L’ASNR active son centre de crise à la suite d’un événement sur le site du CEA de Fontenay-aux-Roses (92)

Introduction
L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a activé son organisation de crise le 20 novembre 2025 à 16h15 suite au déclenchement par le site du CEA de Fontenay-aux-Roses (92) de son plan d’urgence interne consécutif à un départ de feu dans un local d’une installation (INB 165) en démantèlement.
Site du CEA à Fontenay-aux-Roses

Le site du CEA à Fontenay-aux-Roses.

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a activé son organisation de crise le 20 novembre 2025 à 16h15 suite au déclenchement par le site du CEA de Fontenay-aux-Roses (92) de son plan d’urgence interne consécutif à un départ de feu dans un local d’une installation (INB 165) en démantèlement. 

Les équipes de l’ASNR sont mobilisées au centre de crise situé à Fontenay-aux-Roses (92) afin d’évaluer la situation et les risques associés pour la population et l’environnement.

Trois personnes étaient présentes dans le local au moment de l’incident, l’une d’elles a été légèrement blessée et contaminée. Elle a été décontaminée par les équipes du site et a ensuite pu rentrer chez elle. 

Toutes les autres personnes présentes dans le bâtiment ont été évacuées et contrôlées par précaution. Aucune contamination n’a été détectée.

Suite aux premières mesures qu’il a réalisées, le CEA indique qu’il n’y a eu aucune dispersion de matière radioactive en dehors du local concerné par l’incident. 

Une cellule mobile de l’ASNR a été envoyée pour réaliser des mesures de la radioactivité à proximité du site qui ont confirmé l’absence de rejet. L’événement n’a donc pas eu d’impact sur la population et l’environnement.

Le CEA finalise actuellement les opérations de sécurisation du local impacté. L’ASNR reste en lien permanent avec le CEA et la préfecture des Hauts-de-Seine (92).

Contact presse

Evangelia Petit
06 84 63 35 47
evangelia.petit@asnr.fr

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Le gaz naturel radioactif radon : un enjeu de santé publique en France

Introduction
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le sous-sol. S’il s’accumule dans l’habitat et qu’il est respiré à forte concentration sur une longue durée, il peut avoir des conséquences néfastes pour la santé humaine. À l’occasion de la journée européenne du radon, l’ASNR sensibilise le public à cet enjeu de santé publique et organise un jeu concours permettant de gagner des kits de mesure radon pour son logement.

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le sous-sol. S’il s’accumule dans l’habitat et qu’il est respiré à forte concentration sur une longue durée, il peut avoir des conséquences néfastes pour la santé humaine. À l’occasion de la journée européenne du radon, l’ASNR sensibilise le public à cet enjeu de santé publique et organise un jeu concours permettant de gagner des kits de mesure radon pour son logement.

Un gaz naturel présent en France

La cartographie du potentiel du radon des formations géologiques
La cartographie du potentiel du radon des formations géologiques en France

Le radon provient de la transformation des éléments naturellement radioactifs présents dans toutes les roches du sol et plus fortement dans certains sols ; les sols granitiques (Massif central, Bretagne, Corse etc.) et certains sols volcaniques à cause de la plus grande concentration en uranium qu’ils contiennent naturellement.

Les communes françaises sont réparties en trois niveaux de « potentiel radon », qui représentent la capacité du sol à émettre du radon : potentiel radon faible (zone 1), potentiel radon faible mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent favoriser le transfert du radon vers les bâtiments (zone 2) et potentiel radon significatif (zone 3).

Le radon, un cancérogène avéré

Dans l'air extérieur, le radon se dilue rapidement et sa concentration moyenne reste généralement faible. Dans les espaces clos comme l'habitat, particulièrement dans les caves et les rez-de-chaussée, il peut s'accumuler dans l'air intérieur pour atteindre des concentrations parfois élevées. 

À long terme, l'inhalation de radon conduit à augmenter le risque de développer un cancer du poumon. Cette augmentation est proportionnelle à l'exposition cumulée tout au long de sa vie.

En France, le radon est la seconde cause de cancer du poumon (environ 3 000 morts par an), derrière le tabagisme. L'exposition cumulée au radon et au tabac augmente significativement le risque de développer un cancer du poumon.

Connaître le risque et le réduire

Le radon est inodore et incolore. Pour connaître l’exposition de son habitat au radon, il faut procéder à une mesure, à l’aide d’un détecteur. Ce dernier doit être posé dans une pièce de vie (salon, salle à manger, chambre), au rez-de-chaussée, pendant au moins deux mois entre mi-septembre et fin février. Un détecteur coûte environ 25 euros (liste des fournisseurs : Le radon et la population - 10/09/2024 - ASNR).

Modalités de mesure du radon : https://reglementation-controle.asnr.fr/information/archives-videos/mesurer-le-radon 

Le radon dans la maison

Un niveau de référence a été fixé à 300 becquerels par m3 d’air (Bq.m-3). Si la concentration mesurée dans l’habitat dépasse cette valeur, il est conseillé d’agir pour réduire l’exposition. En fonction du résultat, des actions simples peuvent suffire telles que la vérification du système de ventilation ou l’étanchement pour limiter l'entrée du radon dans votre habitation (porte de cave, entrée de canalisation, fissures du sol, etc.) ; des travaux plus importants seront à mener en cas de concentration supérieure à 1 000 Bq.m-3 avec l’appui d’un professionnel qui réalisera un diagnostic du bâtiment. 

Dans tous les cas, il est recommandé d’arrêter de fumer, car l’association tabac-radon augmente fortement le risque de développer un cancer du poumon. 

Des détecteurs radon à gagner !

Afin de sensibiliser le public à cet enjeu de santé publique, l’ASNR organise, à l’occasion de la journée européenne du radon, un jeu concours permettant de gagner 30 kits de mesure du radon dans son logement. (mise à jour du 14 novembre : Le jeu concours est maintenant clos.)

Pour en savoir sur les risques et les actions de l’ASNR en matière de prévention du risque radon :

Pour le grand public  https://reglementation-controle.asnr.fr/information/dossiers-pedagogiques/le-radon-et-la-population 

Pour les professionnels : https://reglementation-controle.asnr.fr/information/dossiers-pedagogiques/le-radon-et-les-professionnels

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Baromètre ASNR 2025 sur la perception des risques par les Français

Introduction
Les attentes des Français en matière de sûreté nucléaire demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ».

Les attentes des Français en matière de sûreté nucléaire demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ». Le développement de la recherche sur la sûreté des réacteurs existants et le renforcement des inspections des autorités compétentes arrivent en tête des mesures proposées pour renforcer la sûreté des installations nucléaires.

Le Baromètre ASNR suit depuis plus de 30 ans la perception des risques par les Français. En 2025, il présente les évolutions de cette perception selon quatre grands axes : les préoccupations principales des Français, leur regard sur la science et l’expertise, leur perception des situations à risque et leur opinion sur la radioprotection, l’énergie et la sûreté nucléaire.

Couverture du Baromètre ASNR 2025

Les préoccupations actuelles des Français

En 2024, le pouvoir d’achat demeure le premier sujet de préoccupation des Français, avec 24 % des réponses (-1 point par rapport à 2023). Le dérèglement climatique conserve de peu sa deuxième position (14 %, -4 points). L’immigration partage cette année la troisième position avec l’instabilité géopolitique qui fait son retour, pour la première fois depuis 2022, parmi le trio de tête.

Parmi les principales préoccupations environnementales, le dérèglement climatique (37 %), en dépit d’une baisse exceptionnelle de son score de 7 points, reste loin devant « les dommages liés aux catastrophes naturelles » (17 %) et la pollution de l’eau (14 %, +2 points).

Concernant l’influence du dérèglement climatique sur l’environnement, 77 % l’estiment forte pour un ensemble d’enjeux environnementaux, en particulier sur les inondations (89 %), les sécheresses (89 %) et les canicules (87 %), alors que les liens sont jugés plus faibles pour la grêle (67 %), la pollution des sols (65 %) et les séismes (60 %).

Le regard des Français sur la science et l’expertise

Cette année, l’image de la science et des experts scientifiques demeure stable : 64 % des Français font confiance aux institutions scientifiques (+2 points) et 57 % des Français ont une bonne opinion des experts scientifiques (-1 point). Les qualités les plus attendues pour les experts scientifiques continuent d’être, pour la cinquième année consécutive, l’honnêteté dans la démarche scientifique (51 %), la compétence technique (45 %) et l’indépendance de jugement (41 %).

Pour la quatrième année consécutive, les Français renforcent leur attachement à un recours des décideurs aux experts scientifiques. Ils sont 75 % à estimer que « les décideurs politiques ne prennent pas assez en compte l’avis des experts scientifiques » (+4 points).

L’exigence d’un accès large à une information de qualité est réaffirmée en 2024. Les Français sont 88 % à estimer qu’« il faut mettre à la portée de tous une information compréhensible sur les risques des installations » et sont 73 % à juger prioritaire que les organismes d’expertise rendent leurs rapports publics. En revanche, seuls 52 % d’entre eux souhaitent participer à des réunions d’information et de concertation sur les installations à risque. Le sentiment que d’autres personnes sont plus compétentes qu’eux (25 %) constitue le principal frein à leur participation, tandis que le sentiment d’être directement concerné (45 %) en est le principal levier.

Les Français et les situations à risque

Parmi les 24 situations à risque suivies par le Baromètre en novembre 2024, le cancer (76 % de réponses « élevés », +3 points) est, pour la quatrième année consécutive, la situation perçue comme la plus risquée par les Français. Vient ensuite la drogue, qui se maintient à la 2e place (74 %, +3 points), et les pesticides qui obtiennent cette année la 3e position (69 %, +3 points).

Cette année, le Baromètre introduit une nouvelle approche dans l’étude de la perception des risques en interrogeant les Français sur les risques de décès qu’ils associent aux différentes situations à risque. Parmi les 23 situations à risque interrogées , le cancer (78 % de réponses « élevés »), la consommation de tabac (72 %) et de drogue (69 %) sont considérées par les Français comme les plus potentiellement mortelles. À l’inverse, le radon dans les habitations (21 %), l’intelligence artificielle (18 %) et les radiographies médicales (17 %) sont perçues comme les moins potentiellement mortelles.

