité et dans des environnements contraints.

La radiographie industrielle est une activité à forts enjeux de radioprotection, mettant en œuvre des sources radioactives de haute activité, souvent en coactivité et dans des environnements contraints.

Afin d’accompagner les donneurs d’ordre et les prestataires en contrôles non destructifs (CND), la division de Nantes de l’ASNR, en lien avec les DREETS et la CARSAT, met à disposition des fiches de bonnes pratiques (recto-verso) destinées à renforcer : 

  • la préparation des chantiers,
  • la coordination des acteurs,
  • la maîtrise des risques pour les travailleurs et le public

Ces fiches s’appuient sur les retours d’expérience des inspections menées par l’ASNR en région Bretagne et Pays de la Loire, l’analyse des événements déclarés et les échanges menés avec les professionnels du secteur. Elles constituent un outil opérationnel, complémentaire aux exigences réglementaires.

Dans ce cadre, les professionnels peuvent également prendre connaissance et appliquer la charte de bonnes pratiques de la région Normandie établie conjointement par l’ASNR, la DREETS et les professionnels du secteur, mise à jour en 2022.
  

Les fiches de bonnes pratiques sont disponibles ici :

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Centrale nucléaire de Civaux : l’ASNR encadre la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes

Introduction
Le 24 février 2026, l’ASNR a encadré la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Civaux.

Le 24 février 2026, l’ASNR a encadré la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Civaux.

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux, situés en bord de Vienne, sont équipés chacun d’une grande tour aéroréfrigérante. Ces grandes tours sont susceptibles de disperser des légionelles dans l’environnement. Pour prévenir les risques résultant de cette dispersion, la décision de l’ASN du 6 décembre 2016 fixe deux seuils de colonisation de légionelles dans les circuits, respectivement de 10 000 et 100 000 UFC/L[1], à compter desquels des actions curatives et correctives doivent être menées pour diminuer les niveaux de colonisation observés en dessous de ces seuils.

Comme pour ses autres centrales nucléaires soumises à ce risque, EDF prévoit de mettre en place un traitement biocide par injection de monochloramine dans les circuits de refroidissement. Afin de mettre en œuvre ce traitement de manière ponctuelle, qui conduit à des rejets chimiques dans l’eau de la Vienne, EDF a demandé de modifier certaines limites et modalités de rejets d’effluents et de surveillance dans l’environnement de la centrale nucléaire de Civaux, jusqu’à présent encadrées par deux décisions de l’ASN de 2009[2].

Dans le cadre de la modification des limites et modalités associée à la mise en œuvre de ce traitement biocide, l’ASNR a consulté en 2025 le public ainsi que les parties prenantes locales, qui ont exprimé des avis défavorables. Ces avis, qui contestaient le besoin d’un traitement biocide, considéraient que l’équilibre résultant des dispositions de la décision de l’ASN du 6 décembre 2016 entre la nécessité de maîtriser le risque de légionellose et les impacts sur l’environnement n’était pas approprié pour la centrale nucléaire de Civaux dans un contexte où l’eau de la Vienne est déjà affectée en amont de la centrale par des effluents industriels et où celle-ci est utilisée en aval pour produire de l’eau potable.

Ainsi, l’ASNR a jugé nécessaire de revoir, spécifiquement pour la centrale nucléaire de Civaux et au regard des enjeux locaux, le cadre applicable à la maîtrise des colonisations en légionelles, en imposant de ne mettre en œuvre un traitement biocide qu’à partir de 100 000 UFC/L, seuil qui n’a été atteint que quatre fois en 25 années d’exploitation. Elle a ainsi accordé une dérogation encadrée par des mesures compensatoires qui permettent de limiter l’occurrence des traitements biocides, et donc les rejets chimiques dans l’eau de la Vienne, sans remettre en cause la prévention du risque de légionellose, en permettant à EDF de ne traiter qu’à l’atteinte du seuil de 100 000 UFC/L. Dans ce cas où ce traitement ne serait pas efficace, EDF devra arrêter ses réacteurs.

Cette dérogation et les mesures compensatoires qui l’accompagnent ont fait l’objet d’une nouvelle consultation du public et de la Commission locale d’information de la centrale nucléaire de Civaux, qui ont exprimé des avis favorables à cet encadrement spécifique.

La limitation de l’occurrence des traitements biocides a permis à l’ASNR de réduire de moitié certaines limites de rejets chimiques associées à la mise en œuvre du traitement biocide. L’ASNR a également prescrit à EDF de procéder à une surveillance renforcée de l’environnement si ce traitement était mis en œuvre et à en informer les parties prenantes.

