Réacteurs EPR2 de Penly : l’ASNR achève la phase d’expertise de la demande d’autorisation de création

Introduction
L’ASNR est sur le point d’achever la phase d’expertise de la demande d’autorisation de création de deux réacteurs de type EPR2 sur le site de Penly, conformément au calendrier qu’elle avait établi. Les avis formulés sont publiés sur le site Internet de l’ASNR.

L’ASNR est sur le point d’achever la phase d’expertise de la demande d’autorisation de création de deux réacteurs de type EPR2 sur le site de Penly, conformément au calendrier qu’elle avait établi. Les avis formulés sont publiés sur le site Internet de l’ASNR.

Au cours de cette phase, et sur la base des expertises qu’elle a réalisées, l’ASNR a consulté le groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR) à trois reprises : sur la conception des systèmes de sûreté, sur les études relatives aux accidents sans fusion du cœur et sur la prise en compte des agressions dans la démonstration de sûreté nucléaire.

Le Groupe permanent d’experts a conclu que, à ce stade du projet et au regard des objectifs de sûreté assignés aux réacteurs EPR2 :

  • la conception des systèmes de sûreté apparaît appropriée,
  • les démarches, les hypothèses et les dispositions de conception retenues à l’égard des risques d’agressions examinés sont globalement adaptées,
  • les résultats des études des accidents sans fusion du cœur sont acceptables.

L’ASNR prendra en compte les conclusions de ces expertises dans son examen de la demande d’autorisation déposée par EDF, qui conduira à un avis qu’elle rendra au Gouvernement d’ici la fin de l’année 2026.

En complément de l’examen technique du dossier mené par l’ASNR, la procédure d’instruction conduite par le ministre chargé de la sûreté nucléaire se poursuit, avec une enquête publique qui se tient du 22 janvier au 4 mars 2026.

Type de contenu

L’ASNR formule ses attentes concernant le système de renforcement du sol nécessaire à l’implantation de réacteurs EPR2 sur le site de Gravelines

Introduction
Le programme EPR2 d’EDF comporte un projet de construction de six réacteurs répartis sur les sites de Penly, de Gravelines et du Bugey. Le site de Gravelines présente une configuration géologique particulière nécessitant un renforcement du sol avant la construction des réacteurs. L’ASNR a débuté l’instruction des modalités envisagées pour ce renforcement et a émis un premier avis d’expertise.

Le programme EPR2 d’EDF comporte un projet de construction de six réacteurs répartis sur les sites de Penly, de Gravelines et du Bugey. Le site de Gravelines présente une configuration géologique particulière nécessitant un renforcement du sol avant la construction des réacteurs. L’ASNR a débuté l’instruction des modalités envisagées pour ce renforcement et a émis un premier avis d’expertise. 

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Gravelines - © EDF/HappyDay/J.-L. Burnod

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Gravelines - © EDF/HappyDay/J.-L. Burnod

Le site de Gravelines est caractérisé par un sol meuble sur une forte épaisseur, ce qui, conjugué à la masse importante des réacteurs EPR2, rend nécessaire la mise en place d’un système de renforcement du sol avant d’entreprendre la construction de ces réacteurs, notamment pour limiter les tassements. 

A la demande d’EDF et au vu du caractère structurant de ce sujet pour le projet de réacteurs EPR2 à Gravelines, l’ASNR a décidé d’en engager l’instruction de manière anticipée par rapport à une future demande d’autorisation de création. Cette instruction s’appuie sur plusieurs expertises portant sur les différents aspects techniques du dossier. Un premier avis d’expertise, rendu le 23 juillet 2025 par la Direction de l’expertise en sûreté de l’ASNR, porte sur la démarche mise en œuvre par EDF pour choisir les solutions de renforcement qui seront mises en place et pour évaluer leur efficacité. Cet avis identifie en outre des points de vigilance concernant la justification du comportement de ces renforcements en cas de séisme.

Sur la base de cet avis, l’ASNR a précisé dans un courrier adressé à EDF les éléments qu’elle estime nécessaires pour démontrer l’acceptabilité technique d’un système de renforcement du sol.

EDF a indiqué mener des réflexions sur des solutions techniques alternatives pour le système de renforcement de sol. Les échanges techniques entre l’ASNR et EDF sur ce sujet se poursuivront dans les prochains mois.