Parmi les 24 situations à risque suivies cette année, le tabagisme (78 %), l’alcool (76 %, -1 point) et les accidents de la route (76 %) demeurent celles pour lesquelles les Français se sentent les mieux informés des risques. En revanche, les déchets chimiques (25 %, +1 point), les installations chimiques (24 %, -1 point) et le radon (21%, +3 points) sont les situations pour lesquelles les Français se sentent les moins bien informés des risques.

La confiance accordée par les Français aux autorités pour les protéger des situations à risque reste faible (32 % de réponses « oui » en moyenne). Pour la troisième année consécutive, les radiographies médicales obtiennent le score de confiance le plus élevé (47 %, +3 points). Elles sont suivies par l’intelligence artificielle, nouvellement introduite, et les centrales nucléaires qui partagent cette année la deuxième place avec un score commun de 43 %. La « défiance » des Français demeure la plus élevée pour la drogue (57 % de réponses « non », +4 points), les pesticides (49 %, -4 points) et la pollution des sols (46 %, -3 points).

Les Français, l’énergie nucléaire, la radioprotection et la sûreté

Après une évolution significative en 2022, l’opinion des Français en faveur de l’énergie nucléaire, s’est stabilisée depuis 2023. Près d’un Français sur deux (48 %, -1 point) est pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, tandis que 25 % sont contre (+3 points).

L’argument principal en faveur de l’énergie nucléaire demeure l’indépendance énergétique (38 %, -4 points), loin devant le faible coût de l’électricité (24 %, +1 point) mais l’écart entre ces deux arguments s’amenuise encore cette année. La production de déchets radioactifs reste le premier argument contre l’énergie nucléaire (31 %, - 2 points), devançant de 8 points le risque d’accident en deuxième position (23 %, -1 point).

Concernant la perception de la radioactivité, la majorité des Français considère que la principale source d’exposition à la radioactivité en France est d’origine artificielle (57 %, +2 points). Dans le détail, les installations nucléaires industrielles et militaires sont les plus citées (31 %), suivies des actes médicaux (26%).

Concernant la gestion des déchets radioactifs, la majorité des Français (64 %, -4 points) continue d’estimer que la position « la plus raisonnable pour régler le problème du stockage des déchets radioactifs » est de « se décider et appliquer au plus vite la solution ». Seuls 7 % (+2 points) préfèrent « laisser le choix aux générations futures ». Par ailleurs, 35 % estiment qu’il est aujourd’hui « possible de stocker les déchets nucléaires de façon sûre » et 30 % (-2 points) pensent le contraire.

La confiance dans les mesures de sûreté franchit, cette année, son point le plus haut depuis le début de l’historique (2007) : 64 % (+1 point) des Français estiment que « toutes les précautions sont prises pour assurer un très haut niveau de sûreté dans les centrales nucléaires françaises ». Néanmoins, les attentes des Français en matière de sûreté demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ». De plus, ils restent majoritairement convaincus (68 %) que la « sûreté des installations nucléaires passe avant la production d’énergie même si cela peut engendrer des coupures d’électricité ». Parmi les différentes mesures proposées pour renforcer la sûreté des installations nucléaires, le développement de la recherche sur la sûreté des réacteurs nucléaires existants et le renforcement des inspections des autorités compétentes arrivent en tête des priorités des Français (77 % de réponses « prioritaire » chacune).

Au sujet de l’extension de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires, 52 % (+1 point) des Français estiment que c’est un bon choix contre 27 % (+1 point) qui pensent le contraire. Cependant, 41 % (+3 points) affirment que « prolonger la durée d’exploitation des centrales nucléaires provoquera des accidents » contre 22 % (-1 point) qui ne sont pas d’accord.

Concernant la perception des catastrophes, les centrales nucléaires restent en 2024 les installations qui, selon les Français, risquent le plus de provoquer un accident grave en France (24 %). L’accident de Tchernobyl demeure la catastrophe jugée la plus effrayante (46 %), avec un taux de citation en hausse de 7 points cette année.

En 2024, 93 % des Français (+1 point) n’écartent pas totalement l’idée qu’un accident de la même ampleur que celui de Fukushima puisse se produire en France, contre seulement 7 % pour qui ce n’est « pas du tout probable ». Par ailleurs, 81 % des répondants pensent que la population française n’est pas suffisamment préparée en cas d’accident nucléaire de grande ampleur.

1. Exceptionnellement pour cette question, le « terrorisme » a été mis à l’écart et n’a pas été interrogé. Il a été considéré que la formulation de cette question était inadaptée pour ce sujet. 

Méthodologie : l’édition 20252 s’inscrit dans la continuité des éditions antérieures. Comme toutes les enquêtes depuis 1997, celle ci a été menée à l’automne précédant la publication (du 25 au 30 novembre 2024) auprès d’un échantillon représentatif de la population française. Le questionnaire est resté stable afin d’assurer la continuité des séries de données, avec des ajouts et retraits de questions à la marge. Les deux évolutions méthodologiques introduites en 2020 ont été reconduites cette année : tout d’abord, l’échantillon représentatif compte à nouveau 2 000 personnes au lieu de 1 000 les années antérieures, ce qui améliore la fiabilité des résultats ; par ailleurs, l’enquête est désormais réalisée sur internet alors que la collecte des résultats se faisait, jusqu’en 2019, par des entretiens en face à face au domicile des personnes interrogées.

2. Les dates indiquées dans le texte renvoient à l’année de l’enquête, qui précède d’un an celle de la publication du Baromètre : l’édition 2025 du Baromètre correspond ainsi à la perception des Français en novembre 2024.

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Bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

Introduction
Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

© ASNR

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) publie le bilan annuel 2024 de la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants en France, une mission réglementaire confiée à l’ASNR conformément aux dispositions de l'article R. 4451-134 du Code du travail. Le rapport présente les résultats de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI)1 des travailleurs, couvrant à la fois leur exposition externe et leur exposition interne. Il met en évidence la méthode d’élaboration du bilan, qui a évolué en 2024, tout en poursuivant l’analyse des niveaux d’exposition professionnelle, comme dans les rapports précédents.

Le bilan a été établi à partir des données de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI) des travailleurs enregistrés dans le Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants (SISERI)2, pour l’exposition externe, et, pour la première fois, également pour l’exposition interne. Cette avancée majeure a été rendue possible grâce à la refonte du système SISERI, dont la nouvelle version a été mise en production en juin 2023. Cette refonte a permis d'améliorer considérablement la qualité et la fiabilité des données collectées, notamment pour l’exposition interne, grâce à une meilleure complétude des informations administratives et dosimétriques.

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Les principaux constats

Extrait de l'infographie des chiffres-clés du bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

248 814 travailleurs surveillés en 2024 dans le cadre des activités professionnelles utilisant des sources de rayonnements ionisants

Dès début 2024, la transmission à SISERI des résultats dosimétriques des travailleurs faisant l’objet uniquement d’une surveillance radiologique (SR) (anciennement appelé « travailleurs non classés ») a été arrêtée. Par conséquent, l’effectif suivi en 2024 comprend désormais uniquement les travailleurs faisant l’objet d’une SDI, conformément à la réglementation (article R.4451-64 et 66 du Code du travail). De ce fait, il n’est plus pertinent de comparer les effectifs totaux de 2024 avec ceux des années précédentes. En revanche, une comparaison reste possible avec les effectifs des travailleurs suivis les années précédentes au titre d’une SDI. Ainsi, l’effectif surveillé en 2024 est en diminution de 4 % par rapport à celui des travailleurs bénéficiant d’une SDI en 2023. Cette baisse s’explique notamment par le fait que la transmission des résultats dosimétriques dans SISERI par les organismes accrédités n'est pas encore complètement exhaustive. Parmi cet effectif, 224 630 travailleurs (90%) exercent dans des activités civiles et militaires du domaine nucléaire, de l’industrie, de la recherche, du médical, du dentaire et du vétérinaire et 24 184 travailleurs (10%) sont suivis pour une exposition à la radioactivité naturelle, principalement des personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques. Comme les années précédentes, les domaines médical, dentaire et vétérinaire représentent la majorité des effectifs suivis (46 %), suivis par le domaine nucléaire (36 %).

Une exposition globalement stable par rapport à celle de l’année 2023

La dose efficace collective3 de l’ensemble des travailleurs faisant l’objet d’une SDI s’élève à 87,36 H.Sv en 2024, avec une prédominance nette de l’exposition externe, qui représente 99 % de cette valeur. Cette dose collective affiche une hausse d’environ 4 % par rapport à 2023 (84,23 H.Sv), en partie liée à l’augmentation de l’exposition des travailleurs du domaine nucléaire. 

Pour ce qui concerne les niveaux d’exposition individuelle, la très grande majorité des travailleurs suivis en 2024 a reçu une dose efficace annuelle4 inférieure à 1 mSv. Conformément à l’évaluation individuelle préalable tenant compte des expositions potentielles et des incidents raisonnablement prévisibles inhérents au poste de travail, un travailleur doit être classé5 (article R. 4451-57 du Code du travail) dès que la dose efficace susceptible d’être reçue sur douze mois consécutifs dépasse ce seuil, illustrant l’approche prudente retenue par les employeurs en matière de suivi individuel de l’exposition aux rayonnements ionisants. 

Moins de 1 % des travailleurs suivis en 2024 ont reçu une dose efficace supérieure à 6 mSv, seuil réglementaire définissant le classement d’un travailleur en catégorie A ou justifiant la mise en place d’une surveillance dosimétrique individuelle dans le cadre de l’exposition au radon provenant du sol.

A la date de rédaction du rapport, onze travailleurs ont été exposés à une dose efficace annuelle supérieure à la valeur limite d’exposition professionnelle de 20 mSv par an fixé par le Code du travail, contre six en 2023. Parmi ces cas de dépassement, huit concernent des travailleurs exposés au radon provenant du sol dans des environnements souterrains.