La décision encadrant les limites de rejets chimiques associées au traitement biocide a été homologuée par le ministre chargé de la sûreté nucléaire le 16 décembre 2025.
 

[1] Unités formant colonie par litre
[2] https://www.asn.fr/reglementation/bulletin-officiel-de-l-asnr/installations-nucleaires/decisions-individuelles/decision-n-2009-dc-0139-du-2-juin-2009-de-l-asn et https://www.asn.fr/reglementation/bulletin-officiel-de-l-asnr/installations-nucleaires/decisions-individuelles/decision-n-2009-dc-0138-du-2-juin-2009-de-l-asn

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L’ASNR et la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO) partagent leur vision des enjeux de radioprotection dans le domaine de la radiothérapie, en particulier ceux liés à l’innovation.

Introduction
Le collège de l’ASNR a rencontré la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO), le 6 novembre 2025, dans le cadre du suivi de l’accord-cadre signé en juillet 2020 entre les deux organismes. La SFRO était représentée par sa présidente, accompagnée par des membres du bureau de la société savante.

Le collège de l’ASNR a rencontré la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO), le 6 novembre 2025, dans le cadre du suivi de l’accord-cadre signé en juillet 2020 entre les deux organismes. La SFRO était représentée par sa présidente, accompagnée par des membres du bureau de la société savante. 

Rencontre de l'ASNR et de la SFRO le 6 novembre 2025

Rencontre de l'ASNR et de la SFRO le 6 novembre 2025

Cette réunion était l'occasion d'échanger sur les actions inscrites dans l'accord-cadre qui régit la collaboration entre l’ASNR et la SFRO et de discuter des enjeux pour la sécurité des patients ainsi que de l'amélioration continue des pratiques dans le domaine de la radiothérapie. 

La SFRO a partagé les réflexions menées dans le cadre de son Livre Blanc sur la radiothérapie, en particulier sur la qualité et la gestion des risques. L’ASNR et la SFRO reconnaissent la maturité des démarches de gestion de la qualité et de la sécurité, tout en rappelant que des défis subsistent pour faire vivre ces démarches dans la durée, dans un contexte d’effectifs en tension. En outre, l’ASNR et la SFRO soulignent l’importance des démarches d’audits cliniques par les pairs ainsi que de la valorisation du retour d’expérience des événements significatifs de radioprotection, pour améliorer la sécurité des traitements. 

Par ailleurs, cet échange a été l’occasion de présenter les travaux de recherche de l’ASNR dans le domaine de la radiothérapie et notamment le projet FEDORA (FEtalDOse in RAdiotherapy) sur la dosimétrie du fœtus. L’ASNR réitère sa volonté d’accompagner les professionnels pour favoriser le développement des connaissances et souligne la nécessité de soutenir le projet RadioTransNet[1] dédié à la structuration de la recherche préclinique en radiothérapie.

Par ailleurs, l’ASNR et la SFRO s’accordent sur la nécessité de développer des synergies pour renforcer la veille technologique et être au plus près de l’innovation afin qu’elle puisse se déployer rapidement dans un cadre sécurisé. Les techniques suivantes ont notamment été abordées :

  • L’hypofractionnement : Cette technique, consistant à réduire le nombre de séances de traitement, entraine des réorganisations des services, des besoins de formation du personnel et des contrôles qualité renforcés ;
  • La radiothérapie adaptative : les études (ERAVES et RAIPANC), initiées et cofinancées par l’ASNR, visent à évaluer l'apport de l'adaptation quotidienne des traitements, notamment pour la prise en charge des cancers de la vessie et du pancréas ;
  • L’intelligence artificielle (IA) : l'IA est déjà intégrée à certaines étapes du parcours de soin, avec des applications concrètes déjà matures comme pour le contourage automatique des organes à risque ; son développement appelle toutefois une réflexion sur  l’évolution des compétences et des métiers ;
  • La radiothérapie FLASH : cette technique à ultra haut débit de dose (plusieurs dizaines de Gy/s, comparé au débit de dose de l’ordre de quelques grays par minute pour les techniques conventionnelles) semble réduire la toxicité radio-induite au niveau des tissus sains tout en maintenant le même contrôle tumoral ; son déploiement nécessite cependant d’évaluer plus précisément les enjeux associés à son intégration en pratique clinique, comme les effets à  long terme.

