L’ASNR et la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO) partagent leur vision des enjeux de radioprotection dans le domaine de la radiothérapie, en particulier ceux liés à l’innovation.

Introduction
Le collège de l’ASNR a rencontré la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO), le 6 novembre 2025, dans le cadre du suivi de l’accord-cadre signé en juillet 2020 entre les deux organismes. La SFRO était représentée par sa présidente, accompagnée par des membres du bureau de la société savante.

Le collège de l’ASNR a rencontré la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO), le 6 novembre 2025, dans le cadre du suivi de l’accord-cadre signé en juillet 2020 entre les deux organismes. La SFRO était représentée par sa présidente, accompagnée par des membres du bureau de la société savante. 

Rencontre de l'ASNR et de la SFRO le 6 novembre 2025

Rencontre de l'ASNR et de la SFRO le 6 novembre 2025

Cette réunion était l'occasion d'échanger sur les actions inscrites dans l'accord-cadre qui régit la collaboration entre l’ASNR et la SFRO et de discuter des enjeux pour la sécurité des patients ainsi que de l'amélioration continue des pratiques dans le domaine de la radiothérapie. 

La SFRO a partagé les réflexions menées dans le cadre de son Livre Blanc sur la radiothérapie, en particulier sur la qualité et la gestion des risques. L’ASNR et la SFRO reconnaissent la maturité des démarches de gestion de la qualité et de la sécurité, tout en rappelant que des défis subsistent pour faire vivre ces démarches dans la durée, dans un contexte d’effectifs en tension. En outre, l’ASNR et la SFRO soulignent l’importance des démarches d’audits cliniques par les pairs ainsi que de la valorisation du retour d’expérience des événements significatifs de radioprotection, pour améliorer la sécurité des traitements. 

Par ailleurs, cet échange a été l’occasion de présenter les travaux de recherche de l’ASNR dans le domaine de la radiothérapie et notamment le projet FEDORA (FEtalDOse in RAdiotherapy) sur la dosimétrie du fœtus. L’ASNR réitère sa volonté d’accompagner les professionnels pour favoriser le développement des connaissances et souligne la nécessité de soutenir le projet RadioTransNet[1] dédié à la structuration de la recherche préclinique en radiothérapie.

Par ailleurs, l’ASNR et la SFRO s’accordent sur la nécessité de développer des synergies pour renforcer la veille technologique et être au plus près de l’innovation afin qu’elle puisse se déployer rapidement dans un cadre sécurisé. Les techniques suivantes ont notamment été abordées :

  • L’hypofractionnement : Cette technique, consistant à réduire le nombre de séances de traitement, entraine des réorganisations des services, des besoins de formation du personnel et des contrôles qualité renforcés ;
  • La radiothérapie adaptative : les études (ERAVES et RAIPANC), initiées et cofinancées par l’ASNR, visent à évaluer l'apport de l'adaptation quotidienne des traitements, notamment pour la prise en charge des cancers de la vessie et du pancréas ;
  • L’intelligence artificielle (IA) : l'IA est déjà intégrée à certaines étapes du parcours de soin, avec des applications concrètes déjà matures comme pour le contourage automatique des organes à risque ; son développement appelle toutefois une réflexion sur  l’évolution des compétences et des métiers ;
  • La radiothérapie FLASH : cette technique à ultra haut débit de dose (plusieurs dizaines de Gy/s, comparé au débit de dose de l’ordre de quelques grays par minute pour les techniques conventionnelles) semble réduire la toxicité radio-induite au niveau des tissus sains tout en maintenant le même contrôle tumoral ; son déploiement nécessite cependant d’évaluer plus précisément les enjeux associés à son intégration en pratique clinique, comme les effets à  long terme.

Enfin, l'ASNR et la SFRO ont identifié plusieurs sujets pour leur future collaboration tels que : 

  • la recherche, notamment dans le cadre de la participation au comité de pilotage du réseau national de recherche préclinique en radiothérapie oncologique (RadioTransNet), co-piloté par la SFRO avec la SFPM, et du partenariat européen PIANOFORTE ;
  • la structuration de la veille en matière d’innovation et l'évaluation associée aux nouvelles techniques et pratiques ;
  • la gestion des ré-irradiations, en définissant des stratégies pour la prise en compte de l’effet cumulatif des irradiations pour les patients bénéficiant de plusieurs radiothérapies au cours de leur vie. 

[1] RADIOTRANSNET – Réseau National de Recherche Préclinique en Radiothérapie

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Risque radon : l’ASNR à la rencontre des habitants du Pays Basque et du Béarn

Introduction
Pour la 3ème année consécutive, l’ASNR a participé à la campagne de sensibilisation et de mesures du risque radon dans l’habitat aux côtés de l’Agence régionale de santé des Pyrénées-Atlantiques (64) et des trois Centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE).
© Réunion publique à Hendaye, janvier 2026

Pour la 3ème année consécutive, l’ASNR a participé à la campagne de sensibilisation et de mesures du risque radon dans l’habitat aux côtés de l’Agence régionale de santé des Pyrénées-Atlantiques (64) et des trois Centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE).

Six réunions publiques se sont tenues entre le 19 et le 30 janvier : deux dans le Béarn (Oloron Sainte Marie et Nay) et quatre au Pays Basque (Mauléon-Licharre, Ossès, Hendaye et Bassussary). Elles ont permis à plus de 150 habitants de prendre conscience de ce risque inodore, incolore pourtant essentiel à appréhender.

Le sujet a suscité un vif intérêt et les échanges ont été particulièrement riches. Par ailleurs, 350 dosimètres (soit deux par logement) ont été distribués aux habitants des zones à potentiel radon 1, 2 et 3 par la Direction générale de la santé. Tous ont trouvé preneur, signe d’un réel engagement local.

L’ASNR est chargée de piloter les plans nationaux d’action de gestion du risque radon et d’en animer le comité de suivi. Depuis 2005, trois plans nationaux ont fixé les objectifs à poursuivre en matière de réduction des effets sanitaires du radon.
L’ASNR participe régulièrement à des actions de sensibilisation au risque radon, aux côtés d’autres administrations (Dreal, ARS, Dreets, collectivités locales) et d’organisations partenaires (Cerema, Comité scientifique et technique du bâtiment – CSTB, associations professionnelles, etc.). Ces campagnes d’information s’adressent à différents publics : élus, professionnels du bâtiment, employeurs, responsables d’ERP et particuliers.

