EFFICAC : comprendre les nouveaux gainages revêtus de chrome

Introduction
L’ASNR s’engage dans un nouveau programme de recherche, EFFICAC (EFFect of Irradiation on Coated ATF Cladding), dédié à l’étude du comportement, en conditions accidentelles, des gaines de combustible nucléaire revêtues de chrome.

Cartographie EBSD (diffraction des électrons rétrodiffusées) du revêtement de Chrome déposé par pulvérisation cathodique magnétron sur une gaine

L’ASNR s’engage dans un nouveau programme de recherche, EFFICAC (EFFect of Irradiation on Coated ATF Cladding), dédié à l’étude du comportement, en conditions accidentelles, des gaines de combustible nucléaire revêtues de chrome. 

Financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre d’une collaboration franco‑tchèque, EFFICAC se déroulera de 2026 à 2028. Il mobilise des compétences complémentaires autour d’un objectif commun : mieux comprendre et quantifier l’effet de l’irradiation sur le comportement mécanique de ces gainages innovants lors d’accidents de dimensionnement.

Un enjeu majeur pour les combustibles de demain

Les gaines de combustible constituent la première barrière de sûreté des réacteurs nucléaires. Depuis plusieurs années, l’industrie développe des gainages pour les crayons combustibles susceptibles d’être plus résistants aux accidents. Parmi les solutions envisagées, les gaines revêtues de chrome apparaissent particulièrement prometteuses.

Ce revêtement, d’une dizaine de micromètres d’épaisseur, améliore significativement les performances des gainages en termes de résistance à l’oxydation et offrirait donc des avantages en termes de sûreté, notamment en situation accidentelle. Ces performances doivent néanmoins encore être évaluées dans des conditions réalistes, en particulier après irradiation et sous fortes contraintes mécaniques (pression interne, interaction pastille‑gaine, phénomènes de ballonnement ou d’éclatement). C’est précisément à cet enjeu que répond le programme EFFICAC.

Une coopération scientifique importante

Le projet repose sur une véritable complémentarité scientifique entre les partenaires permettant une répartition des différentes tâches du projet, de la production de données expérimentales jusqu’au développement de modèles implémentables dans les outils de simulation :

  • ASNR : essais sur matériaux non irradiés et développement des modèles,
  • CVŘ (République tchèque) : irradiation et essais sur matériaux irradiés. Accès à des expérimentations en réacteur d’essai, en complément des essais sur matériaux non irradiés menés à l’ASNR, 
  • ÚJV (République tchèque) : synthèse et capitalisation des connaissances avec l’implémentation dans des outils

Produire des données pour améliorer la sûreté

L’un des apports importants d’EFFICAC sera la production de données expérimentales sur des gaines irradiées revêtues de chrome, encore peu documentées à ce jour.

Le programme s’appuie sur une approche comparative : des essais mécaniques seront menés à la fois sur des gaines irradiées dans le réacteur expérimental LVR‑15, en République Tchèque, et sur des gaines non irradiées à l’ASNR.

Un point clé du projet consiste à déterminer dans quelle mesure les essais réalisés sur des matériaux non irradiés sont représentatifs comportement réel des matériaux après irradiation. Le projet cherchera notamment à savoir si les effets de l’irradiation peuvent être partiellement atténués lors de transitoires accidentels caractérisés par une forte élévation de température.

Un levier stratégique pour renforcer les connaissances et les outils

Le programme EFFICAC contribuera à améliorer la compréhension du comportement des gaines revêtues de chrome en conditions accidentelles et à consolider les modèles utilisés pour l’évaluation de la sûreté.

Les données produites viendront enrichir les outils de simulation en apportant des références expérimentales sur ces matériaux innovants.

Dans ce cadre, les résultats du programme pourront notamment être intégrés dans des plateformes de calcul comme FUEL+, contribuant ainsi à renforcer les capacités d’analyse et d’expertise associées à l’évaluation des combustibles.

