EFFICAC : comprendre les nouveaux gainages revêtus de chrome

Introduction
L’ASNR s’engage dans un nouveau programme de recherche, EFFICAC (EFFect of Irradiation on Coated ATF Cladding), dédié à l’étude du comportement, en conditions accidentelles, des gaines de combustible nucléaire revêtues de chrome.

Cartographie EBSD (diffraction des électrons rétrodiffusées) du revêtement de Chrome déposé par pulvérisation cathodique magnétron sur une gaine

L’ASNR s’engage dans un nouveau programme de recherche, EFFICAC (EFFect of Irradiation on Coated ATF Cladding), dédié à l’étude du comportement, en conditions accidentelles, des gaines de combustible nucléaire revêtues de chrome. 

Financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre d’une collaboration franco‑tchèque, EFFICAC se déroulera de 2026 à 2028. Il mobilise des compétences complémentaires autour d’un objectif commun : mieux comprendre et quantifier l’effet de l’irradiation sur le comportement mécanique de ces gainages innovants lors d’accidents de dimensionnement.

Un enjeu majeur pour les combustibles de demain

Les gaines de combustible constituent la première barrière de sûreté des réacteurs nucléaires. Depuis plusieurs années, l’industrie développe des gainages pour les crayons combustibles susceptibles d’être plus résistants aux accidents. Parmi les solutions envisagées, les gaines revêtues de chrome apparaissent particulièrement prometteuses.

Ce revêtement, d’une dizaine de micromètres d’épaisseur, améliore significativement les performances des gainages en termes de résistance à l’oxydation et offrirait donc des avantages en termes de sûreté, notamment en situation accidentelle. Ces performances doivent néanmoins encore être évaluées dans des conditions réalistes, en particulier après irradiation et sous fortes contraintes mécaniques (pression interne, interaction pastille‑gaine, phénomènes de ballonnement ou d’éclatement). C’est précisément à cet enjeu que répond le programme EFFICAC.

Une coopération scientifique importante

Le projet repose sur une véritable complémentarité scientifique entre les partenaires permettant une répartition des différentes tâches du projet, de la production de données expérimentales jusqu’au développement de modèles implémentables dans les outils de simulation :

  • ASNR : essais sur matériaux non irradiés et développement des modèles,
  • CVŘ (République tchèque) : irradiation et essais sur matériaux irradiés. Accès à des expérimentations en réacteur d’essai, en complément des essais sur matériaux non irradiés menés à l’ASNR, 
  • ÚJV (République tchèque) : synthèse et capitalisation des connaissances avec l’implémentation dans des outils

Produire des données pour améliorer la sûreté

L’un des apports importants d’EFFICAC sera la production de données expérimentales sur des gaines irradiées revêtues de chrome, encore peu documentées à ce jour.

Le programme s’appuie sur une approche comparative : des essais mécaniques seront menés à la fois sur des gaines irradiées dans le réacteur expérimental LVR‑15, en République Tchèque, et sur des gaines non irradiées à l’ASNR.

Un point clé du projet consiste à déterminer dans quelle mesure les essais réalisés sur des matériaux non irradiés sont représentatifs comportement réel des matériaux après irradiation. Le projet cherchera notamment à savoir si les effets de l’irradiation peuvent être partiellement atténués lors de transitoires accidentels caractérisés par une forte élévation de température.

Un levier stratégique pour renforcer les connaissances et les outils

Le programme EFFICAC contribuera à améliorer la compréhension du comportement des gaines revêtues de chrome en conditions accidentelles et à consolider les modèles utilisés pour l’évaluation de la sûreté.

Les données produites viendront enrichir les outils de simulation en apportant des références expérimentales sur ces matériaux innovants.

Dans ce cadre, les résultats du programme pourront notamment être intégrés dans des plateformes de calcul comme FUEL+, contribuant ainsi à renforcer les capacités d’analyse et d’expertise associées à l’évaluation des combustibles.

Revêtement de Cr déposé par pulvérisation cathodique magnétron sur une gaine. Image réalisée avec un MEB (microscope électronique à balayage)

Type de contenu

L’ASNR, centre collaborateur de l’OMS, accueille la 18ᵉ réunion de coordination du réseau WHO-REMPAN

Introduction
Du 23 au 25 juin 2026, l’ASNR a accueilli sur son site de Fontenay-aux-Roses la 18ᵉ réunion de coordination du réseau international REMPAN (Radiation Emergency Medical Preparedness and Assistance Network), le réseau de l’Organisation mondiale de la santé dédié à l'aide médicale en cas d'urgence radiologique et nucléaire.

Du 23 au 25 juin 2026, l’ASNR a accueilli sur son site de Fontenay-aux-Roses la 18ᵉ réunion de coordination du réseau international REMPAN (Radiation Emergency Medical Preparedness and Assistance Network), le réseau de l’Organisation mondiale de la santé dédié à l'aide médicale en cas d'urgence radiologique et nucléaire.

Les participants à la 18ᵉ réunion de coordination du réseau WHO-REMPAN qui s’est tenue à l’ASNR du 23 au 25 juin 2026.

