L'ASNR et le JRC renforcent leur collaboration scientifique

Introduction
La première réunion du comité directeur de l'accord de collaboration entre le Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne et l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) s'est tenue à Bruxelles le 13 janvier 2026.

Lors de la première réunion du comité directeur de leur accord de collaboration, qui s'est tenue à Bruxelles le 13 janvier 2026, le Centre commun de recherche (JRC-CCR) de la Commission européenne et l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) ont réaffirmé leur engagement de longue date à poursuivre le développement et le renforcement d'une collaboration scientifique solide. L'ASNR est issue de la fusion, en 2025, de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l'organisme technique de sûreté (IRSN).

Vincent Lagneau, directeur scientifique de l'ASNR (à droite), et Ulla Engelmann, directrice Sureté et Sécurité du Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne (à gauche), ont présidé la réunion
Vincent Lagneau, directeur scientifique de l'ASNR (à droite), et Ulla Engelmann, directrice Sureté et Sécurité du Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne (à gauche), ont présidé la réunion

Les deux parties ont approuvé un amendement à l'accord de collaboration de 2017 entre l'IRSN et le CCR, prolongé en 2022, afin de :

  • transférer les droits et obligations de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) liés à l'accord à l'ASNR avec effet au 1er janvier 2025 ;
  • ajouter de nouvelles actions d'intérêt dans le domaine des applications médicales de la science nucléaire ;
  • faciliter la mise en œuvre de l'accord grâce à une simplification des procédures.

Le comité directeur a examiné les progrès réalisés depuis 2022, avec cinq projets achevés et cinq autres en cours dans les domaines des données nucléaires, de la sûreté du combustible, de la surveillance environnementale de la radioactivité, de la radioprotection, de la sûreté des réacteurs et de la modélisation. Le comité directeur a également discuté des activités futures possibles dans les domaines des applications médicales, du vieillissement et du comportement mécanique des ouvrages de génie civil, et de la création d'une plateforme de codes informatiques européens pour la sûreté du combustible nucléaire et les simulations d'accidents de réacteurs, pour n'en citer que quelques-unes.

Les deux organisations ont souligné l'importance stratégique des infrastructures, des compétences et des aptitudes en matière de recherche, et ont exprimé leur intention de promouvoir les échanges de scientifiques, en particulier d'étudiants, ainsi que de faciliter l'utilisation de leurs plateformes expérimentales, codes et bases de données par le biais des mécanismes existants (programme Open Access du CCR, OFFERR) ou de mécanismes bilatéraux ou multilatéraux ad hoc. 

Le Centre commun de recherche et l'ASNR poursuivront donc leur étroite collaboration dans le cadre de cet accord bilatéral, notamment par le biais de projets communs visant à faire progresser la recherche dans divers domaines tels que la sûreté nucléaire du combustible nucléaire ou les données nucléaires, ainsi que par leur participation commune à des consortiums européens tels que les projets financés par Euratom.

Les participants à la réunion
Les participants à la réunion qui s'est tenue à la Maison Irène et Frédéric Joliot Curie à Bruxelles (Belgique).

Retracer et anticiper les contaminations des fleuves : les résultats clés du projet de recherche TRAJECTOIRE

Introduction
Comment reconstituer l’histoire des contaminations anthropiques des fleuves ? C’est à cette question qu’a cherché à répondre le projet de recherche TRAJECTOIRE, en s’appuyant sur les archives naturelles que constituent les sédiments fluviaux.

Comment reconstituer l’histoire des contaminations anthropiques des fleuves ? C’est à cette question qu’a cherché à répondre le projet de recherche TRAJECTOIRE, en s’appuyant sur les archives naturelles que constituent les sédiments fluviaux.

Né d’un questionnement d’expertise relatif à une contamination de la Loire survenue au début des années 1980, TRAJECTOIRE a élargi sa focale à l’échelle des grands bassins versants français, dans une approche interdisciplinaire et intégrée, combinant l’analyse géochimique et radiochronologique des archives sédimentaires à l’exploitation de corpus documentaires.