Revêtement de Cr déposé par pulvérisation cathodique magnétron sur une gaine. Image réalisée avec un MEB (microscope électronique à balayage)

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L’ASNR autorise l’opération de traitement du sodium secondaire de l’installation Phénix (INB n°71) et encadre les prélèvements d’eau et les rejets d’effluents de l’installation

Introduction
L’ASNR a autorisé par décision du 2 juin 2026 la mise en service de l’installation NOAH, qui réalisera le traitement du sodium secondaire du réacteur Phénix (INB n°71, sur le site de Marcoule). Le traitement du sodium secondaire est prévu pour une durée de 10 ans. Cette décision a fait l’objet d’une consultation du public sur le site de l’ASNR, du 20 février au 19 mars 2026.
Réacteur de la centrale Phénix ©CEA
Réacteur de la centrale Phénix ©CEA

L’ASNR a aussi adopté le 2 juin 2026 une décision qui modifie et actualise les dispositions existantes relatives aux modalités de prélèvement, de consommation d’eau et de rejets dans l’environnement ainsi qu’aux limites de rejets d’effluents de l’installation Phénix (Décision n° 2019-DC-0671 de l'ASN du 25 juin 2019 fixant les prescriptions relatives aux prélèvements et à la consommation d’eau, rejets et aux transferts d’effluents, et a la surveillance de l’environnement de l’installation nucléaire de base n° 71, dénommée « Phénix », exploitée par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) sur le site de Marcoule). Cette décision fait suite à la demande de mise en service de l’installation NOAH de Phénix pour le traitement du sodium secondaire qui nécessite l’encadrement des rejets engendrés par ce nouvel équipement. 

Le retour d’expérience de l’application de la décision n° 2019-DC-0671 de l'ASN du 25 juin 2019 réalisé par l’exploitant a également été intégré pour prendre en compte les conditions d’exploitation de l’usine ce qui a entrainé l’évolution et l’ajustement des paramètres suivants :

  • le volume d’eau industriel consommé ;
  • la fréquence de prélèvement de faune aquatique ;
  • le positionnement des points de prélèvement ;
  • le pH dans les rejets liquides ;
  • les paramètres chimiques des rejets d’eaux pluviales.

L’ASNR considère que les modifications retenues sont acceptables du point de vue des enjeux sanitaires et environnementaux associés aux rejets du site.

La décision a été adoptée par l’ASNR après le recueil de l’avis du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) du Gard et après les consultations du public et de la commission locale d’information Gard-Marcoule (CLI), qui n’ont pas émis d’observation.

Voir les décisions

  • Décision nº 2026-DC-044 de l’ASNR du 2 juin 2026
    donnant l’accord à la mise en service active de l’installation NOAH, en vue du traitement du sodium secondaire liquide de l’installation nucléaire de base n° 71 – Phénix
     
  • Décision n° 2026-DC-045 de l’ASNR du 2 juin 2026
    fixant les prescriptions relatives aux prélèvements et à la consommation d’eau, aux rejets et aux transferts d’effluents, et à la surveillance de l’environnement de l’installation nucléaire de base no 71, dénommée « Phénix », exploitée par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) sur le site de Marcoule
     
  • Décision n° 2019-DC-0671 de l’ASN du 25 juin 2019
    fixant les prescriptions relatives aux prélèvements et à la consommation d’eau, aux rejets et aux transferts d’effluents, et à la surveillance de l’environnement de l’installation nucléaire de base n° 71, dénommée « Phénix », exploitée par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) sur le site de Marcoule.
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Inspection « grand chaud » par l'ASNR en Centre-Val de Loire : vigilance renforcée sur les centrales nucléaires face aux fortes chaleurs

Introduction
Dans le contexte de l'épisode de fortes chaleurs qui touchait la semaine dernière la région Centre-Val de Loire, la division d'Orléans de l'ASNR a mené, le vendredi 26 juin 2026, une action de contrôle inopinée et simultanée dans trois centrales nucléaires de la région : Belleville-sur-Loire, Dampierre-en-Burly et Saint-Laurent-des-Eaux.

Dans le contexte de l'épisode de fortes chaleurs qui touchait la semaine dernière la région Centre-Val de Loire, la division d'Orléans de l'ASNR a mené, le vendredi 26 juin 2026, une action de contrôle inopinée et simultanée dans trois centrales nucléaires de la région : Belleville-sur-Loire, Dampierre-en-Burly et Saint-Laurent-des-Eaux.

Trois binômes d'inspecteurs ont été déployés simultanément dans trois centrales nucléaires de la région afin de vérifier la bonne mise en œuvre par l’exploitant des consignes particulières de conduite prévues pour faire face aux conditions climatiques exceptionnelles. 