L’événement a réuni 100 experts internationaux, parmi lesquels des cliniciens, chercheurs et professionnels de santé publique issus de plus de 30 pays, dont 70 en présentiel. Parmi les participants figuraient également des représentants de l'OMS, d'organisations internationales, de centres collaborateurs de l'OMS, d'autorités nationales et d'institutions partenaires impliquées dans la médecine d'urgence radiologique et la préparation en santé publique.

Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques persistantes et des conflits armés en cours, la réunion a souligné la nécessité de maintenir des capacités robustes de préparation et de réponse face aux urgences radiologiques et nucléaires, tout en renforçant la coopération et la coordination internationales.

Dans ce cadre, la session d’ouverture de la réunion a été consacrée au dispositif français de réponse aux urgences radiologiques et nucléaires. 

Elle a donné un aperçu complet du dispositif de préparation et de réponse de la France, en mettant en lumière les mécanismes de coordination entre la Direction générale de la santé (DGS), le Centre national de référence pour les urgences radiologiques de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, l’hôpital militaire Percy (Hôpital d'Instruction des Armées Percy) représenté par l’expert médical national en risques chimique, biologique, radioactif et nucléaire (CBRN), et les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Cette session a permis d’illustrer la complémentarité des rôles opérationnels des principales parties prenantes ainsi que l’intégration efficace des capacités civiles et militaires au sein du système d’intervention français.

Au cours des trois jours suivants, les participants ont échangé leurs connaissances sur les avancées scientifiques, techniques et opérationnelles dans l’ensemble du domaine de la médecine des urgences radiologiques et de la préparation en santé publique. Le programme combinait des conférences plénières, des sessions techniques, des tables rondes et des échanges interactifs portant sur la préparation et le renforcement des capacités, la coopération internationale, la prise en charge médicale des lésions radiologiques et de la contamination interne, ainsi que la bio dosimétrie. 

Une revue des connaissances scientifiques actuelles sur les effets à long terme sur la santé de l'exposition aux rayonnements ionisants a constitué l'un des thèmes centraux de la réunion. S'appuyant sur les conclusions d'études de référence menées à Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl et lors d'autres incidents radiologiques, les participants ont débattu des risques sanitaires persistants et examiné comment ces connaissances pouvaient éclairer les futurs efforts de préparation, d'intervention et de rémédiation. Les nouvelles menaces mondiales, notamment les implications en matière de santé publique d'un conflit nucléaire, ont également été examinées.

Dernier temps fort de la réunion, une table ronde dédiée au rôle de l’intelligence artificielle dans la préparation et la réponse aux urgences radiologiques a exploré ses apports potentiels en matière d’aide à la décision, d’intégration des données, d’évaluation des risques et de coordination opérationnelle. Cette session a mis en évidence l’importance croissante des innovations numériques dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence.

La réunion a permis de renforcer les partenariats, de favoriser le partage de connaissances et d’identifier les priorités futures du réseau WHO-REMPAN. Elle a confirmé que la coopération internationale demeure un pilier essentiel pour améliorer la préparation et la réponse aux urgences radiologiques et nucléaires dans un environnement géopolitique de plus en plus complexe.

Pour en savoir plus


Session 1 : Renforcer la préparation des services médicaux et de santé publique face aux situations d'urgence radiologique et nucléaire en France.
Table ronde : Le rôle de l'IA dans la préparation et la réponse aux situations d'urgence radiologique.
Session 5 : Quinze ans après l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
Session 7 : Conséquences d'une guerre nucléaire sur la santé publique.
Session 8 : Interventions médicales et mesures de santé publique
Session 9 : Évaluation et gestion de la contamination interne.
1 / 6
Type de contenu

Avis de l’ASNR sur l’utilisation des radionucléides dans le cadre de la recherche clinique en médecine nucléaire

Introduction
L’ASNR publie des recommandations pour une meilleure prise en compte de la radioprotection dès les premières phases de la recherche clinique en médecine nucléaire et appelle à une mobilisation collective pour accompagner l’innovation dans un cadre sécurisé

L’ASNR publie des recommandations pour une meilleure prise en compte de la radioprotection dès les premières phases de la recherche clinique en médecine nucléaire et appelle à une mobilisation collective pour accompagner l’innovation dans un cadre sécurisé

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection publie son avis relatif à l’utilisation des radionucléides dans le cadre de la recherche clinique en médecine nucléaire, basé sur l’avis du groupe permanent d’experts en radioprotection (GPRP) du 11 juin 20241.

Dans un contexte de fort développement de la radiothérapie interne vectorisée (RIV), l’ASNR souligne que l’essor de ces traitements doit s’accompagner d’une prise en compte précoce et partagée des enjeux de radioprotection des patients, des professionnels, du public et de l’environnement. 

Les enjeux que soulève le développement de ces radiopharmaceutiques innovants sont en effet multiples : aménagement des installations, radioprotection des travailleurs, des patients et de leur entourage, gestion des déchets, et des effluents, organisation des prises en charge, robustesse de la chaine de production et de transport des radionucléides, disponibilité des compétences et des équipements nécessaires. Ces enjeux doivent être appréhendés dans leur globalité.