Le programme EPR2 s’inscrit dans le plan de relance du nucléaire en France. Dans ce cadre, EDF propose de construire une paire de réacteurs EPR2 sur chacun des sites de Penly (Normandie), Gravelines (Hauts-de-France) et Bugey (Auvergne-Rhône-Alpes). En juin 2023, EDF a déposé la demande d’autorisation de création des réacteurs EPR2 de Penly. Cette demande est en cours d’instruction. EDF prévoit de déposer sa demande d’autorisation de création des réacteurs EPR2 de Gravelines dans les prochains mois. 

Pour en savoir plus :

Thème

Bilan de la surveillance de la radioactivité en Polynésie française en 2023 et 2024

Introduction
En 2023 et 2024, la surveillance radiologique de l’environnement en Polynésie française confirme la stabilité des niveaux de radioactivité, qui demeurent dans la continuité des années antérieures, à un niveau très bas. Cette radioactivité artificielle résiduelle est quasi exclusivement attribuable au césium 137.

En 2023 et 2024, la surveillance radiologique de l’environnement en Polynésie française confirme la stabilité des niveaux de radioactivité, qui demeurent dans la continuité des années antérieures, à un niveau très bas. Cette radioactivité artificielle résiduelle est quasi exclusivement attribuable au césium 137.

Télécharger le rapport du bilan 2023-2024 et le rapport des annexes au bilan

Localisation des neuf îles de Polynésie française retenues dans le programme de surveillance radiologique environnementale 2023-2024 - © ASNR

En 2023 et 2024, l’ASNR a poursuivi la surveillance radiologique environnementale des sept îles représentatives de la Polynésie française (cinq îles hautes et deux atolls) qu’il suit régulièrement depuis 1998, complétée par une île haute supplémentaire, Bora-Bora (archipel de la Société) et un atoll, Takapoto (archipel des Tuamotu).
Les 302 échantillons prélevés de nature variée proviennent des différents milieux (atmosphérique, terrestre et marin) avec lesquels la population peut être en contact incluant des denrées alimentaires issues du milieu marin de pleine mer, du milieu marin lagonaire et du milieu terrestre.
Ces nouvelles campagnes de mesures, dans la continuité de celles de ces dernières années, confirment la stabilité des niveaux de radioactivité artificielle résiduelle décelable dans l’environnement polynésien. Ils se situent à un niveau très bas et sont essentiellement attribuables au césium 137 (137Cs).

La dose efficace annuelle totale pour un adulte vivant à Tahiti résultant de toutes les sources de rayonnement, naturelles et artificielles, est estimée autour de de 1,7 mSv, hors exposition médicale . Elle est quasi-totalement attribuable au rayonnement cosmique et aux éléments radioactifs naturels, moins de 0,1% étant dû à la radioactivité d’origine artificielle résultant des essais nucléaires français et internationaux. Cette dose efficace annuelle due à la radioactivité naturelle pour un adulte polynésien est inférieure à la dose efficace annuelle moyenne à l’échelle mondiale, estimée à 3 mSv et où prédomine l’exposition au radon qui est moins abondant dans l’air en Polynésie française.

Enfin, dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris 2024, le LESE a assuré une surveillance radiologique renforcée sur le site olympique qui a accueilli les épreuves de surf à la demande des pouvoirs publics.

Les derniers résultats de mesure en Polynésie française sont intégrés sur le site www.mesure-radioactivite.fr  du Réseau national de mesure de la radioactivité de l’environnement (RNM) afin de les rendre accessibles au public ainsi que sur le site internet de l’ASNR (www.asnr.fr) et via l’entrepôt de données de la surveillance radiologique de l’ASNR (https://www.data.gouv.fr/datasets/donnees-de-la-surveillance-radiologiq…).

Type de contenu

Restitution publique des résultats de l'étude radiologique du site Orano de Malvési

Introduction
L’ASNR a restitué publiquement le 3 juillet 2025 les résultats de son étude radiologique du site Orano de Malvési.

L’ASNR a restitué publiquement le 3 juillet 2025 les résultats de son étude radiologique du site Orano de Malvési.