Contrôle de l’état des installations
Contrôle de l’état des installations - © ASNR

À cette occasion, ils ont notamment contrôlé :

  • Le renforcement de la surveillance des paramètres de température de l’air, de l’eau ainsi que la capacité de refroidissement de certains échangeurs thermiques ;
  • La réalisation de rondes de surveillance supplémentaires ;
  • La bonne traçabilité des actions de l’exploitant en lien avec les consignes « grand chaud ». Ces consignes d’exploitation sont d’application dès lors que la température de l’air ou de l’eau dépasse un certain niveau ; elles visent à garantir la protection des équipements les plus sensibles à la chaleur ; 
  • La mise en œuvre effective de différentes actions sur du matériel issues des consignes particulières de conduite (mise en configuration particulière, prise de température, mises en place de systèmes de refroidissement, …) ;
  • L’état de plusieurs équipements, notamment au niveau des transformateurs principaux et secondaires, des échangeurs de chaleur et de la source froide.

Cette démarche réactive illustre la mobilisation des équipes de l'ASNR pour s'assurer de l’application effective des dispositions opérationnelles et de la maîtrise de la sûreté des installations, y compris dans des conditions météorologiques exigeantes.

Les inspecteurs ont constaté la bonne mise en œuvre, dans l’ensemble, des consignes particulières de conduite, avec des applications hétérogènes entre les trois sites notamment une traçabilité des actions à améliorer sur certains sites.

Les trois lettres de suite d’inspection, comprenant une synthèse de l’inspection, ainsi que les demandes et observations adressées à l’exploitant, seront publiées prochainement sur le site internet de l’ASNR.

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L’ASNR active son centre de crise à la suite d’un événement à la centrale de Chooz

Introduction
Le 30 juin 2026 à 00h50, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a été informée par EDF d’un évènement à la centrale de Chooz ayant conduit au déclenchement de son Plan d’Urgence Interne (PUI) suite à un dégagement de fumées en salle des machines du réacteur 1, dans la partie non nucléaire des installations.

Le 30 juin 2026 à 00h50, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a été informée par EDF d’un évènement à la centrale de Chooz ayant conduit au déclenchement de son Plan d’Urgence Interne (PUI) suite à un dégagement de fumées en salle des machines du réacteur 1, dans la partie non nucléaire des installations.

L’ASNR a aussitôt activé son centre de crise situé à Fontenay-aux-Roses (92) afin d’évaluer la situation et les risques associés pour la population et l’environnement. 
Suite à la confirmation par EDF de la maitrise de la situation et de l’absence de caractère évolutif, l’organisation de crise de l’ASNR a été levée ce jour à 3h52.
Cet événement n’a pas eu d’impact sur la population et l’environnement. 

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L’ASNR rencontre ses partenaires suisses

Introduction
La 35e réunion de la Commission mixte franco-suisse de sécurité nucléaire s’est tenue les 24 et 25 juin 2026 dans la ville de Spiez (Suisse).

La 35e réunion de la Commission mixte franco-suisse de sécurité nucléaire s’est tenue les 24 et 25 juin 2026 dans la ville de Spiez (Suisse). 

La délégation suisse, menée par le directeur de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) Mark Kenzelmann comprenait plusieurs représentants de l’IFSN, de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), de l’Office fédéral de l’Energie (OFEN), de la Centrale nationale d’alarme (CENAL) et des cantons suisses. Pour l’ASNR étaient présents la Commissaire Géraldine Pina, des représentants de la Direction des déchets, des installations de recherche et du cycle (DRC), de la Direction des rayonnements ionisants et de la santé (DIS), de la Division de Lyon et de la Direction internationale.

Les discussions ont porté sur l’actualité des réacteurs en France (4e réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe, orientations du 5e réexamen périodique pour les réacteurs de 900 MWe, programme EPR2) et en Suisse (levée de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires par le Parlement), l’avancement des projets de petits réacteurs innovants (SMR) en France et en Suisse (projet BALDER de réacteur expérimental à sels fondus), les projets de stockage géologique et la gestion de crise en France et en Suisse.

Les actualités et activités liées à la radioprotection dans le domaine médical ont également été abordées. Dans ce cadre, l’ASNR et l’Office fédéral de la santé publique ont convenu de renforcer le partage d’expérience sur la radioprotection des patients et des travailleurs dans le cadre de l’utilisation d’une technologie émergente en radiothérapie externe, la thérapie flash, qui utilise un très haut débit de dose.