L’ASNR recommande la mise en place d’un groupe national de suivi de la médecine nucléaire thérapeutique afin d’assurer la coordination nécessaire au déploiement de ces évolutions dans un cadre sécurisé. L’objectif est de réunir l’ensemble des parties prenantes afin de favoriser une approche cohérente, progressive et fondée sur le retour d’expérience. Cette coordination doit également s’articuler avec les travaux conduits au niveau européen et national, notamment sur les conditions de développement, d’autorisation et de mise en œuvre des radiopharmaceutiques thérapeutiques2  3. L’ASNR souligne l’intérêt des travaux de coordination et d’anticipation conduits à ces deux échelles pour garantir la robustesse de la chaine de production, de gestion et de transport des radionucléides d’intérêt. 

Par ailleurs, l’ASNR insiste sur la nécessité de prendre en compte la radioprotection le plus en amont possible, dès la phase de conception des recherches cliniques, tant par les fabricants que par les promoteurs. Cela concerne notamment le choix du radionucléide, ses modalités de production, la limitation des impuretés de période longue, mais aussi le conditionnement du médicament radiopharmaceutique. Elle recommande ainsi que les informations nécessaires à l’évaluation des enjeux de radioprotection soient fournies dès la mise à disposition des documents décrivant le protocole de recherche. 

L’ASNR recommande également que les besoins matériels et organisationnels nécessaires à la réalisation de l’essai clinique dans de bonnes conditions de radioprotection soient anticipés, dès sa définition, . Cela inclut par exemple l’accès aux sources d’étalonnage des activimètres, au matériel de calibration des systèmes d’imagerie, aux équipements de protection adaptés, ainsi qu’aux informations utiles à la préparation, à l’administration des MRP et à la gestion des situations particulières. Les coûts induits pour l’acquisition des équipements doivent être pris en compte dans le cadre de la recherche car ils peuvent constituer un frein pour les services de médecine nucléaire.

L’ASNR souligne par ailleurs la nécessité d’acquérir plus systématiquement les données utiles à l’évaluation de la radioprotection des patients, des professionnels, de la population et de l’environnement dans le cadre des recherches cliniques sur les nouveaux radionucléides en médecine nucléaire, et d’en organiser le partage.

L’ASNR recommande en particulier aux fabricants, promoteurs et investigateurs de mieux documenter les données pertinentes pour la radioprotection des patients, de professionnels, du public et de l’environnement. 

L’ASNR préconise que les essais puissent s’appuyer sur des centres investigateurs pilotes pouvant disposer des ressources, des compétences et des moyens techniques nécessaires pour documenter de manière complète ces données de radioprotection. Les promoteurs devraient ensuite mettre à disposition ces données à l’ensemble des centres afin de faciliter l’obtention des autorisations, pour ces mêmes recherches ou pour les phases suivantes, comme pour le déploiement futur de ces traitements.

Enfin, l’ASNR rappelle que la recherche clinique doit aussi contribuer à faire progresser les connaissances en dosimétrie et en relation dose-effet, afin d’améliorer à terme la personnalisation des traitements et la traçabilité des doses reçues par les patients.

Thème
Type de contenu

Science du feu : les travaux de recherche de l’ASNR présentés à l’IAFSS 2026

Introduction
Du 8 au 12 juin 2026 à La Rochelle, le 15ᵉ International Symposium on Fire Safety Science (IAFSS) a réuni la communauté scientifique internationale autour des avancées récentes en science du feu.

Du 8 au 12 juin 2026 à La Rochelle, le 15ᵉ International Symposium on Fire Safety Science (IAFSS) a réuni la communauté scientifique internationale autour des avancées récentes en science du feu.

Cet événement de référence vise à partager les dernières connaissances et innovations dans le domaine : il est le rendez-vous de chercheurs de renommée internationale. Il constitue un espace d’échanges privilégié pour faire progresser la compréhension des phénomènes d’incendie et des risques associés, notamment en environnements industriels.

Des recherches au cœur des enjeux industriels

Dans ce cadre, les travaux conduits par l’ASNR contribuent à mieux comprendre les phénomènes accidentels complexes, en particulier les incendies en environnements contraints tels que les installations nucléaires.

Ces recherches s’appuient sur des plateformes expérimentales à grande échelle (GALAXIE) et sur des outils de simulation permettant d’analyser les interactions entre combustion, ventilation et rejets de polluants (S3AFER).

À l’occasion de l’édition 2026 du symposium, plusieurs travaux de R&D ont été présentés par l’ASNR, portant sur les feux en milieu confiné, les foyers complexes et les rejets de polluants en situation d’incendie. Ces travaux apportent des données expérimentales et des méthodes d’analyse utiles à l’étude et à la modélisation des scénarios d’incendie.

Partager les connaissances et renforcer la maîtrise des risques

La participation de l’ASNR à ce symposium international s’inscrit dans une démarche de partage des résultats de recherche et de contribution aux avancées scientifiques en sécurité incendie.

Elle favorise le développement d’échanges avec les acteurs académiques et industriels, contribuant à faire progresser les connaissances et à améliorer la maîtrise des risques dans des contextes industriels à forts enjeux.

