L’ASNR encadre les prélèvements d’eau et les rejets d’effluents du site CEA de Cadarache

Introduction
L’ASNR a adopté le 2 juin 2026 deux décisions qui modifient et actualisent les dispositions existantes relatives aux modalités de prélèvement, de consommation d’eau et de rejets dans l’environnement ainsi qu’aux limites de rejets d’effluents du site CEA de Cadarache :
Site CEA de Cadarache

L’ASNR a adopté le 2 juin 2026 deux décisions qui modifient et actualisent les dispositions existantes relatives aux modalités de prélèvement, de consommation d’eau et de rejets dans l’environnement ainsi qu’aux limites de rejets d’effluents du site CEA de Cadarache :

  • Décision ASN n° 2017-DC-0596 du 11 juillet 2017 fixant les limites de rejet dans l'environnement des effluents des installations nucléaires de base civiles du CEA Cadarache, homologuée par arrêté du 21 septembre 2017.
  • Décision ASN n° 2017-DC-0597 du 11 juillet 2017 fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d'eau, de transfert et de rejet dans l'environnement des effluents des installations nucléaires de base civiles du CEA Cadarache.

Ces décisions font suite aux éléments suivants :

  • l’intégration des limites de rejets applicables aux installations nucléaires de base (INB) en démantèlement n° 25, 42U, 52 et 92, instruites conformément aux dispositions du code de l’environnement.;
  • les modifications demandées par le CEA pour la phase de chantier de l’INB 172-RJH, ainsi que pour la suppression du piézomètre CAP 11 ;
  • de nouvelles prescriptions définies par l’ASNR, visant notamment à tirer les enseignements d’événements significatifs ayant conduit au marquage des eaux pluviales sur le centre, à renforcer la surveillance de ces eaux et la connaissance des points de rejet des installations, ainsi qu’à améliorer l’évaluation des effets cumulés des rejets dans le cadre des demandes de modifications des installations.

Ces demandes apportent des améliorations et des précisions aux prescriptions existantes des décisions de rejets du site CEA de Cadarache pour prendre en compte l’évolution de l’état réel des installations. Elles permettent ainsi une meilleure gestion et surveillance des impacts écologique et sanitaire du centre CEA de Cadarache.

Pour ces modifications, il est à noter qu’aucune homologation de la nouvelle décision fixant les limites de rejet n’est nécessaire, considérant qu’aucune modification de limite de rejet des installations en fonctionnement n’est prévue.

L’ASNR considère que les modifications retenues sont acceptables du point de vue des enjeux sanitaires et environnementaux associés aux rejets du site.

Les décisions ont été adoptées par l’ASNR après le recueil de l’avis du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) des Bouches-du-Rhône et après les consultations du public et de la commission locale d’information (CLI), qui n’ont pas émis d’observation.

Voir les décisions de l'ASNR

  • Décision nº 2026-DC-046 de l’ASNR du 2 juin 2026 
    modifiant la décision n° 2017-DC-0596 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 11 juillet 2017 fixant les limites de rejet dans l’environnement des effluents des installations nucléaires de base civiles du centre de Cadarache exploitées par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône)
     
  • Décision nº 2026-DC-047 de l’ASNR du 2 juin 2026
    modifiant la décision n° 2017-DC-0597 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 11 juillet 2017 fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d’eau, de transfert et de rejet dans l’environnement des effluents des installations nucléaires de base civiles du centre de Cadarache exploitées par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône)
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L’ASNR publie les résultats de son étude de la rémanence de la radioactivité d’origine artificielle en France métropolitaine

Introduction
Quarante ans après l’accident de Tchernobyl et la fin des essais atmosphériques d’armes nucléaires, l’ASNR a entrepris d’actualiser et de compléter les mesures environnementales faites à différentes reprises sur les zones les plus touchées par les retombées radioactives de ces évènements sur le territoire français métropolitain. Une étude de l’IRSN publiée en 2016* avait notamment montré que ces zones du territoire témoignaient encore de niveaux de radioactivité artificielle supérieurs ou très supérieurs à ceux observés sur le reste de l’Hexagone. Ce sont les zones dites « de rémanence élevée » (ZRE) de la radioactivité d’origine artificielle.

Quarante ans après l’accident de Tchernobyl et la fin des essais atmosphériques d’armes nucléaires, l’ASNR a entrepris d’actualiser et de compléter les mesures environnementales faites à différentes reprises sur les zones les plus touchées par les retombées radioactives de ces évènements sur le territoire français métropolitain. Une étude de l’IRSN publiée en 20161 avait notamment montré que ces zones du territoire témoignaient encore de niveaux de radioactivité artificielle supérieurs ou très supérieurs à ceux observés sur le reste de l’Hexagone. Ce sont les zones dites « de rémanence élevée » (ZRE) de la radioactivité d’origine artificielle.

Une stratégie de surveillance ciblée au niveau des zones de rémanence élevée

Une stratégie de prélèvements et d’analyses radiologiques basée sur les cartographies des dépôts radioactifs et sur les connaissances acquises lors d’études antérieures a été établie. Ainsi, des sites d’étude ont été ciblés dans les zones du pays où la rémanence des retombées des essais atmosphériques d’armes nucléaires durant la guerre froide et de l’accident de Tchernobyl est potentiellement la plus élevée. Ces sites sont situés dans les Vosges, en Alsace, dans la Vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, l’Est de la Corse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques (points jaunes de la carte ci-dessous).