Formant un consortium de 7 partenaires scientifiques[1], ce projet, soutenu par l’ANR, a commencé en janvier 2020 autour de plusieurs enjeux :

  1. Etudier trois familles de contaminants « emblématiques » : les radionucléides, les microplastiques et leurs dérivés, et les métaux de haute technologie ou métaux dits « critiques ».
  2. Reconstruire leurs trajectoires temporelles, c’est-à-dire l’évolution des concentrations dans les grands bassins versants français depuis le début du siècle dernier afin de connaître l’émergence des contaminations et les niveaux au fil du temps.
  3. Documenter les sources de contamination (pressions exercées) afin d’expliquer les trajectoires observées.
  4. Identifier les liens de causalité entre les observations (état des milieux) et les pressions exercées en utilisant des modèles adossés à l’intelligence artificielle.
  5. Utiliser ces modèles afin d’être en mesure de proposer des trajectoires prédictives de contamination sur la base de scenarios.

Cinq ans après le démarrage du projet, l’équipe du Laboratoire de recherche sur les transferts de radionucléides dans les écosystèmes aquatiques (LRTA) a présenté les principaux résultats devant une large communauté scientifique lors d’un colloque de restitution finale à l’auditorium ASNR de Fontenay-aux-Roses.

[1] ASNR, EPOC (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux ; Université de Bordeaux, CNRS), METIS (Milieux Environnementaux, Transferts et Interactions dans les hydrosystèmes et les Sols ; Sorbonne Université, CNRS), LEHNA (Laboratoire d'Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés ; CNRS), LSCE (Laboratoire de Sciences du Climat et de l'Environnement ; CNRS, CEA), M2C (Morphodynamique Continentale et Côtière ; CNRS), MIO (Mediterranean Institute of Oceanography ; Université d'Aix-Marseille).

Que retenir des résultats ?

Plus de 50 mètres d’archives sédimentaires cumulés ont été extraits en aval de la Loire, du Rhône, du Rhin, de la Seine, de la Garonne, de la Meuse et de la Moselle à partir desquels les trajectoires des concentrations en contaminants ont pu être retracées.

De bonnes corrélations entre les pics de concentrations de césium 137 (¹³⁷Cs) observées dans les archives sédimentaires et les maximums des retombées atmosphériques reconstruites à l’échelle de bassins versants ont été obtenues. Ces résultats indiquent qu’à cette échelle spatiale, les valeurs des paramètres régissant le transfert de ce radionucléide depuis les sols jusqu’au cours d’eau, — tels que la migration dans les sols et le taux d’export par ruissellement — apparaissent similaires d’un grand bassin versant à l’autre. Ils constituent ainsi des références utiles pour les modèles opérationnels.

Les trajectoires temporelles du tritium, recherché sous sa forme organiquement liée dans les archives, mettent en évidence des marquages significativement supérieurs aux niveaux enregistrés dans les eaux de pluies (tritium libre) sur la même période. Ces écarts s’expliquent par le transfert aux fleuves, via le lessivage des bassins versants, de particules organiques provenant de la dégradation de la biomasse terrestre exposée aux retombées atmosphériques issues des essais nucléaires aériens et dans le cas de la Seine, du centre CEA de Valduc. Pour le Rhône et le Rhin, les rejets diffus liés à l’industrie horlogère franco-suisse contribuent majoritairement à ces différences.

L’analyse du potassium 40 (⁴⁰K) a révélé l’empreinte de l’usage des engrais potassiques avec des maximums dans les années 1980, en lien avec l’intensification agricole, suivi d’un déclin rapide reflétant une bonne capacité de résilience environnementale, c’est-à-dire un retour relativement rapide vers l’état initial caractérisant la période antérieure à la contamination. L’importante solubilité, donc mobilité, du 40K favorise très probablement cette capacité du système à évacuer sa contamination.

Les résultats relatifs aux microplastiques ne sont actuellement pas publiés. Ils ne le seront pas avant une qualification rigoureuse des protocoles analytiques employés, nombreux au sein de la communauté scientifique travaillant sur ces contaminants. L’analyse des dérivés plastiques tels que les phtalates montrent néanmoins que les concentrations ont augmenté après les années 1950-1970, avec des variations selon les rivières. Les travaux ont en outre permis de souligner des corrélations entre des paramètres géochimiques propre à la matière organique et les concentrations de ces contaminants.