Pour en savoir plus

Les plans nationaux d'action

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Convention pluriannuelle 2026-2030 entre la DGS et l’ASNR

Introduction
Signature de la convention pluriannuelle définissant les modalités de collaboration et d’appui technique entre l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection et la Direction générale de la santé.

Signature de la convention pluriannuelle définissant les modalités de collaboration et d’appui technique entre l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection et la Direction générale de la santé.

Le Professeur Didier Lepelletier, Directeur général de la santé et Olivier Gupta, Directeur général de l’ASNR ont signé jeudi 28 janvier une convention pluriannuelle définissant les modalités de collaboration et d’appui technique entre l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) et la Direction générale de la santé (DGS). Fortes de leurs missions respectives en matière de santé publique, de veille, de sécurité sanitaire et de contrôle des activités nucléaires civiles, la DGS et l’ASNR coordonnent par cette convention leurs actions au service des politiques publiques de protection des personnes et de l’environnement vis-à-vis des rayonnements ionisants. Cette collaboration porte sur un champ large d’activités et de domaines parmi lesquels l’usage des rayonnements à des fins thérapeutiques ou de diagnostic, l’exposition au radon, le contrôle sanitaire et la gestion de la qualité radiologique des eaux destinées à la consommation humaine ou bien encore la contribution au dispositif national de crise en situation d’accident nucléaire ou radiologique.

© Signature de la convention pluriannuelle par le Professeur Didier Lepelletier (à gauche), Directeur général de la santé, et Olivier Gupta (à droite), Directeur général de l’ASNR.
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Sous-traitance et recours à du personnel externe en physique médicale en radiothérapie externe : état des lieux, préconisations et pistes de réflexions

Introduction
Afin de répondre aux enjeux de sécurité des traitements liés à la sous-traitance des activités de physique médicale en radiothérapie, l’ASNR publie un document opérationnel, fondé sur une analyse des pratiques réalisée auprès des centres de radiothérapie.

Afin de répondre aux enjeux de sécurité des traitements liés à la sous-traitance des activités de physique médicale en radiothérapie, l’ASNR publie un document opérationnel, fondé sur une analyse des pratiques réalisée auprès des centres de radiothérapie.

Lors de ses inspections, l’ASNR a constaté que la sécurité des traitements en radiothérapie pouvait être fragilisée par le recours à la sous-traitance pour des activités de physique médicale. En 2020, l’IRSN a dressé un état des lieux des pratiques et a conduit l’ASNR à élaborer un document opérationnel. Celui-ci propose des recommandations et des éléments de réflexion issus de l’analyse des pratiques en radiothérapie et des connaissances en sciences humaines et sociales y compris dans le secteur industriel. Ce guide est structuré en 6 focus thématiques et complété par une grille d’auto-évaluation.

Certains centres de radiothérapie font appel à la sous-traitance d’activités de physique médicale ou à des professionnels externes pour la mise en œuvre de nouvelles techniques, le renouvellement du parc d’équipements, des besoins de flexibilité organisationnelle, notamment du fait d’un manque de personnel, ou un besoin d’expertise spécifique. Toutefois, le recours à des professionnels externes a des effets significatifs sur l’organisation interne des centres, les activités individuelles et collectives, ainsi que sur les interactions entre professionnels, pouvant in fine affecter la sécurité des traitements.

L’enquête menée en 2020 par l’IRSN a en effet mis en évidence plusieurs situations susceptibles de fragiliser la sécurité des traitements, en lien avec une disponibilité insuffisante du centre donneur d’ordre (CDO), un temps d’intervention contraint, des compétences inadaptées des prestataires, des écarts de pratiques entre prestataire et CDO, ou encore l’absence d’analyse des risques. 

Dans ce contexte, l’ASNR publie un guide opérationnel co-écrit par des spécialistes en physique médicale et en sciences humaines et sociales. À travers ce document, l’ASNR met en évidence l’importance d’impliquer les physiciens médicaux du CDO tout au long du processus de sous-traitance. Pour maintenir la sécurité des traitements, l’ASNR recommande d’engager des réflexions collectives entre le CDO et le prestataire mais aussi entre les différents corps de métiers, et ce, pour six thématiques identifiées comme insuffisamment approfondies lors de la réalisation de prestations externes. Ces thématiques portent sur :

  • La définition d’une stratégie de sous-traitance, afin de préciser le périmètre des activités externalisées et celles maintenues en interne, d’identifier les besoins, bénéfices et risques des différentes stratégies de sous-traitance envisagées et de retenir la plus adaptée.
  • La formalisation de la prestation, pour préciser les attentes, missions, responsabilités et ressources des deux parties, ainsi que pour garantir des conditions d’interventions favorables au bon déroulement de la prestation.
  • La gestion des compétences du prestataire, pour maîtriser les interventions, en incluant les compétences techniques (savoirs), celles liées aux matériels/logiciels utilisés (savoir-faire), l’expérience de l’intervenant et la connaissance des pratiques locales ; et du CDO, pour notamment encadrer la prestation, s’approprier le travail effectué et l’évaluer.
  • L’investissement du CDO, afin de disposer des ressources nécessaires pour les activités de préparation, de coordination, de réalisation (faire et faire-ensemble), et de suivi de l’intervention. Recourir à un prestataire ne revient pas à transférer une activité à un sous-traitant à un « coût zéro » pour le CDO ; l’investissement dépend de la prestation et des modalités de travail.
  • La gestion des risques, pour identifier et se prémunir des risques liés à l’intervention externe elle-même ainsi qu’aux interfaces avec les activités et l’organisation du centre. Elle doit reposer sur une implication conjointe du CDO et du prestataire, une communication transparente sur les aléas, dysfonctionnements et risques, et une co-construction de l’analyse des risques a priori.
  • Les besoins d’appropriation des pratiques et organisations locales par le prestataire afin d’ajuster son intervention aux exigences et/ou contraintes locales ; et de l’intervention du prestataire par le CDO pour maîtriser l’intervention menée et poursuivre son activité en propre. Pour cela, les parties prenantes doivent prévoir le temps et les moyens nécessaires au transfert des connaissances et compétences utiles.