Les zones étudiées
Les zones étudiées
Découpage d’une carotte de sol
Découpage d’une carotte de sol - © L. Pourcelot

Nature des échantillons et radionucléides analysés

Les échantillons prélevés sont des échantillons de sols, d’herbages et de denrées végétales et animales. Les radionucléides analysés sont ceux dont la période radioactive est suffisamment longue pour qu’ils soient encore aujourd’hui présents en quantités mesurables. Il s’agit du césium 137 présent aussi bien dans les retombées de l’accident de Tchernobyl que dans celles des essais nucléaires, ainsi que du strontium 90, des isotopes du plutonium et de l’américium 241 qui proviennent uniquement de cette seconde origine. En complément de ces prélèvements, une cinquantaine de mesures in situ de la concentration du césium 137 dans les sols et du rayonnement gamma ambiant (débit de dose) émis par ce radionucléide, ont été réalisées.

Résultats de l’étude

L’étude confirme que, dans les zones de rémanence élevée (ZRE), la radioactivité d’origine artificielle mesurée dans les sols, les herbages et certaines denrées est plus élevée qu’ailleurs en France.  Dans les ZRE, les activités de césium 137 sont souvent supérieures à 10 Bq/kg sec, avec des maximales pouvant dépasser 100 Bq/kg sec, alors qu’en dehors de ces zones, les activités sont généralement inférieures à 10 Bq/kg sec. Dans le lait, les activités volumiques de césium 137 et de strontium 90 provenant des ZRE sont supérieures (d’un facteur 10 et d’un facteur 2 respectivement) aux activités mesurées dans le lait provenant du reste du territoire.

Cet écart entre les ZRE et le reste du territoire n’est en revanche pas perceptible dans les denrées agricoles (légumes-feuilles, pommes de terre, blé…). En effet, pour ces denrées, la forte variabilité des concentrations de césium 137 et de strontium 90, liée à la diversité des pratiques culturales, masque les différences inter-régionales dues à l’hétérogénéité des dépôts radioactifs anciens. 

Par ailleurs, la diminution des concentrations de césium 137 et de strontium 90, observée sur plusieurs décennies dans certaines denrées, se poursuit. Cette diminution, avec des vitesses variables, est observée pour le césium 137 dans le lait, la viande de bœuf et le vin, ainsi que pour le strontium 90 dans le lait et le fromage. 

Les analyses effectuées montrent que les concentrations en césium 137 dans les denrées forestières échantillonnées en 2024-2025 sont de l’ordre de 100 fois supérieures à celles des denrées agricoles mais présentent une très grande variabilité, y compris à l’échelle d’une même commune. Ces activités élevées en milieu forestier s’expliquent par le transfert d’une partie de ce radionucléide du sol vers les végétaux de la forêt, puis de son retour dans la litière, à la surface du sol ainsi que par le fait que ce milieu est peu perturbé par les activités humaines, en comparaison des prairies et des cultures. En milieu agricole, le césium 137 fixé sur les argiles devient progressivement de moins en moins disponible pour les racines des végétaux qui puisent le césium présent dans l’eau du sol (diminution de la biodisponibilité).

Certaines des données acquises dans le cadre de cette étude ont également permis de confirmer ou de compléter les estimations d’exposition de la population à la rémanence de la radioactivité artificielle faites lors de récentes études de l’IRSN et de l’ASNR (IRSN 20222 et ASNR 20253). Ainsi et bien que la réévaluation des doses reçues par ingestion n’était pas l’objectif de cette étude, les résultats acquis dans ce cadre sont tout à fait concordants avec ceux sur la base desquelles les doses ont été estimées en 2022. Ils confirment la dose moyenne par ingestion de 3,3 µSv/an estimée pour des adultes qui résident en ZRE, hors consommation de champignons sauvages et de gibiers. Par ailleurs, la consommation des produits de la forêt (gibier et champignons) analysés dans le cadre de la présente étude serait à l’origine d’une dose interne variable selon les habitudes de consommation, comprise entre 1 et 24 µSv/an, qui s’ajoute à la dose annuelle liée à l’ingestion des autres denrées issues des zones de rémanence élevée.

Enfin, les résultats des mesures de débit dose gamma ambiant dû au césium 137 présent dans les sols, effectuées dans le cadre de cette étude, permettent d’estimer les doses efficaces externes annuelles. Ces mesures présentent notamment l’intérêt d’avoir été réalisées dans certaines parties du territoire plus fortement touchées par les retombées anciennes et qui n’avaient jamais fait l’objet de mesures de ce type auparavant. Pour les personnes qui résideraient en milieu rural sur des zones parmi les plus touchées du territoire et passeraient en moyenne 8 heures par jour à l’extérieur, du fait de leur travail par exemple, les doses efficaces externes sont estimées entre 10 et 36 µSv/an. Mais pour la majeure partie de la population résidant en milieu urbain et ne passant que 2 à 3 heures par jour à l’extérieur, cette dose se situe autour de 1 µSv/an. 

Type de contenu

Centrale nucléaire de Cattenom : l’ASNR modifie l’encadrement des rejets d’effluents et de la surveillance de l’environnement

Introduction
L’ASNR a adopté le 17 mars 2026 deux décisions qui modifient l’encadrement des rejets d’effluents et de la surveillance de l’environnement de la centrale nucléaire de Cattenom.
Vue aérienne de la centrale nucléaire de Cattenom - © EDF/HappyDay/J.-L. Burnod

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Cattenom - © EDF/HappyDay/J.-L. Burnod

L’ASNR a adopté le 17 mars 2026 deux décisions qui modifient l’encadrement des rejets d’effluents et de la surveillance de l’environnement de la centrale nucléaire de Cattenom. 