Dans la famille des métaux, une revue critique a montré que, dans le bassin versant de la Gironde, la résilience vis-à-vis des contaminants historiques (Cd, Zn, Pb, Cu) dépend de la gestion des résidus miniers et des sédiments contaminés.

Un modèle d’intelligence artificielle, le HRHN (Hierarchical Attention-Based Recurrent Highway Networks), a été conçu pour prédire les concentrations de ces contaminants dans les rivières, en particulier le césium 137 (¹³⁷Cs) et le potassium 40 (⁴⁰K), deux radionucléides d’origine anthropique ou naturelle. Grâce à son apprentissage et aux jeux de données exploités, le modèle développé identifie et hiérarchise les variables explicatives (débit minimal, lessivage, dépôts atmosphériques, inventaire dans les sols et rejets industriels) et représente correctement les interactions entre ces variables pour la grande majorité des fleuves français. Le modèle permet ainsi de réaliser des projections sur la base de scénarios. Des projections jusqu’en 2100 ont été réalisées sur le Rhône, en explorant divers scénarios : rejets extrêmes, reproduction des événements historiques, effets du changement climatique via une baisse progressive du débit (projections INRAE). Ces simulations montrent que, comme attendu, la diminution du débit accentue les concentrations de ¹³⁷Cs, quel que soit le scénario.

Extraction des archives sédimentaires
De gauche à droite : Mise en place du carottier sur les berges de la Garonne en aval du CNPE de Golfech ; Visualisation d’une archive sédimentaire sur les berges du Rhône ; Extraction d’une archive sur les berges de la Meuse en aval du CNPE de Golfech

Le compte-rendu final

La totalité des résultats du projet a été publiée dans un rapport disponible ici : Compte-rendu final du projet de recherche TRAJECTOIRE

Type de contenu

CONCRETE II : acquérir de nouvelles connaissances sur le vieillissement du béton dans un contexte de perspectives de poursuite de fonctionnement des centrales nucléaires

Introduction
Anticiper le vieillissement des matériaux dans les centrales nucléaires est un enjeu majeur pour la filière. L’ASNR lance une deuxième phase du programme CONCRETE pour poursuivre les recherches amont sur le vieillissement du béton, en collaboration avec des équipes universitaires.

Anticiper le vieillissement des matériaux dans les centrales nucléaires est un enjeu majeur pour la filière. L’ASNR lance une deuxième phase du programme CONCRETE pour poursuivre les recherches amont sur le vieillissement du béton, en collaboration avec des équipes universitaires.

Comme de nombreux exploitants à l’étranger, EDF a fait part de son intention de prolonger significativement la durée d’exploitation de ses réacteurs. Elle doit démontrer à l’ASNR que l’extension de la durée de vie de son parc peut s’opérer en toute sûreté, notamment pour les ouvrages en béton irremplaçables. Pour appuyer ses expertises techniques sur des connaissances à l’état de l’art, l’ASNR a lancé en 2020 le programme CONCRETE. Le consortium constitué autour de celui-ci rassemble les équipes de recherche de l’ASNR ainsi que cinq laboratoires académiques français : Université Gustave Eiffel, LMDC Toulouse, LMA Aix-Marseille, GEOMAS Lyon et LMGC Montpellier. 

Un bilan riche en avancées scientifiques

Pendant cinq ans, ces équipes ont approfondi la compréhension des pathologies du béton susceptibles d’affecter les installations nucléaires. Lors du séminaire bilan, les partenaires ont présenté des résultats importants sur la détection et la modélisation des phénomènes de vieillissement, l’étude des mécanismes physico-chimiques et sur des approches de modélisation multi-échelles innovantes. Dix thèses ont été menées dans ce cadre.

CONCRETE II : des objectifs ambitieux

Fort de ces acquis, le consortium a choisi d’approfondir ses recherches en lançant le programme CONCRETE II. Il marque une nouvelle étape en mettant l’accent sur les couplages entre phénomènes, la représentativité des données matériaux et l’obtention de données expérimentales à grande échelle. Ce nouveau volet vise à produire des données robustes représentatives des situations réelles, tout en enrichissant le cadre théorique et méthodologique, qui sera diffusé au travers de publications scientifiques. 