 

1. Les travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle (SDI) sont les travailleurs classés en catégorie A ou B au sens de l’article R. 4451-57, ceux exposés à une dose efficace liée au radon provenant du sol susceptible de dépasser 6 millisieverts (mSv), ainsi que ceux affectés au groupe 1 ou 2 d’intervenants en situation d’urgence radiologique (SUR). Pour ces derniers, l’employeur n’a pas d’obligation à mettre en place leur SDI tant qu’il n’y a pas d’intervention en SUR. Les travailleurs bénéficiant d’une SDI sont tous considérés comme « exposés » aux rayonnements ionisants (RI) artificielle ou naturels (tels que les personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques) au sens de la réglementation. Ils font automatiquement l’objet d’un suivi individuel renforcé (SIR) par un médecin du travail et doivent suivre régulièrement des formations adaptées à leurs conditions de travail sous rayonnements ionisants.
2. Accessible à l’adresse https://siseri.irsn.fr/, et prochainement à l’adresse https://siseri.asnr.fr/.
3. La dose efficace collective d’un groupe de personnes est la somme des doses efficaces individuelles reçues par ces personnes. Par exemple, si 1 000 personnes reçoivent chacune une dose de 1 millisievert (mSv), la dose efficace collective atteint 1 000 Homme.mSv (H.mSv), soit 1 H.Sv.
4. La dose efficace reçue par un individu est la somme des doses reçues par le corps, provenant à la fois de l’exposition externe aux rayonnements ionisants et de l’exposition interne liée à l’incorporation de substances radioactives dans l’organisme, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée.
5. Un travailleur est classé :
- en catégorie A s’il est susceptible de recevoir, au cours de 12 mois consécutifs, une dose efficace supérieure à 6 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 15 mSv pour le cristallin, ou une dose équivalente supérieure à 150 mSv pour la peau et les extrémités ;
- en catégorie B, tout autre travailleur susceptible de recevoir une dose efficace supérieure à 1 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 50 mSv pour la peau et les extrémités.

Pour en savoir plus

L’ensemble des résultats détaillés du bilan 2024 des expositions professionnelles est disponible sur le site https://expro.asnr.fr. Cette version numérique permet également d’accéder aux cinq précédents bilans annuels publiés par l’IRSN.
Cette année, deux focus sont proposés pour mieux répondre aux questionnements sur des enjeux de la radioprotection. Le premier focus s’intéresse aux travailleurs impliqués dans le transport de matières radioactives, secteur où des cas de dépassement de la VLEP ont été observés ces dernières années. Le second focus s’intéresse aux pratiques interventionnelles radioguidées qui regroupent des actes diagnostiques ou thérapeutiques réalisés sous imagerie utilisant des rayonnements ionisants, et dont les travailleurs sont exposés de manière répétée, parfois prolongée, en raison de leur proximité avec le champ d’irradiation.

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur du transport de substances radioactives en 2024 

Ce focus apporte un éclairage sur les niveaux d’exposition de ces travailleurs. Chaque année, près de 980 000 colis font l’objet d’opérations de transport sur le territoire national. Les expositions peuvent survenir à chaque étape du processus – préparation des colis, manutention, chargement, transport, déchargement – la proximité avec les colis radioactifs constituant la principale source d’exposition. En 2024, les données de la SDI issues de SISERI révèlent que la majorité des travailleurs a une exposition inférieure à 1 mSv, sans aucun dépassement de la valeur limite réglementaire de 20 mSv/an pour la dose efficace. Des disparités subsistent toutefois selon les domaines d’activité, avec des niveaux d’exposition plus élevés dans les domaines médical et industriel non nucléaire. Ces résultats soulignent la nécessité de maintenir une vigilance continue en matière de radioprotection, afin de garantir un environnement de travail sécurisé malgré la diversité des pratiques et des risques associés. 

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur des pratiques interventionnelles radioguidées en 2024 (domaine médical)

Ce focus s'intéresse aux effectifs concernés dans ce secteur médical ainsi qu'à leurs niveaux d'exposition. En 2024, les données issues de SISERI indiquent que la quasi-totalité des travailleurs bénéficiant d’une SDI a reçu une dose efficace annuelle inférieure à 1 mSv. Le suivi dosimétrique spécifique du cristallin et des extrémités révèle des niveaux d’exposition variables selon les métiers mais restant faibles au regard des valeurs limites réglementaires. Les cardiologues, les radiologues et les manipulateurs en électroradiologie figurent parmi les professionnels les plus exposés. Ces résultats soulignent l’importance de la surveillance dosimétrique individuelle et des mesures de radioprotection pour encadrer efficacement les expositions dans un secteur en constante évolution.

Le suivi des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants

Le Code du travail (article R. 4451-134) confie à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) la mission de centraliser, à travers un registre, l’ensemble des données de la surveillance dosimétrique des travailleurs et d’établir un bilan annuel. Ce registre national, dénommé SISERI (Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants) contient l’ensemble des mesures individuelles de l’exposition des travailleurs et les informations administratives (domaine d’activité, métier, statut) qui s’y rapportent. 
Les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants peuvent être soumis à deux types d’exposition nécessitant des moyens de surveillance différents : l’exposition externe (la source de rayonnement se situe à l’extérieur de l’organisme) ou l’exposition interne (la source se trouve, après inhalation, ingestion ou pénétration à travers la peau, à l’intérieur de l’organisme). La surveillance de l’exposition externe des travailleurs est réalisée grâce à des dosimètres adaptés aux différents types de rayonnements. Ces dosimètres, dit à lecture différée, permettent de connaître la dose reçue par le corps entier ou par une partie du corps (peau, doigts, cristallin). Pour les personnels de l’aviation civile exposés aux rayonnements cosmiques, le suivi s’effectue à l’aide du système de modélisation numérique de la dose efficace, Sievert PN, dont la gestion est assurée par l’ASNR. Les travailleurs exposés à un risque de contamination interne font en outre l’objet d’un suivi grâce à des examens médicaux appropriés comme des analyses radiotoxicologiques sur les excrétas (urines, selles) ou des analyses anthroporadiométriques (mesures directes de la contamination interne corporelle). L’exposition interne au radon, quant à elle, est surveillée à l’aide de détecteurs spécifiques.
Le bilan réalisé par l’ASNR présente les effectifs des travailleurs concernés par grands domaines d’activité professionnelle, les doses efficaces ou équivalentes individuelles correspondantes et les dépassements des limites annuelles réglementaires de dose. Les activités médicales, dentaires et vétérinaires, l’industrie nucléaire (usines de concentration et d’enrichissement de l’uranium, centrales nucléaires, retraitement, démantèlement, déchets), l’industrie non nucléaire utilisant des sources et la recherche sont concernées. Les travailleurs exposés à des sources naturelles de rayonnements ionisants sur leur lieu de travail (comme par exemple, les personnels navigants ou les travailleurs exposés au radon) sont également inclus. 

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Incident de radioprotection au centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) ayant conduit à l’irradiation localisée d’un travailleur

Introduction
Le 24 juillet 2025, le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France a déclaré à l’ASNR un évènement significatif de radioprotection concernant l’irradiation localisée d’un travailleur par le faisceau de l’accélérateur de particules AGLAE, utilisé à des fins d’analyse des œuvres d’art et d’objets anciens.

Le 24 juillet 2025, le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France a déclaré à l’ASNR un évènement significatif de radioprotection concernant l’irradiation localisée d’un travailleur par le faisceau de l’accélérateur de particules AGLAE, utilisé à des fins d’analyse des œuvres d’art et d’objets anciens. 

L’irradiation a engendré un érythème au niveau de l’impact du faisceau sur le bras du travailleur, c’est-à-dire une brûlure radiologique du premier degré qui se manifeste par une rougeur de la peau, caractéristique d’un effet déterministe des rayonnements ionisants. Le travailleur a été pris en charge par son médecin traitant et par le médecin du travail, qui bénéficient de l’appui d’un médecin spécialisé de l’Etablissement de santé de référence régional pour le risque nucléaire et radiologique et des experts de l’ASNR pour la reconstitution de la dose.

L’ASNR a mené une inspection réactive sur site le 30 juillet 2025. Cette inspection a permis d’examiner les premières causes identifiées par le C2RMF, parmi lesquelles figure un dysfonctionnement de l’automate de sécurité prévu par les normes applicables aux accélérateurs de particules dans les domaines industriels et la recherche (NF M 62-105). Ainsi, le faisceau de particules n’a pas été interrompu par l’automate de sécurité lorsque le travailleur s’est introduit dans la salle d’expérimentation. Par ailleurs, il ressort de l’inspection une culture de radioprotection perfectible, en particulier pour la prévention des risques liés à l’accélérateur de particules.  

L’inspection a par ailleurs permis de préciser les conditions dans lesquelles le travailleur a été exposé, ce qui permettra à l’ASNR de fournir aux médecins concernés une reconstitution de la dose reçue.

Le C2RMF, à la suite de l’inspection du 30 juillet 2025 et de la déclaration d’évènement significatif de radioprotection, devra présenter à l’ASNR l’analyse détaillée de l’évènement, des causes profondes ayant conduit à cet incident et des actions correctives prises et envisagées. Il devra par ailleurs fournir les réponses aux différentes demandes de la lettre de suite d’inspection. 

En raison de la survenue d’effets déterministes liés à l’exposition, cet événement a été classé au niveau 3 de l’échelle INES (échelle internationale de gravité des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité). 

L’ASNR s’assurera de la remise en conformité de l’installation et de la bonne prise en compte du retour d’expérience par l’établissement. Elle veillera au partage de ce retour d’expérience, à la fois au niveau national et au niveau international, compte tenu du niveau de classement de cet événement dans l’échelle INES.

Avis d'incident

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Région Île-de-France : sûreté nucléaire et radioprotection en 2024

Introduction
À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR présentent les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Île-de-France.

En 2024, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR présentent les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Île-de-France.


Ce qu’il faut retenir pour la région Île-de-France

En 2024, l’ASN a réalisé 240 inspections dans la région Île-de-France, dont 90 dans la sûreté nucléaire, 127 dans le nucléaire de proximité (dont 4 dans le domaine des sites et sols pollués), 14 dans le domaine du transport de substances radioactives (TSR) et 9 concernant les organismes et laboratoires agréés par l’ASN.

En 2024, sept événements significatifs classés au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES) ont été déclarés à l’ASN dans le domaine du nucléaire de proximité, trois au niveau 1 de l’échelle INES dans le domaine des installations nucléaires de base (INB) et un au niveau 1 de l’échelle INES dans le domaine du TSR.

Un signalement en application de l’article 40 du code de procédure pénale concernant la falsification de documents par un organisme de contrôle a été dressé.


Le contrôle des installations nucléaires de base

Site CEA de Fontenay-aux-Roses

L’ASN considère que le niveau de sûreté du CEA de Fontenay-aux-Roses est acceptable.

En 2023, deux chantiers majeurs ont été mis à l’arrêt à la suite de difficultés contractuelles et techniques, entraînant un décalage des échéances de démantèlement. Le CEA doit renforcer sa vigilance sur l’articulation des dossiers et des travaux projetés sur le site et poursuivre la mise en place d’actions fortes pour maîtriser et fiabiliser les délais associés.