Ces nouvelles décisions sont consécutives à la demande d’EDF de modifier certaines limites et modalités de rejets d’effluents et de surveillance dans l’environnement de la centrale nucléaire de Cattenom, jusqu’à présent encadrées par deux décisions de l’ASN de 2014[1]. EDF souhaite en particulier faire évoluer les conditions de mise en œuvre du traitement biocide à la monochloramine[2] de l’eau utilisée dans les grandes tours aéroréfrigérantes, afin de pouvoir faire face à l’augmentation des épisodes de colonisations par des amibes. Cette augmentation est notamment liée au remplacement des tubes des condenseurs des réacteurs en laiton, qui avait un effet biocide sur les amibes, par du titane afin de limiter la corrosion et l’encrassement des circuits et limiter les rejets en métaux dans l’environnement.

L’évolution de ce traitement biocide conduira à augmenter les rejets annuels en chlorures et sodium dans la Moselle du fait qu’il pourra être mis en œuvre sur une période plus longue de l’année, en particulier pendant la période hivernale. Toutefois, les limites maximales journalières de rejets ne sont pas modifiées.

L’instruction de l’ASNR a conduit EDF à optimiser sa stratégie de traitement biocide, permettant ainsi de réduire les rejets prévisionnels supplémentaires en chlorures et sodium. 

Les modifications demandées par EDF ont fait l’objet d’une évaluation de leur incidence sur l’environnement et sur la santé humaine. Cette évaluation conclut à un très faible impact environnemental additionnel sur la Moselle et à l’absence de risque sanitaire pour les populations avoisinantes. L’ASNR prescrit également à EDF de poursuivre la recherche de solutions pour réduire l’usage des réactifs chimiques nécessaires au traitement biocide sur la centrale nucléaire de Cattenom.

L’ASNR a consulté le public et la commission locale d’information du site de Cattenom sur ces modifications. La décision de l’ASNR relative aux limites de rejets d’effluents de la centrale nucléaire de Cattenom dans l’environnement a été homologuée par le ministre chargé de la sûreté nucléaire.

En savoir plus :

Décisions de l'ASNR

Décision n° 2026-DC-037 de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection du 17 mars 2026
modifiant la décision n° 2014-DC-0415 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 16 janvier 2014 fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d’eau et de rejets dans l’environnement des effluents liquides et gazeux des installations nucléaires de base n° 124, n° 125, n°126 et n° 137 exploitées par Électricité de France - Société Anonyme (EDF-SA) dans la commune de Cattenom (département de la Moselle)

Décision n° 2026-DC-038 de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection du 17 mars 2026
modifiant la décision n° 2014-DC-0416 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 16 janvier 2014 fixant les limites de rejets dans l’environnement des effluents liquides et gazeux des installations nucléaires de base n° 124, 125, 126 et 137 exploitées par Électricité de France - Société Anonyme (EDF-SA) dans la commune de Cattenom (département de la Moselle)

Consultation du public

Consultation du 20/11/2025 au 20/12/2025
Modication des décisions réglementant les prélèvements d’eau et les rejets d’effluents dans l'environnement


Thème
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Des bâtiments historiques comme sismomètres de pierre. L’archéosismologie au sommaire de Pour la Science

Introduction
Chaque installation nucléaire est conçue pour résister au pire séisme historique de la région. Mais comment évaluer les caractéristiques de ce séisme ? Cela suppose de remonter à l’activité sismique à l’échelle de plusieurs siècles…

Chaque installation nucléaire est conçue pour résister au pire séisme historique de la région. Mais comment évaluer les caractéristiques de ce séisme? Cela suppose de remonter à lactivité sismique à l’échelle de plusieurs siècles… 

La faible sismicité dans l’Hexagone ne favorise pas la caractérisation des plus forts séismes du passé. Une solution originale consiste à prendre pour témoins les bâtiments historiques restés sur pied qui ont enregistré ces séismes dans leurs murs. Quel séisme a secoué ce mur? Comment ont-ils été réparés ? En croisant ces indices, l’ASNR espère révéler lactivité sismique passée dune région.

En partenariat avec le magazine Pour la Science, l’ASNR traite de la diversité de ses sujets de recherche. Les cahiers à venir dans les numéros de juin, de septembre et de décembre exploreront d’autres domaines de recherche de l’Autorité, en radioprotection de la santé de l’homme, de l’environnement ou en sûreté nucléaire.

 

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Centrale nucléaire de Civaux : l’ASNR encadre la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes

Introduction
Le 24 février 2026, l’ASNR a encadré la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Civaux.

Le 24 février 2026, l’ASNR a encadré la prévention des risques de dispersion de légionelles par les grandes tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Civaux.

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux, situés en bord de Vienne, sont équipés chacun d’une grande tour aéroréfrigérante. Ces grandes tours sont susceptibles de disperser des légionelles dans l’environnement. Pour prévenir les risques résultant de cette dispersion, la décision de l’ASN du 6 décembre 2016 fixe deux seuils de colonisation de légionelles dans les circuits, respectivement de 10 000 et 100 000 UFC/L[1], à compter desquels des actions curatives et correctives doivent être menées pour diminuer les niveaux de colonisation observés en dessous de ces seuils.