Type de contenu

L’ASNR installe son Conseil scientifique

Introduction
Pour mener à bien ses missions d’évaluation et de contrôle des risques nucléaires et radiologiques, l’ASNR définit des programmes de recherche, menés en son sein ou en partenariat avec d'autres organismes de recherche français ou étrangers. La mission de recherche de l’ASNR vise d’une part à développer et maintenir les connaissances et compétences nécessaires à l’expertise dans les différents domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et d’autre part à faire progresser les connaissances fondamentales sur ces sujets.

Pour mener à bien ses missions d’évaluation et de contrôle des risques nucléaires et radiologiques, l’ASNR définit des programmes de recherche, menés en son sein ou en partenariat avec d'autres organismes de recherche français ou étrangers. La mission de recherche de l’ASNR vise d’une part à développer et maintenir les connaissances et compétences nécessaires à l’expertise dans les différents domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et d’autre part à faire progresser les connaissances fondamentales sur ces sujets.

Installation du Conseil scientifique de l'ASNR
De gauche à droite : Pierre-Marie Abadie, président de l'ASNR, Christelle Roy, directrice de l’institut « Nucléaire et particules » du CNRS, et Vincent Lagneau, directeur scientifique de l’ASNR.

L’ASNR met en place aujourd’hui son conseil scientifique, organe externe de conseil pour cette mission et moteur d’exigence sur la qualité des recherches. Prévu par la loi relative à la gouvernance de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (loi n° 2024-450 du 21 mai 2024), ses principales missions seront d’accompagner l’ASNR dans la définition de ses orientations de recherche, dans la mise en œuvre de sa politique scientifique. Il participera également à l’évaluation de la qualité de ses recherches et prendra part au dialogue avec les parties prenantes.

Le Conseil Scientifique se réunit pour la première fois ce 8 juin 2026. Cette séance d’installation marque également pour l’ASNR le lancement du chantier de construction de sa stratégie de Recherche à 10 ans, piloté par le Directeur Scientifique.

Onze personnalités composent le Conseil, nommées en raison de leurs compétences et de leur expertise dans le périmètre des missions et activités de recherche de l’ASNR. Il est présidé par Christelle Roy, directrice de l’institut « Nucléaire et particules » du CNRS.

Les membres du Conseil scientifique : 

  • Ulla Engelmann, directrice sûreté et sécurité nucléaires au Joint Research Centre (JRC) de la Commission Européenne ;
  • Gilles Faÿ, professeur en mathématiques appliquées à l’école Centrale Supélec, Université Paris-Saclay ;
  • Béatrice Fervers, oncologue, épidémiologiste, professeure au Centre Léon Bérard de Lyon ;  
  • Frederico Garrido, professeur des universités en Physico-chimie des matériaux à l’Université Paris-Saclay ; 
  • Didier Gay, directeur de la stratégie, des politiques scientifiques et de la communication de l’Ineris ; 
  • Benoit Journé, professeur des universités à l’Université de Nantes et Directeur de l’IAE Nantes Economie et Management ; 
  • Federico Rocchi, directeur du laboratoire pour la sûreté des installations nucléaires à l’ENEA - agence nationale italienne pour les nouvelles technologies, l’énergie et le développement durable ; 
  • Christelle Roy, directrice de l’institut « Nucléaire et particules » du CNRS ;
  • Juliette Thariat, professeure des universités, praticien hospitalier en cancérologie-radiothérapie au centre de lutte contre le cancer de Caen-François Baclesse ; 
  • Marie-Hélène Tusseau-Vuillemin, ingénieure générale des ponts, des eaux et des forêts, directrice de la politique scientifique et des partenariats de l’Institut Agro ; 
  • Eric Vindimian, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts honoraire. 

La mission de recherche de l’ASNR

L’ASNR définit des programmes de recherche pluridisciplinaires, menés en son sein ou en partenariat avec d'autres organismes de recherche français ou étrangers.

La recherche menée par l’ASNR se décline selon deux axes : maintenir et développer les connaissances et compétences nécessaires à l'expertise dans les différents domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et faire progresser les connaissances fondamentales, notamment pour comprendre les effets des rayonnements ionisants sur la santé et l’environnement.



Installation du Conseil scientifique de l'ASNR
De gauche à droite : Frederico Garrido, Eric Vindimian, Gilles Faÿ, Christelle Roy, Federico Rocchi et Didier Gay.
Installation du Conseil scientifique de l'ASNR
Séance d'installation du Conseil scientifique de l'ASNR.
Type de contenu

Journées des thèses 2026 : le temps fort de la formation par la recherche à l’ASNR

Introduction
Du 24 au 27 mars 2026, l’ASNR a organisé ses Journées des thèses à Saint-Cyr-sur-Mer.
Ce rendez-vous annuel incontournable a réuni 89 des 91 doctorants qui mènent une thèse ASNR ainsi que leurs encadrants, autour de trois journées pensées comme un véritable séminaire scientifique.

Du 24 au 27 mars 2026, l’ASNR a organisé ses Journées des thèses à Saint-Cyr-sur-Mer. 