Enfin, l'ASNR et la SFRO ont identifié plusieurs sujets pour leur future collaboration tels que : 

  • la recherche, notamment dans le cadre de la participation au comité de pilotage du réseau national de recherche préclinique en radiothérapie oncologique (RadioTransNet), co-piloté par la SFRO avec la SFPM, et du partenariat européen PIANOFORTE ;
  • la structuration de la veille en matière d’innovation et l'évaluation associée aux nouvelles techniques et pratiques ;
  • la gestion des ré-irradiations, en définissant des stratégies pour la prise en compte de l’effet cumulatif des irradiations pour les patients bénéficiant de plusieurs radiothérapies au cours de leur vie. 

[1] RADIOTRANSNET – Réseau National de Recherche Préclinique en Radiothérapie

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Réacteurs EPR2 de Penly : l’ASNR achève la phase d’expertise de la demande d’autorisation de création

Introduction
L’ASNR est sur le point d’achever la phase d’expertise de la demande d’autorisation de création de deux réacteurs de type EPR2 sur le site de Penly, conformément au calendrier qu’elle avait établi. Les avis formulés sont publiés sur le site Internet de l’ASNR.

L’ASNR est sur le point d’achever la phase d’expertise de la demande d’autorisation de création de deux réacteurs de type EPR2 sur le site de Penly, conformément au calendrier qu’elle avait établi. Les avis formulés sont publiés sur le site Internet de l’ASNR.

Au cours de cette phase, et sur la base des expertises qu’elle a réalisées, l’ASNR a consulté le groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR) à trois reprises : sur la conception des systèmes de sûreté, sur les études relatives aux accidents sans fusion du cœur et sur la prise en compte des agressions dans la démonstration de sûreté nucléaire.

Le Groupe permanent d’experts a conclu que, à ce stade du projet et au regard des objectifs de sûreté assignés aux réacteurs EPR2 :

  • la conception des systèmes de sûreté apparaît appropriée,
  • les démarches, les hypothèses et les dispositions de conception retenues à l’égard des risques d’agressions examinés sont globalement adaptées,
  • les résultats des études des accidents sans fusion du cœur sont acceptables.

L’ASNR prendra en compte les conclusions de ces expertises dans son examen de la demande d’autorisation déposée par EDF, qui conduira à un avis qu’elle rendra au Gouvernement d’ici la fin de l’année 2026.

En complément de l’examen technique du dossier mené par l’ASNR, la procédure d’instruction conduite par le ministre chargé de la sûreté nucléaire se poursuit, avec une enquête publique qui se tient du 22 janvier au 4 mars 2026.

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Lancement de la troisième phase de la revue conjointe des options de sûreté du réacteur NUWARD

Introduction
Le 21 janvier 2026, l’ASNR a lancé, avec sept homologues européennes, la troisième phase de la revue des options de sûreté du projet de réacteur NUWARD SMR, développé par une filiale d’EDF.

Le 21 janvier 2026, l’ASNR a lancé, avec sept homologues européennes, la troisième phase de la revue des options de sûreté du projet de réacteur NUWARD SMR[1], développé par une filiale d’EDF.

NUWARD - Bâtiment réacteur - © 2025 NUWARD.

Les conclusions et les principaux enseignements de la seconde phase avaient été publiés dans un rapport en décembre 2025. Cette seconde phase avait confirmé la pertinence de la méthode d’évaluation retenue pour les projets de réacteurs parvenus à une maturité suffisante, tout en s'inscrivant dans la dynamique internationale de standardisation.

Outre la participation des autorités néerlandaise (ANVS), polonaise (PAA), suédoise (SSM), finlandaise (STUK) et tchèque (SUJB), l’initiative accueille désormais les autorités belge (AFCN) et italienne (ISIN). Dans la lignée des phases précédentes, cette nouvelle étape vise à évaluer, sur un projet concret, les enjeux des petits réacteurs modulaires en matière de sûreté et leur prise en compte dans différents cadres réglementaires nationaux.

L’évaluation des régulateurs lors de cette troisième phase se concentrera sur de nouvelles thématiques : la démarche de prévention de la rupture des composants principaux, la démarche de classement de sûreté des équipements et l’approche retenue pour la prise en compte des scénarios de perte d’alimentation électrique externe.

Les conclusions de cette revue, attendues pour la fin de l’année 2026, viendront nourrir les réflexions de l’ASNR sur l’harmonisation des exigences de sûreté et des processus d’autorisation des nouveaux réacteurs.