Comme pour ses autres centrales nucléaires soumises à ce risque, EDF prévoit de mettre en place un traitement biocide par injection de monochloramine dans les circuits de refroidissement. Afin de mettre en œuvre ce traitement de manière ponctuelle, qui conduit à des rejets chimiques dans l’eau de la Vienne, EDF a demandé de modifier certaines limites et modalités de rejets d’effluents et de surveillance dans l’environnement de la centrale nucléaire de Civaux, jusqu’à présent encadrées par deux décisions de l’ASN de 2009[2].

Dans le cadre de la modification des limites et modalités associée à la mise en œuvre de ce traitement biocide, l’ASNR a consulté en 2025 le public ainsi que les parties prenantes locales, qui ont exprimé des avis défavorables. Ces avis, qui contestaient le besoin d’un traitement biocide, considéraient que l’équilibre résultant des dispositions de la décision de l’ASN du 6 décembre 2016 entre la nécessité de maîtriser le risque de légionellose et les impacts sur l’environnement n’était pas approprié pour la centrale nucléaire de Civaux dans un contexte où l’eau de la Vienne est déjà affectée en amont de la centrale par des effluents industriels et où celle-ci est utilisée en aval pour produire de l’eau potable.

Ainsi, l’ASNR a jugé nécessaire de revoir, spécifiquement pour la centrale nucléaire de Civaux et au regard des enjeux locaux, le cadre applicable à la maîtrise des colonisations en légionelles, en imposant de ne mettre en œuvre un traitement biocide qu’à partir de 100 000 UFC/L, seuil qui n’a été atteint que quatre fois en 25 années d’exploitation. Elle a ainsi accordé une dérogation encadrée par des mesures compensatoires qui permettent de limiter l’occurrence des traitements biocides, et donc les rejets chimiques dans l’eau de la Vienne, sans remettre en cause la prévention du risque de légionellose, en permettant à EDF de ne traiter qu’à l’atteinte du seuil de 100 000 UFC/L. Dans ce cas où ce traitement ne serait pas efficace, EDF devra arrêter ses réacteurs.

Cette dérogation et les mesures compensatoires qui l’accompagnent ont fait l’objet d’une nouvelle consultation du public et de la Commission locale d’information de la centrale nucléaire de Civaux, qui ont exprimé des avis favorables à cet encadrement spécifique.

La limitation de l’occurrence des traitements biocides a permis à l’ASNR de réduire de moitié certaines limites de rejets chimiques associées à la mise en œuvre du traitement biocide. L’ASNR a également prescrit à EDF de procéder à une surveillance renforcée de l’environnement si ce traitement était mis en œuvre et à en informer les parties prenantes.

La décision encadrant les limites de rejets chimiques associées au traitement biocide a été homologuée par le ministre chargé de la sûreté nucléaire le 16 décembre 2025.
 

[1] Unités formant colonie par litre
[2] https://www.asn.fr/reglementation/bulletin-officiel-de-l-asnr/installations-nucleaires/decisions-individuelles/decision-n-2009-dc-0139-du-2-juin-2009-de-l-asn et https://www.asn.fr/reglementation/bulletin-officiel-de-l-asnr/installations-nucleaires/decisions-individuelles/decision-n-2009-dc-0138-du-2-juin-2009-de-l-asn

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Risque radon : l’ASNR à la rencontre des habitants du Pays Basque et du Béarn

Introduction
Pour la 3ème année consécutive, l’ASNR a participé à la campagne de sensibilisation et de mesures du risque radon dans l’habitat aux côtés de l’Agence régionale de santé des Pyrénées-Atlantiques (64) et des trois Centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE).
© Réunion publique à Hendaye, janvier 2026

Pour la 3ème année consécutive, l’ASNR a participé à la campagne de sensibilisation et de mesures du risque radon dans l’habitat aux côtés de l’Agence régionale de santé des Pyrénées-Atlantiques (64) et des trois Centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE).

Six réunions publiques se sont tenues entre le 19 et le 30 janvier : deux dans le Béarn (Oloron Sainte Marie et Nay) et quatre au Pays Basque (Mauléon-Licharre, Ossès, Hendaye et Bassussary). Elles ont permis à plus de 150 habitants de prendre conscience de ce risque inodore, incolore pourtant essentiel à appréhender.

Le sujet a suscité un vif intérêt et les échanges ont été particulièrement riches. Par ailleurs, 350 dosimètres (soit deux par logement) ont été distribués aux habitants des zones à potentiel radon 1, 2 et 3 par la Direction générale de la santé. Tous ont trouvé preneur, signe d’un réel engagement local.

L’ASNR est chargée de piloter les plans nationaux d’action de gestion du risque radon et d’en animer le comité de suivi. Depuis 2005, trois plans nationaux ont fixé les objectifs à poursuivre en matière de réduction des effets sanitaires du radon.
L’ASNR participe régulièrement à des actions de sensibilisation au risque radon, aux côtés d’autres administrations (Dreal, ARS, Dreets, collectivités locales) et d’organisations partenaires (Cerema, Comité scientifique et technique du bâtiment – CSTB, associations professionnelles, etc.). Ces campagnes d’information s’adressent à différents publics : élus, professionnels du bâtiment, employeurs, responsables d’ERP et particuliers.

Pour en savoir plus

Les plans nationaux d'action

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Retracer et anticiper les contaminations des fleuves : les résultats clés du projet de recherche TRAJECTOIRE

Introduction
Comment reconstituer l’histoire des contaminations anthropiques des fleuves ? C’est à cette question qu’a cherché à répondre le projet de recherche TRAJECTOIRE, en s’appuyant sur les archives naturelles que constituent les sédiments fluviaux.