Une grille d’auto-évaluation, proposée en annexe du document, permet aux acteurs concernés de structurer leurs réflexions et d’identifier les actions à conduire dans le cadre d’une prestation externe de physique médicale en radiothérapie.

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Prévention du risque radon dans les lieux de travail : une nouvelle version du guide a été publiée

Introduction
Le guide « Prévention du radon », dont la précédente version date de septembre 2020, vient d’être mis à jour. Il intègre les dernières évolutions de la réglementation et propose notamment des recommandations techniques et opérationnelles en vue de l’application de l’arrêté du 15 mai 2024.

Le guide « Prévention du radon », dont la précédente version date de septembre 2020, vient d’être mis à jour. Il intègre les dernières évolutions de la réglementation et propose notamment des recommandations techniques et opérationnelles en vue de l’application de l’arrêté du 15 mai 2024[1].

Cette nouvelle version du guide préconise la même démarche ordonnée et logique que son prédécesseur pour accompagner les employeurs et les acteurs de la prévention dans la gestion du risque lié à la présence de ce gaz naturel radioactif. Son objectif est de mettre à disposition des employeurs une meilleure information sur le risque lié à la présence de radon, des recommandations opérationnelles pour une démarche de prévention, et des orientations techniques et des bonnes pratiques pour des mesures de réduction du niveau d’exposition, notamment pour les entreprises particulièrement exposées (activités en milieu souterrain ou sur des territoires en zone à potentiel radon significatif).

Le guide est désormais enrichi d’un document « Questions/Réponses » qui détaille certains points de la démarche, aborde des cas particuliers et répond aux problématiques remontées du terrain.

L’ASNR a été largement associée au travail collectif piloté par la Direction générale du travail, qui a aussi impliqué des représentants de l’INRS et du réseau des CARSAT, du ministère chargé de l’agriculture, ainsi que des services déconcentrés du ministère du travail.

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L’ASNR participe à une mission d’évaluation de l’OMS en Albanie

Introduction
L’ASNR a pris part à une mission JEE (Joint External Evaluation) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 1er au 5 décembre 2025 à Tirana (Albanie).
ASNR Mission JEE OMS Albanie décembre 2025
La délégation albanaise et les experts internationaux de la mission JEE de l’OMS.

L’ASNR a pris part à une mission JEE (Joint External Evaluation) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 1er au 5 décembre 2025 à Tirana (Albanie). 

Les missions JEE recouvrent 19 domaines techniques multisectoriels évalués indépendamment part une équipe d’experts internationaux permettant de définir les capacités d’un pays à prévenir, détecter et répondre aux risques de santé publique, conformément au Règlement sanitaire international (RSI, 2005). À cette occasion le domaine technique recouvrant la préparation et la réponse aux urgences radiologiques et nucléaires a été supervisé par Alexandre de Ruvo de la Direction Internationale de l’ASNR. 

Cette évaluation a permis à l’ASNR d’entretenir des échanges approfondis avec l’autorité albanaise de régulation des rayonnements ionisants (Bureau de la Radioprotection - RPO), mais aussi avec son support technique (Institut de physique nucléaire appliquée - IFBZ), ou encore le Centre hospitalier universitaire « Mère Thérèsa », et bien d’autres acteurs de la réponse aux urgences radiologiques. Une visite terrain des entités sus mentionnées a permis à la mission JEE d’évaluer les installations et les équipements mis en œuvre par leurs utilisateurs respectifs.

La mission a été l’occasion d’identifier les forces et faiblesses du pays par rapport à un référentiel technique précis (JEE Tool), et des actions prioritaires ont été émises auprès de la vice-ministre de la santé (Eugena Tomini), le vice-ministre de l’agriculture (Fatmir Guri) ainsi que d’autres personnalités séniores du ministère de la santé. Un rapport sera rédigé à la suite de la mission permettant de compiler les résultats de la mission. 

L’ASNR est liée par un accord de collaboration avec l’OMS qui la désigne comme « centre collaborateur » dans le domaine de la radioprotection. L’OMS bénéficie ainsi de l’expertise reconnue de l’ASNR dans le domaine de la radioprotection. Ces missions participent au rayonnement international de l’ASNR et permettent d’approfondir son expertise liée aux urgences radionucléaires, mais également de tisser des liens avec des autorités de régulations nucléaires étrangères et de leurs TSO (Organismes de soutien technique). 

ASNR Mission JEE OMS Albanie décembre 2025
L’équipe des experts internationaux de la mission JEE de l’OMS.
ASNR Mission JEE OMS Albanie décembre 2025
Experts internationaux et des membres du RPO et de l’IFBZ.

Pour en savoir plus

Voir Les Joint External Evaluation (JEE) sur le site internet de l’OMS.

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L’ASNR publie une étude sur la téléradiologie et établit des recommandations : perspectives et enjeux de radioprotection

Introduction
Dans un contexte de développement croissant des pratiques de télémédecine, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a conduit une étude sur le recours à la téléradiologie et ses effets, en collaboration avec le CEPN . Cette démarche répond à une augmentation marquée des événements significatifs en radioprotection déclarés ces dernières années dans un tel contexte.

Dans un contexte de développement croissant des pratiques de télémédecine, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a conduit une étude sur le recours à la téléradiologie et ses effets, en collaboration avec le CEPN[1]. Cette démarche répond à une augmentation marquée des événements significatifs en radioprotection déclarés ces dernières années dans un tel contexte.

La téléradiologie permet à un radiologue d’analyser à distance des actes d’imagerie médicale réalisés dans un autre centre en son absence. Elle contribue à garantir un accès rapide au diagnostic, notamment dans les établissements en déficit de radiologues, et à assurer la continuité des soins pour les patients.

L’étude repose sur des entretiens avec les acteurs institutionnels (DGOS[2], HAS[3], CNAM[4]) et deux enquêtes nationales auprès des établissements de santé et des opérateurs de téléradiologie, ainsi que sur une enquête européenne auprès des membres d’HERCA[5],

Au niveau européen, les informations recueillies ne concernent qu’un nombre limité de pays, ce qui rend l’analyse difficile. Toutefois, les rares réponses obtenues indiquent que cette pratique est peu encadrée.

