Vœux à la presse 2026 - Dans un contexte à forts enjeux, l’ASNR est prête à relever les défis à venir

Introduction
Le 27 janvier 2026, l’ASNR a présenté ses vœux à la presse. Pierre-Marie Abadie, président, a souligné la bonne installation de l’Autorité dans son environnement national et international. À l’occasion de son premier anniversaire, l’ASNR est prête à relever les défis dans tous ses domaines d’activités : recherche, expertise, instruction et contrôle. Le président a également dressé le panorama des enjeux identifiés par l’ASNR et les grands dossiers qu’elle traitera en 2026. L’ensemble du collège a ensuite répondu aux questions des journalistes présents.

Le 27 janvier 2026, l’ASNR a présenté ses vœux à la presse. Pierre-Marie Abadie, président, a souligné la bonne installation de l’Autorité dans son environnement national et international. À l’occasion de son premier anniversaire, l’ASNR est prête à relever les défis dans tous ses domaines d’activités : recherche, expertise, instruction et contrôle. Le président a également dressé le panorama des enjeux identifiés par l’ASNR et les grands dossiers qu’elle traitera en 2026. L’ensemble du collège a ensuite répondu aux questions des journalistes présents.

Dans le domaine de la sûreté nucléaire

La relance du nucléaire présente pour l’ASNR des défis face auxquels elle est mobilisée pour répondre. Dans ce contexte, la sûreté, dont la finalité première est la protection des populations et de l’environnement, devient également un élément de performance pour les projets industriels et doit être considérée à toutes les étapes, de la conception à la réalisation. 

L’ASNR conduit l’instruction des dossiers relatifs au programme industriel EPR2 selon le calendrier prévu

  • Penly

L’ASNR a achevé la phase d’expertise de sûreté de la demande d’autorisation de création de deux réacteurs de type EPR2 sur le site de Penly, conformément au calendrier qu’elle avait établi. 

Les avis d’expertise de l’ASNR ont été publiés.

Consulté sur trois sujets d’importance particulière pour la sûreté, le Groupe permanent d’experts sur les réacteurs a conclu que, à ce stade du projet et au regard des objectifs de sûreté assignés aux réacteurs EPR2, la conception des systèmes de sûreté apparaît appropriée, les démarches, les hypothèses et les dispositions de conception retenues pour les risques d’agressions examinés sont globalement adaptées et les résultats des études des accidents sans fusion du cœur sont acceptables. Le Groupe permanent a formulé deux recommandations et un ensemble d’observations portant sur des points techniques particuliers.

L’ASNR prendra en compte les conclusions de ces expertises dans son examen de la demande d’autorisation déposée par EDF, qui conduira à un avis qu’elle rendra au Gouvernement d’ici la fin de l’année 2026.

En complément de l’examen technique du dossier mené par l’ASNR, la procédure d’instruction conduite par le ministre chargé de la sûreté nucléaire se poursuit, avec une enquête publique qui se tient du 22 janvier au 4 mars 2026.

  • Gravelines

Pour le projet de construction de deux EPR2 sur le site de Gravelines, où le sol est relativement meuble sur une forte profondeur, l’ASNR a examiné les premières propositions d’EDF pour la conception des fondations et a exprimé ses points de vigilance. EDF apportera en mars 2026 de nouveaux éléments et éventuellement des modifications de la conception des fondations. L’ASNR poursuivra le dialogue technique avec EDF et rendra une première position à l’automne 2026. Au-delà des spécificités de Gravelines, l’ASNR souhaite tirer des enseignements pour d’autres sites d’implantation potentiels de futurs EPR2.

L’ASNR anticipe les enjeux de sûreté qui résulteraient de perspectives de fonctionnement de réacteurs au-delà de 60 ans

Les réacteurs électronucléaires du parc français ont été mis en service selon un calendrier resserré, principalement dans les années 1980. Cette situation pourrait conduire à leur arrêt définitif sur une période relativement courte. Les perspectives de poursuite de fonctionnement des réacteurs actuels d’EDF doivent être anticipées, afin, si cette poursuite devait être mise en œuvre, d’éviter tout renoncement en matière de sûreté. Depuis 2023, l’ASNR a engagé des échanges techniques avec EDF afin de disposer des éléments permettant de bâtir, du point de vue de la sûreté nucléaire, des hypothèses de durée de fonctionnement des réacteurs à retenir par les acteurs de la politique énergétique. La démarche consiste à identifier et examiner les éléments génériques qui pourraient limiter la durée de fonctionnement jusqu’à et au-delà de 60 ans, comme le vieillissement des bétons et de certains composants métalliques non ou difficilement remplaçables. Les obstacles potentiels à la poursuite de fonctionnement à long terme et les leviers possibles pour les surmonter seront ainsi examinés. 

Après un temps de dialogue avec les parties prenantes, puis un examen en « groupe permanents d’experts » fin juin, l’ASNR prendra position en novembre 2026. 

Les enjeux des usines du combustible

Le fonctionnement dans la durée d’un parc électronucléaire conséquent requiert un ensemble opérationnel d’usines à l’amont (production de combustible) et l’aval (retraitement) du combustible. L’ASNR a rappelé à de nombreuses reprises les enjeux de cohérence de cet ensemble à court, moyen et long terme, notamment pour éviter l’engorgement des capacités d’entreposage de combustible usé.

Aujourd’hui, dans le cadre de la perspective nationale de poursuite à long terme du retraitement du combustible usé annoncée par l’Etat, des projets industriels de remplacement de plusieurs usines sont engagés. Le calendrier de construction et de mise en service de ces nouveaux équipements s’étend sur plusieurs décennies. L’ASNR s’apprête donc à la fois à continuer à traiter les enjeux de sûreté et de radioprotection associés à la pérennisation des usines existantes, tout en menant les expertises et instructions des installations futures, en commençant par le choix des options initiales dimensionnantes pour la sûreté et la radioprotection à long terme.

Pour répondre à ce défi, l’ASNR s’attache à organiser les instructions à venir, en articulant les rendez-vous réglementaires avec les jalons des projets. En particulier, en 2026, l’ASNR doit recevoir trois dossiers d’options de sûreté, en amont de demandes d’autorisation de création, relatifs aux projets de piscine d’entreposage du combustible usé, d’entreposage du plutonium et de nouvelle usine de production de combustible MOX.

Dans le domaine de l’exposition médicale et de la radioprotection

En 2025, l’état de la radioprotection dans le domaine médical se maintient à un niveau satisfaisant, relativement stable d’une année sur l’autre. 

L’année 2025 a été marquée par la survenue de plusieurs événements en radiologie conventionnelle, concernant des cohortes de patients, dont l’analyse met en évidence des causes multifactorielles mais aussi des causes communes qui révèlent un manque de culture de radioprotection, en particulier concernant la mise en œuvre du principe d’optimisation des doses. 

L’ASNR rappelle que la principale garantie d’un haut niveau de radioprotection réside dans une culture de radioprotection solide, portée par des professionnels formés, et disposant de moyens et d’outils adaptés.  