Une visite du laboratoire de Spiez, spécialisé dans le domaine de la défense nucléaire, radiologique, biologique et chimique (risques NRBC), a été organisée, avec notamment une présentation de moyens de mesures mobiles de la radioactivité et du laboratoire de recherche sur les pathogènes de classe 4 (maladies infectieuses à haut pouvoir de dissémination et à haut taux de mortalité).

À l’issue de cette réunion bilatérale, les deux parties se sont engagées à poursuivre leurs échanges sur les différentes facettes de la coopération franco-suisse en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection et ont prévu de se retrouver en France en juin 2027.

Bilatérale France Suisse

De gauche à droite : Marzio Giamboni (représentant des cantons suisses), Annatina Muller-Germana (IFSN), Sébastien Baechler (OFSP), Géraldine Pina (ASNR), Sylvain Petit (ASNR), Marc Kenzelmann (IFSN), Lucia Federspiel (CENAL), Sophie Beauquier (ASNR), Rosa Sardella (IFSN), Loriane Kohlre (IFSN), Olivier Mauron (IFSN), Aurélie Isambert (ASNR), Olivier Lareynie (ASNR), Martin Buchmann (IFSN).

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L’ASNR fait le point sur les conséquences des canicules et sécheresses sur les centrales nucléaires

Introduction
Les épisodes de canicule et de sécheresse ont des répercussions significatives sur le fonctionnement des centrales nucléaires. L’ASNR vérifie que leur sûreté est assurée pendant ces situations et que celles-ci n’ont pas d’impact sur l’environnement.

Les épisodes de canicule et de sécheresse ont des répercussions significatives sur le fonctionnement des centrales nucléaires. L’ASNR vérifie que leur sûreté est assurée pendant ces situations et que celles-ci n’ont pas d’impact sur l’environnement.

Trois enjeux majeurs sur le fonctionnement des centrales nucléaires

1. Le maintien de la sûreté des réacteurs en période de canicule

Les fortes chaleurs entraînent une hausse de la température dans les locaux des centrales nucléaires. Le bon fonctionnement des équipements contribuant à la sûreté des réacteurs dépend notamment d’une température ambiante maîtrisée. Pour éviter tout dépassement des seuils admissibles, les centrales sont équipées de systèmes de ventilation et de climatisation. Depuis les canicules de 2003 et 2006, EDF a renforcé ces dispositifs et réévalue régulièrement les températures de référence pour chaque réacteur, notamment lors des réexamens périodiques, en intégrant les évolutions climatiques.

2. L’adaptation de la puissance des réacteurs face à la hausse des températures des cours d’eau

Les centrales nucléaires prélèvent de l’eau dans les rivières ou la mer pour refroidir leurs réacteurs. Cette eau, restituée à une température plus élevée, peut modifier l’équilibre thermique des milieux aquatiques. Pour limiter cet impact, l’ASNR encadre strictement les conditions de rejet en prescrivant des valeurs limites pour la température de rejet des eaux de refroidissement dans le milieu naturel et l’échauffement en aval de la centrale nucléaire. Elle impose également une surveillance renforcée de l’environnement. 
En cas de température excessive en amont, EDF doit réduire la puissance des réacteurs, voire les arrêter, pour respecter ces limites.

Lors de l’été 2022, la France a fait face à des températures record dans le Rhône, la Garonne et l’estuaire de la Gironde, et à des enjeux de sécurité du réseau électrique et de préservation des réserves de gaz naturel et d’eau des barrages hydroélectriques en vue de l’hiver.
L’ASNR a alors autorisé temporairement des adaptations des limites pour les centrales de Golfech, Bugey, Saint-Alban, Blayais et Tricastin tout en exigeant une surveillance accrue des milieux aquatiques.

3. La gestion des effluents radioactifs en période de sécheresse

Un débit faible des cours d’eau peut empêcher une bonne dilution des effluents liquides rejetés issus des réacteurs. Pour protéger les milieux aquatiques, l’ASNR impose un débit minimal en deçà duquel les rejets des effluents radioactifs sont interdits. EDF doit alors stocker ces effluents dans des réservoirs. Afin de mieux faire face à ces situations, EDF cherche à réduire la production de ces effluents et prévoit d’augmenter ses capacités de stockage dans les années à venir.

Perspectives

Dans le cas où EDF serait amenée à solliciter en 2026 une modification temporaire des limites des rejets thermiques de certaines centrales nucléaires en raison d’impératifs de sécurité du réseau électrique comme en 2022, l’ASNR devra instruire cette demande dans un temps limité, en tenant compte des conditions météorologiques et hydrologiques les plus récentes.