Prélèvement de blé à proximité du site Orano de Malvési

Lors d’une réunion ouverte au public organisée par la CLI ECRIN (1), qui s’est tenue à Moussan (11) le 3 juillet 2025, les principaux résultats de l’étude radiologique du site (ERS) (2) Orano de Malvési (3), réalisée par l’ASNR de 2020 à 2023, ont été présentés au public, aux autorités locales, en présence de l’exploitant. Mme Arditi, vice-présidente de l’Observatoire des rejets et membre de la CSS d’Orano Malvési, a introduit la restitution de l’ERS (lien vers l’encart ci-dessous) et M. Monié, Maire de Moussan et représentant de l’agglomération du Grand Narbonne a conclu, en remerciant l’ASNR pour son travail.

Mme Arditi : « Il était intéressant pour l’observatoire des rejets d’avoir, après les nombreuses modifications industrielles réalisées ces dix dernières années, un état des lieux de l’influence du site de Malvési sur l’environnement et, chose nouvelle par rapport à des études antérieures, une évaluation de l’exposition de la population. C’est pourquoi l’observatoire a été partie prenante durant les trois années de l’étude. »

Les études de terrain menées par l’ASNR dans les différents compartiments de l’environnement, à savoir les compartiments atmosphérique, terrestre et aquatique, ainsi que les mesures in situ terrestres et aéroportées du débit de dose ont été détaillées au cours de cette restitution publique. Réalisée à partir des mesures radiologiques de terrain et d’une enquête sur le mode de vie de la population de la région de Narbonne, l’évaluation de l’exposition de la population riveraine aux rejets et au rayonnement provenant du site Orano de Malvési a également été présentée à l’occasion de cette réunion.

L’ensemble des études menées par l’ASNR a permis de mieux caractériser l’influence des rejets d’uranium effectués par le site Orano de Malvési et d’améliorer les connaissances scientifiques sur le devenir des radionucléides dans l’environnement. Ainsi, l’influence du site Orano de Malvési sur son environnement s’est réduite depuis les études précédentes de 2008-2010, en cohérence avec la baisse des rejets du site. De plus, les mesures à bas niveau réalisées spécifiquement dans le cadre de l’ERS ont confirmé les activités mesurées dans le cadre des programmes annuels de surveillance d’Orano et de l’ASNR. L’ERS a par ailleurs, permis de mesurer précisément le rayonnement gamma émis par le parc d’entreposage des concentrés miniers au nord du site et d’en déduire une évaluation réaliste de l’exposition des riverains proches.

Il ressort de l’ensemble de ces études que l’exposition des riverains du site Orano de Malvési par ingestion et inhalation de radionucléides rejetés dans l’environnement est faible, de l’ordre du µSv/an. Au nord du site de Malvési, où se trouve le parc d’entreposage des concentrés miniers, l’exposition externe aux rayonnements varie selon les scénarios d’exposition et peut atteindre quelques dizaines de µSv/an. Dans tous les cas, l’exposition de la population à proximité du site Orano de Malvési est inférieure au seuil d’exposition de 1 mSv/an figurant dans la réglementation (article R. 1333-11 du Code de la Santé Publique).

Les rapports scientifiques publiés dans le cadre de l’ERS du site Orano de Malvési

A la date de publication de cette note (septembre 2025), deux rapports relatifs aux études radiologiques des milieux atmosphérique et terrestre ont été publiés sur le site internet de l’ASNR. Deux autres rapports relatifs d’une part à l’étude du milieu aquatique de surface, d’autre part à l’évaluation de l’exposition des riverains du site sont en cours d’élaboration et seront publiés dans les mois à venir.

Les études menées sur les compartiments atmosphérique et terrestre ont permis de déterminer les zones influencées par les rejets atmosphériques du site industriel, de quantifier les activités des radionucléides ajoutés dans l’air et en milieu terrestre, notamment dans les denrées, et d’identifier les principales sources de ces radionucléides. C’est ainsi que :