Au niveau national, un recours croissant à la téléradiologie est observé, tant pour l’imagerie programmée que pour les examens d’urgence. Cette pratique contribue à améliorer la continuité des soins et pallier les déséquilibres territoriaux de répartition des radiologues, notamment entre les secteurs publics et privés. 

L’étude montre une amélioration dans la prise en charge des patients (rendez-vous facilité, fluidification de la prise en charge) ainsi qu’une amélioration du délai de rendu des comptes-rendus.

Toutefois, la pratique de la téléradiologie présente des points de fragilité, en termes de radioprotection, avec des conséquences possibles sur la mise en œuvre du principe de justification et un risque accru d’erreurs si le projet de téléradiologie n’est pas déployé dans un cadre sécurisé. 

L’étude révèle ainsi :

  • Un manque de concertation entre les parties prenantes et de préparation en amont du déploiement d’un projet de téléradiologie, notamment pour identifier les impacts sur l’organisation du travail, évaluer les besoins et de définir les modalités de mise en œuvre. Le mode distanciel fragilise la mise en œuvre du principe de justification en raison des difficultés d’accès aux antécédents cliniques et aux antériorités des examens et par l’intensification de l’’activité durant les plages couvertes par la modalité de téléradiologie en nuit profonde, où les demandes d’examen font l’objet d’une remise en question moins systématique ;
  • Un manque de concertation lors de la définition des protocoles qui favorise la coexistence de protocoles distincts pour les radiologues sur site et les téléradiologues. Cette disparité expose les manipulateurs à une complexité organisationnelle accrue, susceptible d’engendrer des confusions et/ou des erreurs ;
  • Une dégradation de la qualité de la communication entre professionnels en distanciel marquée par des difficultés d’accès aux données cliniques des patients, un manque d’interopérabilité entre les outils métiers (entre les établissements de santé et les plateformes de téléradiologie), ainsi qu’une communication altérée entre, d’une part, les téléradiologues, et d’autre part, les manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM) et les médecins prescripteurs. Ces fragilités dans la coordination et l’accès à l’information peuvent favoriser la survenue d’erreurs ;
  • Des effets sur le travail de certains professionnels de santé et sur la dynamique du travail en équipe (médecin prescripteur, manipulateur, téléradiologue), pouvant également favoriser la survenue d’erreurs : surcharge de travail (MERM, secrétaire et cadre), isolement professionnel, perte de sens et limitation des apprentissages en lien avec l’appauvrissement des interactions avec le radiologue.

La pratique de la téléradiologie révèle ainsi quatre enjeux spécifiques sur le plan de la radioprotection :

  • La maitrise de la gestion de projet, souvent réduite à une simple information descendante de la part de la direction sans réelle concertation avec les équipes alors que ces projets entrainent des modifications significatives de l’organisation et des conditions de travail ;
  • La mise en œuvre des principes de justification des examens, fragilisé par l’exercice à distance, le manque d’accès au dossier patient informatisé (DPI) et l’insuffisance des renseignements cliniques transmises, et par la coexistence de protocoles distincts pour les radiologues sur site et les téléradiologues ;
  • La communication entre professionnels, qui peut être altérée entre les médecins demandeurs, les manipulateurs et les téléradiologues, facteur de risque pour la survenue d’événements significatifs de radioprotection ;
  • La gestion des risques, notamment leur identification, leur compréhension et leur traitement de nouveaux risques d’erreurs liés à une nouvelle organisation.

Les résultats de cette étude montrent qu’avec le développement rapide de la téléradiologie, il est essentiel d’adopter une gestion de projet adaptée au sein des services. Cela implique une concertation étroite entre les parties prenantes, ainsi qu’une réflexion approfondie sur l’organisation, les outils, les pratiques de travail et les risques liés à ces évolutions. 

Ces conditions préalables sont indispensables pour assurer la maitrise de la mise en œuvre des principes de justification, favoriser la communication entre les acteurs, adapter la gestion des risques à cette nouvelle pratique et limiter la survenue d’évènement significatif de radioprotection. 

Sept pistes d’amélioration, concernant les enjeux de radioprotection, sont proposées :

  • Renforcer la concertation en amont de la mise en œuvre de la téléradiologie entre établissements et opérateurs ;
  • Accompagner le changement pour les professionnels de santé concernés en prenant mieux en considération les besoins des différents métiers ;
  • Améliorer la mise en œuvre du principe de justification des actes radiologiques en distanciel en maitrisant mieux la programmation des examens, en facilitant l’accès aux antécédents cliniques et aux antériorités des examens et en harmonisant les protocoles ;
  • Analyser les facteurs favorisant ou entravant la communication entre professionnels lors du recours à la téléradiologie et repenser les interfaces de communication en conséquence ;
  • Mettre à jour le référentiel des bonnes pratiques à l’usage des médecins[6] et le guide des procédures des examens scanographiques élaborés par la Société Française de Radiologie (SFR), la Société Française de Médecine Nucléaire (SFMN) et la Société Française de Physique Médicale (SFPM) ;
  • Conduire, dans le but de sécuriser la prise en charge des patients, une analyse de risque a priori partagée entre établissements et opérateurs de téléradiologie sur les projets de téléradiologie et partager le retour d’expérience des événements internes et des ESR déclarés à l’ASNR, ;
  • Améliorer la connaissance de l’activité réalisée en téléradiologie pour pouvoir mieux l’évaluer, notamment s’agissant des exigences de radioprotection et des recommandations de la dernière charte de téléradiologie.

L’ASNR a porté les résultats de cette étude et ses recommandations à la connaissance des parties prenantes (agences sanitaires, sociétés savantes, opérateurs de téléradiologie) et du comité de suivi du plan national de maitrise des doses en imagerie afin d’examiner les suites à donner. Elle informera également ses homologues internationaux dans le cadre des travaux d’HERCA.

En savoir plus :

Étude sur la pratique de la téléradiologie - Perspectives et enjeux de radioprotection
(PDF - 2,91 Mo)


[1] CEPN (Centre d’étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine nucléaire) : Association évaluant la protection de l’Homme contre les dangers des rayonnements ionisants.