Afin d’anticiper une telle situation, EDF transmet à l’ASNR chaque année au début de l’été son analyse de la réponse des écosystèmes observée lors des épisodes de canicule passés et la surveillance renforcée des eaux de surface qu’elle envisage.

L’analyse réalisée pour l’année 2026 est accessible sur cette page. Le public qui le souhaite peut formuler des observations en suivant ce lien.

Par ailleurs, l’ASNR analyse actuellement les conséquences du changement climatique sur la sûreté des centrales nucléaires et la protection de l’environnement dans le cadre de la démarche qu’elle a lancée sur les perspectives de poursuite de fonctionnement de ces installations au-delà de 60 ans. Elle rendra un avis sur le sujet d’ici la fin de l’année 2026.

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Pierre-Marie Abadie préside la 8e Conférence sur la sûreté nucléaire de l’ENSREG

Introduction
La 8e Conférence ENSREG, présidée par Pierre-Marie Abadie, confirme les enjeux sans précédent du nouveau contexte nucléaire et la mobilisation des autorités de régulation au service de la sûreté, facteur clé de la performance globale.

La 8ème Conférence ENSREG, présidée par Pierre-Marie Abadie, confirme les enjeux sans précédent du nouveau contexte nucléaire et la mobilisation des autorités de régulation au service de la sûreté, facteur clé de la performance globale.

Pierre-Marie Abadie, président de l’ASNR, a présidé la 8ème Conférence sur la sûreté nucléaire co-organisée par l’ASNR et l’ENSREG, le Groupe européen des autorités de sûreté nucléaire, les 16 et 17 juin 2026 à Bruxelles (Belgique).

Le thème général de la conférence, « Réglementer la sûreté nucléaire dans un environnement à enjeux et en rapide évolution », a été l’occasion, pour les représentants d’autorités de sûreté nucléaire, d’organismes de recherche, d’appuis techniques, d’organisations internationales, de la Commission européenne, de l’industrie, de la société civile, d’organisations non gouvernementales, d’aborder les enjeux et opportunités du contexte actuel en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection.

La conférence a réuni plus de 230 personnes, représentant l’ensemble des acteurs de l’écosystème, principalement européen, de la sûreté nucléaire. Elle a largement confirmé la volonté de tous d'intensifier le dialogue collectif ainsi que la place prépondérante de l'Europe dans les débats actuels. De fortes convergences stratégiques entre autorités de sûreté sur les principaux enjeux d'actualité ont été exprimée, convergences rendues possibles par l'existence de coopérations techniques de longue date entre acteurs concernés, notamment dans le cadre des réseaux WENRA, ENSREG, HERCA et ETSON.

 

Dans le contexte du renouveau du nucléaire, la sûreté reste la priorité

Dans son introduction, Pierre-Marie Abadie a notamment rappelé que le secteur nucléaire, fort des fondamentaux de sûreté et de radioprotection construits sur la longue durée, était désormais entré dans un nouveau cycle, après une décennie marquée par le renforcement de la sûreté à la suite de l’accident de Fukushima. Il a estimé que, si la sûreté restait la priorité absolue, les autorités de sûreté devaient désormais répondre à de nouveaux défis. 

Son discours introductif a rappelé la relance du nucléaire dans plusieurs pays, motivée par la décarbonation et la sécurité énergétique, s’accompagnant de projets de nouveaux réacteurs et de prolongation de la durée de vie des installations existantes. Parallèlement, il a fait état de l’émergence de technologies innovantes, comme les petits réacteurs modulaires (SMR), l’intelligence artificielle et les outils numériques, qui crée à la fois des opportunités et de nouveaux défis pour la sûreté. Pierre-Marie Abadie a estimé que les autorités de sûreté devaient renforcer leurs compétences, leur agilité et leur coopération avec l’ensemble des acteurs du secteur, tout en préservant leur indépendance. Il a également réaffirmé que, dans ce contexte, la sûreté et la radioprotection étaient le fondement indispensable d’un développement nucléaire durable, crédible et accepté par la société.