Si des améliorations dans la gestion des déchets et des transports de substances radioactives ont été observées en 2024, le CEA doit néanmoins poursuivre ses efforts sur les moyens de gestion de crise et la maîtrise du risque incendie. 

Site CEA de Saclay

L’ASN considère que les installations nucléaires de base (INB) du site CEA de Saclay sont exploitées dans des conditions de sûreté satisfaisantes dans l’ensemble. Elle constate la poursuite, au cours de l’année 2024, des opérations visant à réduire l’inventaire radiologique entreposé dans les INB.

Les opérations de préparation au démantèlement et les travaux de démantèlement continuent de se poursuivre pour les installations concernées. La gestion de leur avancement, ainsi que la maîtrise des calendriers associés, demeurent un enjeu majeur.

Les travaux de construction des nouveaux locaux de gestion des situations d’urgence, retardés par la découverte de défauts de ferraillage du génie civil, se sont achevés en 2024. Ces locaux ont été mis en service par le CEA fin 2024. 

A la suite d’une inspection de revue réalisée en mai 2024, l’ASN considère que la surveillance des intervenants extérieurs sur le site CEA de Saclay n’est pas assurée de manière satisfaisante et se révèle globalement insuffisante. Toutefois, les premières réponses apportées par le CEA sont apparues satisfaisantes et l’ASNR contrôlera en 2025 l’évolution de la situation.

Usine de production de radioéléments artificiels de CIS bio international

L’ASN considère que la dégradation du niveau général de sûreté de l’installation constatée en 2023 n’a pas été rattrapée en 2024, malgré les efforts de l’exploitant mobilisant son personnel aux différents niveaux de l’organisation. Le nombre d’événements significatifs déclarés à l’ASN a diminué en 2024, même si les facteurs organisationnels et humains restent surreprésentés dans les causes identifiées de ces événements. 

L’ASN note, comme l’année précédente, les difficultés rencontrées par CIS bio international pour respecter les échéances associées aux actions décidées à la suite d’inspections ou d’événements significatifs et issues du plan d’action associé au réexamen.

La rigueur d’exploitation, le maintien de la culture de sûreté et le pilotage des projets industriels ou visant à améliorer la sûreté ou la radioprotection restent les axes sur lesquels CIS bio international doit porter ses efforts. 

Domaine médical

En 2024, au niveau national, la radioprotection dans le domaine médical reste globalement satisfaisante, bien que plusieurs signaux faibles appellent à la vigilance. Des tensions sur les effectifs (MERM, physiciens médicaux, médecins), une externalisation mal encadrée de certaines missions (notamment en imagerie), ainsi qu’une progression rapide de la téléradiologie contribuent à une complexification des organisations de soins et à une dilution des responsabilités.

En radiothérapie et curiethérapie, la radioprotection des travailleurs est prise en compte de manière satisfaisante mais des points sont à améliorer sur les consignes en cas d’urgence.
Concernant la radioprotection des patients, la qualité des contrôles de qualité a progressé, et les établissements ont globalement une démarche formalisée pour la déclaration et l’enregistrement des dysfonctionnements.
L’analyse des événements ainsi que l’identification des actions correctives associées sont globalement satisfaisantes sauf pour un centre. En revanche, des progrès sur l’intégration des enseignements de ces événements à l’analyse des risques a priori est attendue.
Concernant le management du risque, la situation est hétérogène entre un très bon développement pour certains centres et le caractère perfectible pour d’autres. Par ailleurs, concernant la conduite du changement, un centre inspecté ne dispose pas d’une organisation satisfaisante. Les modalités d’habilitation au poste de travail des professionnels sont formalisées et maitrisées sauf pour un centre.
L’ASNR reste attentive à la conduite du changement, la gestion de projet et la gestion des évènements.

En médecine nucléaire, dans le cas d’un nouveau service ou d’une reprise d’activité, une remise en conformité des installations par rapport à la réglementation est indispensable.
Concernant la radioprotection des travailleurs, cette dernière est globalement satisfaisante à propos de l’organisation et du zonage radiologique (sauf pour deux sites) voire très satisfaisante à propos de la formation sauf pour un site. En revanche, excepté pour deux services, la coordination des mesures de prévention et l’analyse de la dosimétrie peuvent s’améliorer.
Concernant la radioprotection des patients, l’organisation de la physique médicale est satisfaisante sauf pour un service et l’analyse des doses délivrées aux patients est réalisée de manière satisfaisante pour tous les services.
Concernant les vérifications de radioprotection, la mise en œuvre des vérifications des équipements de travail et de l’instrumentation de radioprotection est satisfaisante. Le programme des vérifications des lieux de travail et des lieux de travail attenants aux zones délimitées est souvent incomplet.
Concernant les contrôles de qualité des dispositifs médicaux, ces derniers sont satisfaisants.
Concernant la gestion des déchets et des effluents contaminés, un local de livraison est bien systématiquement présent, et la vérification des activités volumiques des effluents ainsi que la vérification du fonctionnement des détecteurs de fuite sont satisfaisantes. Les plans de gestion des effluents et des déchets ne sont pas toujours complets.
Concernant la gestion des évènements en radioprotection, tous les évènements sont enregistrés et analysés, à l’exception de deux services qui ne les recensent pas.
L’ASNR reste attentive à la coordination des mesures de prévention, à l’analyse de la dosimétrie des travailleurs, à l’exhaustivité du programme des vérifications des lieux de travail et des lieux de travail attenants, ainsi qu’au contenu des plans de gestion des effluents et des déchets.

Pour les pratiques interventionnelles radioguidées, concernant la radioprotection des travailleurs, le zonage radiologique des installations est globalement correctement effectué au regard des vérifications. La formation à la radioprotection des travailleurs n’est pas réalisée systématiquement dès l’arrivée du travailleur mais est, en général, bien renouvelée tous les trois ans. Ce dysfonctionnement est plus fréquemment retrouvé pour le personnel médical.
Concernant les vérifications de radioprotection, les établissements ont peu intégré la responsabilité de l’employeur dans la définition des vérifications (modalités, périodicités, contenu). La réglementation fait toujours l’objet d’incompréhension et les établissements ne font pas toujours des vérifications pertinentes. La mise en place d’un programme de vérifications est souvent constatée mais le traitement des non-conformités est trop rarement formalisé.
Concernant la radioprotection des patients, la démarche d’optimisation est relativement plus avancée dans les services d’imagerie interventionnelle que dans les blocs opératoires. L’organisation mise en place pour l’intervention du physicien médical est souvent incomplète. La démarche d’optimisation est, souvent, non aboutie et toujours en cours de mise en place. La discussion sur les pratiques dans un objectif d’optimisation entre le physicien médical et les praticiens est quasiment inexistante lorsque la physique médicale est déléguée à un prestataire externe. La réalisation de la formation à la radioprotection des patients des médecins libéraux est peu suivie par les établissements, spécifiquement pour les établissements privés.
Concernant le contrôle de qualité des dispositifs médicaux, le suivi de la périodicité des contrôles de qualité externes et des levées des non-conformités relevées est souvent défaillant.
Concernant la gestion des événements, il y a une faible déclaration d’évènements significatifs de radioprotection. Cependant, les procédures encadrant les déclarations d’évènements existent et sont le plus souvent intégrées dans le processus global de déclaration en interne des événements indésirables. Les particularités du système de radiovigilance sont dans de nombreux cas manquantes.
Concernant les règles d’aménagement des locaux, les exigences réglementaires ne sont toujours pas respectées (plan du local, mesures dans les locaux attenants au local de travail, signalisation lumineuse).
L’ASNR reste attentive aux vérifications de radioprotection, à la démarche d’optimisation des doses délivrées aux patients, à la levée des non-conformités relevées lors des contrôles qualités des équipements, et aux règles d’aménagement des locaux.

Domaines industriel, vétérinaire et en recherche des rayonnements ionisants

Dans ces secteurs très hétérogènes, la radioprotection reste globalement maîtrisée, mais l’ASNR relève des écarts persistants entre établissements.

En radiographie industrielle, si les obligations de base sont généralement respectées, des failles demeurent dans la déclaration préalable obligatoire des chantiers par les opérateurs, l’organisation de la radioprotection (programme de vérification et plan de prévention), la signalisation de la zone d’opération, l’arrimage des appareils lors du transport et l’étalonnage des instruments de mesure.

Dans les laboratoires de recherche, il y a une hétérogénéité entre des grands sites de recherche et des unités réalisant de l’imagerie fonctionnelle de rongeurs avec un état de la radioprotection satisfaisant et les petits centres de recherche intervenant dans le domaine de la biologie cellulaire et moléculaire avec un état de la radioprotection nettement perfectible.

Domaines des sites et sols pollués radiologiques

L’ASN rappelle que les pratiques d’assainissement des sites pollués radioactifs doivent être mises en œuvre en tenant compte des meilleures méthodes et techniques disponibles, dans des conditions économiques acceptables. L’ASN a émis dix avis concernant :

  • Les mesures de gestion de la pollution radiologique de plusieurs sites, à l’attention du Préfet ;
  • Des aménagements d’urbanisme, envers l’autorité environnementale ;
  • Une levée de doute suite à l’inondation d’un collège à Gif-sur-Yvette (91).

La division participe aussi, en lien avec les Préfets de département, à la création et à la mise à jour des secteurs d’information sur les sols (SIS) concernant des pollutions radiologiques.

Enfin, la division a participé à différents échanges techniques avec les porteurs de projets et les différents acteurs de l’Etat, concernant la réalisation de diagnostics sur trois sites pollués en Seine-Saint-Denis, en amont de leur assainissement.

Quatre inspections ont été réalisées sur des opérations d’assainissement en Ile-de-France en 2024 : au fort de Vaujours, au laboratoire de Marie Curie à Arcueil, à l’Ile Saint Denis et à l’Institut Curie de Paris.

L’ASN estime que l’état de la radioprotection des sites inspectés est satisfaisant (travailleur, population).


Les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR assurent la mise en œuvre des missions de contrôle sur le terrain pour toutes les installations et activités nucléaires civiles en région Île-de-France. Elles instruisent les demandes d’autorisation, vérifient la conformité à la réglementation relative à la sûreté nucléaire, à la radioprotection, à la gestion des équipements sous pression ainsi qu’à la protection de l’environnement. Elles assurent également l’inspection du travail dans les centrales nucléaires.