  • Les principales sources de radionucléides ajoutés dans l’air et dans le milieu terrestre peuvent provenir soit des rejets atmosphériques d’uranium par l’usine, soit de la remise en suspension de particules provenant du site ou de l’environnement proche et marqués par divers radionucléides naturels et artificiels dont certains peuvent résulter de rejets anciens, datant notamment de la période durant laquelle l’usine utilisait de l’uranium de retraitement (URT entre 1960 et 1983).
  • La zone la plus influencée par les rejets de l’usine est située à l’Est compte tenu de la rose des vents. L’activité volumique moyenne en 238U dans l’air à environ 1 km à l’est de l’usine est bien supérieure à la valeur moyenne mesurée au Nord-Nord-Est, à Cuxac-d’Aude, pris comme zone de référence hors influence du site.
  • Les analyses radiologiques mises en œuvre pour cette étude, qui ont permis de mesurer de très faibles niveaux de radioactivité dans les végétaux terrestres prélevés autour du site (feuilles d’arbre, blé, légumes-feuilles ou fruits), montrent que l’influence des rejets atmosphériques d’uranium de l’usine de Malvési est décelable à l’est du site jusqu’à une distance d’au moins six kilomètres dans les feuilles d’arbres et d’environ deux kilomètres dans les denrées. Les activités massiques en uranium 238 mesurées dans les feuilles de frêne prélevées à huit cents mètres à l’est de l’usine sont nettement supérieures à celles des feuilles prélevées en zone non-influencée par les rejets. Dans le blé et dans les légumes-feuilles prélevés entre un et deux kilomètres à l’est de l’usine, les activités massiques d’uranium 238 sont supérieures d’un ordre de grandeur à celles observées en zone non-influencée. 

(1) CLI ECRIN : Commission locale d’information relative à l’Installation nucléaire de base (INB) ECRIN (Installation d’Entreposage Confiné de Résidus Issus de la conversioN)
(2) Voir Etude radiologique de site (ERS)
(3) Site Orano de Malvési : dans les installations industrielles de Malvési, Orano purifie les concentrés miniers d’uranium et les convertit en UF4. Le site industriel comporte une usine de conversion de l’uranium qui est une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) et une installation d’Entreposage Confiné de Résidus Issus de la conversion en tant qu’installation nucléaire de base (INB ECRIN).

Type de contenu

Bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

Introduction
Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

Une amélioration de la qualité des données et une surveillance désormais recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle.

© ASNR

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) publie le bilan annuel 2024 de la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants en France, une mission réglementaire confiée à l’ASNR conformément aux dispositions de l'article R. 4451-134 du Code du travail. Le rapport présente les résultats de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI)1 des travailleurs, couvrant à la fois leur exposition externe et leur exposition interne. Il met en évidence la méthode d’élaboration du bilan, qui a évolué en 2024, tout en poursuivant l’analyse des niveaux d’exposition professionnelle, comme dans les rapports précédents.

Le bilan a été établi à partir des données de la surveillance dosimétrique individuelle (SDI) des travailleurs enregistrés dans le Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants (SISERI)2, pour l’exposition externe, et, pour la première fois, également pour l’exposition interne. Cette avancée majeure a été rendue possible grâce à la refonte du système SISERI, dont la nouvelle version a été mise en production en juin 2023. Cette refonte a permis d'améliorer considérablement la qualité et la fiabilité des données collectées, notamment pour l’exposition interne, grâce à une meilleure complétude des informations administratives et dosimétriques.

Téléchargez :

Les principaux constats

Extrait de l'infographie des chiffres-clés du bilan 2024 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

248 814 travailleurs surveillés en 2024 dans le cadre des activités professionnelles utilisant des sources de rayonnements ionisants

Dès début 2024, la transmission à SISERI des résultats dosimétriques des travailleurs faisant l’objet uniquement d’une surveillance radiologique (SR) (anciennement appelé « travailleurs non classés ») a été arrêtée. Par conséquent, l’effectif suivi en 2024 comprend désormais uniquement les travailleurs faisant l’objet d’une SDI, conformément à la réglementation (article R.4451-64 et 66 du Code du travail). De ce fait, il n’est plus pertinent de comparer les effectifs totaux de 2024 avec ceux des années précédentes. En revanche, une comparaison reste possible avec les effectifs des travailleurs suivis les années précédentes au titre d’une SDI. Ainsi, l’effectif surveillé en 2024 est en diminution de 4 % par rapport à celui des travailleurs bénéficiant d’une SDI en 2023. Cette baisse s’explique notamment par le fait que la transmission des résultats dosimétriques dans SISERI par les organismes accrédités n'est pas encore complètement exhaustive. Parmi cet effectif, 224 630 travailleurs (90%) exercent dans des activités civiles et militaires du domaine nucléaire, de l’industrie, de la recherche, du médical, du dentaire et du vétérinaire et 24 184 travailleurs (10%) sont suivis pour une exposition à la radioactivité naturelle, principalement des personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques. Comme les années précédentes, les domaines médical, dentaire et vétérinaire représentent la majorité des effectifs suivis (46 %), suivis par le domaine nucléaire (36 %).