Comment reconstituer l’histoire des contaminations anthropiques des fleuves ? C’est à cette question qu’a cherché à répondre le projet de recherche TRAJECTOIRE, en s’appuyant sur les archives naturelles que constituent les sédiments fluviaux.

Né d’un questionnement d’expertise relatif à une contamination de la Loire survenue au début des années 1980, TRAJECTOIRE a élargi sa focale à l’échelle des grands bassins versants français, dans une approche interdisciplinaire et intégrée, combinant l’analyse géochimique et radiochronologique des archives sédimentaires à l’exploitation de corpus documentaires.

Formant un consortium de 7 partenaires scientifiques[1], ce projet, soutenu par l’ANR, a commencé en janvier 2020 autour de plusieurs enjeux :

  1. Etudier trois familles de contaminants « emblématiques » : les radionucléides, les microplastiques et leurs dérivés, et les métaux de haute technologie ou métaux dits « critiques ».
  2. Reconstruire leurs trajectoires temporelles, c’est-à-dire l’évolution des concentrations dans les grands bassins versants français depuis le début du siècle dernier afin de connaître l’émergence des contaminations et les niveaux au fil du temps.
  3. Documenter les sources de contamination (pressions exercées) afin d’expliquer les trajectoires observées.
  4. Identifier les liens de causalité entre les observations (état des milieux) et les pressions exercées en utilisant des modèles adossés à l’intelligence artificielle.
  5. Utiliser ces modèles afin d’être en mesure de proposer des trajectoires prédictives de contamination sur la base de scenarios.

Cinq ans après le démarrage du projet, l’équipe du Laboratoire de recherche sur les transferts de radionucléides dans les écosystèmes aquatiques (LRTA) a présenté les principaux résultats devant une large communauté scientifique lors d’un colloque de restitution finale à l’auditorium ASNR de Fontenay-aux-Roses.

[1] ASNR, EPOC (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux ; Université de Bordeaux, CNRS), METIS (Milieux Environnementaux, Transferts et Interactions dans les hydrosystèmes et les Sols ; Sorbonne Université, CNRS), LEHNA (Laboratoire d'Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés ; CNRS), LSCE (Laboratoire de Sciences du Climat et de l'Environnement ; CNRS, CEA), M2C (Morphodynamique Continentale et Côtière ; CNRS), MIO (Mediterranean Institute of Oceanography ; Université d'Aix-Marseille).

Que retenir des résultats ?

Plus de 50 mètres d’archives sédimentaires cumulés ont été extraits en aval de la Loire, du Rhône, du Rhin, de la Seine, de la Garonne, de la Meuse et de la Moselle à partir desquels les trajectoires des concentrations en contaminants ont pu être retracées.

De bonnes corrélations entre les pics de concentrations de césium 137 (¹³⁷Cs) observées dans les archives sédimentaires et les maximums des retombées atmosphériques reconstruites à l’échelle de bassins versants ont été obtenues. Ces résultats indiquent qu’à cette échelle spatiale, les valeurs des paramètres régissant le transfert de ce radionucléide depuis les sols jusqu’au cours d’eau, — tels que la migration dans les sols et le taux d’export par ruissellement — apparaissent similaires d’un grand bassin versant à l’autre. Ils constituent ainsi des références utiles pour les modèles opérationnels.

Les trajectoires temporelles du tritium, recherché sous sa forme organiquement liée dans les archives, mettent en évidence des marquages significativement supérieurs aux niveaux enregistrés dans les eaux de pluies (tritium libre) sur la même période. Ces écarts s’expliquent par le transfert aux fleuves, via le lessivage des bassins versants, de particules organiques provenant de la dégradation de la biomasse terrestre exposée aux retombées atmosphériques issues des essais nucléaires aériens et dans le cas de la Seine, du centre CEA de Valduc. Pour le Rhône et le Rhin, les rejets diffus liés à l’industrie horlogère franco-suisse contribuent majoritairement à ces différences.

L’analyse du potassium 40 (⁴⁰K) a révélé l’empreinte de l’usage des engrais potassiques avec des maximums dans les années 1980, en lien avec l’intensification agricole, suivi d’un déclin rapide reflétant une bonne capacité de résilience environnementale, c’est-à-dire un retour relativement rapide vers l’état initial caractérisant la période antérieure à la contamination. L’importante solubilité, donc mobilité, du 40K favorise très probablement cette capacité du système à évacuer sa contamination.

Les résultats relatifs aux microplastiques ne sont actuellement pas publiés. Ils ne le seront pas avant une qualification rigoureuse des protocoles analytiques employés, nombreux au sein de la communauté scientifique travaillant sur ces contaminants. L’analyse des dérivés plastiques tels que les phtalates montrent néanmoins que les concentrations ont augmenté après les années 1950-1970, avec des variations selon les rivières. Les travaux ont en outre permis de souligner des corrélations entre des paramètres géochimiques propre à la matière organique et les concentrations de ces contaminants.

Dans la famille des métaux, une revue critique a montré que, dans le bassin versant de la Gironde, la résilience vis-à-vis des contaminants historiques (Cd, Zn, Pb, Cu) dépend de la gestion des résidus miniers et des sédiments contaminés.