Ce rendez-vous annuel incontournable a réuni 89 des 91 doctorants qui mènent une thèse ASNR ainsi que leurs encadrants, autour de trois journées pensées comme un véritable séminaire scientifique.

« Prendre des décisions éclairées nécessite de disposer de connaissances à l’état de lart et dune synergie solide entre décision, expertise et recherche», a rappelé Olivier Dubois, commissaire de l’ASNR, dans son discours d’ouverture. De fait, les doctorants ont présenté l’état d’avancement de leurs travaux devant un public attentif, favorisant les échanges avec leurs pairs au plus haut niveau d’expertise dans tous les domaines de la sûreté nucléaire, tels que la thermohydraulique, l’incendie ou le confinement des radionucléides, ou côté radioprotection avec l’étude de l’effet des radiothérapies innovantes sur les tissus sains, ou celle de l’effet des contaminations à faibles doses. Renforçant les liens au sein de la communauté scientifique de l’ASNR, présentations orales, sessions posters, temps de discussion, conférences, visites et concours « 3 minutes pour une thèse » ont rythmé ces quatre journées riches et stimulantes.

Vincent Lagneau, directeur scientifique de l’ASNR, s’est réjoui de ces Journées des thèses qui « ont été l’occasion de célébrer une recherche en action et de mettre à l’honneur une jeune génération de chercheurs, pleinement engagée et partie intégrante de l’excellence scientifique de l’ASNR. »  Olivier Gupta, directeur général de lASNR, l’a souligné en clôture des Journées : «les citoyens attendent de lASNR quelle sappuie sur des faits scientifiques solides». Les doctorants ont une part importante dans la construction de ces faits, et ont fait entendre leur voix dans un «contexte international qui impose de défendre avec conviction la voix de la science ».

Créativité et vulgarisation scientifique à l’honneur

Temps fort de ces Journées, le concours «3 minutes pour une thèse », inspiré du dispositif national Ma thèse en 180 secondes, a permis à huit doctorants de deuxième et troisième années de présenter leurs travaux de manière synthétique et accessible, en laissant libre cours à leur créativité.

Cette édition a été remportée par Myriam Brisset, du Laboratoire de recherche en radiochimie, spéciation et imagerie (LRSI). Grâce à sa présentation intitulée «Je suis maniaque », elle a su capter l’attention du public avec humour pour expliquer sa thèse :
« Études in vitro et in vivo de la décorporation des actinides par des agents séquestrants polyhydroxamiques bioinspirés ».

La prestation de l’ensemble des 8 candidats est disponible sur la chaine Youtube de l’ASNR

Les doctorants de première année ont également été mis à l’honneur à travers l’exercice exigeant de la réalisation d’un poster scientifique, véritable outil de valorisation de leurs recherches. Trois d’entre eux ont été récompensés pour la qualité de leurs travaux :

  • Le 1er prix a été attribué à Mme Jade COME du Laboratoire de radiobiologie des expositions médicales (LRMed) pour son poster sur l’impact du fractionnement spatial de la dose d’irradiation sur la réponse vasculaire pulmonaire chez la souris.
  • Le 2e prix a été décerné à Mme Angélique CHIRON du Laboratoire de radiotoxicologie et radiobiologie expérimentale (LRTOX)
  • Le 3e prix est revenu à M. Antonin AULARD du Laboratoire d'expérimentation des feux (LEF) 

La formation par la recherche à l’ASNR : une mission fondamentale

Comme pour tout organisme de recherche, la formation par la recherche constitue pour l’ASNR une mission essentielle de transmission des savoirs et des compétences, tout en renforçant les liens avec le monde académique. Pleinement intégrés aux laboratoires, les doctorants contribuent activement à l’excellence scientifique de l’Autorité, en bénéficiant d’apports académiques extérieurs qui enrichissent leurs travaux.

L’analyse du devenir professionnel des doctorants diplômés entre 2020 et 2023 témoigne de cette dynamique positive : près de deux tiers des docteurs sont en emploi six mois après leur soutenance, et 43 % accèdent à un CDI dès leur première année. Trois ans après l’obtention du doctorat, ce taux atteint 72 %, contre 67 % en moyenne au niveau national.

Ces résultats illustrent la qualité de l’accompagnement proposé, la pertinence des sujets de thèse et l’attractivité des doctorats réalisés à l’ASNR.

Chaque année, l’ASNR propose une trentaine de nouveaux sujets de thèses de doctorat, associées à de nombreuses écoles doctorales. La campagne de recrutement des thèses 2026 est toujours en cours ! 

Vous pouvez consulter les sujets encore disponibles pour des contrats doctoraux proposés par l’ASNR (doctorants salariés par l’ASNR) dans la rubrique des offres d’emploi de l’Autorité : https://irsn-career.talent-soft.com/offre-de-emploi/liste-offres.aspx, type de contrat « doctorat ».