Une sûreté ouverte sur l’innovation et le dialogue

La conférence a confirmé l’importance pour les autorités de sûreté de développer leurs compétences pour accompagner le développement des technologies disruptives, telle que l’intelligence artificielle, de maintenir des relations étroites avec les organisations internationales, comme l’AIEA ou l’AEN, et de contribuer à la performance industrielle globale. La sûreté a été rappelée comme étant un bien commun à préserver, ne devant pas être opposée à l’innovation ou à l’efficience des projets industriels. L’indépendance des autorités, qui est indispensable, ne signifie pas l’isolement. Les autorités de sûreté doivent pouvoir interagir avec le secteur, les autres régulateurs et les parties prenantes.

 

Mieux dialoguer en amont pour renforcer la sûreté

Si le rôle des autorités dans le contexte actuel de renouveau du nucléaire a été abordé, avec une attente forte pour une réglementation stable, proportionnée et prédictible, la conférence a permis de rappeler que le manque de stabilité ou la complexité de certains projets industriels n’étaient pas favorables à la sûreté. L’intérêt que l’industrie et les autorités de sûreté échangent très en amont pour prendre en compte les exigences de sûreté à un stade précoce du développement industriel des projets a été reconnu par tous. De même, la conférence a permis de reconnaître que le défi actuel ne consistait pas à réduire les exigences réglementaires, mais à clarifier les attentes respectives. 

L’expertise et la recherche, piliers de la sûreté nucléaire et de la radioprotection

Un large consensus s’est dégagé sur la nécessité pour les autorités de sûreté de s’appuyer sur une recherche forte et de collaborer étroitement avec les experts. Le besoin que les programmes de recherche conduits au sein des divers instituts ou organisations internationales soient coordonnés et guidés par une finalité de soutien aux autorités de sûreté nucléaire a par ailleurs été réaffirmé, ainsi que le besoin que la recherche soit plus réactive et conduite dans une perspective de mise en œuvre concrète de ses résultats.

 

Renforcer la préparation et la coopération internationale pour faire face aux crises

La guerre en Ukraine a largement été évoquée lors de cette conférence. En particulier, il a été rappelé combien ce conflit avait profondément modifié les hypothèses sur lesquelles reposent la sûreté et la sécurité nucléaires, et selon lesquelles les installations nucléaires sont supposées ne jamais pouvoir subir d’attaques militaires. Le défi de l’équilibre entre maintien de la sûreté et de la sécurité nucléaires d’une part, et la préservation de l’approvisionnement en électricité d’autre part, a été relevé et suppose une préparation, notamment juridique, dès le temps de paix. L’importance de renforcer la coopération et la coordination internationales, notamment au niveau des autorités de sûreté nucléaire et de radioprotection, a été très largement mise en avant, de même que la nécessité de mettre en œuvre des mesures de préparation proactives en temps de paix, de disposer de cadres décisionnels structurés et de faire évoluer davantage les dispositifs juridiques et réglementaires afin de concilier les considérations de sûreté nucléaire avec les besoins sociétaux plus larges.

 

La confiance du public au cœur de la sûreté nucléaire et de la radioprotection

La compétence des autorités de sûreté, leur indépendance, leur capacité à partager et expliquer ont été citées comme facteurs clés pour préserver et renforcer la confiance du public dans la sûreté nucléaire et son contrôle. La conférence a mis en évidence que l’engagement sociétal, par le biais d’un dialogue actif et continu avec le public et les parties prenantes, favorisait la confiance que le public pouvait avoir dans les décisions des autorités. 

La transparence, permettant notamment l’accès à une information claire, actualisée et compréhensible, a été également mise en avant lors de cette conférence, et le cas particulier des échanges transfrontaliers d’information entre autorités de sûreté nucléaire de pays géographiquement proches a été discuté. Les représentants des ONG ont appelé à une plus grande ouverture, un accès plus facile à l’information et des garanties plus solides que les positions réglementaires ne sont pas influencées par les intérêts de l’industrie ou des groupes de pression.

Les défis collectifs pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la sûreté nucléaire et de la radioprotection 

Dans sa conclusion, P.-M. Abadie a salué la mobilisation des autorités de sûreté pour relever les nouveaux défis, et appelé l’ensemble des acteurs de cet écosystème, régulateurs, experts, industriels, société civile, à défendre et préserver l’écosystème de sûreté. Il a également mis en lumière cinq défis collectifs majeurs pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la sûreté nucléaire et de la radioprotection :