Un modèle d’intelligence artificielle, le HRHN (Hierarchical Attention-Based Recurrent Highway Networks), a été conçu pour prédire les concentrations de ces contaminants dans les rivières, en particulier le césium 137 (¹³⁷Cs) et le potassium 40 (⁴⁰K), deux radionucléides d’origine anthropique ou naturelle. Grâce à son apprentissage et aux jeux de données exploités, le modèle développé identifie et hiérarchise les variables explicatives (débit minimal, lessivage, dépôts atmosphériques, inventaire dans les sols et rejets industriels) et représente correctement les interactions entre ces variables pour la grande majorité des fleuves français. Le modèle permet ainsi de réaliser des projections sur la base de scénarios. Des projections jusqu’en 2100 ont été réalisées sur le Rhône, en explorant divers scénarios : rejets extrêmes, reproduction des événements historiques, effets du changement climatique via une baisse progressive du débit (projections INRAE). Ces simulations montrent que, comme attendu, la diminution du débit accentue les concentrations de ¹³⁷Cs, quel que soit le scénario.

Extraction des archives sédimentaires
De gauche à droite : Mise en place du carottier sur les berges de la Garonne en aval du CNPE de Golfech ; Visualisation d’une archive sédimentaire sur les berges du Rhône ; Extraction d’une archive sur les berges de la Meuse en aval du CNPE de Golfech

Le compte-rendu final

La totalité des résultats du projet a été publiée dans un rapport disponible ici : Compte-rendu final du projet de recherche TRAJECTOIRE

Type de contenu

Valeurs limites de rejets dans l’environnement et prescriptions relatives aux prélèvements et à la consommation d’eau, aux rejets d’effluents et à la surveillance de l’environnement

Introduction
L’ASNR élabore l’encadrement des rejets d’effluents de l’installation nucléaire de base (INB) 178-U, qui regroupe les parcs d’entreposage uranifères, les bâtiments de crise et l’atelier de maintenance des conteneurs (AMC2), implantés sur la plateforme du Tricastin à Pierrelatte (Drôme) et exploités par Orano Chimie-Enrichissement (CE).

L’ASNR élabore l’encadrement des rejets d’effluents de l’installation nucléaire de base (INB) 178-U, qui regroupe les parcs d’entreposage uranifères, les bâtiments de crise et l’atelier de maintenance des conteneurs (AMC2), implantés sur la plateforme du Tricastin à Pierrelatte (Drôme) et exploités par Orano Chimie-Enrichissement (CE).

Conformément aux dispositions du code de l’environnement prévues aux articles L. 593-1 et suivants, cet encadrement des rejets est réalisé par deux décisions :

  • une décision fixant les valeurs limites de rejet dans l’environnement, soumise à l’homologation du ministre chargé de la sûreté nucléaire ;
  • une décision définissant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d’eau, de transfert et de rejet d’effluents, et de surveillance de l’environnement.

Les activités de la plateforme Orano Tricastin sont liées à la chimie du cycle du combustible nucléaire, l’entreposage de substances radioactives et au démantèlement et à l’assainissement d’installations. L’enrichissement en uranium 235 par centrifugation nécessite des opérations d’entreposage et de transfert d’hexafluorure d’uranium (UF6), actuellement réalisées au moyen de conteneurs, dits cylindres, qui nécessitent des opérations de maintenance et de lavage. Ces opérations sont réalisées dans une installation individuelle de l’INBS du Tricastin, l’atelier de maintenance des conteneurs (AMC), dont l’arrêt définitif est actuellement prévu à la fin de l’année 2026. 

La création de l’atelier de maintenance des conteneurs, dit AMC2, a été autorisée en 2023 par le décret [1]. Cet atelier a vocation à reprendre une partie des activités de maintenance de l’actuel atelier de maintenance, l’AMC. L’AMC2 produira des rejets d’effluents gazeux et les effluents liquides seront transférés vers le site Orano CE de Malvési pour y être recyclés dans le procédé des installations de Malvési. En cas d’impossibilité de réception par les installations de Malvési, les effluents liquides seront transférés vers l’INB 138 de la plateforme du Tricastin pour y être traités avant rejet. La mise en service de l’AMC2 nécessite par conséquent des prescriptions techniques concernant les valeurs limites de rejets ainsi que les modalités de ces rejets et de surveillance de l’environnement. 

Concernant les installations existantes des anciennes INB 178, 179 et 180, les rejets au milieu naturel issus des eaux pluviales et des eaux usées sont gérés par l’arrêté de rejets de l’INBS. Les rejets et transferts des parcs P18, P1, P2, P7, P9, PP (Est) et le parc de l’annexe U, anciennement réglementés dans les prescriptions techniques de rejets des INB 93 et 155 (référencées de [2] à [5]), sont désormais réglementés dans les nouvelles décisions.

L’incidence des installations concernées est faible :

  • aucune des installations concernées ne réalise de prélèvements d’eau dans le milieu environnant ;
  • seul l’AMC2 effectue des rejets gazeux. Leur incidence radiologique est très faible ; elle est estimée à 0,02 % de la limite de dose réglementaire pour la population (1 mSv/an) ;
  • seul l’AMC2 produit des effluents liquides radioactifs qui seront recyclés dans le procédé des installations d’Orano CE sur le site de Malvési. En cas d’impossibilité de réception des effluents à Malvési, les effluents pourront être transférés vers l’INB 138 pour traitement avant rejet. Dans ce dernier cas, l’incidence radiologique des rejets liquides est négligeable ;
  • les rejets chimiques ne nécessitent pas d’être réglementés car ils sont en deçà des seuils définis dans l’arrêté du 2 février 1998 [7] dans sa rédaction en vigueur à la date de publication de l’arrêté INB en référence [6] ;
  • concernant les eaux pluviales, les limites proposées dans les décisions en projet reprennent les limites de l’arrêté du 2 février 1998 [7] dans sa rédaction en vigueur à la date de publication de l’arrêté INB en référence [6]. 