Thème
Type de contenu

Des bâtiments historiques comme sismomètres de pierre. L’archéosismologie au sommaire de Pour la Science

Introduction
Chaque installation nucléaire est conçue pour résister au pire séisme historique de la région. Mais comment évaluer les caractéristiques de ce séisme ? Cela suppose de remonter à l’activité sismique à l’échelle de plusieurs siècles…

Chaque installation nucléaire est conçue pour résister au pire séisme historique de la région. Mais comment évaluer les caractéristiques de ce séisme? Cela suppose de remonter à lactivité sismique à l’échelle de plusieurs siècles… 

La faible sismicité dans l’Hexagone ne favorise pas la caractérisation des plus forts séismes du passé. Une solution originale consiste à prendre pour témoins les bâtiments historiques restés sur pied qui ont enregistré ces séismes dans leurs murs. Quel séisme a secoué ce mur? Comment ont-ils été réparés ? En croisant ces indices, l’ASNR espère révéler lactivité sismique passée dune région.

En partenariat avec le magazine Pour la Science, l’ASNR traite de la diversité de ses sujets de recherche. Les cahiers à venir dans les numéros de juin, de septembre et de décembre exploreront d’autres domaines de recherche de l’Autorité, en radioprotection de la santé de l’homme, de l’environnement ou en sûreté nucléaire.

 

Type de contenu

L’ASNR rencontre ses partenaires au Japon

Introduction
Du 23 au 25 mars 2026, une délégation de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), conduite par son président Pierre-Marie Abadie et composée de la commissaire Stéphanie Guénot-Bresson, du directeur de l’expertise de sûreté nucléaire Igor Le Bars, de l’adjoint au directeur international Thierry Granier et de l’adjointe au chef de l’unité ERASME à la direction des équipements sous pression nucléaires Rachel Vaucher, s’est rendue au Japon pour des réunions de haut niveau avec ses deux principaux partenaires japonais dans le domaine de la sûreté nucléaire.

Du 23 au 25 mars 2026, une délégation de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), conduite par son président Pierre-Marie Abadie et composée de la commissaire Stéphanie Guénot-Bresson, du directeur de l’expertise de sûreté nucléaire Igor Le Bars, de l’adjoint au directeur international Thierry Granier et de l’adjointe au chef de l’unité ERASME à la direction des équipements sous pression nucléaires Rachel Vaucher, s’est rendue au Japon pour des réunions de haut niveau avec ses deux principaux partenaires japonais dans le domaine de la sûreté nucléaire.

La mission a débuté à Tokyo par la 10ᵉ réunion bilatérale avec l’autorité de réglementation nucléaire japonaise (NRA), en présence de son président, Shinsuke Yamanaka, et de deux de ses commissaires. Cette réunion a permis de faire le point sur les enjeux actuels de la sûreté dans les deux pays et d’échanger sur plusieurs sujets d’intérêt commun : retraitement du combustible, coopération sur les pratiques du contrôle, corrosion sous contrainte, comportement du combustible en conditions accidentelles, propulsion nucléaire maritime, encadrement réglementaire de la fusion et intelligence artificielle. Les actions de coopération prioritaires pour l’année à venir ont en outre été mises à jour.  

La délégation a par la suite rencontré le président de l’agence japonaise de l’énergie atomique (JAEA), Masanori Koguchi. À cette occasion, l’accord de coopération entre l’ASNR et la JAEA dans le domaine de la recherche en sûreté nucléaire a été renouvelé. 

Ces réunions ont été suivies de la visite de la centrale nucléaire de Tokai Daini, actuellement en arrêt, où des travaux importants de renforcement de la protection contre les tsunamis sont en cours. La délégation s’est également rendue sur les sites de Tokai et d’Oarai de la JAEA afin de visiter plusieurs installations expérimentales ou de recherche dont, notamment, STACY, une des rares installations au monde à permettre l’études des accidents de criticité, objet d’une coopération déjà ancienne avec l’IRSN, ainsi que le HTTR, réacteur expérimental à haute température refroidi au gaz. 

La mission s’est terminée par un dîner à l’Ambassade de France à Tokyo, sur l’invitation de Madame l’ambassadrice Béatrice Le Fraper du Hellen, lors duquel les partenariats de l’ASNR ont pu être resitués dans le contexte global des relations France-Japon. 

Ce déplacement a permis de renforcer les liens entre l’ASNR et ses homologues japonais tant sur le plan de la réglementation et du contrôle que de l’expertise et de la recherche. La richesse des échanges a confirmé l’intérêt mutuel d’une coopération étroite et durable face aux enjeux communs en sûreté nucléaire et radioprotection. Le prochain temps fort de cette coopération sera la tenue d’un séminaire tripartite ASNR/NRA/JAEA dédié à la recherche en novembre 2026.

Assis, de gauche à droite : Tomoyuki SUGIYAMA (Commissaire NRA), Pierre-Marie ABADIE (Président ASNR), Shinsuke YAMANAKA (président de NRA), Stéphanie GUENOT-BRESSON (Commissaire ASNR). 
Debout, de gauche à droite : Teruyo FUNADA (NRA), Shinji KINJO (NRA), Igor LEBARS (ASNR), Rachel VAUCHER (ASNR), Thierry GRANIER (ASNR)

A gauche, Pierre-Marie ABADIE, Président de l'ASNR, and à droite, Masanori KOGUCHI, Président de la JAEA.