 

[1] NUWARD SMR est un concept de petit réacteur modulaire à eau sous pression à deux boucles, d’une puissance d’environ 1100 MWth. 

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Sécurisation du financement des charges nucléaires de long terme : l’ASNR rend son avis sur les rapports triennaux rendus en 2025 par les exploitants d’installations nucléaires

Introduction
L’ASNR considère que les rapports triennaux, relatifs à la sécurisation du financement des charges nucléaires de long terme, transmis en 2025 par les exploitants nucléaires présentent une stratégie de démantèlement et de gestion des combustibles usés et déchets radioactifs acceptable au regard de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.

L’ASNR considère que les rapports triennaux, relatifs à la sécurisation du financement des charges nucléaires de long terme, transmis en 2025 par les exploitants nucléaires présentent une stratégie de démantèlement et de gestion des combustibles usés et déchets radioactifs acceptable au regard de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. 
  

Les principales recommandations de l’ASNR sur les rapports triennaux remis en 2025 portent sur : 

  • l’évaluation des coûts d’assainissement et de gestion des pollutions : les états initiaux des sites nucléaires (état de pollution des sols et des structures de génie civil) au début du démantèlement sont entachés d’incertitudes. L’ASNR considère qu’il est fondamental de connaître le plus précisément possible les états initiaux des sites pour une évaluation prudente des charges long terme. Pour ce faire, des éléments complémentaires sont nécessaires pour obtenir un état initial précis des sols et structures et l’évaluation des coûts d’assainissement et de gestion des pollutions ;
  • la gestion de certains combustibles nucléaires usés particuliers, ou de certaines matières nucléaires potentiellement valorisables : les combustibles usés de certains réacteurs nucléaires (réacteurs utilisés pour la recherche, réacteurs à neutrons rapides) n’ont à ce jour pas de solution de retraitement à court ou moyen terme. De plus, certaines matières nucléaires n’ont pas encore de solution concrète de valorisation. L’ASNR considère que les exploitants concernés doivent clarifier leur stratégie de retraitement ou de valorisation de ces combustibles et matières, et doivent envisager, le cas échéant, de requalifier tout ou partie de ces substances en déchets ;
  • la gestion de certains déchets radioactifs : les déchets bitumés nécessitent encore des travaux de R&D ; en conséquence, les exploitants concernés doivent provisionner les fonds nécessaires. En ce qui concerne les déchets FA-VL, les exploitants concernés devront prendre en compte, dans leurs charges long terme, la stratégie de gestion qui est en cours de définition ainsi que les coûts associés ;
  • la prise en compte de l’éventuelle indisponibilité de solution de gestion de certains déchets radioactifs au moment où un exploitant en aurait besoin ;
  • la prise en compte, dans l’évaluation des charges long terme, d’une durée de démantèlement pertinente pour chaque installation nucléaire : l’ASNR considère que les exploitants doivent prendre en compte une durée de démantèlement réaliste, justifiée, et intégrant des marges pour évaluer les charges long terme. Or, les durées de démantèlement annoncées pour certaines installations nucléaires ne paraissent pas justifiées, ou ne prennent pas en compte de marge suffisante pour intégrer d’éventuels glissements de planning ;
  • l’évaluation des coûts complets des opérations de démantèlement, qui doit reposer sur des hypothèses plus réalistes et prudentes. C’est particulièrement le cas pour ce qui concerne la planification des projets de reprise et conditionnement de déchets (RCD) et des programmes de démantèlement, ou pour ce qui concerne la prise en compte de l’éventuelle indisponibilité d’une installation nécessaire à l’entreposage ou au stockage des déchets radioactifs produits par les opérations de démantèlement ou de RCD ;
  • les garanties financières associées à la gestion et à l’élimination des sources radioactives utilisées dans les irradiateurs industriels : dans leurs rapports triennaux remis en 2025, les exploitants concernés indiquent que la solution retenue pour provisionner ces garanties n’est pas arrêtée de façon définitive ; les montants que ces exploitants ont d’ores et déjà provisionnés restent à justifier. 

Contexte réglementaire :

Le code de l’environnement (chapitre IV du titre IX du livre V, partie législative et partie réglementaire) ainsi que l’arrêté du 21 mars 2007 relatif à la sécurisation du financement des charges nucléaires imposent, depuis 2007, aux exploitants d’installations nucléaires d’évaluer les charges long terme nécessaires au démantèlement de leurs installations, et de les provisionner dans un fonds dédié. 