Une exposition globalement stable par rapport à celle de l’année 2023

La dose efficace collective3 de l’ensemble des travailleurs faisant l’objet d’une SDI s’élève à 87,36 H.Sv en 2024, avec une prédominance nette de l’exposition externe, qui représente 99 % de cette valeur. Cette dose collective affiche une hausse d’environ 4 % par rapport à 2023 (84,23 H.Sv), en partie liée à l’augmentation de l’exposition des travailleurs du domaine nucléaire. 

Pour ce qui concerne les niveaux d’exposition individuelle, la très grande majorité des travailleurs suivis en 2024 a reçu une dose efficace annuelle4 inférieure à 1 mSv. Conformément à l’évaluation individuelle préalable tenant compte des expositions potentielles et des incidents raisonnablement prévisibles inhérents au poste de travail, un travailleur doit être classé5 (article R. 4451-57 du Code du travail) dès que la dose efficace susceptible d’être reçue sur douze mois consécutifs dépasse ce seuil, illustrant l’approche prudente retenue par les employeurs en matière de suivi individuel de l’exposition aux rayonnements ionisants. 

Moins de 1 % des travailleurs suivis en 2024 ont reçu une dose efficace supérieure à 6 mSv, seuil réglementaire définissant le classement d’un travailleur en catégorie A ou justifiant la mise en place d’une surveillance dosimétrique individuelle dans le cadre de l’exposition au radon provenant du sol.

A la date de rédaction du rapport, onze travailleurs ont été exposés à une dose efficace annuelle supérieure à la valeur limite d’exposition professionnelle de 20 mSv par an fixé par le Code du travail, contre six en 2023. Parmi ces cas de dépassement, huit concernent des travailleurs exposés au radon provenant du sol dans des environnements souterrains.

 

1. Les travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle (SDI) sont les travailleurs classés en catégorie A ou B au sens de l’article R. 4451-57, ceux exposés à une dose efficace liée au radon provenant du sol susceptible de dépasser 6 millisieverts (mSv), ainsi que ceux affectés au groupe 1 ou 2 d’intervenants en situation d’urgence radiologique (SUR). Pour ces derniers, l’employeur n’a pas d’obligation à mettre en place leur SDI tant qu’il n’y a pas d’intervention en SUR. Les travailleurs bénéficiant d’une SDI sont tous considérés comme « exposés » aux rayonnements ionisants (RI) artificielle ou naturels (tels que les personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques) au sens de la réglementation. Ils font automatiquement l’objet d’un suivi individuel renforcé (SIR) par un médecin du travail et doivent suivre régulièrement des formations adaptées à leurs conditions de travail sous rayonnements ionisants.
2. Accessible à l’adresse https://siseri.irsn.fr/, et prochainement à l’adresse https://siseri.asnr.fr/.
3. La dose efficace collective d’un groupe de personnes est la somme des doses efficaces individuelles reçues par ces personnes. Par exemple, si 1 000 personnes reçoivent chacune une dose de 1 millisievert (mSv), la dose efficace collective atteint 1 000 Homme.mSv (H.mSv), soit 1 H.Sv.
4. La dose efficace reçue par un individu est la somme des doses reçues par le corps, provenant à la fois de l’exposition externe aux rayonnements ionisants et de l’exposition interne liée à l’incorporation de substances radioactives dans l’organisme, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée.
5. Un travailleur est classé :
- en catégorie A s’il est susceptible de recevoir, au cours de 12 mois consécutifs, une dose efficace supérieure à 6 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 15 mSv pour le cristallin, ou une dose équivalente supérieure à 150 mSv pour la peau et les extrémités ;
- en catégorie B, tout autre travailleur susceptible de recevoir une dose efficace supérieure à 1 mSv, ou une dose équivalente supérieure à 50 mSv pour la peau et les extrémités.