Le programme a été officiellement lancé lors de la première journée technique organisée le 26 septembre 2025, qui a réuni l’ensemble des partenaires pour partager les objectifs, définir les priorités expérimentales et poser les bases des travaux à venir. Cette rencontre a confirmé la dynamique collective et l’engagement des partenaires pour faire de CONCRETE II un programme clé pour l'acquisition de connaissances sur les pathologies du béton et leur modélisation.

En savoir plus

Programme CONCRETE

 

CABRI : réalisation du dernier essai du programme CIP

Introduction
Le 13 octobre 2025, l’installation expérimentale CABRI, située sur le site de Cadarache, a accueilli le huitième et dernier essai du programme international CIP (CABRI International Program), placé sous l’égide de l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE et piloté par l’ASNR.

Le 13 octobre 2025, l’installation expérimentale CABRI, située sur le site de Cadarache, a accueilli le huitième et dernier essai du programme international CIP (CABRI International Program), placé sous l’égide de l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE et piloté par l’ASNR.

L’ objectif scientifique de cet essai

Cet essai, baptisé CIP3-1R, avait pour objectif d’étudier les conséquences thermomécaniques et thermohydrauliques de la rupture d’un crayon de combustible dans les conditions d’un transitoire accidentel, de type insertion de réactivité dans le cœur. Le crayon testé, issu d’un combustible irradié pendant cinq cycles dans la centrale espagnole de Vandellos, a été choisi pour sa forte probabilité de rupture dès les premiers instants du transitoire.

Un succès technique et scientifique

L’essai s’est déroulé conformément aux spécifications. Les premiers résultats confirment l’atteinte de l’objectif principal : la rupture du crayon et la mise en évidence des phénomènes se produisant après la rupture du crayon (énergie mécanique libérée, échange de chaleur entre le crayon et le réfrigérant…). L’instrumentation déployée autour du dispositif a bien fonctionné, ce qui a permis  de générer un volume important de données qui sera analysé dans les mois à venir.

Une étape clé du programme CIP

Bien que ce soit le dernier essai réalisé dans le réacteur CABRI, les activités du programme CIP se poursuivront encore plusieurs années avec des analyses post-essais approfondies (radiographies X, tomographies, spectrométrie gamma) afin d’obtenir des données complémentaires et d’affiner l’interprétation des phénomènes observés. Ces travaux contribueront à améliorer la compréhension des accidents de réactivité (RIA) dans les réacteurs nucléaires.

Une mobilisation collective

La réussite de cet essai est le fruit d’une collaboration exemplaire : plus de 25 collaborateurs de l’ASNR ont participé à la préparation et au pilotage, aux côtés de 45 personnes du CEA, exploitant du réacteur CABRI. Leur engagement illustre la capacité des équipes à relever des défis scientifiques et techniques majeurs.

Huitième essai du programme CABRI CIP

Pour en savoir plus

Le programme CIP, initié il y a plusieurs années, a permis de réaliser huit essais expérimentaux dans des conditions représentatives. Ces travaux s’inscrivent dans la mission de l’ASNR : garantir la sûreté nucléaire et la radioprotection, en s’appuyant sur des données expérimentales robustes et partagées au niveau international.

Le programme CABRI CIP

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Risque incendie : l’ASNR, acteur majeur de la recherche

Introduction
Les 10 et 11 juillet derniers, l’ASNR a accueilli à Fontenay-aux-Roses les 35e Journées du RésoFeux, un temps fort réunissant les spécialistes français du risque incendie.
35e journée RésoFeux

Les 10 et 11 juillet derniers, l’ASNR a accueilli à Fontenay-aux-Roses les 35e Journées du RésoFeux, un temps fort réunissant les spécialistes français du risque incendie.

Organisé par le Service des Agressions Internes et des Risques Industriels de l’ASNR, ce séminaire a réuni 85 spécialistes venus de domaines variés. Une diversité qui reflète l’ampleur des enjeux liés aux incendies, qu’ils surviennent en milieu naturel, urbain ou industriel.