L’objectif de ce dispositif est de sécuriser le financement : 

  • des opérations de démantèlement des installations nucléaires ;
  • des opérations d’assainissement des sols des sites nucléaires, et de celles du génie civil constitutif des installations nucléaires ;
  • des charges de fermeture, d’entretien et de surveillance des installations de stockage de déchets radioactifs ;
  • de la gestion des combustibles nucléaires usés et des déchets radioactifs, en prenant notamment en compte l’évaluation des coûts de gestion finale des déchets haute activité (HA) et moyenne activité à vie longue (MA-VL), ainsi que les coûts de transport de ces combustibles ou déchets vers des sites d’entreposage ou de stockage. 

L’abondement par l’exploitant du fonds dédié aux charges long terme doit être réalisé à partir de la mise en service de l’installation nucléaire considérée. Il servira à financer l’ensemble des opérations listées ci-dessus jusqu’au déclassement de l’installation, qui est prononcé lorsque l’installation a été démantelée dans son ensemble et ne relève plus des dispositions législatives et réglementaires relatives aux installations nucléaires de base (voir l’article L.593-30 du code de l’environnement). 

L’évaluation des charges long terme doit être effectuée en utilisant une méthode reposant sur :

  • une analyse des options raisonnablement envisageables pour conduire le démantèlement de l’installation ;
  • le choix, parmi ces options, d’une stratégie de démantèlement de référence, qui doit être prudente ;
  • la prise en compte d’incertitudes techniques et d’aléas de réalisation, qui doivent être fonction du niveau de détail de la stratégie de démantèlement de référence et du retour d’expérience disponible sur des démantèlements similaires.

En application de l’article L.594-4 du code de l’environnement, chaque exploitant en charge d’une installation nucléaire de base mise en service ou dont le démantèlement est en cours doit fournir : 

  • tous les 3 ans, un rapport triennal qui synthétise l’évaluation ou la réévaluation globale des charges long terme ;
  • chaque année entre deux rapports triennaux, une note d’actualisation. 

En application de l’article D.594-13 du code de l’environnement, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) et la Direction générale du Trésor (DGT) ont saisi l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) sur les rapports triennaux remis en 2025 par les exploitants d’installations nucléaires. 


Pour en savoir plus :

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Prévention du risque radon dans les lieux de travail : une nouvelle version du guide a été publiée

Introduction
Le guide « Prévention du radon », dont la précédente version date de septembre 2020, vient d’être mis à jour. Il intègre les dernières évolutions de la réglementation et propose notamment des recommandations techniques et opérationnelles en vue de l’application de l’arrêté du 15 mai 2024.

Le guide « Prévention du radon », dont la précédente version date de septembre 2020, vient d’être mis à jour. Il intègre les dernières évolutions de la réglementation et propose notamment des recommandations techniques et opérationnelles en vue de l’application de l’arrêté du 15 mai 2024[1].

Cette nouvelle version du guide préconise la même démarche ordonnée et logique que son prédécesseur pour accompagner les employeurs et les acteurs de la prévention dans la gestion du risque lié à la présence de ce gaz naturel radioactif. Son objectif est de mettre à disposition des employeurs une meilleure information sur le risque lié à la présence de radon, des recommandations opérationnelles pour une démarche de prévention, et des orientations techniques et des bonnes pratiques pour des mesures de réduction du niveau d’exposition, notamment pour les entreprises particulièrement exposées (activités en milieu souterrain ou sur des territoires en zone à potentiel radon significatif).

Le guide est désormais enrichi d’un document « Questions/Réponses » qui détaille certains points de la démarche, aborde des cas particuliers et répond aux problématiques remontées du terrain.

L’ASNR a été largement associée au travail collectif piloté par la Direction générale du travail, qui a aussi impliqué des représentants de l’INRS et du réseau des CARSAT, du ministère chargé de l’agriculture, ainsi que des services déconcentrés du ministère du travail.

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L’ASNR valide la poursuite des opérations de démantèlement de l’installation nucléaire Orphée (INB 101)

Introduction
Le CEA exploite l’installation nucléaire de base (INB) 101, située sur le site de Saclay du CEA. Le réacteur Orphée était un réacteur de recherche de type « piscine ». La création du réacteur a été autorisée par le décret du 8 mars 1978 et sa première divergence a eu lieu en 1980. Il servait à réaliser des expériences dans des domaines tels que la physique, la biologie ou la physico‑chimie.