  • Le premier défi concerne la construction de nouveaux réacteurs, un enjeu industriel complexe qui dépasse les seules questions de conception. La sûreté doit être intégrée à toutes les étapes des projets, depuis la conception jusqu’à la gestion des travaux et de la chaîne d’approvisionnement. Les autorités de sûreté doivent accompagner ces projets en clarifiant, au bon moment en regard des grands jalons du projet, leurs exigences de sûreté et en développant leurs propres compétences techniques, organisationnelles et managériales.
  • Le deuxième défi est celui de la standardisation. Si une convergence réglementaire existe déjà largement en Europe grâce aux travaux de WENRA, elle aura forcément des limites, au regard des spécificités locales et l’enjeu principal réside dans la standardisation par l’industriel, des conceptions et des méthodes de construction afin de favoriser la réplication, la qualité et la sûreté. Les initiatives de coopération entre autorités, experts et porteur de projets, contribuent à cet objectif.
  • Le troisième défi porte sur la construction d’une approche graduée et proportionnée de la sûreté, qui passe par un dialogue technique approfondi et une approche collégiale permettant de hiérarchiser les enjeux de sûreté entre eux.
  • Le quatrième défi souligne l’importance de la recherche et de l’expertise scientifique pour réduire les incertitudes, développer de nouvelles méthodes d’évaluation et soutenir des décisions crédibles, ce qui suppose des financements pérennes, nationaux et européens.
  • Enfin, le cinquième défi est celui de l’agilité organisationnelle. Les crises récentes ont montré la nécessité, mais aussi la capacité de nos organisations, de s’adapter rapidement tout en préservant la rigueur, la transparence et la robustesse des processus.

P.-M. Abadie a terminé en soulignant l’atout majeur que constituait la dimension européenne pour relever les défis actuels. Il a rappelé qu’au-delà des différences nationales, les pays européens partageaient des valeurs communes (indépendance, transparence, dialogue et décisions fondées sur la science) et bénéficiaient de la diversité de leurs expertises. Grâce à une culture de coopération et à des initiatives communes, les États-membres ont démontré leur capacité à mutualiser leurs compétences, à construire des positions communes et à porter une voix européenne pour renforcer durablement la sûreté nucléaire et la radioprotection.

Pierre-Marie Abadie, président de l'ASNR, ouvre la 8e Conférence sur la sûreté nucléaire, co-organisée par l'ASNR et l'ENSREG
Séance d'ouverture de la 8e conférence ENSREG.
Intervention d'Olivier Gupta, directeur général de l'ASNR et vice-président de WENRA, lors de la session consacrée à la relation entre performance industrielle et sûreté nucléaire.
Intervention de Vincent Lagneau, directeur scientifique de l'ASNR, lors de la session consacrée à la place de la recherche, de la science et de l’expertise dans le processus de décision réglementaire.
Intervention de Jean-Luc Lachaume, commissaire de l'ASNR et président d'HERCA, lors de la session sur les enjeux, pour la sûreté nucléaire, des conflits armés.
Plus de 230 participants ont assisté à la conférence.
Le comité d'organisation de la 8e conférence de l'ENSREG.
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Science du feu : les travaux de recherche de l’ASNR présentés à l’IAFSS 2026

Introduction
Du 8 au 12 juin 2026 à La Rochelle, le 15ᵉ International Symposium on Fire Safety Science (IAFSS) a réuni la communauté scientifique internationale autour des avancées récentes en science du feu.

Du 8 au 12 juin 2026 à La Rochelle, le 15ᵉ International Symposium on Fire Safety Science (IAFSS) a réuni la communauté scientifique internationale autour des avancées récentes en science du feu.

Cet événement de référence vise à partager les dernières connaissances et innovations dans le domaine : il est le rendez-vous de chercheurs de renommée internationale. Il constitue un espace d’échanges privilégié pour faire progresser la compréhension des phénomènes d’incendie et des risques associés, notamment en environnements industriels.

Des recherches au cœur des enjeux industriels

Dans ce cadre, les travaux conduits par l’ASNR contribuent à mieux comprendre les phénomènes accidentels complexes, en particulier les incendies en environnements contraints tels que les installations nucléaires.

Ces recherches s’appuient sur des plateformes expérimentales à grande échelle (GALAXIE) et sur des outils de simulation permettant d’analyser les interactions entre combustion, ventilation et rejets de polluants (S3AFER).

À l’occasion de l’édition 2026 du symposium, plusieurs travaux de R&D ont été présentés par l’ASNR, portant sur les feux en milieu confiné, les foyers complexes et les rejets de polluants en situation d’incendie. Ces travaux apportent des données expérimentales et des méthodes d’analyse utiles à l’étude et à la modélisation des scénarios d’incendie.