[2] DGOS (Direction Générale de l’offre de soins) : Administration centrale du ministère français de la Santé pilotant les politiques de l'offre de soins.

[3] HAS (Haute Autorité de Santé) : Autorité publique indépendante développant la qualité dans les secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux.

[4] CNAM (Caisse Nationale de l’Assurance Maladie) : Organisme français de sécurité sociale.

[5] HERCA (Heads of European Radiological Competent Authorities: Association regroupant les responsables des autorités européennes compétentes en radioprotection.

[6] ADERIM : Aide à la Demande d’Examens de Radiologie et Imagerie Médicale

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L’ASNR et le conseil professionnel de la radiologie française (G4) échangent sur l’amélioration de la culture de radioprotection dans le domaine de la radiologie médicale

Introduction
Le collège de l’ASNR a reçu le conseil professionnel de la radiologie française (G4), le 23 septembre 2025, dans le cadre du suivi de l’accord-cadre signé, en avril 2023, entre ce dernier et l’ASNR.

Le collège de l’ASNR a reçu le conseil professionnel de la radiologie française (G4), le 23 septembre 2025, dans le cadre du suivi de l’accord-cadre signé, en avril 2023, entre ce dernier et l’ASNR.

Étaient présents le président du G4 accompagné notamment des représentants du groupe de travail « radioprotection » (GT RP et GT RPP), du groupe de travail « retour d’expérience en imagerie » (GT REX Imagerie) et du groupe de travail « Comité d’Analyse des Nouvelles techniques et Pratiques médicales utilisant des Rayonnements Ionisants » (CANPRI) ainsi que du représentant du G4 en charge de la formation, des pratiques médicales et de l’organisation de la radiologie en France.

Cette réunion a permis d’aborder les sujets d’intérêt commun en lien avec les actions inscrites dans l’accord-cadre, notamment la mise en œuvre des principes de justification et d’optimisation, la formation, le déploiement des systèmes d’assurance de la qualité, le retour d’expérience des événements déclarés à l’ASNR, et l’innovation. Elle a été l’occasion de confirmer le niveau satisfaisant de la prise en compte des enjeux de radioprotection dans des pratiques médicales du domaine de la radiologie, qui mettent en œuvre depuis des décennies les principes de justification médicale et d’optimisation de la qualité diagnostique. Les deux parties reconnaissent que des progrès sont toutefois nécessaires pour renforcer la culture de radioprotection dans les services, notamment au travers des audits cliniques par les pairs. Ces audits par les pairs sont en effet la méthode d’évaluation la plus appropriée pour évaluer les pratiques cliniques au regard des principes de la radioprotection.

Par ailleurs, cet échange a été l’occasion de présenter les travaux de recherche de l’ASNR dans le domaine de la radiologie, y compris interventionnelle, et sa volonté d’accompagner les professionnels de ces spécialités pour encourager l’acquisition des connaissances.

L’ASNR et le G4 ont retenu les sujets d’intérêt commun suivants pour la poursuite de leurs échanges :

  • Les enjeux liés aux ressources humaines en termes d’attractivité des services d’imagerie et de formation des professionnels, notamment dans le contexte du développement de la téléradiologie ;
  • Les enjeux des démarches qualité au regard du nombre de référentiels en vigueur et des ressources à y allouer dans un contexte de contraintes de moyens financiers et en personnel ;
  • Le retour d’expérience des événements significatifs de radioprotection (ESR) concernant des cohortes de patients et en particulier :
    • L’opportunité de créer une échelle de communication pour les ESR déclarés en radiologie, à l’instar de celle élaborée en radiothérapie ;
    • Le renforcement du contrôle de l’ASNR en radiologie pédiatrique et la mise à disposition d’outils d’autoévaluation pour les professionnels.
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Baromètre ASNR 2025 sur la perception des risques par les Français

Introduction
Les attentes des Français en matière de sûreté nucléaire demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ».

Les attentes des Français en matière de sûreté nucléaire demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ». Le développement de la recherche sur la sûreté des réacteurs existants et le renforcement des inspections des autorités compétentes arrivent en tête des mesures proposées pour renforcer la sûreté des installations nucléaires.

Le Baromètre ASNR suit depuis plus de 30 ans la perception des risques par les Français. En 2025, il présente les évolutions de cette perception selon quatre grands axes : les préoccupations principales des Français, leur regard sur la science et l’expertise, leur perception des situations à risque et leur opinion sur la radioprotection, l’énergie et la sûreté nucléaire.

Couverture du Baromètre ASNR 2025

Les préoccupations actuelles des Français

En 2024, le pouvoir d’achat demeure le premier sujet de préoccupation des Français, avec 24 % des réponses (-1 point par rapport à 2023). Le dérèglement climatique conserve de peu sa deuxième position (14 %, -4 points). L’immigration partage cette année la troisième position avec l’instabilité géopolitique qui fait son retour, pour la première fois depuis 2022, parmi le trio de tête.

Parmi les principales préoccupations environnementales, le dérèglement climatique (37 %), en dépit d’une baisse exceptionnelle de son score de 7 points, reste loin devant « les dommages liés aux catastrophes naturelles » (17 %) et la pollution de l’eau (14 %, +2 points).

Concernant l’influence du dérèglement climatique sur l’environnement, 77 % l’estiment forte pour un ensemble d’enjeux environnementaux, en particulier sur les inondations (89 %), les sécheresses (89 %) et les canicules (87 %), alors que les liens sont jugés plus faibles pour la grêle (67 %), la pollution des sols (65 %) et les séismes (60 %).

Le regard des Français sur la science et l’expertise

Cette année, l’image de la science et des experts scientifiques demeure stable : 64 % des Français font confiance aux institutions scientifiques (+2 points) et 57 % des Français ont une bonne opinion des experts scientifiques (-1 point). Les qualités les plus attendues pour les experts scientifiques continuent d’être, pour la cinquième année consécutive, l’honnêteté dans la démarche scientifique (51 %), la compétence technique (45 %) et l’indépendance de jugement (41 %).

Pour la quatrième année consécutive, les Français renforcent leur attachement à un recours des décideurs aux experts scientifiques. Ils sont 75 % à estimer que « les décideurs politiques ne prennent pas assez en compte l’avis des experts scientifiques » (+4 points).