Une recherche qui dépasse les frontières du nucléaire

Au cœur de ce réseau, l’ASNR s’affirme comme un acteur engagé d’une communauté scientifique dépassant largement le domaine du nucléaire. Les participants provenaient de la recherche académique, des centres techniques, des instituts de recherche et de l’industrie. Ensemble, ils œuvrent à mieux comprendre et maîtriser les phénomènes liés aux incendies.

Les thématiques abordées étaient aussi diverses que pointues : feux en milieux naturels et leurs impacts environnementaux, études numériques et expérimentales appliquées au domaine nucléaire, modélisation multi-échelle de la pyrolyse et de la combustion, propagation des polluants et remise en suspension de particules, approches expérimentales en milieux confinés et ventilés. Autant de thématiques qui trouvent des applications concrètes dans la compréhension  des risques industriels et environnementaux. 

Des moyens uniques pour la recherche sur l’incendie

Les participants ont également découvert les outils de recherche de l’ASNR dédiées au risque incendie :  

  • La plateforme expérimentale GALAXIE dédiée aux essais grandeur nature. Elle regroupe des équipements permettant des études en conditions contrôlées incluant des locaux en atmosphère oxygénée et des environnements confinés ventilés mécaniquement,
  • La plateforme logicielle S3AFER conçue pour la modélisation des scénarios d’incendie. Elle intègre l’ensemble des outils nécessaires à la simulation d’incendies et d’explosions.

L’ASNR, un vecteur de diffusion des connaissances scientifiques

Les équipes de l’ASNR ont également présenté plusieurs projets de recherche en cours portant sur :  la remise en suspension de particules radioactives, la propagation du feu sur certains matériaux  , ou les écoulements dans les ventilations lors d’incendies en milieu confiné et ventilé. 

Ces travaux bénéficient non seulement au secteur nucléaire, mais aussi à d’autres industries, grâce à un partage des connaissances sur le risque incendie.

Les participants à la 35e journée RésoFeux
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Projet AMHYCO : mieux comprendre l’accident nucléaire grave

Introduction
Lors d’un accident grave dans une centrale nucléaire, l’hydrogène (H₂) et le monoxyde de carbone (CO) peuvent être produits et relâchés dans l’enceinte de confinement des réacteurs. Ces gaz inflammables peuvent conduire, en cas de combustion, à des charges en pression et en température capables de compromettre le fonctionnement des équipements nécessaires à la gestion des accidents graves ; ils peuvent aussi affecter l’intégrité de l’enceinte de confinement et entraîner, par conséquent, le rejet de matières radioactives dans l’environnement.

Projet AMHYCO : un projet européen pour mieux comprendre les risques d’accident grave en centrale nucléaire

Le projet AMHYCO (Towards an Enhanced Accident Management of the Hydrogen/CO Combustion Risk), financé par le programme de recherche Euratom H2020 et labellisé par la SNETP (Sustainable Nuclear Energy Technology Platform), a réuni 13 partenaires de 7 pays européens et du Canada, dont, pour la France, l’ASNR, présente aux côtés de Framatome et du CNRS Coordonné par l’Université Polytechnique de Madrid, le projet AMHYCO avait pour objectif d’améliorer la compréhension des phénomènes liés aux gaz combustibles (hydrogène et monoxyde de carbone) en cas d’accident grave dans une centrale nucléaire. Il s’inscrit dans la continuité du projet SAMHYCO NET.

Un enjeu de sûreté : maîtriser les gaz combustibles

Lors d’un accident grave dans une centrale nucléaire, l’hydrogène (H₂) et le monoxyde de carbone (CO) peuvent être produits et relâchés dans l’enceinte de confinement des réacteurs. Ces gaz inflammables peuvent conduire, en cas de combustion, à des charges en pression et en température capables de compromettre le fonctionnement des équipements nécessaires à la gestion des accidents graves ; ils peuvent aussi affecter l’intégrité de l’enceinte de confinement et entraîner, par conséquent, le rejet de matières radioactives dans l’environnement.

L’objectif du projet AMHYCO était de mieux comprendre ces phénomènes, et de proposer des solutions concrètes pour améliorer la gestion de ces risques.