Partager les connaissances et renforcer la maîtrise des risques

La participation de l’ASNR à ce symposium international s’inscrit dans une démarche de partage des résultats de recherche et de contribution aux avancées scientifiques en sécurité incendie.

Elle favorise le développement d’échanges avec les acteurs académiques et industriels, contribuant à faire progresser les connaissances et à améliorer la maîtrise des risques dans des contextes industriels à forts enjeux.

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L’ASNR rend son avis sur la démarche de diversification du système d’arrêt du réacteur CAL-30 de la société CALOGENA

Introduction
Le 19 mai 2026, l’ASNR a rendu son avis sur les options de sûreté envisagées par CALOGENA concernant la démarche de diversification du système d’arrêt de son réacteur CAL-30.

Le 19 mai 2026, l’ASNR a rendu son avis sur les options de sûreté envisagées par CALOGENA concernant la démarche de diversification du système d’arrêt de son réacteur CAL-30. 

Le réacteur CAL-30 est un projet de petit réacteur modulaire d’une puissance de 30 MWth, qui vise à alimenter des réseaux de chaleur urbains. Il dispose de deux systèmes redondants pour arrêter la réaction nucléaire, qui reposent sur un même principe consistant à une insertion gravitaire rapide de grappes de crayons d’absorbants neutroniques dans le cœur.

A l’issue de son examen, l’ASNR considère que la démarche de diversification des systèmes d’arrêt du réacteur CAL-30 est globalement satisfaisante mais qu’elle peut être encore raisonnablement renforcée.

Ainsi, le niveau de fiabilité global atteint par l’option retenue sera à consolider par des éléments détaillés de conception, de qualification et d’essais. 

De plus, compte tenu de l’absence de diversification fonctionnelle des parties mobiles des systèmes d’arrêt, l’ASNR considère que, dans le cadre d’une éventuelle demande d’autorisation de création, CALOGENA devra prévoir un moyen alternatif permettant d’ arrêter le réacteur malgré une situation de blocage total des grappes et préciser si ce moyen relève de la démonstration de sûreté de son réacteur ou s’il constitue un moyen ultime de crise.

Dans le cadre de son examen, l’ASNR a recueilli en mars 2026 l’avis du groupe transverse des réacteurs innovants (GT-RI).

Pour en savoir plus

Avis de l'ASNR :

Examen du dossier d’options de sûreté du réacteur CAL-30 :

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8ème Conférence européenne sur la sûreté nucléaire de l’ENSREG

Introduction
Les 16 et 17 juin 2026, Pierre-Marie ABADIE, président de l'ASNR, présidera la 8ème Conférence sur la sûreté nucléaire organisée à Bruxelles (Belgique) par le Groupe européen des autorités de sûreté nucléaire ENSREG.

Les 16 et 17 juin 2026, Pierre-Marie ABADIE, président de l'ASNR, présidera la 8ème Conférence sur la sûreté nucléaire organisée à Bruxelles (Belgique) par le Groupe européen des autorités de sûreté nucléaire ENSREG.

« Regulating nuclear safety in a rapidly changing and challenging environment » sera le thème principal de cette conférence. L'occasion pour les autorités européennes de sûreté nucléaire, leurs organismes techniques de sûreté  et diverses parties prenantes - notamment des représentants des institutions européennes, des ONG et des médias -, ainsi que pour les représentants de pays tiers d'échanger sur les enjeux, les expériences et les points de vue concernant le contexte nucléaire actuel et les défis sans précédent auxquels il est confronté, tant au sein de l’Union européenne qu’à l’échelle mondiale.

Au programme de ces deux journées, des interventions de nombreux représentants d’organisations nationales et internationales dont : 

  • Juan-Carlos Lentijo, président d'ENSREG (European Nuclear Safety Regulators Group)
  • Petteri Tiippana, président de WENRA (Western European Nuclear Regulators Association)
  • William D. Magwood, IV, directeur général de l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'OCDE
  • Karine Herviou, directrice générale adjointe de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)
  • Jean-Luc Lachaume, Commissaire ASNR et président d'HERCA (Heads of the European Radiological protection Competent Authorities)
  • Federico Rocchi, President d’ETSON (European Technical Safety Organizations Network)

L'événement est ouvert à tous et sera retransmis en direct :

> Télécharger le programme détaillé

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