L’exigence d’un accès large à une information de qualité est réaffirmée en 2024. Les Français sont 88 % à estimer qu’« il faut mettre à la portée de tous une information compréhensible sur les risques des installations » et sont 73 % à juger prioritaire que les organismes d’expertise rendent leurs rapports publics. En revanche, seuls 52 % d’entre eux souhaitent participer à des réunions d’information et de concertation sur les installations à risque. Le sentiment que d’autres personnes sont plus compétentes qu’eux (25 %) constitue le principal frein à leur participation, tandis que le sentiment d’être directement concerné (45 %) en est le principal levier.

Les Français et les situations à risque

Parmi les 24 situations à risque suivies par le Baromètre en novembre 2024, le cancer (76 % de réponses « élevés », +3 points) est, pour la quatrième année consécutive, la situation perçue comme la plus risquée par les Français. Vient ensuite la drogue, qui se maintient à la 2e place (74 %, +3 points), et les pesticides qui obtiennent cette année la 3e position (69 %, +3 points).

Cette année, le Baromètre introduit une nouvelle approche dans l’étude de la perception des risques en interrogeant les Français sur les risques de décès qu’ils associent aux différentes situations à risque. Parmi les 23 situations à risque interrogées , le cancer (78 % de réponses « élevés »), la consommation de tabac (72 %) et de drogue (69 %) sont considérées par les Français comme les plus potentiellement mortelles. À l’inverse, le radon dans les habitations (21 %), l’intelligence artificielle (18 %) et les radiographies médicales (17 %) sont perçues comme les moins potentiellement mortelles.

Parmi les 24 situations à risque suivies cette année, le tabagisme (78 %), l’alcool (76 %, -1 point) et les accidents de la route (76 %) demeurent celles pour lesquelles les Français se sentent les mieux informés des risques. En revanche, les déchets chimiques (25 %, +1 point), les installations chimiques (24 %, -1 point) et le radon (21%, +3 points) sont les situations pour lesquelles les Français se sentent les moins bien informés des risques.

La confiance accordée par les Français aux autorités pour les protéger des situations à risque reste faible (32 % de réponses « oui » en moyenne). Pour la troisième année consécutive, les radiographies médicales obtiennent le score de confiance le plus élevé (47 %, +3 points). Elles sont suivies par l’intelligence artificielle, nouvellement introduite, et les centrales nucléaires qui partagent cette année la deuxième place avec un score commun de 43 %. La « défiance » des Français demeure la plus élevée pour la drogue (57 % de réponses « non », +4 points), les pesticides (49 %, -4 points) et la pollution des sols (46 %, -3 points).

Les Français, l’énergie nucléaire, la radioprotection et la sûreté

Après une évolution significative en 2022, l’opinion des Français en faveur de l’énergie nucléaire, s’est stabilisée depuis 2023. Près d’un Français sur deux (48 %, -1 point) est pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, tandis que 25 % sont contre (+3 points).

L’argument principal en faveur de l’énergie nucléaire demeure l’indépendance énergétique (38 %, -4 points), loin devant le faible coût de l’électricité (24 %, +1 point) mais l’écart entre ces deux arguments s’amenuise encore cette année. La production de déchets radioactifs reste le premier argument contre l’énergie nucléaire (31 %, - 2 points), devançant de 8 points le risque d’accident en deuxième position (23 %, -1 point).

Concernant la perception de la radioactivité, la majorité des Français considère que la principale source d’exposition à la radioactivité en France est d’origine artificielle (57 %, +2 points). Dans le détail, les installations nucléaires industrielles et militaires sont les plus citées (31 %), suivies des actes médicaux (26%).

Concernant la gestion des déchets radioactifs, la majorité des Français (64 %, -4 points) continue d’estimer que la position « la plus raisonnable pour régler le problème du stockage des déchets radioactifs » est de « se décider et appliquer au plus vite la solution ». Seuls 7 % (+2 points) préfèrent « laisser le choix aux générations futures ». Par ailleurs, 35 % estiment qu’il est aujourd’hui « possible de stocker les déchets nucléaires de façon sûre » et 30 % (-2 points) pensent le contraire.

La confiance dans les mesures de sûreté franchit, cette année, son point le plus haut depuis le début de l’historique (2007) : 64 % (+1 point) des Français estiment que « toutes les précautions sont prises pour assurer un très haut niveau de sûreté dans les centrales nucléaires françaises ». Néanmoins, les attentes des Français en matière de sûreté demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ». De plus, ils restent majoritairement convaincus (68 %) que la « sûreté des installations nucléaires passe avant la production d’énergie même si cela peut engendrer des coupures d’électricité ». Parmi les différentes mesures proposées pour renforcer la sûreté des installations nucléaires, le développement de la recherche sur la sûreté des réacteurs nucléaires existants et le renforcement des inspections des autorités compétentes arrivent en tête des priorités des Français (77 % de réponses « prioritaire » chacune).

Au sujet de l’extension de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires, 52 % (+1 point) des Français estiment que c’est un bon choix contre 27 % (+1 point) qui pensent le contraire. Cependant, 41 % (+3 points) affirment que « prolonger la durée d’exploitation des centrales nucléaires provoquera des accidents » contre 22 % (-1 point) qui ne sont pas d’accord.

Concernant la perception des catastrophes, les centrales nucléaires restent en 2024 les installations qui, selon les Français, risquent le plus de provoquer un accident grave en France (24 %). L’accident de Tchernobyl demeure la catastrophe jugée la plus effrayante (46 %), avec un taux de citation en hausse de 7 points cette année.

En 2024, 93 % des Français (+1 point) n’écartent pas totalement l’idée qu’un accident de la même ampleur que celui de Fukushima puisse se produire en France, contre seulement 7 % pour qui ce n’est « pas du tout probable ». Par ailleurs, 81 % des répondants pensent que la population française n’est pas suffisamment préparée en cas d’accident nucléaire de grande ampleur.

1. Exceptionnellement pour cette question, le « terrorisme » a été mis à l’écart et n’a pas été interrogé. Il a été considéré que la formulation de cette question était inadaptée pour ce sujet. 