ASNR - Vœux à la presse 2026 © ASNR

Contact presse

Contact presse nationale : 
Pascale Portes
01 58 35 70 33
pascale.portes@asnr.fr 

Contact presse territoriale : 
Evangelia Petit
01 46 16 41 42
evangelia.petit@asnr.fr  


Télécharger


ASNR - Vœux à la presse 2026 - © ASNR
Type de contenu

L’ASNR active son centre de crise pour suivre la situation à la centrale nucléaire de Flamanville (Manche)

Introduction
Le 9 janvier 2026 à 13 heures, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a activé de manière préventive son centre de crise situé à Fontenay-aux-Roses (92) afin de suivre la situation à la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).

Le 9 janvier 2026 à 13 heures, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a activé de manière préventive son centre de crise situé à Fontenay-aux-Roses (92) afin de suivre la situation à la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).

A la suite de la tempête Goretti en cours depuis la nuit du 8 au 9 janvier 2026, le réacteur n°1 a été déconnecté du réseau électrique dans la nuit et est en îlotage [1]. Le réacteur n°2 est à l’arrêt pour maintenance programmée et alimenté par un groupe électrogène de secours à moteur diesel. Le réacteur n°3 (réacteur EPR) a été mis à l’arrêt et reste alimenté par le réseau électrique externe.

L’ASNR a gréé une partie de son organisation de crise afin de s’assurer du bien-fondé des dispositions prises par l’exploitant pour gérer l’événement. L’ASNR est en lien permanent avec les équipes d’EDF et la préfecture de la Manche.

L’événement n’a pas d’impact sur la population et l’environnement.

[1] En cas de défaut momentané sur la ligne électrique principale, la centrale est automatiquement découplée du réseau national et peut s'auto-alimenter en adaptant sa production à sa seule consommation. On parle alors d’îlotage.

 

Contact presse nationale : 
Pascale Portes - 01 58 35 70 33 - pascale.portes@asnr.fr  

 

Télécharger le communiqué de presse (PDF)

 

 

Thème
Type de contenu

L’ASNR active son centre de crise à la suite d’un événement à la centrale nucléaire de Chooz (Grand Est)

Introduction
Le 20 décembre 2025 à 05h15, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a été informée par EDF qu’un événement est survenu dans la centrale nucléaire de Chooz dans le département des Ardennes (08). Selon les informations communiquées par EDF, il s’agit d’un incendie survenu sur le réacteur n°1, au niveau de la turbine située en salle des machines (partie non nucléaire). Dans ce cadre, EDF a déclenché à son plan d’urgence interne (PUI).

Le 20 décembre 2025 à 05h15, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a été informée par EDF qu’un événement est survenu dans la centrale nucléaire de Chooz dans le département des Ardennes (08). 

Selon les informations communiquées par EDF, il s’agit d’un incendie survenu sur le réacteur n°1, au niveau de la turbine située en salle des machines (partie non nucléaire). Dans ce cadre, EDF a déclenché à son plan d’urgence interne (PUI). L’incendie a rapidement été maîtrisé par le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 08) et les équipes d’intervention de la centrale nucléaire.

L’ASNR a aussitôt activé son centre de crise situé à Fontenay-aux-Roses (92) afin d’évaluer la situation et les risques associés pour la population et l’environnement.

L’incendie n’a pas eu d’impact sur la population et l’environnement.

L’ASNR reste en contact avec EDF et la préfecture pour analyser les causes et les conséquences de l’incendie.

 

La centrale nucléaire de Chooz est située sur la commune de Chooz dans la pointe de Givet, à proximité de la frontière entre la Belgique et la France. En 2025, la centrale exploite deux réacteurs à eau pressurisée de 1 450 MWe chacun, et emploie plus de mille personnes, salariés d'EDF et partenaires.

 

Contact presse nationale : 
Pascale Portes - 01 58 35 70 33 - pascale.portes@asnr.fr  


Contact presse territoriale : 
Evangelia Petit - 01 46 16 41 42 - evangelia.petit@asnr.fr 

 

Télécharger le communiqué de presse (PDF)

 

Thème
Type de contenu

L’ASNR publie son avis sur la demande d’autorisation de création de Cigéo

Introduction
L’Andra a déposé, en janvier 2023, un dossier de demande d’autorisation de création de l’installation Cigéo, destinée au stockage des déchets radioactifs de haute activité et moyenne activité à vie longue. Suite à la saisine reçue en mars 2023 du ministère de la transition énergétique, l’ASNR a procédé à l’instruction technique du dossier et rend son avis.

L’Andra a déposé, en janvier 2023, un dossier de demande d’autorisation de création de l’installation Cigéo, destinée au stockage des déchets radioactifs de haute activité et moyenne activité à vie longue. 

Suite à la saisine reçue en mars 2023 du ministère de la transition énergétique, l’ASNR a procédé à l’instruction technique du dossier et rend son avis.

Vue générale des installations de "Cigéo" - Shéma de principe - © ANDRA
Vue générale des installations de "Cigéo" - Shéma de principe - © ANDRA - © Andra

Cet avis du collège de l’ASNR a été pris à la suite d’un processus d’expertise et d’instruction classique, accompagné de dialogues avec les parties prenantes.

Des expertises ont en effet été réalisées par l’IRSN[1] puis par la direction de la recherche et de l’expertise en environnement de l’ASNR en trois phases selon trois groupements thématiques : les données de base retenues pour l’évaluation de sûreté de Cigéo, la sûreté en phase d’exploitation des installations de surface et souterraine et la sûreté après fermeture. Le groupe permanent d’experts pour les déchets a également été saisi et a rendu trois avis. Pour chacune des trois phases d’instruction, les rapports et avis d’expertise ont été publiés et ont fait l’objet d’une note d’information publiée par l’ASN puis l’ASNR.

L’ensemble du processus a fait l’objet de démarches de recueil des attentes et préoccupations des parties prenantes (notamment le Comité local d’information et de suivi (CLIS) du laboratoire de Bure, l’ANCCLI, des représentants d’associations et de la société civile en général…) sous la forme d’une concertation sur les saisines, d’un dialogue technique lors de l’expertise du dossier et d’une consultation sur le projet d’avis de l’ASNR avec les parties prenantes. 

En particulier, le projet d’avis de l’ASNR a été soumis à consultation publique du 3 octobre au 6 novembre 2025. Lors de cette consultation, les parties prenantes ont exprimé des préoccupations relatives à l’acquisition de la démonstration de sûreté vis-à-vis de certains risques, à l’inventaire susceptible d’être autorisé, au suivi des engagements pris par l’Andra, aux futures opportunités d’expression lors des différentes phases de développement et d’autorisation du projet, ainsi qu’aux conditions de déroulement de l’enquête publique. L’ASNR a pris en considération ces contributions et entend poursuivre le dialogue avec les parties prenantes à l’occasion des grandes étapes du projet CIGEO. 

Dans son avis, l’ASNR estime que l’Andra a acquis un socle de connaissances suffisant concernant les données de base retenues pour l’évaluation de sûreté relative et que la démonstration de sûreté pour les phases d’exploitation et d’après-fermeture, établie sur ce socle de connaissances, est satisfaisante, au stade d’une demande d’autorisation de création. Cette démonstration devra être complétée en vue de la mise en service, limitée à la phase industrielle pilote

Ainsi l’ASNR estime que le dossier, complété par l’Andra conformément aux engagements qu’il a pris pendant l’instruction, pourra donner lieu à l’enquête publique.