En cas de situation d’urgence radiologique, elles assistent les préfets dans la protection des populations et participent à la préparation des plans d'urgence. Les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR sont aussi actives dans l’information du public, notamment via les Commissions locales d’information (CLI), et entretiennent des liens avec les médias, élus, associations, exploitants et autorités locales.

Type de contenu

Région Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées : sûreté nucléaire et radioprotection en 2024

Introduction
À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, la division de Bordeaux de l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées .

En 2024, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, la division de Bordeaux de l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées.


Ce qu’il faut retenir pour la région Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées

En 2024, l’ASN a réalisé 189 inspections dans la région Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées, dont 83 inspections dans les centrales du Blayais, de Civaux et Golfech, 91 dans le nucléaire de proximité, 6 dans le domaine du transport de substances (TSR) et 9 concernant les organismes et laboratoires agréés par l’ASN.

En 2024, 11 événements significatifs classés au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES) ont été déclarés à l’ASN. 

Par ailleurs, deux événements significatifs pour la radioprotection survenus dans les activités nucléaires de proximité ont été classé au niveau 2 et 4 respectivement de l’échelle ASN‑SFRO (échelle spécifique pour les événements de radioprotection affectant des patients dans le cadre d’une procédure de radiothérapie).

L’ASN a par ailleurs réalisé 17 journées d’inspection du travail à la centrale nucléaire du Blayais, 12 journées à la centrale nucléaire de Civaux et 12 journées à la centrale nucléaire de Golfech.

Enfin, dans le cadre de leur mission de contrôle, les inspecteurs de l’ASN ont dressé un procès-verbal, et l’ASN a effectué un signalement au procureur en application de l’article 40 du code de procédure pénale en matière de sécurité des travailleurs


Le contrôle des centrales nucléaires de production d’électricité exploitées par EDF (Blayais, Civaux, Golfech)

Centrale nucléaire du Blayais 

L’ASN considère de nouveau que les performances de la centrale nucléaire du Blayais en matière de sûreté nucléaire sont en retrait par rapport à l’appréciation générale que l’ASN porte sur les centrales nucléaires d’EDF. Les performances en matière de radioprotection et d’environnement rejoignent quant à elles cette appréciation générale.

En 2024, en matière de sûreté nucléaire, la centrale nucléaire du Blayais n’est pas parvenue à enrayer la dégradation des performances constatée depuis 2022. Dans le domaine de la conduite des réacteurs, l’ASN considère que les performances de l’exploitant sont très en retrait. 

Dans le domaine de la maintenance, où une réaction forte de l’exploitant était attendue, l’ASN a constaté que le site rencontre toujours des difficultés dans la maîtrise et la préparation des activités, ainsi que dans la surveillance des interventions. L’ASN attend des résultats à la suite des plans d’action engagés en 2023 et 2024 pour rehausser significativement le niveau de performance.

Sur le plan de la radioprotection des travailleurs, l’ASN considère que les performances se sont légèrement dégradées par rapport à l’année 2023, pour laquelle elles avaient été jugées en progrès. Elle souligne le maintien de l’engagement de l’exploitant dans ce domaine, mais constate qu’il se heurte toujours à des difficultés chroniques dans le respect des fondamentaux de la radioprotection par certains intervenants.

Concernant la protection de l’environnement, l’ASN souligne les efforts produits ces dernières années par l’exploitant dans ce domaine, par exemple concernant la gestion des déchets et le traitement complet de l’aléa déclaré fin 2023 concernant la détérioration d’une rétention de la station de déminéralisation. Toutefois, le site a déclaré quelques événements révélateurs de dysfonctionnements, en particulier en matière de rejets gazeux ou liquides. De plus, à la suite d’une inspection renforcée réalisée en 2024, l’ASN attend des justifications concernant les capacités des dispositifs de confinement liquide.

L’inspection de revue menée du 10 au 15 juin 2025 a permis de constater une dynamique de redressement du site dans tous les domaines contrôlés. Les membres de l’équipe d’inspection ont pu identifier plusieurs points forts, dont la politique volontariste de présence du management sur le terrain, l’état des installations, la compétence technique des agents et les dynamiques collectives à l’œuvre. Les inspecteurs de l’ASNR ont relevé très peu d’anomalies significatives sur le terrain. Des efforts restent à faire dans le portage des exigences en matière de sécurité du travail par tous les agents et dans l’amélioration du fonctionnement transverse entre services. 

Centrale nucléaire de Civaux 

L’ASN considère qu’en 2024 les performances de la centrale nucléaire de Civaux en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement rejoignent l’appréciation générale que l’ASN porte sur les centrales nucléaires d’EDF.

Dans le domaine de la sûreté nucléaire, l’ASN considère que les performances se sont améliorées en 2024, notamment en ce qui concerne la conduite des installations et la maintenance. La maîtrise des arrêts et des redémarrages des deux réacteurs a en particulier progressé. Les actions d’amélioration du management de la sûreté, qui ont permis ces progrès, sont à poursuivre. Des marges de progrès subsistent dans la documentation utilisée, la préparation et l’appropriation des différentes activités, notamment dans le domaine de la maintenance, ainsi que dans la rigueur de leur réalisation. Les compétences des intervenants dans certaines spécialités constituent également un point de vigilance. Enfin, l’ASN a pu apprécier la gestion satisfaisante d’une situation d’urgence simulée lors d’un exercice national de crise.

Dans le domaine de la radioprotection, l’ASN a constaté une amélioration des performances lors des arrêts de réacteur sur les chantiers particulièrement sensibles. Le site a tiré les enseignements de l’événement de dispersion de contamination survenu en 2023 dans le bâtiment réacteur, pendant l’arrêt du réacteur 2. Cependant, des lacunes ont été relevées par l’ASN en dehors des périodes d’arrêts, démontrant que la culture de radioprotection chez les intervenants, ainsi que la surveillance exercée par EDF demeurent perfectibles.

Concernant la protection de l’environnement, l’ASN a mené une inspection renforcée en 2024. Même si les perspectives sont encourageantes avec le démarrage des travaux de création d’un bassin de confinement des eaux d’extinction d’incendie, l’ASN considère que le confinement liquide actuel des effluents n’est pas suffisamment maîtrisé : un contrôle plus efficace du niveau de performance du matériel d’isolement utilisé est attendu. Aucun écart majeur n’a été constaté concernant la gestion des effluents liquides en fonctionnement normal et de la préservation de la ressource en eau utilisée pour les besoins du site.

Centrale nucléaire de Golfech

L’ASN considère que les performances de la centrale nucléaire de Golfech en matière de sûreté nucléaire, de protection de l’environnement et de radioprotection rejoignent l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF.

Dans le domaine de la sûreté nucléaire, l’ASN considère que les performances sont désormais à un niveau satisfaisant, dans un contexte industriel cependant moins chargé que les années précédentes. Au cours de l’année 2024, le réacteur 2 a réalisé plusieurs arrêts pour économie de combustible et le réacteur 1 a réalisé un arrêt à la suite de la détection d’une fuite sur un équipement du circuit secondaire. L’ASN juge positivement la gestion des régimes transitoires associés à ces situations. Des faiblesses ont toutefois été relevées dans la mise en configuration des circuits et la maîtrise de la documentation. De plus, les inspections de l’ASN ont révélé des défauts dans la maîtrise du risque d’explosion interne et la gestion des moyens de crise. 

En matière de maintenance, plusieurs aléas techniques en lien avec des automatismes se sont produits, dont trois ont conduit à des arrêts automatiques de réacteur. Enfin, les modifications de la programmation des arrêts de réacteurs ont entraîné plusieurs reports d’activités, à l’origine de quelques défauts de planification de contrôles périodiques. Ainsi, l’ASN considère que l’exploitant doit consolider en 2025 ses efforts et confirmer le maintien des performances du site en matière de sûreté nucléaire dans le contexte des arrêts programmés des deux réacteurs.

En matière de radioprotection, la situation est jugée satisfaisante. Le nombre d’événements significatifs est resté faible, et l’ASN souligne la bonne prise en compte par les intervenants des règles de radioprotection.

Dans le domaine de la protection de l’environnement, l’ASN a réalisé une inspection renforcée sur le site, qui a mis en évidence des améliorations intervenues dans le domaine de la protection de l’environnement et notamment dans la maîtrise du risque d’écoulement de substances dangereuses dans l’environnement. Toutefois, le site n’est pas encore totalement à l’attendu, en particulier dans la gestion des effluents rejetés dans le bassin d’orage.

Domaine médical

En 2024, la radioprotection dans le domaine médical reste globalement satisfaisante, bien que plusieurs signaux faibles appellent à la vigilance. Des tensions sur les effectifs, une externalisation mal encadrée de certaines missions (notamment en imagerie), ainsi qu’une progression rapide de la téléradiologie contribuent à une complexification des organisations de soins et à une dilution des responsabilités.

En radiothérapie, les fondamentaux de sécurité sont en place mais le retour d’expérience s’essouffle.

En curiethérapie, la radioprotection reste maîtrisée, bien que la sécurisation des sources de haute activité et le maintien des compétences nécessitent une vigilance accrue.

En médecine nucléaire, si les pratiques sont globalement conformes, des améliorations sont attendues sur la gestion des déchets, la sécurisation des processus d’administration des médicaments, ainsi que la formation continue.

Des non-conformités persistent dans les pratiques interventionnelles radioguidées, notamment sur la formation à la radioprotection et la coordination avec les prestataires. En scanographie, des lacunes dans la mise en œuvre du principe d’optimisation et dans l’habilitation des personnels ont motivé le lancement d’une campagne d’inspections en 2025.

Fait marquant

L’année 2024 confirme par ailleurs une accélération de l’innovation thérapeutique, avec l’émergence de techniques comme la radiothérapie interne vectorisée (RIV), la radiothérapie flash ou l’installation d’équipements compacts comme le ZAP-X®. Ces évolutions appellent une adaptation rapide du système de soins pour garantir une prise en charge sécurisée.

L’appropriation des enjeux de radioprotection sur l’ensemble de la chaîne depuis la conception jusqu’à la gestion des déchets et effluents est indispensable, tout particulièrement dans l’accompagnement de l’innovation, et constitue un sujet de vigilance pour l’ASNR.

Domaines industriel, vétérinaire et en recherche des rayonnements ionisants

Dans ces secteurs très hétérogènes, la radioprotection reste globalement maîtrisée, mais l’ASNR relève des écarts persistants entre établissements.