Type de contenu

L'ASNR et le JRC renforcent leur collaboration scientifique

Introduction
La première réunion du comité directeur de l'accord de collaboration entre le Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne et l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) s'est tenue à Bruxelles le 13 janvier 2026.

Lors de la première réunion du comité directeur de leur accord de collaboration, qui s'est tenue à Bruxelles le 13 janvier 2026, le Centre commun de recherche (JRC-CCR) de la Commission européenne et l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) ont réaffirmé leur engagement de longue date à poursuivre le développement et le renforcement d'une collaboration scientifique solide. L'ASNR est issue de la fusion, en 2025, de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l'organisme technique de sûreté (IRSN).

Vincent Lagneau, directeur scientifique de l'ASNR (à droite), et Ulla Engelmann, directrice Sureté et Sécurité du Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne (à gauche), ont présidé la réunion
Vincent Lagneau, directeur scientifique de l'ASNR (à droite), et Ulla Engelmann, directrice Sureté et Sécurité du Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne (à gauche), ont présidé la réunion

Les deux parties ont approuvé un amendement à l'accord de collaboration de 2017 entre l'IRSN et le CCR, prolongé en 2022, afin de :

  • transférer les droits et obligations de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) liés à l'accord à l'ASNR avec effet au 1er janvier 2025 ;
  • ajouter de nouvelles actions d'intérêt dans le domaine des applications médicales de la science nucléaire ;
  • faciliter la mise en œuvre de l'accord grâce à une simplification des procédures.

Le comité directeur a examiné les progrès réalisés depuis 2022, avec cinq projets achevés et cinq autres en cours dans les domaines des données nucléaires, de la sûreté du combustible, de la surveillance environnementale de la radioactivité, de la radioprotection, de la sûreté des réacteurs et de la modélisation. Le comité directeur a également discuté des activités futures possibles dans les domaines des applications médicales, du vieillissement et du comportement mécanique des ouvrages de génie civil, et de la création d'une plateforme de codes informatiques européens pour la sûreté du combustible nucléaire et les simulations d'accidents de réacteurs, pour n'en citer que quelques-unes.

Les deux organisations ont souligné l'importance stratégique des infrastructures, des compétences et des aptitudes en matière de recherche, et ont exprimé leur intention de promouvoir les échanges de scientifiques, en particulier d'étudiants, ainsi que de faciliter l'utilisation de leurs plateformes expérimentales, codes et bases de données par le biais des mécanismes existants (programme Open Access du CCR, OFFERR) ou de mécanismes bilatéraux ou multilatéraux ad hoc. 

Le Centre commun de recherche et l'ASNR poursuivront donc leur étroite collaboration dans le cadre de cet accord bilatéral, notamment par le biais de projets communs visant à faire progresser la recherche dans divers domaines tels que la sûreté nucléaire du combustible nucléaire ou les données nucléaires, ainsi que par leur participation commune à des consortiums européens tels que les projets financés par Euratom.

Les participants à la réunion
Les participants à la réunion qui s'est tenue à la Maison Irène et Frédéric Joliot Curie à Bruxelles (Belgique).

Retracer et anticiper les contaminations des fleuves : les résultats clés du projet de recherche TRAJECTOIRE

Introduction
Comment reconstituer l’histoire des contaminations anthropiques des fleuves ? C’est à cette question qu’a cherché à répondre le projet de recherche TRAJECTOIRE, en s’appuyant sur les archives naturelles que constituent les sédiments fluviaux.

Comment reconstituer l’histoire des contaminations anthropiques des fleuves ? C’est à cette question qu’a cherché à répondre le projet de recherche TRAJECTOIRE, en s’appuyant sur les archives naturelles que constituent les sédiments fluviaux.

Né d’un questionnement d’expertise relatif à une contamination de la Loire survenue au début des années 1980, TRAJECTOIRE a élargi sa focale à l’échelle des grands bassins versants français, dans une approche interdisciplinaire et intégrée, combinant l’analyse géochimique et radiochronologique des archives sédimentaires à l’exploitation de corpus documentaires.

Formant un consortium de 7 partenaires scientifiques[1], ce projet, soutenu par l’ANR, a commencé en janvier 2020 autour de plusieurs enjeux :

  1. Etudier trois familles de contaminants « emblématiques » : les radionucléides, les microplastiques et leurs dérivés, et les métaux de haute technologie ou métaux dits « critiques ».
  2. Reconstruire leurs trajectoires temporelles, c’est-à-dire l’évolution des concentrations dans les grands bassins versants français depuis le début du siècle dernier afin de connaître l’émergence des contaminations et les niveaux au fil du temps.
  3. Documenter les sources de contamination (pressions exercées) afin d’expliquer les trajectoires observées.
  4. Identifier les liens de causalité entre les observations (état des milieux) et les pressions exercées en utilisant des modèles adossés à l’intelligence artificielle.
  5. Utiliser ces modèles afin d’être en mesure de proposer des trajectoires prédictives de contamination sur la base de scenarios.