Une approche expérimentale et collaborative

Le projet s’est appuyé sur des expériences en laboratoire pour affiner les modèles de la recombinaison1 catalytique de l’hydrogène et du monoxyde de carbone et de la combustion des mélanges représentatifs de l’atmosphère des enceintes de confinement en situation d’accident grave. Cela a permis aussi de définir des critères pour évaluer a priori le risque d’explosion en phase tardive d’un accident.

En outre, des simulations numériques de scénarios accidentels ont été menées pour mesurer le bénéfice des connaissances acquises.

Le séminaire de clôture s’est tenu à Madrid fin février 2025, rassemblant une soixantaine de participants. Il a marqué la conclusion de quatre ans et demi de recherche collaborative visant à améliorer la gestion des risques liés à la combustion de l'hydrogène et du monoxyde de carbone dans les centrales nucléaires européennes de génération II et III2.

Bilan technique et valorisation des résultats du projet

Le projet AMHYCO a atteint les objectifs scientifiques et techniques qui lui étaient assignés. Il a permis de produire une base de données expérimentales ainsi que des résultats de simulation de scénarios accidentels à l’aide d’outils de type LP (lumped parameter), 3D et CFD (computational fluid dynamics). Ces données ont été utilisées pour réviser les corrélations de recombinaison de référence, définir les domaines d’inflammation, et établir des critères d’accélération de flamme dans des conditions représentatives de la phase tardive d’un accident grave. Par ailleurs, certaines données expérimentales générées ont servi à l’organisation du benchmark ETSON-AMHYCO en lien avec le réseau ETSON (European Technical Safety Organisations Network). La réunion de clôture de celui-ci est prévue les 26 et 27 juin 2025 à Fontenay-aux-Roses.

 

1. Réaction permettant de consommer l’hydrogène ou le monoxyde de carbone de manière contrôlée  
2. Le parc des réacteurs de production d’électricité actuellement en exploitation en France comprend un total de 56 réacteurs à eau sous pression (REP), dits « de génération II », et un réacteur EPR (European Pressurized water Reactor) est dit « de génération III ». (source site irsn.fr)

Photo de groupe - Workshop AMHYCO
Séminaire de clôture du projet AMHYCO à Madrid, février 2025.
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Nomination du directeur scientifique de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR)

Introduction
Monsieur Vincent Lagneau est nommé directeur scientifique de l’ASNR. Cette nomination fait suite à la mise en place d’un « search committee », présidé par Pierre Toulhoat, membre de l’Académie des technologies et ancien président du conseil scientifique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
Portrait Vincent Lagneau, directeur scientifique de l'ASNR
Vincent Lagneau, nommé directeur scientifique de l'ASNR

Monsieur Vincent Lagneau est nommé directeur scientifique de l’ASNR.

Cette nomination fait suite à la mise en place d’un « search committee », présidé par Pierre Toulhoat, membre de l’Académie des technologies et ancien président du conseil scientifique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
Pour garantir la sélection du/de la meilleur(e) candidat(e), ce comité comprenait plusieurs autres experts extérieurs à l’ASNR.

Vincent Lagneau, ancien élève de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Mines de Paris, docteur en Hydrologie et Hydrogéologie quantitatives, était jusqu’alors Directeur du Centre de Géosciences et Professeur à MINES Paris - PSL et président de la Commission nationale d’évaluation des recherches et études relatives à la gestion des matières et déchets radioactifs.

Membre du Comité exécutif, le Directeur scientifique aura pour responsabilité de s’assurer que l’ASNR dispose en temps voulu des connaissances scientifiques et des outils utiles à la réalisation de ses missions. Pour rappel, l’ASNR contribue, par ses travaux de recherche et d’expertise, à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques en matière de prévention et de protection contre les risques associés aux rayonnements ionisants dans les secteurs de l’énergie, de l’environnement ou de la santé.