En radiographie industrielle, si les obligations de base sont généralement respectées, des failles demeurent dans la signalisation des chantiers, la mise en œuvre des vérifications réglementaires et la coordination entre donneurs d’ordre et entreprises. L’ASNR recommande à nouveau de privilégier les opérations en casemate. En 2024, un tiers des inspections a révélé une mauvaise utilisation du radiamètre.

Dans les laboratoires de recherche, les fragilités portent principalement sur la gestion des déchets radioactifs et la reprise des sources historiques, souvent freinés par un manque d’anticipation budgétaire. Deux événements significatifs liés aux accélérateurs ont été correctement gérés, mais rappellent la nécessité d’une vigilance renforcée.

En secteur vétérinaire, la réglementation est globalement bien appliquée pour la radiologie des animaux de compagnie.


La division de Bordeaux de l’ASNR assure la mise en œuvre des missions de contrôle sur le terrain pour toutes les installations et activités nucléaires civiles en région Nouvelle-Aquitaine et ex-Midi-Pyrénées. Elle instruit les demandes d’autorisation, vérifie la conformité à la réglementation relative à la sûreté nucléaire, à la radioprotection, à la gestion des équipements sous pression ainsi qu’à la protection de l’environnement. Elle assure également l’inspection du travail dans les centrales nucléaires.

En cas de situation d’urgence radiologique, elle assiste les préfets dans la protection des populations et participent à la préparation des plans d'urgence. La division de Bordeaux est aussi active dans l’information du public, notamment via les Commissions locales d’information (CLI), et entretient des liens avec les médias, élus, associations, exploitants et autorités locales.

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Région PACA, ex-Languedoc-Roussillon et Corse : sûreté nucléaire et radioprotection en 2024

Introduction
À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, la division de Marseille de l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon) et collectivité de Corse.

En 2024, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, la division de Marseille de l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon) et collectivité de Corse.


Ce qu’il faut retenir pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon) et collectivité de Corse

En 2024, l’ASN a réalisé 191 inspections dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon) et collectivité de Corse, dont 93 inspections dans les installations nucléaires de base (INB), 86 dans le nucléaire de proximité, 9 inspections dans le domaine du transport de substances radioactives, 3 inspections concernant les organismes et laboratoires agréés par l’ASN.

En 2024, 7 événements significatifs classés au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES) ont été déclarés à l’ASN. 

Par ailleurs, 2 événements significatifs pour la radioprotection survenus dans les activités nucléaires de proximité ont été classés au niveau 2 de l’échelle ASN‑SFRO (échelle spécifique pour les événements de radioprotection affectant des patients dans le cadre d’une procédure de radiothérapie).
 


Le contrôle des installations nucléaires en région PACA

Site CEA de Cadarache

L’ASN estime que le niveau de sûreté nucléaire et de radioprotection est globalement satisfaisant. 

En matière de respect des engagements, l’ASN a constaté, comme les années précédentes, que certaines échéances ont tendance à être reportées, notamment issus des plans d’action définis lors des réexamens de sûreté ou dans le cadre des démantèlements des installations.

L’ASN a relevé qu’il était encore nécessaire de rendre plus homogènes les programmes de surveillance des activités importantes pour la protection des intérêts (AIP) réalisées par des intervenants extérieurs, et de les faire évoluer pour mieux y intégrer le retour d’expérience des années précédentes. De plus, l’ASN souligne les avancées dans la revue des gammes de maintenance des équipements importants pour la protection, qui doit être poursuivie.

Les installations du centre progressent dans la prévention des impacts liés aux agressions externes, même si des améliorations restent attendues concernant l’analyse des risques liés aux températures extrêmes.

En matière de protection de l’environnement, l’ASN estime que des améliorations sont encore nécessaires. Certains projets avancent plus lentement que prévu, et les inspections ont encore relevé des ouvrages non conformes liés à la surveillance de l’environnement.

La stratégie de démantèlement et de gestion des déchets mise en place par le CEA reste un sujet important de vigilance de l’ASNR. En effet, des défauts de génie civil découverts sur l’INB 37-A (STD) en 2024 exposent la filière des déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) à des saturations d’entreposage (cf section dédiée). Par ailleurs, la reprise des déchets actuellement classés DSFI (déchets sans filières immédiate) fait l’objet de demandes régulières du CEA.

Enfin, l’ASN considère que l’organisation de crise mise en place par le CEA est globalement satisfaisante, même si plusieurs axes de progression ont pu être identifiés. Le chantier du nouveau bâtiment de crise, projet CIRCE, est actuellement à l’arrêt à la suite de difficultés apparues dans la gestion du chantier. Celui-ci devra reprendre dans les plus brefs délais, et les prescriptions de l’ASNR fixant les échéances de construction devront être revues.

La Station de traitement des déchets solides (STD) (CEA Cadarache)

Un événement significatif classé au niveau 1 de l’échelle INES a été déclaré en mai 2024, relatif à la découverte de défauts de génie civil sur la structure des bâtiments. La découverte de ces défauts a entraîné l’arrêt de l’exploitation de l’installation et des travaux de rénovation. Le redémarrage des activités suspendues est conditionné à la réalisation d’études complémentaires, dont les résultats doivent être remis à l’ASNR pour statuer sur les conditions de poursuite d’exploitation de l’installation. 

Les inspections réalisées par l’ASN en juillet et octobre 2024 montrent que la situation reste globalement maîtrisée au sein de l’installation. Cependant, des compléments sont attendus concernant notamment la mise en œuvre des dispositions compensatoires décidées, l’analyse de sûreté effectuée dans le cadre de cet événement significatif, et le calendrier consolidé de reprise envisagée des activités d’exploitation après la réévaluation des travaux de rénovation engagés.

Compte tenu de la gestion des défauts de génie civil, nécessitant la mise en œuvre d’un mode de fonctionnement dégradé de l’installation, et une réévaluation de la démonstration de sûreté, l’ASN considère que le niveau de sûreté nucléaire et de radioprotection de l’installation doit impérativement être rétabli. Les autres thèmes inspectés en 2024 concernant la qualification des équipements, le respect des engagements et la défense contre l’incendie, sont globalement satisfaisants.

Projet de réacteur Jules Horowitz (CEA Cadarache)

L’année 2024 a vu la poursuite des activités de construction et de fabrication d’équipements de nombreux lots du chantier RJH. L’ASN juge l’organisation du projet globalement satisfaisante du point de vue de la sûreté nucléaire. Le projet doit s’assurer que la démarche de qualification des éléments importants pour la protection reste aboutie pour l’ensemble des exigences définies. La formalisation et la déclinaison de certains processus doivent également être améliorées.

ITER (Saint-Paul lez-Durance)

ITER Organization (IO) a présenté en 2024 un nouveau scénario de référence pour le projet, à la suite de la révision initiée en 2022. Cette nouvelle feuille de route tient compte par ailleurs des difficultés identifiées par l’exploitant pour fournir une démonstration de sûreté aboutie pour le projet sur l’ensemble de sa durée de vie, et propose le principe d’une démonstration de sûreté par étapes, suivant les phases successives de mise en service et d’exploitation. Cependant, l’ASN observe que les éléments fournis en 2024 ne permettent pas encore d’établir une vision globale des évolutions décidées et de leur impact sur les différentes composantes du projet. 

Les travaux sur le site et la fabrication des équipements se sont poursuivis en 2024, notamment la réparation des premiers secteurs du tokamak pour corriger les écarts de dimensionnement, et répondre à la problématique de corrosion sous contrainte des circuits de refroidissement des écrans thermiques.

Sur la base des inspections réalisées, l’ASN relève que le traitement des écarts doit encore faire l’objet d’améliorations, notamment sur la définition d’actions correctives adaptées ou sur l’analyse des causes. Il est également attendu une meilleure prise en compte des enjeux de sûreté et de déclinaison des exigences définies, en particulier dans les processus de qualification des équipements ou de traçabilité documentaire, ainsi que dans la poursuite du travail relatif à la maîtrise du risque de pratiques frauduleuses. 

L’ASNR sera attentive aux effets des changements d’organisation décidés par IO en 2024, en vue d’améliorer l’articulation entre la sûreté, l’intégration, et la construction, et de renforcer l’indépendance du contrôle interne et la prise en compte des revues internes et du retour d’expérience.

Le contrôle des installations nucléaires en région Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon)

Centre CEA de Marcoule

L’ASN considère que le niveau de sûreté nucléaire et de radioprotection du centre CEA de Marcoule est globalement satisfaisant.

A la suite d’une demande de l’ASN, une tierce expertise, réalisée par un organisme extérieur, relative à la méthodologie d’élaboration et d’évaluation de l’incidence du site sur son environnement a été remise par le CEA. Celle-ci est en cours d’instruction et fera l’objet de demandes pour consolider les méthodes d’évaluation d’impact environnemental du CEA.

L’organisation mise en place pour la gestion des situations d’urgence est perfectible. Des améliorations sont attendues dans la définition des fonctions de gestion de crise et des exigences associées, dans le suivi de la documentation et des équipements, ainsi que dans la formalisation et le suivi des actions retenues dans le retour d’expérience des exercices. Le plan d’urgence interne (PUI) commun aux INB civiles et secrète du centre a été autorisé par les deux autorités de sûreté compétentes. Par ailleurs, l’ASNR est en cours d’instruction du respect des exigences de sûreté fixées au bâtiment existant de gestion de crise de Marcoule.

Installation Atalante (CEA de Marcoule)

L’ASN considère que le niveau de sûreté nucléaire d’Atalante est assez satisfaisant, en raison des événements significatifs survenus relatifs à la prévention du risque de criticité (défaut de préparation lors de transferts de matière fissile au sein des laboratoires d’Atalante). Ces événements ont été partagés avec les autres INB du CEA concernées. L’ASNR restera vigilante à la mise en œuvre par l’exploitant des actions de long terme de son plan d’action correctif.

Toutefois, les dispositions mises en œuvre pour assurer la surveillance des intervenants extérieurs, le suivi des écarts et des contrôles et essais périodiques sont globalement satisfaisantes.

Usine Melox

L’ASN considère que le niveau de sûreté nucléaire et de radioprotection est globalement satisfaisant dans les domaines des équipements sous pression, des agressions externes, du management de la sûreté, de la maintenance, des déchets, de la conception et de la construction, ainsi que de la fraude. Une inspection sur les suites du réexamen périodique, dont le rapport de conclusions a été déposé en septembre 2021, a relevé que la mise en œuvre du plan d’action du réexamen est satisfaisante et que son suivi est de bonne qualité. 