Cet avis ainsi que la synthèse de la consultation citée ci-dessus ont été présentés à l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et au haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN).

Voir l'avis de l'ASNR :

  • Avis n° 2025-AV-016 de l’ASNR du 25 novembre 2025
    appelé par les dispositions de l’article L. 542-10-1 du code de l’environnement, relatif à la demande d’autorisation de création de l’installation nucléaire de base dénommée Cigéo déposée par l’Andra

[1] Institut de sûreté nucléaire et de radioprotection, devenu ASNR le 1er janvier 2025 suite à sa fusion avec l’ASN

Type de contenu

L’ASNR active son centre de crise à la suite d’un événement sur le site du CEA de Fontenay-aux-Roses (92)

Introduction
L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a activé son organisation de crise le 20 novembre 2025 à 16h15 suite au déclenchement par le site du CEA de Fontenay-aux-Roses (92) de son plan d’urgence interne consécutif à un départ de feu dans un local d’une installation (INB 165) en démantèlement.
Site du CEA à Fontenay-aux-Roses

Le site du CEA à Fontenay-aux-Roses.

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a activé son organisation de crise le 20 novembre 2025 à 16h15 suite au déclenchement par le site du CEA de Fontenay-aux-Roses (92) de son plan d’urgence interne consécutif à un départ de feu dans un local d’une installation (INB 165) en démantèlement. 

Les équipes de l’ASNR sont mobilisées au centre de crise situé à Fontenay-aux-Roses (92) afin d’évaluer la situation et les risques associés pour la population et l’environnement.

Trois personnes étaient présentes dans le local au moment de l’incident, l’une d’elles a été légèrement blessée et contaminée. Elle a été décontaminée par les équipes du site et a ensuite pu rentrer chez elle. 

Toutes les autres personnes présentes dans le bâtiment ont été évacuées et contrôlées par précaution. Aucune contamination n’a été détectée.

Suite aux premières mesures qu’il a réalisées, le CEA indique qu’il n’y a eu aucune dispersion de matière radioactive en dehors du local concerné par l’incident. 

Une cellule mobile de l’ASNR a été envoyée pour réaliser des mesures de la radioactivité à proximité du site qui ont confirmé l’absence de rejet. L’événement n’a donc pas eu d’impact sur la population et l’environnement.

Le CEA finalise actuellement les opérations de sécurisation du local impacté. L’ASNR reste en lien permanent avec le CEA et la préfecture des Hauts-de-Seine (92).

Contact presse

Evangelia Petit
06 84 63 35 47
evangelia.petit@asnr.fr

Thème
Type de contenu

Le gaz naturel radioactif radon : un enjeu de santé publique en France

Introduction
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le sous-sol. S’il s’accumule dans l’habitat et qu’il est respiré à forte concentration sur une longue durée, il peut avoir des conséquences néfastes pour la santé humaine. À l’occasion de la journée européenne du radon, l’ASNR sensibilise le public à cet enjeu de santé publique et organise un jeu concours permettant de gagner des kits de mesure radon pour son logement.

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le sous-sol. S’il s’accumule dans l’habitat et qu’il est respiré à forte concentration sur une longue durée, il peut avoir des conséquences néfastes pour la santé humaine. À l’occasion de la journée européenne du radon, l’ASNR sensibilise le public à cet enjeu de santé publique et organise un jeu concours permettant de gagner des kits de mesure radon pour son logement.

Un gaz naturel présent en France

La cartographie du potentiel du radon des formations géologiques
La cartographie du potentiel du radon des formations géologiques en France

Le radon provient de la transformation des éléments naturellement radioactifs présents dans toutes les roches du sol et plus fortement dans certains sols ; les sols granitiques (Massif central, Bretagne, Corse etc.) et certains sols volcaniques à cause de la plus grande concentration en uranium qu’ils contiennent naturellement.

Les communes françaises sont réparties en trois niveaux de « potentiel radon », qui représentent la capacité du sol à émettre du radon : potentiel radon faible (zone 1), potentiel radon faible mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent favoriser le transfert du radon vers les bâtiments (zone 2) et potentiel radon significatif (zone 3).

Le radon, un cancérogène avéré

Dans l'air extérieur, le radon se dilue rapidement et sa concentration moyenne reste généralement faible. Dans les espaces clos comme l'habitat, particulièrement dans les caves et les rez-de-chaussée, il peut s'accumuler dans l'air intérieur pour atteindre des concentrations parfois élevées. 

À long terme, l'inhalation de radon conduit à augmenter le risque de développer un cancer du poumon. Cette augmentation est proportionnelle à l'exposition cumulée tout au long de sa vie.

En France, le radon est la seconde cause de cancer du poumon (environ 3 000 morts par an), derrière le tabagisme. L'exposition cumulée au radon et au tabac augmente significativement le risque de développer un cancer du poumon.

Connaître le risque et le réduire

Le radon est inodore et incolore. Pour connaître l’exposition de son habitat au radon, il faut procéder à une mesure, à l’aide d’un détecteur. Ce dernier doit être posé dans une pièce de vie (salon, salle à manger, chambre), au rez-de-chaussée, pendant au moins deux mois entre mi-septembre et fin février. Un détecteur coûte environ 25 euros (liste des fournisseurs : Le radon et la population - 10/09/2024 - ASNR).

Modalités de mesure du radon : https://reglementation-controle.asnr.fr/information/archives-videos/mesurer-le-radon 

Le radon dans la maison

Un niveau de référence a été fixé à 300 becquerels par m3 d’air (Bq.m-3). Si la concentration mesurée dans l’habitat dépasse cette valeur, il est conseillé d’agir pour réduire l’exposition. En fonction du résultat, des actions simples peuvent suffire telles que la vérification du système de ventilation ou l’étanchement pour limiter l'entrée du radon dans votre habitation (porte de cave, entrée de canalisation, fissures du sol, etc.) ; des travaux plus importants seront à mener en cas de concentration supérieure à 1 000 Bq.m-3 avec l’appui d’un professionnel qui réalisera un diagnostic du bâtiment. 

Dans tous les cas, il est recommandé d’arrêter de fumer, car l’association tabac-radon augmente fortement le risque de développer un cancer du poumon. 

Des détecteurs radon à gagner !

Afin de sensibiliser le public à cet enjeu de santé publique, l’ASNR organise, à l’occasion de la journée européenne du radon, un jeu concours permettant de gagner 30 kits de mesure du radon dans son logement. (mise à jour du 14 novembre : Le jeu concours est maintenant clos.)

Pour en savoir sur les risques et les actions de l’ASNR en matière de prévention du risque radon :

Pour le grand public  https://reglementation-controle.asnr.fr/information/dossiers-pedagogiques/le-radon-et-la-population 

Pour les professionnels : https://reglementation-controle.asnr.fr/information/dossiers-pedagogiques/le-radon-et-les-professionnels

Thème
Type de contenu

Baromètre ASNR 2025 sur la perception des risques par les Français

Introduction
Les attentes des Français en matière de sûreté nucléaire demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ».

Les attentes des Français en matière de sûreté nucléaire demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ». Le développement de la recherche sur la sûreté des réacteurs existants et le renforcement des inspections des autorités compétentes arrivent en tête des mesures proposées pour renforcer la sûreté des installations nucléaires.