Pour en savoir plus

L’ensemble des résultats détaillés du bilan 2024 des expositions professionnelles est disponible sur le site https://expro.asnr.fr. Cette version numérique permet également d’accéder aux cinq précédents bilans annuels publiés par l’IRSN.
Cette année, deux focus sont proposés pour mieux répondre aux questionnements sur des enjeux de la radioprotection. Le premier focus s’intéresse aux travailleurs impliqués dans le transport de matières radioactives, secteur où des cas de dépassement de la VLEP ont été observés ces dernières années. Le second focus s’intéresse aux pratiques interventionnelles radioguidées qui regroupent des actes diagnostiques ou thérapeutiques réalisés sous imagerie utilisant des rayonnements ionisants, et dont les travailleurs sont exposés de manière répétée, parfois prolongée, en raison de leur proximité avec le champ d’irradiation.

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur du transport de substances radioactives en 2024 

Ce focus apporte un éclairage sur les niveaux d’exposition de ces travailleurs. Chaque année, près de 980 000 colis font l’objet d’opérations de transport sur le territoire national. Les expositions peuvent survenir à chaque étape du processus – préparation des colis, manutention, chargement, transport, déchargement – la proximité avec les colis radioactifs constituant la principale source d’exposition. En 2024, les données de la SDI issues de SISERI révèlent que la majorité des travailleurs a une exposition inférieure à 1 mSv, sans aucun dépassement de la valeur limite réglementaire de 20 mSv/an pour la dose efficace. Des disparités subsistent toutefois selon les domaines d’activité, avec des niveaux d’exposition plus élevés dans les domaines médical et industriel non nucléaire. Ces résultats soulignent la nécessité de maintenir une vigilance continue en matière de radioprotection, afin de garantir un environnement de travail sécurisé malgré la diversité des pratiques et des risques associés. 

La surveillance dosimétrique individuelle des travailleurs du secteur des pratiques interventionnelles radioguidées en 2024 (domaine médical)

Ce focus s'intéresse aux effectifs concernés dans ce secteur médical ainsi qu'à leurs niveaux d'exposition. En 2024, les données issues de SISERI indiquent que la quasi-totalité des travailleurs bénéficiant d’une SDI a reçu une dose efficace annuelle inférieure à 1 mSv. Le suivi dosimétrique spécifique du cristallin et des extrémités révèle des niveaux d’exposition variables selon les métiers mais restant faibles au regard des valeurs limites réglementaires. Les cardiologues, les radiologues et les manipulateurs en électroradiologie figurent parmi les professionnels les plus exposés. Ces résultats soulignent l’importance de la surveillance dosimétrique individuelle et des mesures de radioprotection pour encadrer efficacement les expositions dans un secteur en constante évolution.

Le suivi des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants

Le Code du travail (article R. 4451-134) confie à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) la mission de centraliser, à travers un registre, l’ensemble des données de la surveillance dosimétrique des travailleurs et d’établir un bilan annuel. Ce registre national, dénommé SISERI (Système d’Information de la Surveillance de l’Exposition aux Rayonnements Ionisants) contient l’ensemble des mesures individuelles de l’exposition des travailleurs et les informations administratives (domaine d’activité, métier, statut) qui s’y rapportent. 
Les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants peuvent être soumis à deux types d’exposition nécessitant des moyens de surveillance différents : l’exposition externe (la source de rayonnement se situe à l’extérieur de l’organisme) ou l’exposition interne (la source se trouve, après inhalation, ingestion ou pénétration à travers la peau, à l’intérieur de l’organisme). La surveillance de l’exposition externe des travailleurs est réalisée grâce à des dosimètres adaptés aux différents types de rayonnements. Ces dosimètres, dit à lecture différée, permettent de connaître la dose reçue par le corps entier ou par une partie du corps (peau, doigts, cristallin). Pour les personnels de l’aviation civile exposés aux rayonnements cosmiques, le suivi s’effectue à l’aide du système de modélisation numérique de la dose efficace, Sievert PN, dont la gestion est assurée par l’ASNR. Les travailleurs exposés à un risque de contamination interne font en outre l’objet d’un suivi grâce à des examens médicaux appropriés comme des analyses radiotoxicologiques sur les excrétas (urines, selles) ou des analyses anthroporadiométriques (mesures directes de la contamination interne corporelle). L’exposition interne au radon, quant à elle, est surveillée à l’aide de détecteurs spécifiques.
Le bilan réalisé par l’ASNR présente les effectifs des travailleurs concernés par grands domaines d’activité professionnelle, les doses efficaces ou équivalentes individuelles correspondantes et les dépassements des limites annuelles réglementaires de dose. Les activités médicales, dentaires et vétérinaires, l’industrie nucléaire (usines de concentration et d’enrichissement de l’uranium, centrales nucléaires, retraitement, démantèlement, déchets), l’industrie non nucléaire utilisant des sources et la recherche sont concernées. Les travailleurs exposés à des sources naturelles de rayonnements ionisants sur leur lieu de travail (comme par exemple, les personnels navigants ou les travailleurs exposés au radon) sont également inclus. 