L’exploitant a été confronté, ces dernières années, à des difficultés pour assurer la production des quantités prévues de combustible conforme aux spécifications de sûreté des réacteurs nucléaires. L’ensemble du cycle du combustible et la production électronucléaire française pourraient être déstabilisés par de telles difficultés.

L’utilisation, depuis 2022, d’une nouvelle poudre d’oxyde d’uranium a permis une réduction de la quantité de rebuts générés. Cette amélioration doit maintenant être confirmée à plus long terme. Plusieurs actions sont mises en œuvre pour rendre pérenne l’amélioration de la production de l’usine ainsi que la radioprotection de ses travailleurs. Tout d’abord, l’exploitant met en œuvre un projet dénommé GOMOX qui comprend notamment le doublement de certains postes clés de la chaîne de production de l’usine. Par ailleurs, il procède à des nettoyages approfondis et réguliers des boîtes à gants pour réduire les niveaux de doses ambiants. Enfin, il déploie un important programme de maintenance (projet PPRM) qui vise à restaurer le taux de disponibilité des outils de production.

Usine Centraco

En 2024, l’ASN considère que le niveau de sûreté nucléaire de l’installation est globalement satisfaisant. Des améliorations sont attendues concernant le thème de la gestion des écarts après les déclarations consécutives de trois événements significatifs en lien avec la préparation des opérations de maintenance. En effet, des lacunes importantes lors de la préparation de ces opérations ont été mises en évidence lors de l’inspection réactive menée par l’ASN. Une nouvelle organisation visant à fiabiliser les opérations de maintenance en lien avec la sûreté a été mise en place fin 2024. La déclinaison et l’efficacité de ces dispositions en cours de déploiement feront l’objet d’inspections de l’ASNR.

Domaine médical

En 2024, la radioprotection dans le domaine médical reste globalement satisfaisante, bien que plusieurs signaux faibles appellent à la vigilance. Des tensions sur les effectifs (MERM, physiciens médicaux, médecins), une externalisation mal encadrée de certaines missions (notamment en imagerie), ainsi qu’une progression rapide de la téléradiologie contribuent à une complexification des organisations de soins et à une dilution des responsabilités.

En radiothérapie, les fondamentaux de sécurité sont en place mais le retour d’expérience s’essouffle.

En curiethérapie, la radioprotection reste maîtrisée, bien que la sécurisation des sources de haute activité et le maintien des compétences nécessitent une vigilance accrue.

En médecine nucléaire, si les pratiques sont globalement conformes, des améliorations sont attendues sur la gestion des déchets, la sécurisation des processus d’administration des médicaments, ainsi que la formation continue.

Des non-conformités persistent dans les pratiques interventionnelles radioguidées, notamment sur la formation à la radioprotection et la coordination avec les prestataires. En scanographie, des lacunes dans la mise en œuvre du principe d’optimisation et dans l’habilitation des personnels ont motivé le lancement d’une campagne d’inspections en 2025. 

Fait marquant

L’année 2024 confirme par ailleurs une accélération de l’innovation thérapeutique, avec l’émergence de techniques comme la radiothérapie interne vectorisée (RIV), la radiothérapie flash ou l’installation d’équipements compacts comme le ZAP-X®. Ces évolutions appellent une adaptation rapide du système de soins pour garantir une prise en charge sécurisée.

L’appropriation des enjeux de radioprotection sur l’ensemble de la chaîne depuis la conception jusqu’à la gestion des déchets et effluents est indispensable, tout particulièrement dans l’accompagnement de l’innovation, et constitue un sujet de vigilance pour l’ASNR.

Domaines industriel, vétérinaire et en recherche des rayonnements ionisants

Dans ces secteurs très hétérogènes, la radioprotection reste globalement maîtrisée, mais l’ASNR relève des écarts persistants entre établissements.

En radiographie industrielle, si les obligations de base sont généralement respectées, des failles demeurent dans la signalisation des chantiers, la mise en œuvre des vérifications réglementaires et la coordination entre donneurs d’ordre et entreprises. L’ASNR recommande à nouveau de privilégier les opérations en casemate.

Dans les laboratoires de recherche, les fragilités portent principalement sur la gestion des déchets radioactifs et la reprise des sources historiques, souvent freiné par un manque d’anticipation budgétaire. 

En secteur vétérinaire, la réglementation est globalement bien appliquée. Le recours à des organismes externes pour la radioprotection (OCR) ne doit cependant pas déresponsabiliser les vétérinaires.


La division de Marseille de l’ASNR assure la mise en œuvre des missions de contrôle sur le terrain pour toutes les installations et activités nucléaires civiles en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon) et collectivité de Corse. Elle instruit les demandes d’autorisation, vérifie la conformité à la réglementation relative à la sûreté nucléaire, à la radioprotection, à la gestion des équipements sous pression ainsi qu’à la protection de l’environnement.

En cas de situation d’urgence radiologique, elle assiste les préfets dans la protection des populations et participe à la préparation de la gestion de crise. La division de Marseille est aussi active dans l’information du public, notamment via les Commissions locales d’information (CLI), et entretient des liens avec les médias, élus, associations, exploitants et autorités locales.

Type de contenu

Région Hauts-de-France : sûreté nucléaire et radioprotection en 2024

Introduction
À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans la région Hauts-de-France, l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Hauts-de-France.

En 2024, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans la région Hauts-de-France, l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Hauts-de-France.


Ce qu’il faut retenir pour la région Hauts-de-France

En 2024, l’ASN a réalisé 94 inspections dans la région Hauts‑de‑France, dont 36 à la centrale nucléaire de Gravelines, 54 dans le nucléaire de proximité et 4 dans le domaine du transport de substances radioactives.

L’ASN a par ailleurs réalisé 13,5 journées d’inspection du travail dans la centrale nucléaire de Gravelines.

Au cours de l’année 2024, neuf événements significatifs classés au niveau 1 sur l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES) ont été déclarés par la centrale nucléaire de Gravelines.

En radiothérapie, cinq événements ont été classés au niveau 1 de l’échelle ASN‑SFRO.


Le contrôle de la centrale nucléaire EDF de Gravelines

L’ASN estime que les performances de la centrale nucléaire de Gravelines sont globalement conformes à celles observées sur l’ensemble du parc EDF en matière de sûreté nucléaire, d’environnement et de radioprotection.

En 2024, la sûreté a connu une légère amélioration, en particulier dans la gestion des événements significatifs, du refroidissement et de la protection incendie. Le plan de rigueur reste en place, ciblant notamment la maîtrise de la réactivité et la maintenance. Des écarts de rigueur subsistent toutefois, avec des non-conformités persistantes dans certaines pratiques.

L’année a été marquée par de longues indisponibilités de réacteurs, dues à des aléas techniques prolongeant les arrêts programmés. Trois unités sont restées à l’arrêt simultanément pendant plusieurs semaines, dans un contexte industriel dense (visite décennale, nouveaux équipements). L’ASN relève un manque de préparation sur certaines opérations de maintenance et des retards causés par l’indisponibilité de pièces.

En matière de protection de l’environnement, la gestion du site est jugée satisfaisante par l’ASN. Des progrès sont notés dans la gestion du SF6 (hexafluorure de soufre), mais des écarts restent à corriger concernant les effluents liquides et le respect des normes applicables aux laboratoires. Les émissions de gaz à effet de serre appellent à une vigilance accrue.

Des améliorations sont visibles en radioprotection des travailleurs, notamment sur la baisse du nombre d’événements. Toutefois, deux contaminations classées niveau 1 ont été recensées, et des efforts sont encore attendus pour renforcer la coordination avec les prestataires et la rigueur des intervenants dans les zones réglementées.

Les actions de prévention ont contribué à réduire les accidents des prestataires, même si les premiers résultats de l’année 2025 ne sont pas à l’attendu. Des écarts ont été relevés dans la conformité de certains systèmes de ventilation, ainsi que sur le levage et les équipements électriques internes. Des expositions non maîtrisées ont été ponctuellement constatées.


Projet d’une paire de réacteurs EPR2 à Gravelines

L’ASN et l’IRSN ont contribué à l’information sur la sûreté nucléaire lors du débat public organisé par la CNDP sur le projet porté par EDF et RTE, qui s’est achevé en janvier 2025. Par la participation à plusieurs réunions publiques et ateliers, une connaissance technique a été apportée sur des thématiques qui feront l’objet d’une instruction future de l’ASNR dans le cadre de l’autorisation de création de l’installation.

Les enjeux de protection des populations et d’opérabilité des plans de secours doivent être anticipés sur le long terme lors des évolutions du territoire. L’ASNR rendra son avis sur les différents projets d’urbanisme quand elle sera consultée, mais considère qu’il est nécessaire d’établir une vision globale et concertée des différents projets.


Domaine médical

En 2024, la radioprotection dans le domaine médical reste globalement satisfaisante, bien que plusieurs signaux faibles appellent à la vigilance. Des tensions sur les effectifs (MERM, physiciens médicaux, médecins), l’externalisation accrue des tâches de conseil en radioprotection et de physique médicale, ainsi qu’une progression rapide de la téléradiologie contribuent à une dilution des responsabilités.

En radiothérapie, les fondamentaux de sécurité sont en place mais la répétition d’erreurs (préparation de traitement, étalement, …) appelle à la vigilance sur la dynamique de retour d’expérience et l’analyse de risques en amont des changements techniques ou organisationnels.

En curiethérapie, la radioprotection reste maîtrisée, bien que la sécurisation des sources de haute activité et le maintien des compétences nécessitent une vigilance accrue.

En médecine nucléaire, l’année 2024 confirme une accélération de l’innovation thérapeutique. L’appropriation des enjeux de radioprotection sur l’ensemble de la chaîne depuis la conception jusqu’à la gestion des déchets et effluents est indispensable et constitue un sujet de vigilance pour l’ASN. Des marges de progression subsistent par ailleurs sur la sécurisation des processus d’administration des médicaments, ainsi que la formation continue des professionnels.

Des non-conformités persistent dans les pratiques interventionnelles radioguidées au bloc opératoire, notamment sur la formation à la radioprotection et la coordination avec les prestataires.

En scanographie, le nombre d’évènements d’identitovigilance et d’exposition fortuite de fœtus se maintient à un niveau élevé. Une grande rigueur est attendue dans l’application des procédures, la formation et la vigilance sur les facteurs organisationnels.