Le Baromètre ASNR suit depuis plus de 30 ans la perception des risques par les Français. En 2025, il présente les évolutions de cette perception selon quatre grands axes : les préoccupations principales des Français, leur regard sur la science et l’expertise, leur perception des situations à risque et leur opinion sur la radioprotection, l’énergie et la sûreté nucléaire.

Couverture du Baromètre ASNR 2025

Les préoccupations actuelles des Français

En 2024, le pouvoir d’achat demeure le premier sujet de préoccupation des Français, avec 24 % des réponses (-1 point par rapport à 2023). Le dérèglement climatique conserve de peu sa deuxième position (14 %, -4 points). L’immigration partage cette année la troisième position avec l’instabilité géopolitique qui fait son retour, pour la première fois depuis 2022, parmi le trio de tête.

Parmi les principales préoccupations environnementales, le dérèglement climatique (37 %), en dépit d’une baisse exceptionnelle de son score de 7 points, reste loin devant « les dommages liés aux catastrophes naturelles » (17 %) et la pollution de l’eau (14 %, +2 points).

Concernant l’influence du dérèglement climatique sur l’environnement, 77 % l’estiment forte pour un ensemble d’enjeux environnementaux, en particulier sur les inondations (89 %), les sécheresses (89 %) et les canicules (87 %), alors que les liens sont jugés plus faibles pour la grêle (67 %), la pollution des sols (65 %) et les séismes (60 %).

Le regard des Français sur la science et l’expertise

Cette année, l’image de la science et des experts scientifiques demeure stable : 64 % des Français font confiance aux institutions scientifiques (+2 points) et 57 % des Français ont une bonne opinion des experts scientifiques (-1 point). Les qualités les plus attendues pour les experts scientifiques continuent d’être, pour la cinquième année consécutive, l’honnêteté dans la démarche scientifique (51 %), la compétence technique (45 %) et l’indépendance de jugement (41 %).

Pour la quatrième année consécutive, les Français renforcent leur attachement à un recours des décideurs aux experts scientifiques. Ils sont 75 % à estimer que « les décideurs politiques ne prennent pas assez en compte l’avis des experts scientifiques » (+4 points).

L’exigence d’un accès large à une information de qualité est réaffirmée en 2024. Les Français sont 88 % à estimer qu’« il faut mettre à la portée de tous une information compréhensible sur les risques des installations » et sont 73 % à juger prioritaire que les organismes d’expertise rendent leurs rapports publics. En revanche, seuls 52 % d’entre eux souhaitent participer à des réunions d’information et de concertation sur les installations à risque. Le sentiment que d’autres personnes sont plus compétentes qu’eux (25 %) constitue le principal frein à leur participation, tandis que le sentiment d’être directement concerné (45 %) en est le principal levier.

Les Français et les situations à risque

Parmi les 24 situations à risque suivies par le Baromètre en novembre 2024, le cancer (76 % de réponses « élevés », +3 points) est, pour la quatrième année consécutive, la situation perçue comme la plus risquée par les Français. Vient ensuite la drogue, qui se maintient à la 2e place (74 %, +3 points), et les pesticides qui obtiennent cette année la 3e position (69 %, +3 points).

Cette année, le Baromètre introduit une nouvelle approche dans l’étude de la perception des risques en interrogeant les Français sur les risques de décès qu’ils associent aux différentes situations à risque. Parmi les 23 situations à risque interrogées , le cancer (78 % de réponses « élevés »), la consommation de tabac (72 %) et de drogue (69 %) sont considérées par les Français comme les plus potentiellement mortelles. À l’inverse, le radon dans les habitations (21 %), l’intelligence artificielle (18 %) et les radiographies médicales (17 %) sont perçues comme les moins potentiellement mortelles.

Parmi les 24 situations à risque suivies cette année, le tabagisme (78 %), l’alcool (76 %, -1 point) et les accidents de la route (76 %) demeurent celles pour lesquelles les Français se sentent les mieux informés des risques. En revanche, les déchets chimiques (25 %, +1 point), les installations chimiques (24 %, -1 point) et le radon (21%, +3 points) sont les situations pour lesquelles les Français se sentent les moins bien informés des risques.

La confiance accordée par les Français aux autorités pour les protéger des situations à risque reste faible (32 % de réponses « oui » en moyenne). Pour la troisième année consécutive, les radiographies médicales obtiennent le score de confiance le plus élevé (47 %, +3 points). Elles sont suivies par l’intelligence artificielle, nouvellement introduite, et les centrales nucléaires qui partagent cette année la deuxième place avec un score commun de 43 %. La « défiance » des Français demeure la plus élevée pour la drogue (57 % de réponses « non », +4 points), les pesticides (49 %, -4 points) et la pollution des sols (46 %, -3 points).

Les Français, l’énergie nucléaire, la radioprotection et la sûreté

Après une évolution significative en 2022, l’opinion des Français en faveur de l’énergie nucléaire, s’est stabilisée depuis 2023. Près d’un Français sur deux (48 %, -1 point) est pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, tandis que 25 % sont contre (+3 points).

L’argument principal en faveur de l’énergie nucléaire demeure l’indépendance énergétique (38 %, -4 points), loin devant le faible coût de l’électricité (24 %, +1 point) mais l’écart entre ces deux arguments s’amenuise encore cette année. La production de déchets radioactifs reste le premier argument contre l’énergie nucléaire (31 %, - 2 points), devançant de 8 points le risque d’accident en deuxième position (23 %, -1 point).

Concernant la perception de la radioactivité, la majorité des Français considère que la principale source d’exposition à la radioactivité en France est d’origine artificielle (57 %, +2 points). Dans le détail, les installations nucléaires industrielles et militaires sont les plus citées (31 %), suivies des actes médicaux (26%).

Concernant la gestion des déchets radioactifs, la majorité des Français (64 %, -4 points) continue d’estimer que la position « la plus raisonnable pour régler le problème du stockage des déchets radioactifs » est de « se décider et appliquer au plus vite la solution ». Seuls 7 % (+2 points) préfèrent « laisser le choix aux générations futures ». Par ailleurs, 35 % estiment qu’il est aujourd’hui « possible de stocker les déchets nucléaires de façon sûre » et 30 % (-2 points) pensent le contraire.

La confiance dans les mesures de sûreté franchit, cette année, son point le plus haut depuis le début de l’historique (2007) : 64 % (+1 point) des Français estiment que « toutes les précautions sont prises pour assurer un très haut niveau de sûreté dans les centrales nucléaires françaises ». Néanmoins, les attentes des Français en matière de sûreté demeurent élevées : 83 % déclarent que « les exploitants des sites nucléaires doivent protéger leurs installations de tous les risques, même ceux jugés très improbables ». De plus, ils restent majoritairement convaincus (68 %) que la « sûreté des installations nucléaires passe avant la production d’énergie même si cela peut engendrer des coupures d’électricité ». Parmi les différentes mesures proposées pour renforcer la sûreté des installations nucléaires, le développement de la recherche sur la sûreté des réacteurs nucléaires existants et le renforcement des inspections des autorités compétentes arrivent en tête des priorités des Français (77 % de réponses « prioritaire » chacune).