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Les modalités de publication des avis d’expertise de l’ASNR

Introduction
L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) détermine les nouvelles modalités de publication de ses avis d’expertise pour répondre à sa mission d’information du public et à la mise en œuvre de la transparence.

L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) détermine les nouvelles modalités de publication de ses avis d’expertise pour répondre à sa mission d’information du public et à la mise en œuvre de la transparence.

L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) assure, au nom de l’État, le contrôle des activités nucléaires civiles en France. Elle exerce également les missions de recherche, d’expertise, de formation et d’information du public dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.

La loi n° 2024-450 du 21 mai 2024 relative à l'organisation de la gouvernance de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour répondre au défi de la relance de la filière nucléaire réaffirme, dans son article 2, les principes d’information du public et de transparence de l’ASNR, concernant notamment la publication des résultats de ses expertises et des décisions auxquelles ils se rapportent.

À cet effet, l’ASNR met en place un processus de publication, en application des dispositions législatives et conformément à celles figurant aux articles 39 à 41 de son règlement intérieur.

Par ce processus, l’ASNR souhaite non seulement mettre à disposition les résultats de ses travaux d’expertise mais également apporter à la société une plus grande lisibilité entre les décisions et les expertises techniques sur lesquelles elles s’appuient.

Ainsi, l’ASNR publiera sur son site Internet et de manière concomitante ses décisions et les avis d’expertise associés.

Pour les projets de décision de l’ASNR qui comporteront une phase de consultation du public, la publication des avis d’expertise se fera au moment de la mise en consultation du projet de décision pour la pleine information du public sur les conditions qui ont conduit aux dispositions du projet de décision.

Pour les dossiers donnant lieu à plusieurs avis d’expertise, comme c’est le cas par exemple pour les dossiers de réexamens de sûreté d’installations nucléaires, l’ASNR publiera sur son site Internet, pour assurer la qualité de l’information du public en continu, les avis d’expertise correspondants dans le mois suivant leur finalisation. Il en sera de même pour les avis d’expertise non associés directement à une décision.
 

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Lancement d’une étude radiologique autour de l’ancien site minier de l’Ecarpière

Introduction
Le 19 mars dernier, à l’invitation du Maire de Gétigné, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a présenté l’étude radiologique de l’ancien site minier de l’Ecarpière (Gétigné – Saint-Crespin-sur-Moine).
Lancement d'une étude radiologique autour de l’ancien site minier de l’Ecarpière
Présentation de l'étude radiologique du site de l'Ecarpière le 19 mars 2025 à Gétigné - © ASNR

Le 19 mars dernier, à l’invitation du Maire de Gétigné, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a présenté l’étude radiologique de l’ancien site minier de l’Ecarpière (Gétigné – Saint-Crespin-sur-Moine).

En concertation avec l’exploitant (Orano) et la Commission de suivi du site (qui réunit préfecture, élus, associations et services de l’État), l’étude radiologique déployée par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection est un dispositif innovant d’études scientifiques participatives autour de l’ancien site minier de l’Écarpière.