Domaine industriel, vétérinaire et de la recherche

Dans le domaine industriel, vétérinaire et de la recherche, secteurs très hétérogènes, la radioprotection reste globalement maîtrisée. L’ASNR relève que le recours accru à des conseillers externes en radioprotection présente un risque de perte de compétence au sein des établissements utilisateurs de rayonnements ionisants.

En radiographie industrielle, si les obligations de base sont généralement respectées, des failles demeurent dans la signalisation des chantiers, l’utilisation du radiamètre et la coordination entre donneurs d’ordre et entreprises. L’ASNR recommande à nouveau de privilégier les opérations en casemate.

Dans les laboratoires de recherche, les fragilités portent principalement sur la gestion des déchets radioactifs et la reprise des sources historiques, souvent freinée par un manque d’anticipation budgétaire.


La division de Lille de l’ASNR assure la mise en œuvre des missions de contrôle sur le terrain pour toutes les installations et activités nucléaires civiles en région Hauts-de-France. Elle instruit les demandes d’autorisation, vérifie la conformité à la réglementation relative à la sûreté nucléaire, à la radioprotection, à la gestion des équipements sous pression ainsi qu’à la protection de l’environnement. Elle assure également l’inspection du travail dans les centrales nucléaires.

En cas de situation d’urgence radiologique, elle assiste les préfets dans la protection des populations et participent à la préparation des plans d'urgence. La division de Lille est aussi active dans l’information du public, notamment via les Commissions locales d’information (CLI), et entretient des liens avec les médias, élus, associations, exploitants et autorités locales.

Type de contenu

Région Bourgogne-Franche-Comté : sûreté nucléaire et radioprotection en 2024

Introduction
À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans la région Bourgogne-Franche-Comté, l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle qu’elle a menées tout au long de l’année 2024 en région Bourgogne-Franche-Comté.

En 2024, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans la région Bourgogne-Franche-Comté, l’ASNR présente les conclusions des actions de contrôle qu’elle a menées tout au long de l’année 2024 en région Bourgogne-Franche-Comté1.


Ce qu’il faut retenir pour la région Bourgogne-Franche-Comté

En 2024, l’ASN a réalisé 70 inspections dans la région Bourgogne-Franche-Comté, dont 10 dans le domaine de la sûreté nucléaire, 56 dans le nucléaire de proximité, 4 dans le domaine du transport de substances radioactives (TSR).

En 2024, un événement significatif classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES) a été déclaré à l’ASNR Dijon dans le secteur médical. Par ailleurs, un événement significatif a été classé au niveau 2 de l’échelle ASN‑SFRO (échelle spécifique pour les événements de radioprotection affectant des patients dans le cadre d’une procédure de radiothérapie).


Le contrôle du domaine médical

En 2024, la radioprotection dans le domaine médical reste globalement satisfaisante, bien que plusieurs signaux faibles appellent à la vigilance. Des tensions sur les effectifs (manipulateur en électroradiologie médicale, physiciens médicaux, médecins), une externalisation mal encadrée de certaines missions (notamment en imagerie médicale), ainsi qu’une progression rapide de la télé radiologie contribuent à une complexification des organisations de soins et à une dilution des responsabilités.

Fait marquant

L’année 2024 confirme par ailleurs une accélération de l’innovation dans les traitements utilisant les rayonnements ionisants, avec notamment l’émergence de nouveaux produits radioactifs pour la radiothérapie interne vectorisée (RIV). Ces évolutions appellent une adaptation rapide du système de soins pour garantir une prise en charge sécurisée.

L’appropriation des enjeux de radioprotection sur l’ensemble de la chaîne depuis la conception jusqu’à la gestion des déchets et effluents est indispensable, tout particulièrement dans l’accompagnement de l’innovation, et constitue un sujet de vigilance pour l’ASNR.

En radiothérapie et curiethérapie :

En radiothérapie, les fondamentaux de sécurité sont en place, mais le retour d’expérience s’essouffle : les comités internes se réunissent moins fréquemment, les analyses d’événements significatifs (ESR) restent souvent superficielles, et l’évaluation de l’efficacité des actions correctives est encore insuffisante. La répétition d’erreurs, notamment de latéralité, de délinéation ou de positionnement, ainsi que l’augmentation des re-irradiations, illustrent la nécessité d’une actualisation plus rigoureuse des analyses de risques en amont de tout changement technique ou organisationnel, et d’un meilleur usage du retour d’expérience, qu’il soit local ou national.

En curiethérapie, la radioprotection est bien prise en compte bien que la sécurisation des sources de haute activité et le maintien des compétences nécessitent une vigilance accrue. Si des progrès sont constatés, le niveau de conformité attendu n’est pas encore atteint.

Les 5 inspections conduites en 2024 dans la région ont mis en évidence des besoins communs d’amélioration : une revue documentaire plus régulière, en phase avec les évolutions réglementaires et techniques ; une meilleure formalisation et extension de la formation et de l’habilitation à tous les professionnels concernés ; enfin, pour l’établissement ayant déclaré un événement classé niveau 2 sur l’échelle ASN-SFRO, des ajustements notables ont été engagés pour améliorer les démarches d’évaluation des risques a priori et d’analyse des événements indésirables.

En médecine nucléaire :

Si les pratiques sont globalement conformes, pour les patients, notamment grâce à une utilisation pertinente des niveaux de référence diagnostiques (NRD), des améliorations sont attendues sur le déploiement des systèmes de management de la qualité, l’analyse des événements significatifs de radioprotection (ESR), ainsi que la formation continue. L’ASN a élaboré en 2024, en lien avec les professionnels, une fiche portant sur les complications observées avec l’yttrium-90.

D’autre part, des points de vigilance ont été identifiés sur le suivi des traitements au lutétium-177 (risque d’extravasation) et sur la gestion des effluents et déchets produits par les patients, dans un contexte d’émergence de nouveaux radiopharmaceutiques administrés en ambulatoire.

Les 6 inspections menées en 2024 dans la région ont confirmé la qualité de la radioprotection des travailleurs et du contrôle des sources et équipements, ce qui constitue un point fort régional. Elles ont toutefois mis en lumière des retards dans la mise en œuvre des exigences relatives à l’assurance qualité en imagerie médicale.

Dans le domaine des pratiques interventionnelles radioguidées :

Des non-conformités persistent, notamment sur le non-respect des règles d’aménagement des installations, l’insuffisance de formation à la radioprotection des travailleurs et patients, ainsi qu’un défaut de coordination des mesures de prévention lors de l’intervention d’entreprises extérieures.

Le recours croissant à des organismes externes (OCR) mal encadrés conduit à une dilution des responsabilités des responsables d’activités nucléaires (RAN) et une moindre appropriation, voir une dégradation, de la radioprotection. Enfin, une méconnaissance des obligations réglementaires est observée chez les praticiens libéraux employeurs.

Les 6 inspections menées en 2024 dans la région ont mis en évidence une bonne pratique liée à la mise en place d’audits sur le port des dispositifs de dosimétrie, ainsi qu’un bon usage des niveaux de référence diagnostiques (NRD) à des fins d’optimisation de l’exposition des patients.

Le contrôle du domaine industriel

Ces secteurs présentent une grande diversité d’activités, d’établissements et d’applications. En matière de radioprotection, l’appréciation de l’ASN reste globalement satisfaisante mais contrastée, dans la continuité des années précédentes. En particulier, l’ASN note un maintien global des efforts mais des écarts persistants selon les secteurs, les structures et les ressources consacrées.

En radiographie industrielle :

En 2024, la radiographie industrielle, en particulier la gammagraphie, est restée un secteur prioritaire pour l’ASN. Le respect des obligations réglementaires, comme l’organisation de la radioprotection, la formation et le suivi dosimétrique des travailleurs, la manipulation et la maintenance des appareils, par les entreprises est à relever. Toutefois, des failles dans la coordination entre donneurs d’ordre et entreprises sont à noter.

Par ailleurs, l’ASNR recommande de privilégier les opérations en casemate afin de réduire les risques, notamment en cas d’incident empêchant le retour de la source radioactive en position de sécurité.

Les 11 inspections menées en 2024 dans la région ont montré que les vérifications exigées dans le code du travail et la signalisation sur les zones de chantiers étaient satisfaisantes. Une vigilance particulière doit être portée aux incidents raisonnablement prévisibles.

La protection des sources de rayonnement contre des actes de malveillance

La mise en place des dispositions pour protéger des sources radioactives de haute activité ou des lots de sources équivalents se poursuit progressivement. L’ASN note que la très grande majorité des établissements procède à la catégorisation des sources. Par ailleurs, ces derniers définissent correctement leur politique de protection des sources ainsi que les dispositions. En revanche, des progrès doivent être réalisés sur la justification que les barrières physiques apportent une résistance à l’effraction suffisante, ainsi que sur la définition d’un programme de maintenance préventive des équipements destinés à détecter des intrusions.

Les 6 inspections menées en 2024 dans la région ont montré que la délivrance des autorisations nominatives d’accès aux sources, ainsi que l’identification et la protection des informations sensibles et l’identification des barrières physiques protégeant les sources sont bien mise en œuvre, ce qui constitue un point fort régional. Des points d’amélioration sur l’organisation en cas de détection de franchissement non autorisé d’une barrière demeurent cependant.

La prévention du risque lié au radon

En 2024, l’ASN a mené en Bourgogne-Franche-Comté sept inspections ciblant la gestion du risque radon dans les établissements recevant du public (ERP) et les lieux de travail. Cinq d’entre elles ont porté sur des communautés de communes et des barrages hydrauliques de l’État pour lesquels, si la réglementation était initialement mal connue, toutes les actions requises ont été engagées. Deux inspections ont également concerné des établissements thermaux pour lesquels l’application de la réglementation se poursuit, avec notamment des travaux efficaces réalisées sur les circuits d’eau pour réduire les concentrations en radon dans la partie ERP.

L’ASNR soutient le réseau régional « Eclaireurs » qui, sur la thématique du radon et la qualité de l’air intérieur dans les bâtiments, informe et sensibilise, relaye les formations disponibles, met en lien les partenaires et facilite la co-construction d’actions en Bourgogne-Franche-Comté. En 2024, l’ASN a contribué à un webinaire sur la gestion du risque lié au radon en partenariat avec l’Agence Régional de la Santé et la Direction Général du Travail.

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