Au sujet de l’extension de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires, 52 % (+1 point) des Français estiment que c’est un bon choix contre 27 % (+1 point) qui pensent le contraire. Cependant, 41 % (+3 points) affirment que « prolonger la durée d’exploitation des centrales nucléaires provoquera des accidents » contre 22 % (-1 point) qui ne sont pas d’accord.

Concernant la perception des catastrophes, les centrales nucléaires restent en 2024 les installations qui, selon les Français, risquent le plus de provoquer un accident grave en France (24 %). L’accident de Tchernobyl demeure la catastrophe jugée la plus effrayante (46 %), avec un taux de citation en hausse de 7 points cette année.

En 2024, 93 % des Français (+1 point) n’écartent pas totalement l’idée qu’un accident de la même ampleur que celui de Fukushima puisse se produire en France, contre seulement 7 % pour qui ce n’est « pas du tout probable ». Par ailleurs, 81 % des répondants pensent que la population française n’est pas suffisamment préparée en cas d’accident nucléaire de grande ampleur.

1. Exceptionnellement pour cette question, le « terrorisme » a été mis à l’écart et n’a pas été interrogé. Il a été considéré que la formulation de cette question était inadaptée pour ce sujet. 

Méthodologie : l’édition 20252 s’inscrit dans la continuité des éditions antérieures. Comme toutes les enquêtes depuis 1997, celle ci a été menée à l’automne précédant la publication (du 25 au 30 novembre 2024) auprès d’un échantillon représentatif de la population française. Le questionnaire est resté stable afin d’assurer la continuité des séries de données, avec des ajouts et retraits de questions à la marge. Les deux évolutions méthodologiques introduites en 2020 ont été reconduites cette année : tout d’abord, l’échantillon représentatif compte à nouveau 2 000 personnes au lieu de 1 000 les années antérieures, ce qui améliore la fiabilité des résultats ; par ailleurs, l’enquête est désormais réalisée sur internet alors que la collecte des résultats se faisait, jusqu’en 2019, par des entretiens en face à face au domicile des personnes interrogées.

2. Les dates indiquées dans le texte renvoient à l’année de l’enquête, qui précède d’un an celle de la publication du Baromètre : l’édition 2025 du Baromètre correspond ainsi à la perception des Français en novembre 2024.

Télécharger

Contact presse

Contact presse nationale :
Pascale Portes
01 58 35 70 33
pascale.portes@asnr.fr

Contact presse territoriale : 
Evangelia Petit
01 46 16 41 42
evangelia.petit@asnr.fr

Thème
Type de contenu

Bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

Introduction
Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

© ASNR

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) publie le bilan annuel 2024 de la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants en France, une mission réglementaire confiée à l’ASNR conformément aux dispositions de l'article R. 4451-134 du Code du travail. Le rapport présente les résultats de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI)1 des travailleurs, couvrant à la fois leur exposition externe et leur exposition interne. Il met en évidence la méthode d’élaboration du bilan, qui a évolué en 2024, tout en poursuivant l’analyse des niveaux d’exposition professionnelle, comme dans les rapports précédents.

Le bilan a été établi à partir des données de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI) des travailleurs enregistrés dans le Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants (SISERI)2, pour l’exposition externe, et, pour la première fois, également pour l’exposition interne. Cette avancée majeure a été rendue possible grâce à la refonte du système SISERI, dont la nouvelle version a été mise en production en juin 2023. Cette refonte a permis d'améliorer considérablement la qualité et la fiabilité des données collectées, notamment pour l’exposition interne, grâce à une meilleure complétude des informations administratives et dosimétriques.

Téléchargez :

Les principaux constats

Extrait de l'infographie des chiffres-clés du bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

248 814 travailleurs surveillés en 2024 dans le cadre des activités professionnelles utilisant des sources de rayonnements ionisants

Dès début 2024, la transmission à SISERI des résultats dosimétriques des travailleurs faisant l’objet uniquement d’une surveillance radiologique (SR) (anciennement appelé « travailleurs non classés ») a été arrêtée. Par conséquent, l’effectif suivi en 2024 comprend désormais uniquement les travailleurs faisant l’objet d’une SDI, conformément à la réglementation (article R.4451-64 et 66 du Code du travail). De ce fait, il n’est plus pertinent de comparer les effectifs totaux de 2024 avec ceux des années précédentes. En revanche, une comparaison reste possible avec les effectifs des travailleurs suivis les années précédentes au titre d’une SDI. Ainsi, l’effectif surveillé en 2024 est en diminution de 4 % par rapport à celui des travailleurs bénéficiant d’une SDI en 2023. Cette baisse s’explique notamment par le fait que la transmission des résultats dosimétriques dans SISERI par les organismes accrédités n'est pas encore complètement exhaustive. Parmi cet effectif, 224 630 travailleurs (90%) exercent dans des activités civiles et militaires du domaine nucléaire, de l’industrie, de la recherche, du médical, du dentaire et du vétérinaire et 24 184 travailleurs (10%) sont suivis pour une exposition à la radioactivité naturelle, principalement des personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques. Comme les années précédentes, les domaines médical, dentaire et vétérinaire représentent la majorité des effectifs suivis (46 %), suivis par le domaine nucléaire (36 %).

Une exposition globalement stable par rapport à celle de l’année 2023

La dose efficace collective3 de l’ensemble des travailleurs faisant l’objet d’une SDI s’élève à 87,36 H.Sv en 2024, avec une prédominance nette de l’exposition externe, qui représente 99 % de cette valeur. Cette dose collective affiche une hausse d’environ 4 % par rapport à 2023 (84,23 H.Sv), en partie liée à l’augmentation de l’exposition des travailleurs du domaine nucléaire. 

Pour ce qui concerne les niveaux d’exposition individuelle, la très grande majorité des travailleurs suivis en 2024 a reçu une dose efficace annuelle4 inférieure à 1 mSv. Conformément à l’évaluation individuelle préalable tenant compte des expositions potentielles et des incidents raisonnablement prévisibles inhérents au poste de travail, un travailleur doit être classé5 (article R. 4451-57 du Code du travail) dès que la dose efficace susceptible d’être reçue sur douze mois consécutifs dépasse ce seuil, illustrant l’approche prudente retenue par les employeurs en matière de suivi individuel de l’exposition aux rayonnements ionisants. 

Moins de 1 % des travailleurs suivis en 2024 ont reçu une dose efficace supérieure à 6 mSv, seuil réglementaire définissant le classement d’un travailleur en catégorie A ou justifiant la mise en place d’une surveillance dosimétrique individuelle dans le cadre de l’exposition au radon provenant du sol.

A la date de rédaction du rapport, onze travailleurs ont été exposés à une dose efficace annuelle supérieure à la valeur limite d’exposition professionnelle de 20 mSv par an fixé par le Code du travail, contre six en 2023. Parmi ces cas de dépassement, huit concernent des travailleurs exposés au radon provenant du sol dans des environnements souterrains.