Méthodologie : l’édition 20252 s’inscrit dans la continuité des éditions antérieures. Comme toutes les enquêtes depuis 1997, celle ci a été menée à l’automne précédant la publication (du 25 au 30 novembre 2024) auprès d’un échantillon représentatif de la population française. Le questionnaire est resté stable afin d’assurer la continuité des séries de données, avec des ajouts et retraits de questions à la marge. Les deux évolutions méthodologiques introduites en 2020 ont été reconduites cette année : tout d’abord, l’échantillon représentatif compte à nouveau 2 000 personnes au lieu de 1 000 les années antérieures, ce qui améliore la fiabilité des résultats ; par ailleurs, l’enquête est désormais réalisée sur internet alors que la collecte des résultats se faisait, jusqu’en 2019, par des entretiens en face à face au domicile des personnes interrogées.

2. Les dates indiquées dans le texte renvoient à l’année de l’enquête, qui précède d’un an celle de la publication du Baromètre : l’édition 2025 du Baromètre correspond ainsi à la perception des Français en novembre 2024.

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Bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

Introduction
Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

© ASNR

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) publie le bilan annuel 2024 de la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants en France, une mission réglementaire confiée à l’ASNR conformément aux dispositions de l'article R. 4451-134 du Code du travail. Le rapport présente les résultats de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI)1 des travailleurs, couvrant à la fois leur exposition externe et leur exposition interne. Il met en évidence la méthode d’élaboration du bilan, qui a évolué en 2024, tout en poursuivant l’analyse des niveaux d’exposition professionnelle, comme dans les rapports précédents.

Le bilan a été établi à partir des données de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI) des travailleurs enregistrés dans le Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants (SISERI)2, pour l’exposition externe, et, pour la première fois, également pour l’exposition interne. Cette avancée majeure a été rendue possible grâce à la refonte du système SISERI, dont la nouvelle version a été mise en production en juin 2023. Cette refonte a permis d'améliorer considérablement la qualité et la fiabilité des données collectées, notamment pour l’exposition interne, grâce à une meilleure complétude des informations administratives et dosimétriques.

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Les principaux constats

Extrait de l'infographie des chiffres-clés du bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

248 814 travailleurs surveillés en 2024 dans le cadre des activités professionnelles utilisant des sources de rayonnements ionisants

Dès début 2024, la transmission à SISERI des résultats dosimétriques des travailleurs faisant l’objet uniquement d’une surveillance radiologique (SR) (anciennement appelé « travailleurs non classés ») a été arrêtée. Par conséquent, l’effectif suivi en 2024 comprend désormais uniquement les travailleurs faisant l’objet d’une SDI, conformément à la réglementation (article R.4451-64 et 66 du Code du travail). De ce fait, il n’est plus pertinent de comparer les effectifs totaux de 2024 avec ceux des années précédentes. En revanche, une comparaison reste possible avec les effectifs des travailleurs suivis les années précédentes au titre d’une SDI. Ainsi, l’effectif surveillé en 2024 est en diminution de 4 % par rapport à celui des travailleurs bénéficiant d’une SDI en 2023. Cette baisse s’explique notamment par le fait que la transmission des résultats dosimétriques dans SISERI par les organismes accrédités n'est pas encore complètement exhaustive. Parmi cet effectif, 224 630 travailleurs (90%) exercent dans des activités civiles et militaires du domaine nucléaire, de l’industrie, de la recherche, du médical, du dentaire et du vétérinaire et 24 184 travailleurs (10%) sont suivis pour une exposition à la radioactivité naturelle, principalement des personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques. Comme les années précédentes, les domaines médical, dentaire et vétérinaire représentent la majorité des effectifs suivis (46 %), suivis par le domaine nucléaire (36 %).

Une exposition globalement stable par rapport à celle de l’année 2023

La dose efficace collective3 de l’ensemble des travailleurs faisant l’objet d’une SDI s’élève à 87,36 H.Sv en 2024, avec une prédominance nette de l’exposition externe, qui représente 99 % de cette valeur. Cette dose collective affiche une hausse d’environ 4 % par rapport à 2023 (84,23 H.Sv), en partie liée à l’augmentation de l’exposition des travailleurs du domaine nucléaire. 

Pour ce qui concerne les niveaux d’exposition individuelle, la très grande majorité des travailleurs suivis en 2024 a reçu une dose efficace annuelle4 inférieure à 1 mSv. Conformément à l’évaluation individuelle préalable tenant compte des expositions potentielles et des incidents raisonnablement prévisibles inhérents au poste de travail, un travailleur doit être classé5 (article R. 4451-57 du Code du travail) dès que la dose efficace susceptible d’être reçue sur douze mois consécutifs dépasse ce seuil, illustrant l’approche prudente retenue par les employeurs en matière de suivi individuel de l’exposition aux rayonnements ionisants. 

Moins de 1 % des travailleurs suivis en 2024 ont reçu une dose efficace supérieure à 6 mSv, seuil réglementaire définissant le classement d’un travailleur en catégorie A ou justifiant la mise en place d’une surveillance dosimétrique individuelle dans le cadre de l’exposition au radon provenant du sol.

A la date de rédaction du rapport, onze travailleurs ont été exposés à une dose efficace annuelle supérieure à la valeur limite d’exposition professionnelle de 20 mSv par an fixé par le Code du travail, contre six en 2023. Parmi ces cas de dépassement, huit concernent des travailleurs exposés au radon provenant du sol dans des environnements souterrains.