Sa mission de directeur scientifique se décline selon quatre axes principaux : 

  • l’élaboration de la stratégie de recherche et le suivi de sa mise en œuvre ;
  • l’organisation de l’évaluation des activités de recherche ;
  • la politique scientifique de l’autorité ;
  • la représentation de l’ASNR en tant qu’organisme de recherche en France et à l’étranger.
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L'ASNR à la 11ème édition des « Euratom Research and Training Conferences » et au forum SNETP 2025, du 12 au 16 mai à Varsovie

Introduction
La 11e édition des conférences en recherche et formation d’Euratom, organisée sous les auspices de la présidence polonaise du conseil de l’Union européenne, a eu lieu du 12 au 16 mai à Varsovie. Le forum SNETP 2025 s’est tenu dans le cadre de cette conférence.
Forum SNETP - Intervention d'Olivier Dubois (ASNR)
Intervention d'Olivier Dubois (ASNR)

La 11e édition des conférences en recherche et formation d’Euratom (FISA et Euradwaste), organisée sous les auspices de la présidence polonaise du conseil de l’Union européenne, a eu lieu du 12 au 16 mai à Varsovie. Le forum SNETP 2025 s’est tenu dans le cadre de cette conférence. L’ASNR est l’un des 130 membres de SNETP (industriels et acteurs de la recherche du secteur nucléaire) et siège à son governing board. Cette association européenne travaille en faveur de l'innovation dans le domaine nucléaire et en particulier dans la sûreté.

Ce rendez-vous important de la recherche et de l’innovation a rassemblé une large communauté d’industriels et d’organismes de recherche et développement (R&D) européens : plus de 600 participants cette année, dont un nombre important de représentants français d’EDF, du CEA, de Framatome, d’Orano et d’autres…

Forum SNETP - Intervention de Jean-Christophe Gariel (ASNR)
Intervention de Jean-Christophe Gariel (ASNR)

L’ASNR a été fortement présente durant ces cinq jours, avec notamment les interventions d’Olivier Dubois, commissaire, qui a présenté l’ASNR, ses missions, ses principaux enjeux dans les années à venir relatifs au programme EPR2, aux SMRs et à la prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs, et ses implications dans les travaux collaboratifs de recherche européens, et de Jean-Christophe Gariel, Directeur général adjoint, en sa capacité de coordinateur de PIANOFORTE.

Cette conférence a été notamment l’occasion pour les participants d’échanger sur les thèmes principaux qui seront retenus pour l’appel à projet Euratom 2026-2027. En effet, les conclusions de cet événement permettent à la Commission européenne de préciser les priorités, dans le sens des besoins exprimés, de l’appel à projet qui est en cours de finalisation et qui sera lancé prochainement.

Le projet Mithygène récompensé

Prix FISA EURADWASTE 2025 de l’Innovation
Prix FISA EURADWASTE 2025 de l’Innovation

Lors de la conférence FISA EURADWASTE 2025, Ahmed Bentaib, en tant que coordinateur du projet RSNR/MITHYGENE a reçu le premier prix de l’Innovation dans la catégorie sûreté.

Ce prix d’une valeur de 50 000 euros récompense le développement du prototype COMOS pour la mesure et la surveillance de la composition de l’atmosphère de l’enceinte de confinement en situation d’accidents, notamment graves.

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Journées des thèses 2025 : le premier temps fort de la recherche estampillé ASNR

Introduction
Du 1er au 4 avril 2025, l’ASNR a organisé ses premières Journées des thèses à La Grande-Motte. Un événement majeur qui a réuni près de 90 doctorants travaillant sur des sujets en lien avec la sûreté nucléaire, la radioprotection, la santé et l’environnement, ainsi que leurs encadrants -tuteurs à l’ASNR et directeurs de thèse ASNR ou académiques, experts et partenaires industriels, soit plus de 200 scientifiques.

Du 1er au 4 avril 2025, l’ASNR a organisé ses premières Journées des thèses à La Grande-Motte.

Étang du Ponant - © Anthony Levrot, Wikimedia Commons, License CC BY-SA 4.0

Un événement majeur qui a réuni près de 90 doctorants travaillant sur des sujets en lien avec la sûreté nucléaire, la radioprotection, la santé et l’environnement, ainsi que leurs encadrants -tuteurs à l’ASNR et directeurs de thèse ASNR ou académiques, experts et partenaires industriels, soit plus de 200 scientifiques.