Enfin, les prescriptions liées à la surveillance de l’environnement proposées sont cohérentes avec les prescriptions des autres installations de la plateforme du Tricastin. Deux prescriptions ont été ajoutées concernant la dosimétrie en limite du site. En effet, l’ASNR a constaté que des dosimètres environnementaux mesurent une dose annuelle de l’ordre du millisievert, au droit des parcs d’entreposage d’oxydes d’uranium et estime donc nécessaire d’intégrer un dosimètre aux registres environnementaux mensuels et de vérifier régulièrement le respect de la limite de dose annuelle.

Ces textes ont été élaborés après consultation du public sur le site de l’ASNR sur les projets de prescriptions, qui s’est tenue du 2 au 24 juin 2025.

Voir les décisions de l'ASNR

Décision n° 2025-DC-022 de l’ASNR du 21 octobre 2025 
fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d’eau, de transferts, de rejets dans l’environnement des effluents liquides et gazeux et de surveillance de l’environnement de l’installation nucléaire de base n° 178-U implantée sur le site du Tricastin, sur les communes de Pierrelatte et de Saint-Paul-Trois-Châteaux (département de la Drôme)

Décision n° 2025-DC-023 de l’ASNR du 21 octobre 2025 
fixant les valeurs limites de rejet dans l’environnement des effluents de l’installation nucléaire de base n° 178-U implantée sur le site du Tricastin, sur les communes de Pierrelatte et de Saint-Paul-Trois-Châteaux (département de la Drôme)

Références

[1] Décret n° 2023-1220 du 19 décembre 2023 modifiant le périmètre de l’installation nucléaire de base no 178, dénommée « Parcs uranifères du Tricastin », implantée sur le site du Tricastin, sur le territoire des communes de Pierrelatte et de Saint-Paul-Trois-Châteaux (département de la Drôme), et autorisant la société Orano Chimie-Enrichissement à ajouter dans le périmètre de cette installation un atelier, dénommé « Atelier de maintenance des conteneurs 2 (AMC2) »

[2] Décision n° 2023-DC-0757 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 11 mai 2023  fixant les valeurs limites de rejet dans environnement de l’installation nucléaire de base n° 155, dénommée TU5, située à Pierrelatte

[3] Décision n° 2023-DC-0758 de l’Autorité de sureté nucléaire du 11 mai 2023 fixant les prescriptions relatives aux prélèvements et à la consommation d’eau, aux transferts et rejets d’effluents et à la surveillance de l’environnement de l’installation nucléaire de base no 155, dénommée TU5, située à Pierrelatte

[4] Décision n° 2013-DC-0357 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 fixant les valeurs limites des rejets dans l'environnement des effluents gazeux et liquides de l’installation nucléaire de base n° 93, usine Georges Besse, exploitée par Eurodif Production sur la commune de Pierrelatte (Drôme)

[5] Décision n° 2013-DC-0356 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d'eau, de transfert des effluents liquides et de rejets dans l'environnement des effluents liquides et gazeux de l'installation nucléaire de base n°93, usine Georges Besse, exploitée par Eurodif Production sur la commune de Pierrelatte (Drôme) ainsi qu'à l'exploitation d'un dispositif de confinement hydraulique et de traitement des eaux de la nappe alluviale présentes sous l'installation nucléaire de base n°93

[6] Arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base

[7] Arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélèvements et à la consommation d'eau ainsi qu'aux émissions de toute nature des installations classées pour la protection de l'environnement soumises à autorisation, dans sa rédaction en vigueur à la date de publication de l’arrêté INB en référence[6]

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Le gaz naturel radioactif radon : un enjeu de santé publique en France

Introduction
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le sous-sol. S’il s’accumule dans l’habitat et qu’il est respiré à forte concentration sur une longue durée, il peut avoir des conséquences néfastes pour la santé humaine. À l’occasion de la journée européenne du radon, l’ASNR sensibilise le public à cet enjeu de santé publique et organise un jeu concours permettant de gagner des kits de mesure radon pour son logement.

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le sous-sol. S’il s’accumule dans l’habitat et qu’il est respiré à forte concentration sur une longue durée, il peut avoir des conséquences néfastes pour la santé humaine. À l’occasion de la journée européenne du radon, l’ASNR sensibilise le public à cet enjeu de santé publique et organise un jeu concours permettant de gagner des kits de mesure radon pour son logement.

Un gaz naturel présent en France

La cartographie du potentiel du radon des formations géologiques
La cartographie du potentiel du radon des formations géologiques en France

Le radon provient de la transformation des éléments naturellement radioactifs présents dans toutes les roches du sol et plus fortement dans certains sols ; les sols granitiques (Massif central, Bretagne, Corse etc.) et certains sols volcaniques à cause de la plus grande concentration en uranium qu’ils contiennent naturellement.

Les communes françaises sont réparties en trois niveaux de « potentiel radon », qui représentent la capacité du sol à émettre du radon : potentiel radon faible (zone 1), potentiel radon faible mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent favoriser le transfert du radon vers les bâtiments (zone 2) et potentiel radon significatif (zone 3).

Le radon, un cancérogène avéré

Dans l'air extérieur, le radon se dilue rapidement et sa concentration moyenne reste généralement faible. Dans les espaces clos comme l'habitat, particulièrement dans les caves et les rez-de-chaussée, il peut s'accumuler dans l'air intérieur pour atteindre des concentrations parfois élevées. 