 

1. Les travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle (SDI) sont les travailleurs classés en catégorie A ou B au sens de l’article R. 4451-57, ceux exposés à une dose efficace liée au radon provenant du sol susceptible de dépasser 6 millisieverts (mSv), ainsi que ceux affectés au groupe 1 ou 2 d’intervenants en situation d’urgence radiologique (SUR). Pour ces derniers, l’employeur n’a pas d’obligation à mettre en place leur SDI tant qu’il n’y a pas d’intervention en SUR. Les travailleurs bénéficiant d’une SDI sont tous considérés comme « exposés » aux rayonnements ionisants (RI) artificielle ou naturels (tels que les personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques) au sens de la réglementation. Ils font automatiquement l’objet d’un suivi individuel renforcé (SIR) par un médecin du travail et doivent suivre régulièrement des formations adaptées à leurs conditions de travail sous rayonnements ionisants.
2. Accessible à l’adresse https://siseri.irsn.fr/, et prochainement à l’adresse https://siseri.asnr.fr/.
3. La dose efficace collective d’un groupe de personnes est la somme des doses efficaces individuelles reçues par ces personnes. Par exemple, si 1 000 personnes reçoivent chacune une dose de 1 millisievert (mSv), la dose efficace collective atteint 1 000 Homme.mSv (H.mSv), soit 1 H.Sv.
4. La dose efficace reçue par un individu est la somme des doses reçues par le corps, provenant à la fois de l’exposition externe aux rayonnements ionisants et de l’exposition interne liée à l’incorporation de substances radioactives dans l’organisme, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée.
5. Un travailleur est classé :
- en catégorie A s’il est susceptible de recevoir, au cours de 12 mois consécutifs, une dose efficace supérieure à 6 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 15 mSv pour le cristallin, ou une dose équivalente supérieure à 150 mSv pour la peau et les extrémités ;
- en catégorie B, tout autre travailleur susceptible de recevoir une dose efficace supérieure à 1 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 50 mSv pour la peau et les extrémités.

Pour en savoir plus

L’ensemble des résultats détaillés du bilan 2024 des expositions professionnelles est disponible sur le site https://expro.asnr.fr. Cette version numérique permet également d’accéder aux cinq précédents bilans annuels publiés par l’IRSN.
Cette année, deux focus sont proposés pour mieux répondre aux questionnements sur des enjeux de la radioprotection. Le premier focus s’intéresse aux travailleurs impliqués dans le transport de matières radioactives, secteur où des cas de dépassement de la VLEP ont été observés ces dernières années. Le second focus s’intéresse aux pratiques interventionnelles radioguidées qui regroupent des actes diagnostiques ou thérapeutiques réalisés sous imagerie utilisant des rayonnements ionisants, et dont les travailleurs sont exposés de manière répétée, parfois prolongée, en raison de leur proximité avec le champ d’irradiation.

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur du transport de substances radioactives en 2024 

Ce focus apporte un éclairage sur les niveaux d’exposition de ces travailleurs. Chaque année, près de 980 000 colis font l’objet d’opérations de transport sur le territoire national. Les expositions peuvent survenir à chaque étape du processus – préparation des colis, manutention, chargement, transport, déchargement – la proximité avec les colis radioactifs constituant la principale source d’exposition. En 2024, les données de la SDI issues de SISERI révèlent que la majorité des travailleurs a une exposition inférieure à 1 mSv, sans aucun dépassement de la valeur limite réglementaire de 20 mSv/an pour la dose efficace. Des disparités subsistent toutefois selon les domaines d’activité, avec des niveaux d’exposition plus élevés dans les domaines médical et industriel non nucléaire. Ces résultats soulignent la nécessité de maintenir une vigilance continue en matière de radioprotection, afin de garantir un environnement de travail sécurisé malgré la diversité des pratiques et des risques associés. 

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur des pratiques interventionnelles radioguidées en 2024 (domaine médical)

Ce focus s'intéresse aux effectifs concernés dans ce secteur médical ainsi qu'à leurs niveaux d'exposition. En 2024, les données issues de SISERI indiquent que la quasi-totalité des travailleurs bénéficiant d’une SDI a reçu une dose efficace annuelle inférieure à 1 mSv. Le suivi dosimétrique spécifique du cristallin et des extrémités révèle des niveaux d’exposition variables selon les métiers mais restant faibles au regard des valeurs limites réglementaires. Les cardiologues, les radiologues et les manipulateurs en électroradiologie figurent parmi les professionnels les plus exposés. Ces résultats soulignent l’importance de la surveillance dosimétrique individuelle et des mesures de radioprotection pour encadrer efficacement les expositions dans un secteur en constante évolution.

Le suivi des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants

Le Code du travail (article R. 4451-134) confie à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) la mission de centraliser, à travers un registre, l’ensemble des données de la surveillance dosimétrique des travailleurs et d’établir un bilan annuel. Ce registre national, dénommé SISERI (Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants) contient l’ensemble des mesures individuelles de l’exposition des travailleurs et les informations administratives (domaine d’activité, métier, statut) qui s’y rapportent. 
Les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants peuvent être soumis à deux types d’exposition nécessitant des moyens de surveillance différents : l’exposition externe (la source de rayonnement se situe à l’extérieur de l’organisme) ou l’exposition interne (la source se trouve, après inhalation, ingestion ou pénétration à travers la peau, à l’intérieur de l’organisme). La surveillance de l’exposition externe des travailleurs est réalisée grâce à des dosimètres adaptés aux différents types de rayonnements. Ces dosimètres, dit à lecture différée, permettent de connaître la dose reçue par le corps entier ou par une partie du corps (peau, doigts, cristallin). Pour les personnels de l’aviation civile exposés aux rayonnements cosmiques, le suivi s’effectue à l’aide du système de modélisation numérique de la dose efficace, Sievert PN, dont la gestion est assurée par l’ASNR. Les travailleurs exposés à un risque de contamination interne font en outre l’objet d’un suivi grâce à des examens médicaux appropriés comme des analyses radiotoxicologiques sur les excrétas (urines, selles) ou des analyses anthroporadiométriques (mesures directes de la contamination interne corporelle). L’exposition interne au radon, quant à elle, est surveillée à l’aide de détecteurs spécifiques.
Le bilan réalisé par l’ASNR présente les effectifs des travailleurs concernés par grands domaines d’activité professionnelle, les doses efficaces ou équivalentes individuelles correspondantes et les dépassements des limites annuelles réglementaires de dose. Les activités médicales, dentaires et vétérinaires, l’industrie nucléaire (usines de concentration et d’enrichissement de l’uranium, centrales nucléaires, retraitement, démantèlement, déchets), l’industrie non nucléaire utilisant des sources et la recherche sont concernées. Les travailleurs exposés à des sources naturelles de rayonnements ionisants sur leur lieu de travail (comme par exemple, les personnels navigants ou les travailleurs exposés au radon) sont également inclus. 

Thème
Type de contenu

Incident de radioprotection au centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) ayant conduit à l’irradiation localisée d’un travailleur

Introduction
Le 24 juillet 2025, le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France a déclaré à l’ASNR un évènement significatif de radioprotection concernant l’irradiation localisée d’un travailleur par le faisceau de l’accélérateur de particules AGLAE, utilisé à des fins d’analyse des œuvres d’art et d’objets anciens.

Le 24 juillet 2025, le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France a déclaré à l’ASNR un évènement significatif de radioprotection concernant l’irradiation localisée d’un travailleur par le faisceau de l’accélérateur de particules AGLAE, utilisé à des fins d’analyse des œuvres d’art et d’objets anciens. 