Ces journées, issues d’une longue tradition de l’ex-IRSN et désormais inscrites dans l’agenda de l’ASNR, sont l’occasion de valoriser la diversité et la qualité des travaux de recherche menés dans ou pour l’établissement. Elles permettent aux doctorants de présenter leurs travaux et favorisent les échanges entre doctorants, encadrants, chercheurs, experts et partenaires de l’ASNR, tout en montrant les apports de ces travaux aux enjeux sur lesquels l’ASNR aura à prendre position. Durant ces trois journées, présentations orales, expositions de posters, moments d’échanges, conférences et tables rondes étaient donc au programme.

Cette première édition sous bannière ASNR a permis de mettre en lumière l’excellence scientifique des thèses en cours, leur pertinence au regard des enjeux techniques et sociétaux. Dans son discours d’ouverture, Olivier Dubois, commissaire de l’ASNR, a souligné « la richesse et l’importance des recherches menées par les doctorants qui alimenteront les décisions du collège de l’ASNR dans les années à venir. »

Olivier Gupta, directeur général de l’ASNR, a conclu ces journées en soulignant que « la formation par la recherche est une excellente formation, quels que soient les métiers auxquels on se destine » et que « la place de la recherche au sein de l’ASNR est essentielle et contribue au rayonnement français et international de la nouvelle Autorité ».

Cinq doctorants ont été récompensés pour la qualité de leurs posters :

La lauréate du 1er prix bénéficie d’un soutien de 500 € pour organiser un événement festif avec son laboratoire. Les cinq posters primés seront également affichés sur les principaux sites de l’ASNR.

Rejoignez les doctorants de l'ASNR

Chaque année, l’ASNR propose une trentaine de nouveaux sujets de thèses de doctorat, associées à de nombreuses écoles doctorales. La campagne de recrutement des thèses 2025 est toujours en cours !

Vous pouvez consulter les 31 sujets actuellement disponibles pour des contrats doctoraux proposés par l’ASNR (doctorants salariés par l’ASNR) dans la rubrique des offres d’emploi de l’Autorité : https://irsn-career.talent-soft.com/offre-de-emploi/liste-offres.aspx, type de contrat « doctorat ». Il ne reste plus que quelques jours pour candidater !

De plus certains sujets sont proposés en partenariats avec des institutions académiques qui recruteront le doctorant. Il s’agit notamment des offres ci-dessous :

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L’ASNR, le CEA et QST ont conjointement organisé un séminaire scientifique sur la recherche en radiobiologie

Introduction
L’ASNR, le CEA (France) et QST (Japon) sont trois acteurs majeurs dans les domaines de la recherche sur les effets biologiques et sanitaires des rayonnements ionisants. Ce séminaire s’inscrit dans le cadre des accords de collaboration bilatéraux existants entre ces trois organismes. Il s’est tenu du 4 au 6 Mars 2025 dans les locaux de l’ASNR à Fontenay-aux-Roses et a réuni plus de 120 chercheurs des 3 organismes, notamment du Japon grâce à la possibilité d’une participation en ligne.

L’ASNR, le CEA (France) et QST (Japon) sont trois acteurs majeurs dans les domaines de la recherche sur les effets biologiques et sanitaires des rayonnements ionisants. Ce séminaire s’inscrit dans le cadre des accords de collaboration bilatéraux existants entre ces trois organismes. Il s’est tenu du 4 au 6 Mars 2025 dans les locaux de l’ASNR à Fontenay-aux-Roses et a réuni plus de 120 chercheurs des 3 organismes, notamment du Japon grâce à la possibilité d’une participation en ligne.

L’avancée des recherches dans les domaines des applications médicales des rayonnements ionisants, de la réponse médicale aux urgences nucléaires et radiologiques et des effets sanitaires des faibles doses a été discutée. Ce séminaire a offert aux équipes de recherche l’occasion de se rencontrer, de mieux se connaître, et de stimuler l'émergence de nouveaux domaines de collaboration. En particulier, l’un des objectifs était de faciliter la mise en place de projets de recherche conjoints en favorisant l'échange d'étudiants ou de jeunes chercheurs mais également en construisant des réponses communes aux appels à projets de recherche.

Photo de groupe - Workshop QST-CEA-ASNR
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