À long terme, l'inhalation de radon conduit à augmenter le risque de développer un cancer du poumon. Cette augmentation est proportionnelle à l'exposition cumulée tout au long de sa vie.

En France, le radon est la seconde cause de cancer du poumon (environ 3 000 morts par an), derrière le tabagisme. L'exposition cumulée au radon et au tabac augmente significativement le risque de développer un cancer du poumon.

Connaître le risque et le réduire

Le radon est inodore et incolore. Pour connaître l’exposition de son habitat au radon, il faut procéder à une mesure, à l’aide d’un détecteur. Ce dernier doit être posé dans une pièce de vie (salon, salle à manger, chambre), au rez-de-chaussée, pendant au moins deux mois entre mi-septembre et fin février. Un détecteur coûte environ 25 euros (liste des fournisseurs : Le radon et la population - 10/09/2024 - ASNR).

Modalités de mesure du radon : https://reglementation-controle.asnr.fr/information/archives-videos/mesurer-le-radon 

Le radon dans la maison

Un niveau de référence a été fixé à 300 becquerels par m3 d’air (Bq.m-3). Si la concentration mesurée dans l’habitat dépasse cette valeur, il est conseillé d’agir pour réduire l’exposition. En fonction du résultat, des actions simples peuvent suffire telles que la vérification du système de ventilation ou l’étanchement pour limiter l'entrée du radon dans votre habitation (porte de cave, entrée de canalisation, fissures du sol, etc.) ; des travaux plus importants seront à mener en cas de concentration supérieure à 1 000 Bq.m-3 avec l’appui d’un professionnel qui réalisera un diagnostic du bâtiment. 

Dans tous les cas, il est recommandé d’arrêter de fumer, car l’association tabac-radon augmente fortement le risque de développer un cancer du poumon. 

Des détecteurs radon à gagner !

Afin de sensibiliser le public à cet enjeu de santé publique, l’ASNR organise, à l’occasion de la journée européenne du radon, un jeu concours permettant de gagner 30 kits de mesure du radon dans son logement. (mise à jour du 14 novembre : Le jeu concours est maintenant clos.)

Pour en savoir sur les risques et les actions de l’ASNR en matière de prévention du risque radon :

Pour le grand public  https://reglementation-controle.asnr.fr/information/dossiers-pedagogiques/le-radon-et-la-population 

Pour les professionnels : https://reglementation-controle.asnr.fr/information/dossiers-pedagogiques/le-radon-et-les-professionnels

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Bilan de la surveillance de la radioactivité en Polynésie française en 2023 et 2024

Introduction
En 2023 et 2024, la surveillance radiologique de l’environnement en Polynésie française confirme la stabilité des niveaux de radioactivité, qui demeurent dans la continuité des années antérieures, à un niveau très bas. Cette radioactivité artificielle résiduelle est quasi exclusivement attribuable au césium 137.

En 2023 et 2024, la surveillance radiologique de l’environnement en Polynésie française confirme la stabilité des niveaux de radioactivité, qui demeurent dans la continuité des années antérieures, à un niveau très bas. Cette radioactivité artificielle résiduelle est quasi exclusivement attribuable au césium 137.

Télécharger le rapport du bilan 2023-2024 et le rapport des annexes au bilan

Localisation des neuf îles de Polynésie française retenues dans le programme de surveillance radiologique environnementale 2023-2024 - © ASNR

En 2023 et 2024, l’ASNR a poursuivi la surveillance radiologique environnementale des sept îles représentatives de la Polynésie française (cinq îles hautes et deux atolls) qu’il suit régulièrement depuis 1998, complétée par une île haute supplémentaire, Bora-Bora (archipel de la Société) et un atoll, Takapoto (archipel des Tuamotu).
Les 302 échantillons prélevés de nature variée proviennent des différents milieux (atmosphérique, terrestre et marin) avec lesquels la population peut être en contact incluant des denrées alimentaires issues du milieu marin de pleine mer, du milieu marin lagonaire et du milieu terrestre.
Ces nouvelles campagnes de mesures, dans la continuité de celles de ces dernières années, confirment la stabilité des niveaux de radioactivité artificielle résiduelle décelable dans l’environnement polynésien. Ils se situent à un niveau très bas et sont essentiellement attribuables au césium 137 (137Cs).

La dose efficace annuelle totale pour un adulte vivant à Tahiti résultant de toutes les sources de rayonnement, naturelles et artificielles, est estimée autour de de 1,7 mSv, hors exposition médicale . Elle est quasi-totalement attribuable au rayonnement cosmique et aux éléments radioactifs naturels, moins de 0,1% étant dû à la radioactivité d’origine artificielle résultant des essais nucléaires français et internationaux. Cette dose efficace annuelle due à la radioactivité naturelle pour un adulte polynésien est inférieure à la dose efficace annuelle moyenne à l’échelle mondiale, estimée à 3 mSv et où prédomine l’exposition au radon qui est moins abondant dans l’air en Polynésie française.

Enfin, dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris 2024, le LESE a assuré une surveillance radiologique renforcée sur le site olympique qui a accueilli les épreuves de surf à la demande des pouvoirs publics.

Les derniers résultats de mesure en Polynésie française sont intégrés sur le site www.mesure-radioactivite.fr  du Réseau national de mesure de la radioactivité de l’environnement (RNM) afin de les rendre accessibles au public ainsi que sur le site internet de l’ASNR (www.asnr.fr) et via l’entrepôt de données de la surveillance radiologique de l’ASNR (https://www.data.gouv.fr/datasets/donnees-de-la-surveillance-radiologiq…).

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