Cinq ans après le démarrage du projet, l’équipe du Laboratoire de recherche sur les transferts de radionucléides dans les écosystèmes aquatiques (LRTA) a présenté les principaux résultats devant une large communauté scientifique lors d’un colloque de restitution finale à l’auditorium ASNR de Fontenay-aux-Roses.

[1] ASNR, EPOC (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux ; Université de Bordeaux, CNRS), METIS (Milieux Environnementaux, Transferts et Interactions dans les hydrosystèmes et les Sols ; Sorbonne Université, CNRS), LEHNA (Laboratoire d'Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés ; CNRS), LSCE (Laboratoire de Sciences du Climat et de l'Environnement ; CNRS, CEA), M2C (Morphodynamique Continentale et Côtière ; CNRS), MIO (Mediterranean Institute of Oceanography ; Université d'Aix-Marseille).

Que retenir des résultats ?

Plus de 50 mètres d’archives sédimentaires cumulés ont été extraits en aval de la Loire, du Rhône, du Rhin, de la Seine, de la Garonne, de la Meuse et de la Moselle à partir desquels les trajectoires des concentrations en contaminants ont pu être retracées.

De bonnes corrélations entre les pics de concentrations de césium 137 (¹³⁷Cs) observées dans les archives sédimentaires et les maximums des retombées atmosphériques reconstruites à l’échelle de bassins versants ont été obtenues. Ces résultats indiquent qu’à cette échelle spatiale, les valeurs des paramètres régissant le transfert de ce radionucléide depuis les sols jusqu’au cours d’eau, — tels que la migration dans les sols et le taux d’export par ruissellement — apparaissent similaires d’un grand bassin versant à l’autre. Ils constituent ainsi des références utiles pour les modèles opérationnels.

Les trajectoires temporelles du tritium, recherché sous sa forme organiquement liée dans les archives, mettent en évidence des marquages significativement supérieurs aux niveaux enregistrés dans les eaux de pluies (tritium libre) sur la même période. Ces écarts s’expliquent par le transfert aux fleuves, via le lessivage des bassins versants, de particules organiques provenant de la dégradation de la biomasse terrestre exposée aux retombées atmosphériques issues des essais nucléaires aériens et dans le cas de la Seine, du centre CEA de Valduc. Pour le Rhône et le Rhin, les rejets diffus liés à l’industrie horlogère franco-suisse contribuent majoritairement à ces différences.

L’analyse du potassium 40 (⁴⁰K) a révélé l’empreinte de l’usage des engrais potassiques avec des maximums dans les années 1980, en lien avec l’intensification agricole, suivi d’un déclin rapide reflétant une bonne capacité de résilience environnementale, c’est-à-dire un retour relativement rapide vers l’état initial caractérisant la période antérieure à la contamination. L’importante solubilité, donc mobilité, du 40K favorise très probablement cette capacité du système à évacuer sa contamination.

Les résultats relatifs aux microplastiques ne sont actuellement pas publiés. Ils ne le seront pas avant une qualification rigoureuse des protocoles analytiques employés, nombreux au sein de la communauté scientifique travaillant sur ces contaminants. L’analyse des dérivés plastiques tels que les phtalates montrent néanmoins que les concentrations ont augmenté après les années 1950-1970, avec des variations selon les rivières. Les travaux ont en outre permis de souligner des corrélations entre des paramètres géochimiques propre à la matière organique et les concentrations de ces contaminants.

Dans la famille des métaux, une revue critique a montré que, dans le bassin versant de la Gironde, la résilience vis-à-vis des contaminants historiques (Cd, Zn, Pb, Cu) dépend de la gestion des résidus miniers et des sédiments contaminés.

Un modèle d’intelligence artificielle, le HRHN (Hierarchical Attention-Based Recurrent Highway Networks), a été conçu pour prédire les concentrations de ces contaminants dans les rivières, en particulier le césium 137 (¹³⁷Cs) et le potassium 40 (⁴⁰K), deux radionucléides d’origine anthropique ou naturelle. Grâce à son apprentissage et aux jeux de données exploités, le modèle développé identifie et hiérarchise les variables explicatives (débit minimal, lessivage, dépôts atmosphériques, inventaire dans les sols et rejets industriels) et représente correctement les interactions entre ces variables pour la grande majorité des fleuves français. Le modèle permet ainsi de réaliser des projections sur la base de scénarios. Des projections jusqu’en 2100 ont été réalisées sur le Rhône, en explorant divers scénarios : rejets extrêmes, reproduction des événements historiques, effets du changement climatique via une baisse progressive du débit (projections INRAE). Ces simulations montrent que, comme attendu, la diminution du débit accentue les concentrations de ¹³⁷Cs, quel que soit le scénario.

Extraction des archives sédimentaires
De gauche à droite : Mise en place du carottier sur les berges de la Garonne en aval du CNPE de Golfech ; Visualisation d’une archive sédimentaire sur les berges du Rhône ; Extraction d’une archive sur les berges de la Meuse en aval du CNPE de Golfech

Le compte-rendu final

La totalité des résultats du projet a été publiée dans un rapport disponible ici : Compte-rendu final du projet de recherche TRAJECTOIRE

Type de contenu