Indépendante de la surveillance réglementaire menée par l’exploitant, l’étude radiologique du site de l’Ecarpière poursuit 3 objectifs principaux :

  • Améliorer les connaissances scientifiques qui permettront de mieux caractériser l’influence du site sur son environnement proche ;
  • Estimer de manière réaliste l’exposition radiologique et chimique des populations avoisinantes notamment via une enquête « mode de vie » sur les denrées locales consommées et les usages du site et de son environnement* ;
  • Impliquer concrètement la population à chaque étape du programme depuis sa mise en place jusqu’à la restitution finale en les invitant à rejoindre le groupe de suivi.

* Pour participer à l’enquête mode de vie, cliquez sur ce lien

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L’ASNR publie une synthèse des expertises menées au titre de la phase générique du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe

Introduction
Entre 2019 et fin 2024, l’IRSN a procédé à l’examen des études de sûreté transmises par EDF au titre de la phase générique du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe. À l’issue de cet important travail d’expertise, l’ASNR présente la synthèse de l’ensemble des enseignements et des conclusions qu’elle a tirés de cette analyse.
Couverture du rapport de synthèse des expertises RP4 1300

Entre 2019 et fin 2024, l’IRSN a procédé à l’examen des études de sûreté transmises par EDF au titre de la phase générique du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe. À l’issue de cet important travail d’expertise, l’ASNR présente la synthèse de l’ensemble des enseignements et des conclusions qu’elle a tirés de cette analyse.

Dans le cadre de ce réexamen, une quarantaine d’expertises ont été réalisées sur les études présentant le plus d’enjeux pour la sûreté. En particulier, quatre rapports d’expertise ont permis de préparer les réunions du Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR) et du Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires (GP ESPN) sur les thèmes de la prise en compte des agressions externes et internes, des études d’accident, de la maîtrise des accidents graves, et de la tenue en service des cuves.

Durant cinq ans, cette phase d’expertise aura mobilisé au plus fort de son activité près de 160 experts et chercheurs de l’IRSN, qui auront consacré au total plus de 180 000 heures de travail.

Les conclusions des avis et rapports d’expertise, ainsi que les avis formulés par les groupes permanents d’experts, ont vocation à éclairer la décision de l’ASNR, prévue à la fin du premier semestre 2025, sur les conditions de la poursuite de fonctionnement des 20 réacteurs de 1300 MWe d’EDF au-delà de 40 ans. L’ASNR organisera au préalable une consultation en ligne du public sur son projet de décision.

Type de contenu

BADIMIS, la base de données sur la mise en suspension des aérosols, en accès gratuit

Introduction
La base BADIMIS, base de données informatisée sur la mise en suspension des aérosols, est désormais accessible à tous !

La base BADIMIS a pour objectif de fournir toutes les informations scientifiques et techniques relatives aux coefficients de mise en suspension de particules pour les principaux mécanismes qui concernent la sûreté des installations en conditions d’exploitation normale ou accidentelle.

Cette base, développée au LPMA (Laboratoire de Physique et de Métrologie des Aérosols), est régulièrement enrichie par la réalisation d'études et de recherches spécifiques. Elles sont définies à partir des besoins pour l’analyse de sûreté.

Les résultats de ces travaux sont synthétisés dans des fiches qui présentent des valeurs de coefficients de mise en suspension en fonction des matières mises en jeu et des mécanismes de mise en suspension considérés.

Ces fiches proposent également une analyse des données et des précautions (ou limitations) d'emploi des valeurs consignées.

En 2024, un travail conséquent a été réalisé afin de rendre la base accessible à des utilisateurs extérieurs et répondre aux sollicitations émanant notamment des sociétés développant de nouveaux concepts de réacteurs. Ce travail a pris en compte les aspects liés aux droits de propriété intellectuelle et au RGPD (règlement général de protection des données), ainsi que la gestion de l’interface numérique. Il répond aux objectifs de science ouverte de l’ASNR.

La nouvelle version de la base est désormais associée à la licence libre Creative Commons CC BY-SA 4.0 qui protège son utilisation par les utilisateurs externes. Sa visibilité est renforcée grâce au référencement par un DOI (Digital Object Identifier). Un guide d’utilisation, accessible dans la base, précise les conditions d’utilisation des fiches et des visuels qu’elles contiennent.

Accéder à BADIMIS

Pour accéder à BADIMIS, demander la création d’un compte en se connectant sur : https://badimis.irsn.fr/

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