 

1. Les travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle (SDI) sont les travailleurs classés en catégorie A ou B au sens de l’article R. 4451-57, ceux exposés à une dose efficace liée au radon provenant du sol susceptible de dépasser 6 millisieverts (mSv), ainsi que ceux affectés au groupe 1 ou 2 d’intervenants en situation d’urgence radiologique (SUR). Pour ces derniers, l’employeur n’a pas d’obligation à mettre en place leur SDI tant qu’il n’y a pas d’intervention en SUR. Les travailleurs bénéficiant d’une SDI sont tous considérés comme « exposés » aux rayonnements ionisants (RI) artificielle ou naturels (tels que les personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques) au sens de la réglementation. Ils font automatiquement l’objet d’un suivi individuel renforcé (SIR) par un médecin du travail et doivent suivre régulièrement des formations adaptées à leurs conditions de travail sous rayonnements ionisants.
2. Accessible à l’adresse https://siseri.irsn.fr/, et prochainement à l’adresse https://siseri.asnr.fr/.
3. La dose efficace collective d’un groupe de personnes est la somme des doses efficaces individuelles reçues par ces personnes. Par exemple, si 1 000 personnes reçoivent chacune une dose de 1 millisievert (mSv), la dose efficace collective atteint 1 000 Homme.mSv (H.mSv), soit 1 H.Sv.
4. La dose efficace reçue par un individu est la somme des doses reçues par le corps, provenant à la fois de l’exposition externe aux rayonnements ionisants et de l’exposition interne liée à l’incorporation de substances radioactives dans l’organisme, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée.
5. Un travailleur est classé :
- en catégorie A s’il est susceptible de recevoir, au cours de 12 mois consécutifs, une dose efficace supérieure à 6 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 15 mSv pour le cristallin, ou une dose équivalente supérieure à 150 mSv pour la peau et les extrémités ;
- en catégorie B, tout autre travailleur susceptible de recevoir une dose efficace supérieure à 1 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 50 mSv pour la peau et les extrémités.

Pour en savoir plus

L’ensemble des résultats détaillés du bilan 2024 des expositions professionnelles est disponible sur le site https://expro.asnr.fr. Cette version numérique permet également d’accéder aux cinq précédents bilans annuels publiés par l’IRSN.
Cette année, deux focus sont proposés pour mieux répondre aux questionnements sur des enjeux de la radioprotection. Le premier focus s’intéresse aux travailleurs impliqués dans le transport de matières radioactives, secteur où des cas de dépassement de la VLEP ont été observés ces dernières années. Le second focus s’intéresse aux pratiques interventionnelles radioguidées qui regroupent des actes diagnostiques ou thérapeutiques réalisés sous imagerie utilisant des rayonnements ionisants, et dont les travailleurs sont exposés de manière répétée, parfois prolongée, en raison de leur proximité avec le champ d’irradiation.

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur du transport de substances radioactives en 2024 

Ce focus apporte un éclairage sur les niveaux d’exposition de ces travailleurs. Chaque année, près de 980 000 colis font l’objet d’opérations de transport sur le territoire national. Les expositions peuvent survenir à chaque étape du processus – préparation des colis, manutention, chargement, transport, déchargement – la proximité avec les colis radioactifs constituant la principale source d’exposition. En 2024, les données de la SDI issues de SISERI révèlent que la majorité des travailleurs a une exposition inférieure à 1 mSv, sans aucun dépassement de la valeur limite réglementaire de 20 mSv/an pour la dose efficace. Des disparités subsistent toutefois selon les domaines d’activité, avec des niveaux d’exposition plus élevés dans les domaines médical et industriel non nucléaire. Ces résultats soulignent la nécessité de maintenir une vigilance continue en matière de radioprotection, afin de garantir un environnement de travail sécurisé malgré la diversité des pratiques et des risques associés. 

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur des pratiques interventionnelles radioguidées en 2024 (domaine médical)

Ce focus s'intéresse aux effectifs concernés dans ce secteur médical ainsi qu'à leurs niveaux d'exposition. En 2024, les données issues de SISERI indiquent que la quasi-totalité des travailleurs bénéficiant d’une SDI a reçu une dose efficace annuelle inférieure à 1 mSv. Le suivi dosimétrique spécifique du cristallin et des extrémités révèle des niveaux d’exposition variables selon les métiers mais restant faibles au regard des valeurs limites réglementaires. Les cardiologues, les radiologues et les manipulateurs en électroradiologie figurent parmi les professionnels les plus exposés. Ces résultats soulignent l’importance de la surveillance dosimétrique individuelle et des mesures de radioprotection pour encadrer efficacement les expositions dans un secteur en constante évolution.

Le suivi des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants

Le Code du travail (article R. 4451-134) confie à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) la mission de centraliser, à travers un registre, l’ensemble des données de la surveillance dosimétrique des travailleurs et d’établir un bilan annuel. Ce registre national, dénommé SISERI (Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants) contient l’ensemble des mesures individuelles de l’exposition des travailleurs et les informations administratives (domaine d’activité, métier, statut) qui s’y rapportent. 
Les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants peuvent être soumis à deux types d’exposition nécessitant des moyens de surveillance différents : l’exposition externe (la source de rayonnement se situe à l’extérieur de l’organisme) ou l’exposition interne (la source se trouve, après inhalation, ingestion ou pénétration à travers la peau, à l’intérieur de l’organisme). La surveillance de l’exposition externe des travailleurs est réalisée grâce à des dosimètres adaptés aux différents types de rayonnements. Ces dosimètres, dit à lecture différée, permettent de connaître la dose reçue par le corps entier ou par une partie du corps (peau, doigts, cristallin). Pour les personnels de l’aviation civile exposés aux rayonnements cosmiques, le suivi s’effectue à l’aide du système de modélisation numérique de la dose efficace, Sievert PN, dont la gestion est assurée par l’ASNR. Les travailleurs exposés à un risque de contamination interne font en outre l’objet d’un suivi grâce à des examens médicaux appropriés comme des analyses radiotoxicologiques sur les excrétas (urines, selles) ou des analyses anthroporadiométriques (mesures directes de la contamination interne corporelle). L’exposition interne au radon, quant à elle, est surveillée à l’aide de détecteurs spécifiques.
Le bilan réalisé par l’ASNR présente les effectifs des travailleurs concernés par grands domaines d’activité professionnelle, les doses efficaces ou équivalentes individuelles correspondantes et les dépassements des limites annuelles réglementaires de dose. Les activités médicales, dentaires et vétérinaires, l’industrie nucléaire (usines de concentration et d’enrichissement de l’uranium, centrales nucléaires, retraitement, démantèlement, déchets), l’industrie non nucléaire utilisant des sources et la recherche sont concernées. Les travailleurs exposés à des sources naturelles de rayonnements ionisants sur leur lieu de travail (comme par exemple, les personnels navigants ou les travailleurs exposés au radon) sont également inclus. 

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