L’irradiation a engendré un érythème au niveau de l’impact du faisceau sur le bras du travailleur, c’est-à-dire une brûlure radiologique du premier degré qui se manifeste par une rougeur de la peau, caractéristique d’un effet déterministe des rayonnements ionisants. Le travailleur a été pris en charge par son médecin traitant et par le médecin du travail, qui bénéficient de l’appui d’un médecin spécialisé de l’Etablissement de santé de référence régional pour le risque nucléaire et radiologique et des experts de l’ASNR pour la reconstitution de la dose.

L’ASNR a mené une inspection réactive sur site le 30 juillet 2025. Cette inspection a permis d’examiner les premières causes identifiées par le C2RMF, parmi lesquelles figure un dysfonctionnement de l’automate de sécurité prévu par les normes applicables aux accélérateurs de particules dans les domaines industriels et la recherche (NF M 62-105). Ainsi, le faisceau de particules n’a pas été interrompu par l’automate de sécurité lorsque le travailleur s’est introduit dans la salle d’expérimentation. Par ailleurs, il ressort de l’inspection une culture de radioprotection perfectible, en particulier pour la prévention des risques liés à l’accélérateur de particules.  

L’inspection a par ailleurs permis de préciser les conditions dans lesquelles le travailleur a été exposé, ce qui permettra à l’ASNR de fournir aux médecins concernés une reconstitution de la dose reçue.

Le C2RMF, à la suite de l’inspection du 30 juillet 2025 et de la déclaration d’évènement significatif de radioprotection, devra présenter à l’ASNR l’analyse détaillée de l’évènement, des causes profondes ayant conduit à cet incident et des actions correctives prises et envisagées. Il devra par ailleurs fournir les réponses aux différentes demandes de la lettre de suite d’inspection. 

En raison de la survenue d’effets déterministes liés à l’exposition, cet événement a été classé au niveau 3 de l’échelle INES (échelle internationale de gravité des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité). 

L’ASNR s’assurera de la remise en conformité de l’installation et de la bonne prise en compte du retour d’expérience par l’établissement. Elle veillera au partage de ce retour d’expérience, à la fois au niveau national et au niveau international, compte tenu du niveau de classement de cet événement dans l’échelle INES.

Avis d'incident

Téléchargez la lettre de suite

Type de contenu

Région Île-de-France : sûreté nucléaire et radioprotection en 2024

Introduction
À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR présentent les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Île-de-France.

En 2024, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

À l’occasion de la parution du rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR présentent les conclusions des actions de contrôle menées en 2024 en région Île-de-France.


Ce qu’il faut retenir pour la région Île-de-France

En 2024, l’ASN a réalisé 240 inspections dans la région Île-de-France, dont 90 dans la sûreté nucléaire, 127 dans le nucléaire de proximité (dont 4 dans le domaine des sites et sols pollués), 14 dans le domaine du transport de substances radioactives (TSR) et 9 concernant les organismes et laboratoires agréés par l’ASN.

En 2024, sept événements significatifs classés au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES) ont été déclarés à l’ASN dans le domaine du nucléaire de proximité, trois au niveau 1 de l’échelle INES dans le domaine des installations nucléaires de base (INB) et un au niveau 1 de l’échelle INES dans le domaine du TSR.

Un signalement en application de l’article 40 du code de procédure pénale concernant la falsification de documents par un organisme de contrôle a été dressé.


Le contrôle des installations nucléaires de base

Site CEA de Fontenay-aux-Roses

L’ASN considère que le niveau de sûreté du CEA de Fontenay-aux-Roses est acceptable.

En 2023, deux chantiers majeurs ont été mis à l’arrêt à la suite de difficultés contractuelles et techniques, entraînant un décalage des échéances de démantèlement. Le CEA doit renforcer sa vigilance sur l’articulation des dossiers et des travaux projetés sur le site et poursuivre la mise en place d’actions fortes pour maîtriser et fiabiliser les délais associés.

Si des améliorations dans la gestion des déchets et des transports de substances radioactives ont été observées en 2024, le CEA doit néanmoins poursuivre ses efforts sur les moyens de gestion de crise et la maîtrise du risque incendie. 

Site CEA de Saclay

L’ASN considère que les installations nucléaires de base (INB) du site CEA de Saclay sont exploitées dans des conditions de sûreté satisfaisantes dans l’ensemble. Elle constate la poursuite, au cours de l’année 2024, des opérations visant à réduire l’inventaire radiologique entreposé dans les INB.

Les opérations de préparation au démantèlement et les travaux de démantèlement continuent de se poursuivre pour les installations concernées. La gestion de leur avancement, ainsi que la maîtrise des calendriers associés, demeurent un enjeu majeur.

Les travaux de construction des nouveaux locaux de gestion des situations d’urgence, retardés par la découverte de défauts de ferraillage du génie civil, se sont achevés en 2024. Ces locaux ont été mis en service par le CEA fin 2024. 

A la suite d’une inspection de revue réalisée en mai 2024, l’ASN considère que la surveillance des intervenants extérieurs sur le site CEA de Saclay n’est pas assurée de manière satisfaisante et se révèle globalement insuffisante. Toutefois, les premières réponses apportées par le CEA sont apparues satisfaisantes et l’ASNR contrôlera en 2025 l’évolution de la situation.

Usine de production de radioéléments artificiels de CIS bio international

L’ASN considère que la dégradation du niveau général de sûreté de l’installation constatée en 2023 n’a pas été rattrapée en 2024, malgré les efforts de l’exploitant mobilisant son personnel aux différents niveaux de l’organisation. Le nombre d’événements significatifs déclarés à l’ASN a diminué en 2024, même si les facteurs organisationnels et humains restent surreprésentés dans les causes identifiées de ces événements. 

L’ASN note, comme l’année précédente, les difficultés rencontrées par CIS bio international pour respecter les échéances associées aux actions décidées à la suite d’inspections ou d’événements significatifs et issues du plan d’action associé au réexamen.

La rigueur d’exploitation, le maintien de la culture de sûreté et le pilotage des projets industriels ou visant à améliorer la sûreté ou la radioprotection restent les axes sur lesquels CIS bio international doit porter ses efforts. 

Domaine médical

En 2024, au niveau national, la radioprotection dans le domaine médical reste globalement satisfaisante, bien que plusieurs signaux faibles appellent à la vigilance. Des tensions sur les effectifs (MERM, physiciens médicaux, médecins), une externalisation mal encadrée de certaines missions (notamment en imagerie), ainsi qu’une progression rapide de la téléradiologie contribuent à une complexification des organisations de soins et à une dilution des responsabilités.

En radiothérapie et curiethérapie, la radioprotection des travailleurs est prise en compte de manière satisfaisante mais des points sont à améliorer sur les consignes en cas d’urgence.
Concernant la radioprotection des patients, la qualité des contrôles de qualité a progressé, et les établissements ont globalement une démarche formalisée pour la déclaration et l’enregistrement des dysfonctionnements.
L’analyse des événements ainsi que l’identification des actions correctives associées sont globalement satisfaisantes sauf pour un centre. En revanche, des progrès sur l’intégration des enseignements de ces événements à l’analyse des risques a priori est attendue.
Concernant le management du risque, la situation est hétérogène entre un très bon développement pour certains centres et le caractère perfectible pour d’autres. Par ailleurs, concernant la conduite du changement, un centre inspecté ne dispose pas d’une organisation satisfaisante. Les modalités d’habilitation au poste de travail des professionnels sont formalisées et maitrisées sauf pour un centre.
L’ASNR reste attentive à la conduite du changement, la gestion de projet et la gestion des évènements.