Le CEA exploite l’installation nucléaire de base (INB) 101, située sur le site de Saclay du CEA. Le réacteur Orphée était un réacteur de recherche de type « piscine ». La création du réacteur a été autorisée par le décret du 8 mars 1978 et sa première divergence a eu lieu en 1980. Il servait à réaliser des expériences dans des domaines tels que la physique, la biologie ou la physico‑chimie. Le réacteur est arrêté définitivement depuis fin 2019 et est en phase préparatoire à son démantèlement. Les derniers combustibles irradiés du réacteur Orphée ont été évacués en 2020, ce qui a conduit à une forte réduction du risque radiologique de l’installation.

En 2019, le CEA a remis à l’ASN le rapport de conclusion à la suite du réexamen périodique de l’installation. Ce réexamen, qui a lieu tous les dix ans, consiste à examiner la conformité de l’installation aux règles qui lui sont applicables et à mettre en œuvre un plan d’action afin d’améliorer le niveau de sûreté de l’installation au regard des meilleures pratiques disponibles. 

A l’issue de l’instruction et compte tenu des enjeux limités de l’installation à l’arrêt et des prochaines opérations préparatoires au démantèlement qui feront l’objet de dossiers spécifiques, l’ASNR n’a pas d’objection à la poursuite des opérations de préparation au démantèlement de l’INB 101.

L’ASNR ne prévoit pas d’édicter de prescription particulière à la suite de ce réexamen. L’ASNR a remis l’ensemble des conclusions de son instruction au ministre chargé de la sûreté nucléaire.

Le rapport de conclusion du prochain réexamen de cette INB est attendu au plus tard le 28 mars 2029.

Pour en savoir plus :

 

Voir aussi : 

  • Réexamens périodiques pour les LUDD
    A l’inverse des réacteurs en exploitation exploités par EDF les installations LUDD présentent des enjeux spécifiques vis-à-vis de la protection des intérêts (notamment sûreté, protection de la nature et de l’environnement et radioprotection) propres à chaque INB.

 

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L’ASNR donne son accord pour le passage du réacteur EPR de Flamanville à un niveau de puissance supérieur à 80 % de sa puissance nominale

Introduction
Par décision du 12 décembre 2025, l’ASNR a donné son accord pour le passage du réacteur EPR de Flamanville à un niveau de puissance supérieur à 80 % de sa puissance nominale .

Par décision du 12 décembre 2025, l’ASNR a donné son accord pour le passage du réacteur EPR de Flamanville à un niveau de puissance supérieur à 80 % de sa puissance nominale(1)

Cet accord, prévu par l’autorisation de mise en service du réacteur délivrée par l’ASN le 7 mai 2024, permet à EDF de poursuivre la montée en puissance du réacteur jusqu’à l’atteinte de sa puissance nominale, puis de terminer le programme d’essais de démarrage. 

L’ASNR avait donné un premier accord le 31 janvier 2025 pour poursuivre les essais de démarrage du réacteur au-delà de 25 % de sa puissance nominale.

Dans sa demande en date du 2 décembre 2025, complétée les 8 et 11 décembre 2025, EDF a transmis à l’ASNR les éléments nécessaires pour la délivrance de cet accord, notamment les résultats des essais depuis janvier 2025. Durant cette phase, les essais physiques du cœur(2) se sont poursuivis à différents niveaux de puissance et ont été complétés par des essais tels que l’îlotage (isolement du réseau électrique avec maintien d’une production d’énergie pour les besoins propres de la centrale) ou l’arrêt manuel du réacteur.

L’ASNR a réalisé plusieurs inspections du réacteur depuis le palier à 25 % de puissance. Elle a également analysé les événements significatifs déclarés par EDF et contrôlé les actions correctives mises en œuvre. 

L’ASNR n’a pas mis en évidence d’élément susceptible de remettre en cause la possibilité de poursuivre la montée en puissance du réacteur au-delà de 80 % de sa puissance nominale.

L’ASNR continuera d’assurer un contrôle particulier des étapes ultérieures de la montée en puissance du réacteur, jusqu’à la fin des essais de démarrage. 

En savoir plus :


(1) Puissance nominale : puissance maximale de fonctionnement envisagée d’un réacteur.

(2) Les essais physiques du cœur ont pour objectif de confirmer que le cœur est conforme au référentiel de conception et à la démonstration de sûreté. Ils permettent également de calibrer les systèmes de régulation et de protection automatiques.

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