En médecine nucléaire, dans le cas d’un nouveau service ou d’une reprise d’activité, une remise en conformité des installations par rapport à la réglementation est indispensable.
Concernant la radioprotection des travailleurs, cette dernière est globalement satisfaisante à propos de l’organisation et du zonage radiologique (sauf pour deux sites) voire très satisfaisante à propos de la formation sauf pour un site. En revanche, excepté pour deux services, la coordination des mesures de prévention et l’analyse de la dosimétrie peuvent s’améliorer.
Concernant la radioprotection des patients, l’organisation de la physique médicale est satisfaisante sauf pour un service et l’analyse des doses délivrées aux patients est réalisée de manière satisfaisante pour tous les services.
Concernant les vérifications de radioprotection, la mise en œuvre des vérifications des équipements de travail et de l’instrumentation de radioprotection est satisfaisante. Le programme des vérifications des lieux de travail et des lieux de travail attenants aux zones délimitées est souvent incomplet.
Concernant les contrôles de qualité des dispositifs médicaux, ces derniers sont satisfaisants.
Concernant la gestion des déchets et des effluents contaminés, un local de livraison est bien systématiquement présent, et la vérification des activités volumiques des effluents ainsi que la vérification du fonctionnement des détecteurs de fuite sont satisfaisantes. Les plans de gestion des effluents et des déchets ne sont pas toujours complets.
Concernant la gestion des évènements en radioprotection, tous les évènements sont enregistrés et analysés, à l’exception de deux services qui ne les recensent pas.
L’ASNR reste attentive à la coordination des mesures de prévention, à l’analyse de la dosimétrie des travailleurs, à l’exhaustivité du programme des vérifications des lieux de travail et des lieux de travail attenants, ainsi qu’au contenu des plans de gestion des effluents et des déchets.

Pour les pratiques interventionnelles radioguidées, concernant la radioprotection des travailleurs, le zonage radiologique des installations est globalement correctement effectué au regard des vérifications. La formation à la radioprotection des travailleurs n’est pas réalisée systématiquement dès l’arrivée du travailleur mais est, en général, bien renouvelée tous les trois ans. Ce dysfonctionnement est plus fréquemment retrouvé pour le personnel médical.
Concernant les vérifications de radioprotection, les établissements ont peu intégré la responsabilité de l’employeur dans la définition des vérifications (modalités, périodicités, contenu). La réglementation fait toujours l’objet d’incompréhension et les établissements ne font pas toujours des vérifications pertinentes. La mise en place d’un programme de vérifications est souvent constatée mais le traitement des non-conformités est trop rarement formalisé.
Concernant la radioprotection des patients, la démarche d’optimisation est relativement plus avancée dans les services d’imagerie interventionnelle que dans les blocs opératoires. L’organisation mise en place pour l’intervention du physicien médical est souvent incomplète. La démarche d’optimisation est, souvent, non aboutie et toujours en cours de mise en place. La discussion sur les pratiques dans un objectif d’optimisation entre le physicien médical et les praticiens est quasiment inexistante lorsque la physique médicale est déléguée à un prestataire externe. La réalisation de la formation à la radioprotection des patients des médecins libéraux est peu suivie par les établissements, spécifiquement pour les établissements privés.
Concernant le contrôle de qualité des dispositifs médicaux, le suivi de la périodicité des contrôles de qualité externes et des levées des non-conformités relevées est souvent défaillant.
Concernant la gestion des événements, il y a une faible déclaration d’évènements significatifs de radioprotection. Cependant, les procédures encadrant les déclarations d’évènements existent et sont le plus souvent intégrées dans le processus global de déclaration en interne des événements indésirables. Les particularités du système de radiovigilance sont dans de nombreux cas manquantes.
Concernant les règles d’aménagement des locaux, les exigences réglementaires ne sont toujours pas respectées (plan du local, mesures dans les locaux attenants au local de travail, signalisation lumineuse).
L’ASNR reste attentive aux vérifications de radioprotection, à la démarche d’optimisation des doses délivrées aux patients, à la levée des non-conformités relevées lors des contrôles qualités des équipements, et aux règles d’aménagement des locaux.

Domaines industriel, vétérinaire et en recherche des rayonnements ionisants

Dans ces secteurs très hétérogènes, la radioprotection reste globalement maîtrisée, mais l’ASNR relève des écarts persistants entre établissements.

En radiographie industrielle, si les obligations de base sont généralement respectées, des failles demeurent dans la déclaration préalable obligatoire des chantiers par les opérateurs, l’organisation de la radioprotection (programme de vérification et plan de prévention), la signalisation de la zone d’opération, l’arrimage des appareils lors du transport et l’étalonnage des instruments de mesure.

Dans les laboratoires de recherche, il y a une hétérogénéité entre des grands sites de recherche et des unités réalisant de l’imagerie fonctionnelle de rongeurs avec un état de la radioprotection satisfaisant et les petits centres de recherche intervenant dans le domaine de la biologie cellulaire et moléculaire avec un état de la radioprotection nettement perfectible.

Domaines des sites et sols pollués radiologiques

L’ASN rappelle que les pratiques d’assainissement des sites pollués radioactifs doivent être mises en œuvre en tenant compte des meilleures méthodes et techniques disponibles, dans des conditions économiques acceptables. L’ASN a émis dix avis concernant :

  • Les mesures de gestion de la pollution radiologique de plusieurs sites, à l’attention du Préfet ;
  • Des aménagements d’urbanisme, envers l’autorité environnementale ;
  • Une levée de doute suite à l’inondation d’un collège à Gif-sur-Yvette (91).

La division participe aussi, en lien avec les Préfets de département, à la création et à la mise à jour des secteurs d’information sur les sols (SIS) concernant des pollutions radiologiques.

Enfin, la division a participé à différents échanges techniques avec les porteurs de projets et les différents acteurs de l’Etat, concernant la réalisation de diagnostics sur trois sites pollués en Seine-Saint-Denis, en amont de leur assainissement.

Quatre inspections ont été réalisées sur des opérations d’assainissement en Ile-de-France en 2024 : au fort de Vaujours, au laboratoire de Marie Curie à Arcueil, à l’Ile Saint Denis et à l’Institut Curie de Paris.

L’ASN estime que l’état de la radioprotection des sites inspectés est satisfaisant (travailleur, population).


Les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR assurent la mise en œuvre des missions de contrôle sur le terrain pour toutes les installations et activités nucléaires civiles en région Île-de-France. Elles instruisent les demandes d’autorisation, vérifient la conformité à la réglementation relative à la sûreté nucléaire, à la radioprotection, à la gestion des équipements sous pression ainsi qu’à la protection de l’environnement. Elles assurent également l’inspection du travail dans les centrales nucléaires.

En cas de situation d’urgence radiologique, elles assistent les préfets dans la protection des populations et participent à la préparation des plans d'urgence. Les divisions de Paris et d’Orléans de l’ASNR sont aussi actives dans l’information du public, notamment via les Commissions locales d’information (CLI), et entretiennent des liens avec les médias, élus, associations, exploitants et autorités locales.

Type de contenu